‹ Musée ornithologique illustréChapitre 44 sur 85 · PL. 42. — LE GRÈBE HUPPÉ · texte numérisé non relu

PL. 42. — LE GRÈBE HUPPÉ

Podiceps cristatus (Lath., ex Linn .).—Colymbus cristatus (Linn.).

Mâle adulte : dessus de la tête et sommet de la nuque d’un noir lustré, avec les plumes de l’occiput allongées formant, de chaque côté, une huppe aplatie; moitié inférieure de la nuque d’un brun cendré; dessus du corps brun noirâtre, chaque plume bordée de cendré ; gorge et joues d’un blanc pur, suivi d une large fraise ou collerette qui les encadre depuis le bas, en remontant latéralement jusqu’à la nuque, d’un roux ardent supérieurement, et d’un noir lustré inférieurement; devant du cou et parties inférieures du corps d’un blanc lustré avec une teinte rousse mêlée de cendré sur les côtés de la poitrine et de l’abdomen ; partie nue du lorum rouge; côtés du cou, couvertures supérieures des ailes et rémiges secondaires d’un blanc pur. Bec brun en dessus, rougeâtre sur les côtés et en dessous, avec la pointe blanche ; iris rouge; pieds nuancés de vert et de jaune en devant, d’un brun vert en dehors et en dessous des doigts, avec les bords des membranes interdigitales jaunes. Taille : cinquante et un à cinquante-deux centimètres.

Répandu en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique ; habite les bords de la mer, les lacs, les étangs et les rivières ;

(1) Revue britannique.

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild,

Éditeur, Palis.

PI. 42. - G R È R E HUPPÉ — Podiceps cristatus.

Latham. — l

LES PLONGEURS OU CO L YMBIENS

émigre en nageant le long des côtes ; très abondant en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et en France, où il est de passage régulier l’automne et le printemps; moins commun dans l’intérieur sur les lacs de la France et de la Suisse, où il se reproduit cependant.

Il construit un nid flottant, très humide, composé de détritus de végétaux aquatiques, attaché aux roseaux environnants, et fort peu élevé au-dessus de la surface de l’eau. La ponte est de trois à quatre œufs, oblongs, également "pointus aux deux bouts, par conséquent de forme elliptique, blancs et enduits d’une couche lisse, comme surabondante de matière crétacée , changeant de teinte, soit par l’effet de l’incubation, ou plutôt de la fermentation des végétaux dont se compose le nid : ils mesurent de cinquante et un à cinquante-six millimètres de grand diamètre sur trentetrois à trente-sept de petit.

On a fait sur cette espèce, et depuis plus longtemps, la même observation que sur le Grèbe oreillard, pour sa manière de protéger et défendre ses petits une fois à l’eau, où ils vont et nagent aussitôt leur naissance.

A ce moment, les parents s’élancent aussi du nid pour plonger; et, si un danger menace la couvée, ils entraînent leurs poussins sous leurs ailes, pour les soustraire à toutes les recherches.

Ce Grèbe, comme probablement toutes les espèces, est susceptible de domestication.

Ce sont les peaux de cette espèce qui s’emploient comme fourrures, et deviennent, dans quelques pays, l’objet d’un commerce important.

Sous le nom vulgaire de Plongeon , il est bien connu, du reste, par ces beaux manchons, par ces élégantes palatines et ces garnitures de chapeaux de femmes d’un blanc argenté, qui ont, avec la moelleuse épaisseur du duvet, le ressort de la plume et le lustre de la soie. Son plumage, sans apprêt, et en particulier celui delà poitrine, est, en effet, un beau duvet, très serré, très ferme, bien peigné, selon l’expression de l’abbé Bexon, et dont les brins lustrés se couchent et se joignent de manière à ne former qu’une surface

LES OISEAUX NAGEURS

glacée, luisante, et aussi impénétrable au froid de l’air qu’à l’humidité de l’eau.

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