‹ Musée ou magasin comique de Philipon (volume 2)Chapitre 66 sur 70 · marquis avait tout entendu parle trou de la serrure · texte numérisé non relu

marquis avait tout entendu parle trou de la serrure

-itisfait de la conversation de son épouse avec le prince . mais

là, très-satisfait, il alla se coucher.

Après une nuit dans laquelle les idées les plus loUca. .l:> [mu -nues . les plus passionnées r>t les plus raisonnables l'agitèrent

valet de chambre, (\m fui

■.éjnerveillé de trouver M. le iiiar(|uis c.hanf.iiit un :iir iV ,y,u<,,. comme unsimple particuliei

Toiitoii, toutou, tootainc, tontoii.

Oli ! la jolie voix,' exclama le vieux serviteui .

Tonton, tonton, tonton, tontaine.

Oh ! les jolies paroles !..

— Tu me flattes , Michel, c'est égal, je te pardonne. •• Et le bon marquis s'occupa tranquillement d'un déjeuner qu'il voulait donner le matin même à ses amis , — déjeuner dans lequel il se proposait de leur servir un plat de sa façoi;

Madame d'Harville sortit pour se rendu- a bmiu Lazare, ou ■'Ile comptait faire d'cxcoUenti s r'iiinal-iSiiiR'c^

Bientôt les amis du marquis arrivèrent; on babilla, on ban- •|ueta. M. d'Harville était d'une humeur fort enjouée. Aprelioire on passa dans le cabinet , et chacun se mit à examiner u?ie des curiosités que le maître de la maison avait réunies en ce lieu

;VI . d'Harville prit un pistolet , et tout en jouant , tout en bati t<>l;\nt, ill'appr'ilia dp -,ps lèvres et se fit saiitei la

-,.Mle. . ,

Il V avait, certes! préméditation , mais le monde n en ( lut lien : les journaux barbotèrent , pataugèrent et firent de belletartmes sur le danger déjouer avec les armes à feu.

. Quant à madame d'Harville, ignorant le terrible drame qyi passait chez elle, elle s'était rendue à Saint-Lazare. — Saini Lazare! que ce nom ne vous effraie pas, song''/ mM-;d;.!iiH-

|ae nous vous avons fait visiter le lapis-franc dr- la Goualeuse. vous | iii visiter la prisoi

vous allez vous retrouver eu pays de connaissance, cai . ferme à Saint-Lazare que les 0es soumises. \o< vale'-sccelenses, les accusées .d'infanticide ou d

MUSÉE BT MAGASZM COMXQUES.

.irquise fut reçue par madainf Armand, l'inspeetru

qui elle ht counaître son vif désir de ramener à la vertu quelquesunes de ses jeunes pensionnaires,

. — Nim-i on avons de fort intéressantes, lui dit la bonne sœur, deuxs' plus aimables qualités : lum

lier il;i

'i 'Mio ni:iinv

ulie Louise .Morel.

ir,c3pectables dames, et alluii? huu^jmuuil la prison. T! est deux heures, les recluses elles poussent et entou aiment leur souffre-douleur

-Sainl-Jean • c'e^f iiiio fil!,> ijui sera bieiilôf indonnétr <> ses affei^lini-

Sans pitié pour son état et sa misère, ses eompagnos la tourmentent, lui arrachent les guenilles dont elle a fait à grand'peiiK une misérable lavette, et les jettent au vent.

Mais Fleui-de-Marie survient , elle rainasse les haillons de la leille bossue et ramène la fouie à de meilleurs sentiments. Cependant la plus méchante des détenues , celle qu'on surnommait la Louve ro'.u.nt bientôt de son retour ;\ rhniiKiniii' ot i nlrnîno la Goual art pour la dévore:

i^ue me voulez-vous? dit la bonne fille à la méchantf

— Ce que je te veuxl tu vas le savoir : je t'haïs, je t'abi

je t'antipathe, je te trouve ridicule, stupide et invraisemblaoït D'ailleurs, qui es-tu? — d'où viens-tu?

— Et vous, la Louva, qui êtes-vous?

- Je \ai~ te le narrer... J'ai un amant , un drôle , une canaille lime, mais un brave garçon, qui se nomme Martial (c'est son nom de guerre).' — J'ai eu une mère, une forte tête, si forte |ue mon père la lui a fendue plusieurs fois avec un manche balai sans pouvoir la es.'- '"-hx mère infortunée, se voyant

MUSEE PBJX.IPOM.

trompée par mon père, qui avait deux maît-resses, prit trûi> amants. Sur les trois , deux sont aux galères et le troisième a perdu la tête à la barrière Saint-Jacques (1). Une des maîtresses de mon père , qui avait du crédit à la cour , m'a présentée chez M. le préfet de police et m'a fait obtenir une place dans une !jiaisi>ii de tolérance où l'on peut prendre des renseignements sur moi;.

— Fichtre ! Jft Fleur-de-Mii i :it nas do la petite bièi.

que vos parents! Voyons, à mon toui vous faire de-

châteaux en Espagne, ça vous amusera.

