PL. S. — MACAREUX-MOINE
Fratercula arctica (Leach., 1816). — Alcci arctica (Linn., 1766). — Mormon fratercula (Tenlm., 1815).
Mâle adulte : sommet de la tête, toutes les parties supérieures et un large collier entourant le cou d’un noir profond lustré ; rémiges d’un brun noirâtre ; joues large bande au-dessus des yeux d’un gris très clair; poitrine, ventre et les autres parties inférieures d’un blanc pur. Bec d’un cendré bleuâtre à la base, jaunâtre dans le milieu et d’un rouge vif à la pointe ; mandibule supérieure marquée de trois sillons, l’inférieure, de deux; iris blanchâtre ; les yeux entourés d’une sorte de bourrelet membraneux de couleur rouge ; pieds d’un rouge orangé. Taille de trentequatre à trente-cinq centimètres.
Habite les régions polaires des deux mondes; en hiver et au printemps, de passage périodique sur les côtes de Norwège, d’Angleterre, de Hollande et de France, où il se reproduit ; surtout dans les îles Féroë, et autres îles voisines ; nulle part plus abondant qu’aux Hébrides, surtout à Saint-Kilda. Aussi forment-ils la principale nourriture des habitants pendant tout l’été. On prend, sur un seul écueil des îles Féroë, jusqu’à deux mille quatre cents de ces oiseaux dans une saison.
Niche dans des trous en terre ; le sol, dans certains lieux que fréquentent ces oiseaux , est tellement léger et facile à creuser, que beaucoup de leurs nids s’étendent dans une longueur d’un ou deux mètres, quoiqu’ils ne soient pas à plus de quelques centimètres de la surface; et que souvent même ces labyrinthes y sont multipliés au point qu’il est impossible d’y marcher sans courir le risque d’enfoncer ou de tomber à chaque pas. Le fond de chaque galerie se termine en une espèce de chambre en forme de four où se trouvent les œufs.
Le Macareux ne pond jamais qu’un œuf, à moins que le premier n’ait été brisé ou enlevé , et il n’élève qu’un petit chaque
saison.
Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.
J . Rothschild, Editeur, Paris.
PI. 6. — MACAREUX A CROISSANTS- Fmtercula corniculata. Brandt. — 4 nat.
Üfek,
LES OISEAUX D’EAU — PINGOUINS
Ajoutons, ce dont on ne se douterait guère, que les Macareux offrent parfois de singulières anomalies de coloration. M. G. Gray rapporte en avoir examiné deux, tués par des chasseurs : l’un était d’une magnifique robe isabelle, l’autre entièrement noir; tous deux sans aucune tache. La dernière variété vient, presque tous les étés, montrer à Ailsa son superbe plumage.