PL. 70. - BERNACHE A COU ROUX
Bernicla ruficollis (Boïé, ex Pallas). — Anser ruficollis (Pall.).
Mâle adulte : espace blanc entre l’œil et le bec; du blanc derrière les yeux et sur les côtés du cou; ceinturon de cette couleur entourant toute la partie inférieure de la poitrine et remontant sur le dos; sommet de la tête, gorge, ventre, queue et toutes les parties supérieures d’un noir profond ; abdomen, couvertures inférieures de la queue et croupion d’un blanc pur ; devant du cou et poitrine d’un beau roux rougeâtre ; bande noire s’étendant tout le long de la partie postérieure du cou ; grandes couvertures des ailes terminées de blanc. Bec brun avec onglet noir; iris d’un brun jaunâtre ; pieds noirs. Taille de cinquantequatre à cinquante-six centimètres.
Femelle adulte : plus petite, sans taches blanches au front ; noir de la gorge moins étendu , roux du cou et de la poitrine moins vif; ceinturon blanc rayé irrégulièrement de noir. (Gerbe.)
Habite les contrées arctiques de l’Asie ; vit jusque sur les bords de la mer Glaciale; de passage périodique en Russie, commune dans les parages de la mer Caspienne, et s’avançant quelquefois jusqu’à la mer Noire; très accidentellement en Allemagne; bien plus rare en Angleterre, en France et dans les Pays-Bas.
Se nourrit comme les espèces précédentes ; niche dans les contrées du nord de la Russie, sur les bords de la mer Glaciale et à 1 embouchure des fleuves Ob et Lena. Ses œufs diffèrent pour la forme et la teinte de ceux des autres Bernaches, et mesurent de soixante-neuf à soixante et onze sur quarante-quatre à quarante-cinq millimètres.
On ne sait rien de particulier des habitudes de cette espèce.
LES OISEAUX D’EAU. — LAMELLIROSTRES
2° GROUPE GÉNÉRIQUE
OIE proprement dite, ANSER (Barrère®
Bec de la même longueur que la tête, conique, très élevé à la base, qui remonte au front et en occupe présque toute la largeur, un peu renflé au bout, où l’onglet, gros, robuste et obtus, est presque aussi large que l’extrémité même du bec ; lamelles perpendiculaires, espacées, saillantes, en forme de dents sur tout le bord de la mandibule supérieure, qui les laisse à découvert ; narines médianes elliptiques, avec leur ouverture étroite, percées horizontalement et parallèlement au bord de la mandibule supérieure, qui est rectiligne ; ailes aiguës , atteignant à peine l’extrémité de la queue, qui est de moyenne longueur et légèrement arrondie sur les côtés ; tarses épais, de la longueur du doigt médian.
Sur huit espèces, toutes du cercle arctique, ainsi que les Bernaches, quatre sont considérées comme appartenant à l’Europe.
Beaucoup plus sociables que ces dernières, mais voyageant aussi par troupes, l’aisance de leur démarche fait qu’elles semblent partager leur temps entre le parcours des champs et des prés pour paître, et l’eau pour s’y reposer et y trouver un abri. Sous ce rapport on a fait cette remarque, que leurs habitudes sont bien différentes de celles des Canards qui quittent les eaux à 1 heure où elles s’y rendent, et qui ne vont pâturer dans les champs que la nuit, et ne reviennent à l’eau que quand les Oies la quittent.
Des plus domesticables , susceptibles d’attachement, d’une fécondité extrême, elles semblent réunir toutes les qualités pour être une des plus précieuses conquêtes de l’homme par la saveur de leur chair et l’abondance de leur chaud duvet, qui ne le cède guère à celle de l’Eider qu’en finesse et légèreté.
Des Murs, Les Oiseaux d'Eau.
J. Rothschild, Éditeur, Paris.