PL. S. -LE GUILLEMOT NAIN
Unammor (Briss., Orn., 1760). — Alca aile (Linn., S. n., 1766). — Mergulus aile (Vieillot, N. dict., 1816).
Il se distingue principalement des Guillemots qui précèdent, par son bec très court, épais, renflé, convexe et aussi haut que large. A part cela, vrai Guillemot.
Quant au plumage, la tête, le cou, le dessus du corps et les sus-caudales sont d’un noir profond; l’abdomen et les sous-caudales d’un blanc pur ; les petites et les moyennes couvertures pareilles au manteau ; les scapulaires noires, et bordées de blanc pour la plupart , soit sur les deux côtés, soit sur un seul; la queue est noire. Le bec est également noir; l’iris noirâtre; les tarses et les doigts sont d’un brun jaunâtre, avec les palmatures brun verdâtre. Il mesure à peine vingt-quatre centimètres.
Le Guillemot nain habite les régions polaires des deux mondes, et paraît être plus commun en Amérique qu’en Europe.
En Europe , le Guillemot nain est de passage irrégulier sur les côtes maritimes de France , où il se montre ordinairement en automne , dans les hivers rigoureux , ou après un ouragan, comme aux États-Unis. Ce qui démontre que les circonstances de son apparition sont exactement les mêmes, c’est qu’on le rencontre assez souvent mort ou mourant sur les plages après une tourmente. La tempête le pousse même parfois très avant dans l’intérieur des terres : c’est ainsi qu’un individu mâle , d’après J. Ray, a été tué, vers 1860, dans le département de l’Aube.
Ses mœurs sont les mêmes que celles de tous les Guillemots.
LES OISEAUX DE TRANSITION OU IMPENNES
Il niche dans les trous de rochers; pond un seul œuf gris azuré, ou vert sale très clair, le plus ordinairement sans taches, quelquefois avec de petites taches rougeâtres, principalement au gros bout. Il mesure, de grand diamètre, quarante-cinq à quarantehuit millimètres; et, de petit, trente à trente-deux.
4e FAMILLE
FRATERCULINËS. — Fraterculinæ.
Les oiseaux de cette famille nous offrent, dans nos études sur l’organe rostral, le premier exemple d’un bec anormal, quant à la forme typique qu’on s’en représente ordinairement. Imaginons, avec l’abbé Bexon, deux lames de couteau très courtes, appliquées l’une contre l’autre par le tranchant , nous aurons le bec des Macareux. La pointe du bec est, chez les espèces dont nous allons nous occuper, non cannelée transversalement, comme nous l’avons vu pour le Pingouin et l’Alque, mais garnie de trois ou quatre petits bourrelets plus ou moins saillants. Les deux mandibules étant réunies, sont presque aussi hautes que longues et forment, sauf leur courbure du dessus et du dessous, un triangle à peu près isocèle. Cette forme de bec, quel qu’en soit le rapport imparfait avec celui du Perroquet, leur a valu, de la part des marins, le nom de Perroquets de mer. C’est bien en effet, moins la pointe crochue , le bec de ces derniers , mais comprimé du sommet de la tête au menton, de façon à ne former qu’une plaque; véritable masque.
Ces oiseaux, essentiellement marins, ont les plus grands rapports d’organisation et d’habitudes , sauf leur mode de nidification, avec les Pingouins, les Alques et les Guillemots.
Us ne forment qu’un seul groupe générique.
LES OISEAUX D’EAU — PINGOUINS
GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE
MACAREUX, FRATERCULA (Brisson).
Bec aussi haut ou plus haut que long, très élevé, et presque comprimé latéralement, atteignant trente-huit millimètres de haut sur quarante-quatre le long des commissures; sillons des mandibules obliques, formant angle à leur point de rencontre, mais ne remontant pas jusqu a l’arête du bec; un bourrelet très saillant et demi-tubulaire longeant toute la base de la mandibule supérieure; le premier bourrelet voisin des narines plus large que les autres; rosace membraneuse des commissures très large; deux revers cornés entièrement adhérents aux paupières; narines très étroites, linéaires, percées de part en part dans une peau nue; ailes aiguës; queue courte, légèrement arrondie sur les côtés, excédant les ailes de trois à quatre millimètres ; tarses plus courts que le doigt médian; minces, réticulés, avec quelques scutelles peu larges vers le milieu de la face antérieure; ongles des doigts externe et médian falciformes, celui du doigt interne très arqué; palmatures pleines et étroites.
Tous les Macareux, sans exception, se pratiquent des terriers et nichent en terre. Deux espèces seules appartiennent à l’Europe.
LES OISEAUX DE TRANSITION OU JMPENNES