• Supposons que vous épousez Martial ; Martial devient garde i'ham])ètre, et vous voilà garde-champêtreSse C'est une position.

Vous liabitez une chaunin^re au luUieu U une vaste lorel peuplée de loups affamés. Le ciel bénit votre union la première année vous avez deux enfants, la seconde quatre et votre

bonheur va toujours croissant. . . .en y'ià du bonhe'i

La Goualeuse fut interrompue par l'arrivée de i ]M3[ii:-L.ujL:c , qui venait la chercher pour la présenter à madame dHarville.

La marquise interroge Fleur-dc-Marie et la prie de lui gouar ses aventures : l'innocente prostituée les lui raconte jusqu'au liment où elle fut enlevée par la Chouette et le Maître-d'ccole,

[Ui la conduisirent en tian . narre que la Chouette voulut

lui laver h faciès avec du vitriol , mais que le Maître opposa; elle voulut ensuite lui broyer la tête sous les roues ■; la voiture, le Maître d'école ne le voulut pas; enfin cett. t..,,.;; Chouette voulut la noyer dans la cave de Bras-R l'entêtement ridicule et incroyable duMaître-d'écoie ne le i

asilavantage, et cei affreux brigand mit le comble àsagéneni^iuà son humanité en la laissant libre... d'aller en prison Ce

[uelle fit, comme on voit . puisque nous la retrouvons à azare.

La narrd.inin t^uni tii'uii;u>rli!t::iii lum' ;('l.->i[ue i ii i.>^il' <. i .1 '

accourut dire à madame d'Harville qu'on la demandait chez pH'- !' i>iit sa canne et son chapeau et partit

Ici, nous avons la douleur de dire qu'il est arrive à M. iSue i, •inil malheur... un malheur qui plonge ses amis 'lan-^ la ili'sni l'auteur des Mystères de Paris est retomi Cabrion. Cette fois, il est plus mal a. Il relèvera pas.

Madame Séraphin,

ntiance du notaire

pour parler à M. Bradainanti, prêtre, accoucheur, dentiste et m irehami dé vulnér ligne abbé est parti le matit

MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES

^luen ; mtite Aà4ai»e PipHet leint de .le croire sorti seule quelques- Iteu'n's et l'ait jaser madame Séraphin, (jui . i.ii« autres choses que M. Ferraiid épn'nv. 1.^ hdi, f lif-soiii d'avoif une bonne pour tout faire Rodolphe survient,, la Pipelet lui fait part du . hesom (i. M.:l?^rand. • C'est bon . dit-il-, jai son affaire , je lui en ' ■ .,.,•:...;,,,„, bonnet bonne.

\l. Bra,damanti? dit une jolie voi>

Votre nom. s'il vous plaît?

M.idauie d'Orbigny lii^mf d'Orbiirnv

itérieurï^inent Rodolphe épou

prèle

ladame d'Orbigny. .. iabellesiwère.tle madann' d Uai\Uie ' ib... v'ià de labelle ouvrafie!...'" ■ iisanl cela, il monte chez Rigolettt .

(hatnbi-e de Rigolette était toujours élmcelante de proie soleil se promenait joyeusement dans ce petit palais , t lochiiises, éclairant iV lit, se mirant dans la petite glace - estampt iant les deux oiseaux étaient

unbres, ils paraissaient protondément affectés et secouaient la le d'un air très-significatif.

Que se passait-il donc?

Leur maîtresse , mademoiselle Rigolette , venait de leur lirr

e lettre de François Germain , datée de la Conciergerie .G ^heureux, victime d'une erreur, reconnaissait parfaitement V oir volé, ni^ais il protestait de ses excellentes intentions, et Ri-

lette n'en doutait pas, par cette raison plus claire , plus con- ,irrcanî' .lue toutes les preuves du monde : elle l'aimait.

Rodolphe lui ayant demandé" Uv cause de sa tristemontra la lettre de Germaiif

•• Brigand de notaire ! s'écruui Kigoieite. .

— Brigand de notaire ! avaient l'air de dire les autr . (papa Crétu et Ramonettè), car Ils portaient de grar.dissin/. coups de pied aux barreaux de leur cage, s'arrachaient les pi mes du haut de la. tête et donnaient tous les signes d'un di'^sespi • extravagant.

Qu'ai lez- vous faire? reprit Rodolphe.

M'acquitter des commissions que le .pauvre gair^

— Je vous offre mon bras et le fiacre de l'amitié.

— J'accepte

Ils se mirent en route.

t" rar.ij'ois (jeniiiiin iifint-uriui uouicvaro rtiriirii- wi-iii.>. n i : C'était aussi dans cette maison que logeait madame Matthieu, ' courtière de diamants pour qui travaillait le malheureux Mon

Puisque M. Sue prenait l'excellent parti de tant rapprocii' .>es ])ersoiinages . tious regrettons qu'il ne les ait pas tous log dans la nuim- niaisiu! ; celî) eut été jihis commode pour lui > pour eux.

