QUATRIÈME ACTE
Tout le monde continuant à voyager, tout le monde finit par se retrouver à Paris, même le naïf La Rancune, qui a été justement mis à mort il y a un an.
Tous sont d'une affreuse pâleur, et paraissent jouir de la plus mauvaise santé.
Le na'if La Rancune se plaint de son amour rentré, Mathilde éprouve les mêmes symptômes ; ils pleurent ensemble comme deux bornes-fontaines... Ils ne font que pleurer, ce que voyant Mathilde, elle conjure son amant de partir. Sauvez- vous , lui dit-elle ; sauvez-moi. ... Je crains de me porter à quelque extrémité...
La Ranci-ne , effrayé , s'enfuit ; mais le scélérat avant de partir s'est abandonné à sa passion , a perdu toute retenue, oublié tous ses devoirs d'homme vertueux. Il a commis une faute qu'il doit bien amèrement se reprocher. . . Le croira-t-on ? lui , La R.wcrNE, il a osé... Non, on ne le croira pas!... Cette femme qu'il aimait depuis son enfance, cette femme qui a pour mari l'homme que vous savez, cette femme abandonnée pour sa cousine,
cette femme avec laquelle il vit depuis un an — le scélérat! il ose, avant de partir, lui prendre tendrement la main.
Fiez-vous donc à quelqu'un maintenant !
Ce-serin est également plongé dans la douleur par le fait de l'amour... L'amour exerce d'affreux ravages dans cette maison, c'est une espèce de cocotte , une épidémie , un cholera-morbus qui les met tous dans un bien triste état.
L'infortuné Ce-serin sait enfin de quoi il tourne pour lui.
MoRico, en envoyant une balle dans la poitrine du naïf La Rancune, a blessé au cœur ce pauvre mari par ces mots lâchés à brille-pourpoint : — Vous êtes... malheureux I votre femme est enlevée par Grandcry.
Il entre donc, le..., malheureux, comme le père Sournois, poursuivi par un horrible cauchemar.
Mathilde veut le consoler : — J'ai été, comme vous, trahie, abandonnée. . . eh bien ! je m'en fiche. . .
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
— Parbleu! vous me la donnez belle ! vous vous consolez, vous, avec un amant; mais moi je suis seul comme un pauvre chien...
Non, non, je ne l'oublierai jamais Chère amie , s'écrie-t-il.,
tu m'as bien fait. . . des sottises, mais tu ne pensais pas me faire
de la peine; au contraire Et il continue à battre la campagne
au lieu d'aller battre sa femme , ce qui serait moins légal , mais beaucoup plus naturel .
Mathilde, restée seule, chante un petit monologue sur la situation de son pauvre petit cœur qui ne s'est pas donné à son époux, mais qui s'est laissé prendre, et qui brûle de se reprendre pour se redonner... C'est joli comme tout !
Madame BoN-Dos,qui a repris son grade de femme à tout faire, introduit une dame voilée.