‹ Musée ornithologique illustréChapitre 39 sur 85 · AB.BE CATARACTE · texte numérisé non relu

AB.BE CATARACTE

’-is cataractes. Temminck. — J uat.

LES OISEAUX D’EAU — LONGIPENNES

GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE

STERCORAIRE, LE ST RI S (Illiger, Prodr. syst., 18H)..

Bec un peu moins long que la tête, robuste, presque cylindrique , couvert à sa base d une cire ou peau membraneuse qui se prolonge jusqu’aux narines ; mandibule supérieure terminée par un onglet saillant et crochu, qui paraît surajouté; mandibule inférieure arrondie à son extrémité, et formant un angle saillant à la rencontre de ses branches ; narines latérales, linéaires, obliques; ailes longues, pointues, aiguës; queue formée de pennes inégales, plus ou moins pointue ou allongée au centre, les deux rectrices médianes toujours plus longues que les latérales et souvent dans de grandes proportions ; tarses médiocres, scutelles en devant généralement grêles, de la longueur du doigt médian; rarement plus court; pouce petit, touchant à peine le sol; ongles grands et crochus ; membranes interdigitales garnies de nombreuses papilles verruqueuses.

Les deux sexes se partagent les soins de l’incubation et nourrissent leurs petits jusqu’à ce qu’ils aient perdu leur duvet.

Sur sept espèces dont se compose ce groupe, quatre appartiennent à l’Europe. La principale et la plus commune est la suivante :

PL. 34. — STERCORAIRE ou LARBE CATARACTE.

Lestris catarractes (Temm., ex Linn., 1815). — Larus fuscus (Briss., 1760). — Larus catarractes (Linn.).

Mâle , en été : parties supérieures d’un brun foncé rayé de rouille ; plumes de la nuque et du cou pointues et paraissant usées; celles du corps et des ailes arrondies ; parties inférieures d’un

LES OISEAUX NAGEURS

brun cendré, avec une teinte roussâtre au centre de chaque plume dont la tige est blanchâtre ; bords -libres des paupières garnis de plumes blanches ; les cinq premières pennes des ailes blanches dans leur première moitié ; celles de la queue blanches seulement à leur base. Bec brun à la base, noir à la pointe; iris brun; pieds noirs. Taille de cinquante-six à cinquante-sept centimètres.

Le nom de Stercoraire donné à cet oiseau est la traduction de celui que, dans leur langue, lui ont donné les pêcheurs du Nord, qui croyaient que ce qu’il recevait dans son bec, à la poursuite des Mouettes, était leur fiente. Or, ce n’était rien moins qu’une grossière erreur. Le poisson paraît toujours blanc en l’air, parce qu’il réfléchit la lumière ; et il semble, à cause delà raideur du vol, tomber derrière la Mouette qui le vomit en fuyant. Ces deux circonstances ont donc seules trompé les observateurs; et c’est ce que Bâillon père, si bon observateur lui-même, a parfaitement démontré.

Il niche sur les rochers et les montagnes, dans les bruyères, au milieu des herbes eide la mousse. Ses œufs, au nombre de deux ou trois, se distinguent de ceux des Goélands, en ce qu’ils sont plus renflés au centre ; quant à la forme et quant à la couleur, en ce qu’ils sont d’un brun olivâtre sombre et très accusé ; du reste, même système de maculatures ou brunes ou noires entremêlées d’autres taches d’un gris vineux. Ils mesurent de cinquanteneuf à soixante-deux millimètres de grand diamètre, et de quarante-deux à quarante-trois du petit. Les œufs de toutes les espèces se ressemblent.

Ce Stercoraire ne souffre d’oiseaux d’aucune espèce dans le voisinage de son nid ; l’homme et les mammifères seraient même exposés a ses attaques. Aussi les habitants des îles Féroé, qui vont a la chasse de cette espèce, se munissent-ils, d’après M. Graba, de couteaux qu’ils fixent à leur coiffure, la pointe en l’air, pour ne pas être blessés par les assauts impétueux de ces oiseaux.

Cet oiseau, en captivité, mange non seulement du poisson et des insectes, mais encore du pain et du blé. Degland en a

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau,

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 35. - STERCORAIRE POMARI N — Lestris pomarinus. Temminck. - J

LES OISEAUX D’EAU — LONGIPENNÉS

nourri plusieurs individus, qui avalaient des chats nouveau- nés vivants, sans les dépecer.

PL. 35. - STERCORAIRE POMARIN.

Lestris pomarinus (Temm.).

