PL. 32. —GOELAND A CAPUCHON NOIR
Larus melanocephalus (Nattérer, 1820). — Xema melanocephala (Boié, 1822). — Gavia et Melagavia melanocephala (Ch. Bonap., 1856).
Mâle adulte : tête et moitié supérieure du cou d’un noir profond, avec les paupières blanches; dessus du corps d’un cendré clair; moitié inférieure du cou, poitrine, abdomen et sous-caudales d’un blanc pur ; couvertures supérieures des ailes pareilles au manteau, l’autre moitié, jusqu’à la pointe, blanche, la première étant seulement bordée de noir sur les barbes externes ; queue d’un blanc pur. Bec et pieds d’un rouge de sang vif, avec une bande noirâtre entre la pointe et l’angle de la mandibule inférieure ; bord libre des paupières dentelé et rouge minium ; iris noisette foncé. Taille : quarante et un à quarante-deux centimètres.
Découvert par Nattérer, qui le dit habiter les côtes de l’Adriatique, et très commun sur celles de la Dalmatie, dans les marais; il ne l’a vu que là, et ne saurait dire si l’espèce habite l’Archipel et d’autres parties méridionales; il ne l’a point vu sur les lacs de Hongrie ; on le voit à Trieste, pendant les gros vents si fréquents sur ces côtes : on ne l’y trouve jamais par un temps calme.
Depuis, nous savons qu’on le rencontre sur les côtes de la
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Grèce, de la Sicile, de la France méridionale, de l’Espagne et de la Barbarie, et qu’il se montre accidentellement en Allemagne et dans le nord de la France.
D’après M. Baldamus, il niche dans les marais du sud-est de l’Europe, en'compagnie d’autres espèces. Un md, qu il a vu dans les lacs marécageux du Banat, en Hongrie, se trouvait parmi d’autres nids de Guiffette hybride, et renfermait trois œufs. Ces œufs, dit Gerbe, qui en a reçu de parfaitement authentiques de la Bégence de Tripoli, ressemblent tellement à ceux du Goéland rieur, pour les couleurs tant du fond que des taches, qu’on peut aisément les confondre. Ils mesurent de quarante-trois à quarante-six millimètres de grand diamètre sur trente-quatre à trente-six pour le petit.
PL. 33. — GOELAND PYGMÉE.
Larus minutus (Pallas, 1776).
Mule adulte : tête, partie supérieure du cou noires, avec un étroit croissant blanc devant les yeux; reste du cou blanc; dessus du corps d’un cendré bleuâtre très clair ; sus-caudales blanches ; poitrine, abdomen et sous-caudales d’un blanc teinté d une belle couleur aurore, qui disparaît, après que l’oiseau est monté, pour faire place à un blanc parfait ; couvertures supérieures des ailes pareilles au manteau ; rémiges cendrées, terminées de blanc, avec la baguette des primaires brune, ou d’un jaune ocreux foncé, queue d’un blanc pur. Bec rouge de laque foncé ; iris brun noir; pieds d’un rouge cramoisi. Longueur totale : vingt-sept centimètres environ.
Habite les contrées orientales de l’Europe et l’Asie septentrionale.
On le rencontre assez communément en Suisse, en Morée, sur les bords de l’Adriatique, où on le voit en toutes saisons; il se montre assez souvent, mais irrégulièrement, en France, en Allemagne, en Angleterre, etc., où quelques individus ont été tués.
Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.
J. Rothschild, Éditeur, Paris.
PI. 33. GOELAND PYGMÉE — Larus minutus. Pallas. — -,
LES OISEAUX D’EAU — LONGIPENNES
Il sè reproduit sur quelques points de l’Europe orientale, sur le bas Danube, sur les côtes de la mer Baltique, et niche dans les marécages voisins de la mer ou des grands fleuves. M. Martin, au rapport de Gerbe, l’a vu nicher par bandes dans les étangs salés des steppes de la Russie orientale. Ses œufs, qu’il dépose sans apprêt sur la mousse, sont presque constamment au nombre de trois. Leur forme et leurs couleurs varient autant que celles des autres espèces : ils sont d’un gris olivâtre, ou jaunâtre, ou roussâtre, avec des taches d’un brun noir ou de rouille foncé, entremêlées de petits points gris ou violacés. Ils mesurent de trentehuit à quarante-deux millimètres pour le grand diamètre et de vingt-neuf à trente et un pour le petit.
3e SOUS-FAMILLE
LES TRIDINÉS. - Lestridinæ (Ch.Bonap., 1850).
Du moment que l’on range cette sous-famille sous le vocable de Lestridiens ou Lestridinés , il faut, de toute nécessité, que l’étymologie de ce nom se retrouve dans celui du genre. Ici donc, faisant céder la primauté à la logique, nous adoptons, de préférence, le nom générique de Lestris d’Illiger, quoique de 1811, à celui de Stercorarius de Brisson, antérieur (1760), ce dernier nom se suffisant en français.
Ce qui caractérise, le’s oiseaux de cette sous-famille entre tous les Laridés, tels que les Hirondelles de mer et les Goélands, c’est une membrane, que nous voyons apparaître pour la première fois, qui enveloppe une grande portion du bec, à partir de sa base, et une queue affectant la configuration cunéiforme ; ils en diffèrent encore, non seulement par ces principaux caractères physiques, mais par leurs mœurs et certaines de leurs habitudes.
Les Goélands et les Mouettes , on l’a vu , sont plutôt généralement lâches et craintifs; les Lestridiens ou Stercoraires, qu’on leur réunit dans les méthodes, sont, au contraire, intrépides et courageux : éternels ennemis des premiers, ils les har-
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cèlent continuellement. Quoique excellents pêcheurs par euxmêmes, lorsqu’ils le veulent, ils pêchent rarement pour leur propre compte; mais ils se nourrissent le plus habituellement des aliments qu’ils obligent les Mouettes de dégorger, surtout lorsqu’ils ne trouvent point leur pâture à la mer et au rivage. Vrais forbans de l’air , comme les appelle un voyageur naturaliste, ils forcent, à coups de bec, ces dernières à rejeter le poisson et les crustacés dont elles se sont emparé. Au moment où l’animal, vaincu ou effrayé, les laisse échapper, les Stercoraires plongent sur cette proie et la saisissent , avec une étonnante vélocité , avant qu’elle ne tombe dans la mer, vivant ainsi en véritables parasites (d’où le nom d’une de leurs espèces), aux dépens de leurs anlagonistes qu’ils poursuivent sans cesse.
La sous-famille n’est représentée que par un seul groupe générique sous le nom de Stercoraire .
Des Murs, Les Oiseaux d'Eau.
J. Rothschild, Éditeur, Paris.