Rigolette et Kuaolplu- inomceni cn.v i riunneie \ (uuui ii ; raissait évident que les niinîblrï dr- François Ger.-naiii était restés dMis l'état même iliière fo

Cette remarque toucha 1 Ivodolplie 'Le-

MUSEE PBII.IPON

lotre égo I ion en oomiriièsair&rpri-

les meuUeé, liiiiiui^ nou- iji'in' d^- le dire, se composaient

.1 11(1 sLviétaire , d'une carafe , d'un mouchoir de poche et d'um

ri.tirr) Hc mouchette^. . . Le m^'iichoir de poehe avait étési souvent

le larmes que la m.; trouvait effecée.

lligolette ouvrit 1p ^. ilécouvrit un testament pai

Ifiincl ce bon jeune homme lui. laissait tous ses biens, tous, — le 1 carafe, le mouchoir de poche et la paire de mou-

Pan, pan I on frappe à i; ouvre en effet et se t

' "^locîolphe crie

L^ un drôleiitii demamu (j^ojid le graftd prince.

Il, sopne en face,. remet lalati i tendait au bas de l'esealier..

^Ti retenir ce qu'il lui dit , sans ( • lire ; , ^

lasse fauche dans le point '■esbrouffe ses durailles et nous irnr n passe-lance

maison de Fraiiy.ji.- v..ciiii«j "rf nient arrivé à M. d'H;i' lise le bi11et,(l

OC dans la lettre ci-i:essu> vec sa nile pour la Normandie.

MODES RIDICULES

( Extrait du journal d'Aubert , les Modes parisiennes. )

Nous assistons en ce moment à des luttes nombreuses et acharnées : — , la canne à sucre se bat con- ^ tre la betterave, M. Victor Hugo ferraille contre la critique , et voici que le jupon en crinoline a reçu une attaque directe de la part de la petite jupe sans empois.

, Nous ne nous occuperohs pour le moment ni de la caçne à sucre , ni de M. "\a^or Hugo ; mais

nous vouX parlerons seu-

leiiiuiii Ue la discorde qui s'est élevée parmi leïSfemmes à la mode au sujet de la crinoline, qui, après avoir brillé quatre ou cinq ans , est tout à coup menacée de retomber dans le délaissement le plus complet. — Après cela , nous devons être juste , et reconnaître qu'enivrée par ses succès , la crinoline s'était par trop gonflée d'importance : et si on l'avait laissée faire , incessamment il n'y aurait plus eu de portes assez larges pour elle; pas même la porte Saint-Denis , qui cependant jouit d'une immense réoutation sous ce rapport.

L'exagération sans cesse progressive devait immanquablement nous ramener aux paniers des marquises du'tefhps de Louis XV, ou aux petites jupes étriquées du temps de l'Empire ; — il paraîtrait qu'en ce moment la balance penche -beaucoup du côté de l'Empire.

Cette alternative nous semble également déplorable , car peu de femmes sont assez bien faites naturellement pour ne pas demander quelques légers spcours à l'art de la couturière , ou, si vous aimez mieux , de ]a.jupon>ère : et , le jour où nous verrons toutes les tailles françaises nous apparaître dans leur beauté na'ive et primitive , nous serons moins fiers d'être Français que loi-sque nous contemplons la Colonne , — qui , elle au moins , possède une belle taille!

M. Planard a beau dire que :

« Toujours la nature 0 Embfllil la bcautc! »

cette maxime d'opéra-comique nous semble aussi vieille que désolante ; et si on venait à l'adopter un jour, elle causerait la ruine en Francçje dix mille modistes , de vingt mille couturières ,

MUSÉE ET MAGASIM COMIQUES

sans compter en outre, hélas! qu'elle causerait la ruine de presque toutes nos illusions.

C'est surtout en fait de jupons qu'on doit suivre les excellents conseils de l'illustre philosophe M. Cousin , qui nous engage fortement à prendre dans tout système ce qu'il y a de bon , et à allier ainsi légèrement la crinoline à la jupe plate. — Ce système éclectique ne saurait trop être mis en pratique.

La crinoline , employée sagement , est un des bienfaits de la civilisation moderne! — Cette réflexion est toujours de M. Cousin. Peut-être ne la trouvera-t-on pas dans ses écrits, mais à coup sûr elle lui est venue souvent à l'esprit; ne fût-ce qu'en contemplant de sa fenêtre une de ces femmes qui , suivant à la lettre les déplorables conseils de M. de Planard , aurait eu la folie de confier à la seule nature le soin d'embellir sa beauté !

Galerie royale de Costumes.

Les 11° et 12= livraisons de la Galerie roijnle de Cosiumr-s viennent de paraître chez MM. Aubert et C" : — l'une , dessinée par M. Roubaud , se compose de dix costumes très- exacts, qu'il a peints d'après nature en Algérie ; — l'autre livraison est formée de dix costumes persans et afghans rapportés par M. Flandin , dessinateur qui fut attaché à l'ambassade française en Perse.

La Galerie royale se compose donc déjà de 120 Planches, et , par la beauté de son exécution , elle justifie pleinement le titre ambitieux que les éditeurs lui ont donné.

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