‹ Musée ornithologique illustréChapitre 43 sur 85 · PI. 41.— GRÈBE OREILLARD · texte numérisé non relu

PI. 41.— GRÈBE OREILLARD

E S C L A Y O N — Podiceps auritus . Latham. — £

LES PLONGEURS OU COLYMBIENS

rousses au-dessus des yeux et derrière, commençant aux lorums inclusivement, et formant, pour ainsi dire, deux cornes ou longues oreilles ; bord libre des paupières roux ; couvertures supérieures des ailes un peu moins noires que les scapulaires ; rémiges primaires brunes ; rémiges secondaires blanches. Bec noir avec la base rose et la pointe rouge ; iris rouge-groseille, entrecoupé d’un cercle jaunâtre ; pieds noir verdâtre en dehors, gris livide varié de jaunâtre en dedans et en dehors. Taille : trente-cinq centimètres (Gerbe).

Habite les contrées septentrionales et orientales de l’Europe, et l’Afrique septentrionale ; plus abondant sur les rivières et les lacs d’eaux douces que le long des côtes maritimes ; très commun dans le Nord, en Islande où il se reproduit, en Allemagne, en France, en Suisse et en Italie ; rare dans les marais de la Hollande, jamais sur ses côtes ; très abondant enfin, d’après Temminck, dans le golfe de Cagliari, où on le voit en petites troupes à la distance d’une demi-lieue de la côte ; il vit aussi en troupes dans la mer Adriatique.

11 niche dans les marais, au milieu des roseaux; son nid est fixé et attaché aux joncs. Ses œufs, au nombre de trois ou quatre, sont allongés à peu près également des deux bouts, ou de forme elliptique; d’un blanc légèrement bleuâtre ou verdâtre, changeant de teinte et tournant au brun durant l’incubation, par l’effet du contact soit de l’eau, soit des détritus marécageux qui entourent le nid ; ces œufs mesurent de quarante-quatre à quarante-neuf millimètres de grand diamètre sur trente à trente et un de petit.

C’est une des espèces, quoi qu’on en ait dit, qui se réunissent le plus volontiers en colonies pour nicher, et, dans ce cas, la nidification habituelle subit quelque modification.

Les individus de cette espèce, au rapport de M. Tristram, construisent leurs nids en quantité si serrée et si compacte, qu’ils se trouvent plus rapprochés les uns des autres que ceux d’aucune colonie de Corbeaux-Freux. Ces nids, faits comme ceux de presque tous les Grèbes, soni élevés sur de petits îlots artificiels, se

LES OISEAUX NAGEURS

touchant presque constamment, et quelquefois entassés sur des fonds solides ayant leur base à plus d’un mètre sous l’eau (1).

Ce qui semble une dérogation aux habitudes que nous leur connaissons en Europe ; mais ce qui pourrait bien avoir sa raison d’être, comme mesure de précaution, dans la découverte curieuse faite par M. Layard d’un ennemi jusqu’à présent ignoré des Grèbes, et probablement de toute la gent emplumée aquatique, du moins dans les eaux douces des pays chauds. Or, cet ennemi n’est autre que la Tortue aquatique qui les guette sous l’eau, les saisit par la patte et les tire à elle.

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