‹ Musée ornithologique illustréChapitre 73 sur 85 · PI. 71.-0 IE CMBEÉE OU PREMIÈRE · texte numérisé non relu

PI. 71.-0 IE CMBEÉE OU PREMIÈRE

cinereus. Meyer. — -J nat.

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

PI. 72.— OIE S A JJ Y A G É, ou DES MOISSON S — Amer sylvestris,

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PL. 71. — OIE CENDRÉE ou PREMIÈRE.

Anser cinereus (Meyer). — Anas anser (Gmelin).

Mcîle adulte : plumage d’un cendré clair; haut du dos, scapulaires, moyennes et grandes couvertures des ailes d’un cendré brun liseré de blanchâtre; petites couvertures, tout le bord extérieur des ailes et la base des rémiges d’un cendré blanchâtre ; croupion cendré , abdomen et dessous de la queue d’un blanc pur. Tout le bec et la membrane des yeux d’un jaune orange; iris d’un brun foncé, pieds couleur chair jaunâtre. Longueur totale : quatre-vingts centimètres environ.

Femelle : plus petite , et d’un cendré plus clair en dessus. Habite les mers, les plages et les marais des contrées orientales de l’Europe ; avance rarement vers le Nord au delà du cinquantetroisième degré ; abondante en Allemagne , en Danemark et en Russie, où elle se reproduit; en très petit nombre à son passage en Hollande et en France.

Se nourrit de végétaux aquatiques et de toutes sortes de graines.

Niche dans les bruyères, dans les marais, sur les tertres de joncs coupés et d’herbes sèches. Pond cinq, six ou huit œufs, très rarement douze ou quatorze, d’un blanc jaunâtre ou légèrement verdâtre , mesurant de quatre-vingt-deux à quatre-vingt-dix millimètres dans un sens, et de cinquante-quatre à soixante-deux dans l’autre.

Cette espèce passe pour être sinon l’unique, du moins la principale souche de notre Oie domestique, qui semble même en avoir conservé l’instinct de voyage et de migration de la race.

PL. 72. — OIE SAUVAGE ou DES MOISSONS.

Anser sylveslris (Brisson). — Anas segetum (Gmel.).

31 aie adulte: tête et haut du cou d’un cendré brun; bas du cou et parties inférieures d’un cendré clair ; haut du dos , sca-

LES OISEAUX D’EAU ^LAM ELLlllOSTllES

pulaires et toutes les couvertures des ailes, qui dépassent l’extrémité delà queue, d’un cendré brun liseré de blanchâtre; croupion d’un brun noirâtre ; abdomen et dessous de la queue d’un blanc pur. Bec noir à sa base et sur l’onglet , d’un jaune orange dans le milieu; membranes des yeux d’un gris noirâtre; iris brun foncé; pieds d’un rouge orange. Longueur totale : de soixante-quinze à quatre-vingt-cinq centimètres.

Femelle : plus petite, avec les teintes moins prononcées.

Habite les contrées arctiques ; émigre périodiquement par nos climats ; très abondante à son double passage en Angleterre , en Allemagne, en France, mais surtout en Hollande ; rare dans les provinces du centre de l’Europe; très accidentellement dans celles du midi, où elle a été vue dans les Basses-Pyrénées et dans le département du Gard ; passe cependant assez régulièrement en Suisse et en Savoie.

Se nourrit de végétaux aquatiques et terrestres, de semences et de graines.

Ne niche et ne se reproduit que dans les régions du cercle arctique, au milieu des bruyères et des marais; pond de dix à douze œufs d’un blanc jaunâtre, qui mesurent quatre-vingt-deux à quatre-vingt-cinq millimètres dans le grand axe, et cinquantetrois à cinquante-sept dans le petit.

Cette espèce est, après la Bernaclie , celle qui cause les plus grands dégâts dans les champs de blé et de colza, lorsque ses bandes s’y arrêtent. Elle ne paraît pas, comme l’Oie cendrée, fréquenter ni longer les bords de la mer dans ses migrations.

On a vu nos oiseaux domestiques, à l’époque des migrations de leurs congénères sauvages , éprouver le besoin de reprendre leur liberté , pour essayer de les suivre à leur appel. L’espèce dont nous nous occupons offre cette singularité contraire : celle d’Oies réellement sauvages pendant tout l’été, redevenant, de leur propre volonté, domestiques tout l’hiver, ainsi que cela s’observe dans les villages en Crimée.

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

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