Mâle adulte : vertex, face et dessous des yeux noirs ; plumes occipitales un peu effilées, noires, formant une sorte de huppe ; celles de la nuque subulées, d’un blanchâtre nuancé de jaune d’or ; parties supérieures du corps et sus-caudales d’un brun olivâtre foncé; parties inférieures blanches, à l’exception de la poitrine, où se dessine une ceinture plus ou moins complète ; rectrices médianes dépassant les latérales de six à dix centimètres. Bec et cire d’un jaune livide, noir à la pointe; iris brun foncé ; tarses, pieds et palmures noirs. Taille : environ quarante-trois centimètres, non compris les filets de la queue, ou avec cinquantetrois centimètres.

Le Stercoraire habite les régions du cercle arctique, abondant sur les côtes de l’Amérique du Nord, à Terre-Neuve, en Islande, en Suède et en Norwège. Use montre accidentellement sur les côtes maritimes de la France, à la suite de coups de vent. Ainsi, en octobre 1831, rapporte Gerbe, un terrible ouragan, qui dura plusieurs jours, y jeta un nombre prodigieux de Pomarins sur les côtes de Dunkerque ; ils y sont poussés par le vent du nord et surtout du nord-ouest; mais ce sont le plus souvent de jeunes sujets.

Les mêmes circonstances les font s’abattre dans les vallées de la Savoie. Quelques-uns, dit M. Bailly, apparurent le 17 octobre 1847, et le 5 novembre 1851, sur le lac du Bourget, où plusieurs furent tués, ils se montrèrent sur le lac de Genève.

Enfin, il n’est pas jusqu’aux plaines de la Beauce dans lesquelles il se rencontre quelquefois, et toujours à la suite de grands vents.

Il niche dans les marais, sur des monticules, ou parmi les ro--

chers du bord de la mer. La femelle pond deux ou trois œufs oblongs, pointus, d’un olivâtre plus ou moins clair, marqués de brun ou de noirâtre ; et mesurant de cinquante-sept à soixante millimètres de grand diamètre, cinquante et un à quarante-deux de petit.

PL. 36. — STERCORAIRE PARASITE ou LARRE.

Lestris parasiticus (Boié).

Mâle adulte : dessus de la tête et du corps d’un noir de suie ; derrière et côtés du cou d’un jaune d’ocre ; dessous du corps d’un blanc plus ou moins pur ; flancs d’un brun clair ; base et tige des rémiges primaires blanches ; rectrices médianes très pointues, dépassant les autres de huit à onze centimètres. Bec bleuâtre avec la cire verdâtre et la pointe noire; iris d’un brun roux; pieds d’un bleu de corne : Taille, quarante et un centimètres, sans les filets de la queue; avec cinquante-deux centimètres environ.

Habite les mers boréales de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique, le Groenland, les bords de la Baltique, en Norwège et en Suède.

Nourriture, nidification et ponte comme le cataracte ; œufs mesurant de cinquante-sept à soixante et un millimètres de grand diamètre, et de quarante et un à quarante-deux de petit.

PL. 37. — STERCORAIRE LONGICAUDE.

Lestris longicciudus. — Lestris spinicauda (Ch. Bonap.). — Stercorarius longicaudus (Briss., 1760).

Mâle adulte : dessus de la tête noire ; plumes occipitales formant huppe ; derrière du cou blanc jaunâtre ; dessus du corps gris sombre ; gorge, devant du cou et poitrine blancs ; abdomen et flancs comme le dos ; rémiges et rectrices d’un gris noirâtre ; rectrices médianes terminées en fer de lance dépassant les laté-

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PL 36. STERCORAIRE PARASITE —Lestris parasiticus. Tenumnck. — J nat.

Dre Mon, Les Oiseaux d'Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 37.-STEECOR AIRE,

LABBE LOEGrIC AÏÏDS — Lestris lovgicmnlvs. Temminck. — ± nat.

LES OISE AUX D’EAU - LONGIPENNES

raies de seize à vingt-deux centimètres. Bec, tarses et doigts d’un blanc de plomb, le premier noir à la pointe; iris brun; membranes interdigitales noires. Taille : trente-huit centimètres non compris les filets de la queue, ou de cinquante-huit à soixante, en les y comprenant.

Il habite les parages du cercle arctique, particulièrement le Groenland, Terre-Neuve et le Spitzberg, et s’avance, l’hiver, dans une partie de l’Europe tempérée, où on le rencontre assez souvent en France. On a tué quelques jeunes, au milieu des champs, près de Lille, en 1834.

Se nourrit, niche et pond dans les mêmes conditions que les précédents. Les œufs, colorés comme ceux des autres espèces, mesurent de cinquante-quatre à cinquante-six millimètres de grand diamètre sur trente-sept à trente-huit de petit.

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