PREMIERE LIVRAISON
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
MUSEE PHILIPON
Les observations de dos souscripteurs nous décident à changer de format; celui ijue nous avions adopté a jénérôkment paru trop grand; celui-ci est commode, il ne sori pas de la dimension ordinaire des albums d'Aubert; nous avons lieu d'espérer qu'il satisfera tout le monde Ouelques dessins, dont la dimension était calculée pour le plus grand format, n'ont pu entier dans ce numéro.
Souscription.
Le Musée ou Magasin comique de Pài/ipon formera deux forts volumes (100 livraisons).
Les livraisons paraîtront le plus souvent possible , deux fois par mois au moins. Chaque livraison sera composée de 4 pages grand in-folio , toutes" remplies de dessins par MM. Alophe, — Cham, — D.4u,MiER. — E. FoREsT, — Gavarni , — Grandville,
— Janet- Lange, — Lorentz, — H. Monnier, — Trimolet, — Vernier et autres.
On souscrit pour 48 livraisons ou pour 24.
Prix pour Paris, rendues à domicile, 24francsles481ivraisons.
— 12 francs les 24 livraisons.
Pour les départements : 28 francs pour 48 livraisons ; — 14 francs pour 24 livraisons (fra7ico].
Bureau, chez Aubert et C'^ place de la Bourse, 29.
Au Public.
Tous les Musées plus ou moins pilloresLiues sont insuffisants aux myriades de têtes grotesques qui se présentent chaque jour pour poser dans le grand tableau de famille des originaux vivants.
D'où je conclus que le besoin d'un nouveau musée SE FAIT généralement SENTIR, et j'ouvre le Musée Philipon.
C'est une large addition à toutes les exhibitions déjà connues,
Un cadre élastique qui s'agrandira suivant les apparitions des célébrités de nos jours.
C'est une illustration fantastique et comique.
C'est une mise en scène graphique des drames, des comédies du monde et des théâtres.
C'est un reflet des caprices, des ridicules de la modo et des impressions des arts.
C'est de l'épigramme au crayon.
C'est tout et ce n'est rien.
C'est un Musée sans prétention; une galerie historique, comique et même philosophique de croquades, de charges et de pochades.
C'est un joujou pour les grands enfants, les flâneurs, les paresseux , les amateurs d'images , et pour tous ceux qui, par goût, par position, par méfiance ou par insouciance, ne lisent pas ou ne lisent plus.
C'est tout ce qui pa.sse par la tête des artistes.
Peu de texte et beaucoup d'images, telle est la devise de notre bannière.
Nous ne promettons rien de plus afin qu'on nous sache gré si nous tenons davantage.
Charles Puilipon.
Maloii de cette année,
dessiné par GAVaRNI
Exposition des motifs secrets qui ont déterminé les plus charmants écrivains, les plus coquets diplomates, les plus vaporeux artistes, les plus jolis épiciers, à livrer le spécimen de leur physique à l'admiration de leurs concitoyens.
Modestie .
Mademoiselle Araminte **** cultive les arts et le célibat , croque tous les sexes, professe le dessin, la peinture, la sculpture, et se rend à volonté dans la Banlieue et les départements
Portrait.
Ce monsieur paraît profondément contrarié d'être resseni-
lilant.
MUSEE ET MAGASIN COMIQUES
Un Siplomate.
M. le vicomte D..., lion que les rats de l'Opéra ont un peu endommagé, ayant peu de crédit à Paris, veut se faire accréditer près d'une cour d'Allemagne. Il part chargé d'affaires. Désirant voir l'aristocratie de son nom reliée par la chaîne d'or à l'aristocratie de l'argent, il offre de former une société en participation avec toute veuve de bonnetier ou toute fille de facteur à la halle qui voudra bien accepter son blason pour sa part de fonds social et lui confier la gestion des capitaux de la société ( Affranchir. )
Un Homme âîmè.
Et
Portrait de M. Oscar Panade, auteur des romances Ji> Ile oiains p;is que In m'oublies.
Rcgnrde-nioi !
C'est le bonheur des anses.
Auteur d'une variation du Siabai de Rossini sur l'accordéon, et de beaucoup d'autres productions moins importantes.
Madame **', née Trissotin,
Un bas-bleu s'est lait peindre au moment où il relit son œuvre que son mari a recopié, mis au net, fait imprimer, brocher et relier.
//songe (ce n'est pas du mari que nous parlons, on n'en parle jamais), il songe aux nombreuses dédicaces qu'z'/ doit faire de son roman anti-social et moral à tous les souverains de l'Europe ; ?'/ voit l'horizon gros de cadeaux et de lettres autographes.
La reine d'Espagne enverra une tabatière, l'empereur de Russie un boa de Sibérie, le grand Turc un damas... et le basbleu en disposera en faveur d'un feuilletoniste à qui elle se propose de le donner. . . dans le dos.
Mon Château.
Dans la grande comédie du siècle, les emplois et les rôles ont subi de prodigieuses permutations.
La noblesse fait du sucre de betterave et des machines à vapeur, la bourgeoisie achète des châteaux.
Un duc dit : Je vais à mon usine.
Un comte parle de ses charrues.
Et le restaurateur engraissé, le pâtissier retiré, l'huissier en retraite disent : Mon château.
Ce n'est pas assez pour l'enrichi de le dire , il le crie, il en rêve, il le fait peindre.
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau •
C'est moi qui suis Guillot, maitre de ce château.
MUSEE PHILIPON
L'Épîcîer retiré.
Un peu du poids légal étant ôté , combien faut-il vendre de grammes de cassonade ou de café-chicorée pour acheter une propriété rurale de 60,000 fr.?
Tel est le problème métallurgique que M. Mollard, négociant en résiné et pruneaux de Tours, s'était posé.
M. Mollard n'était pas fort sur l'algèbre ; cependant on quatre ans le problème fut résolu , et M. Mollard passa de la boutique à la villa. De plus , il devint conseiller municipal , électeur, juré et marguillier; sa femme tint la cloche sur les fonts baptismaux. Tant d'honneurs imposaient à M. Mollard l'obligation de transmettre ses nobles traits à la postérité, et le livret du Salon fut enrichi de cette note :