‹ Musée ou magasin comique de PhiliponChapitre 34 sur 95 · PRIX : 50 CENTIMES · texte numérisé non relu

PRIX : 50 CENTIMES

CHEZ AUBERT. PI.ACE DE LA BOURSE

MUSÉE PHILIPON

ALBUM DE TOUT LE MONDE-

Comme quoi IVapoléon n'a jamais existé.

£tg3KIS P>i;3 M= l.@î2IKlT2o

Voici une peiilc (li*iseriniiciii qui a dt"j;'i obtenu de [;r.iiiils vnccès, cr qui e-n tlestinée à de plus grands succès encor c ; c'est assurcmeui l'éciit K- pins ingénieux qui ait élc composé et nus en lumière de nos jours. Kieu, eu vciile, n'est plus fart pour jeter le doute et le trouble ilans les croyances ci-)nteniporaines; rien n'csi plus f;iit pour préparer da, tortures, non-seuleuient uux Sauniaise, mais aux générations Inlures.

A ceux qu'un simple jeu d'esprii ne srturail saiist'aire et qui veulent i[ue leur conscience soit de moitié dans leurs plaisirs, nous dirons qu'une double pensée a pu présider à la conception de cet a;;réable opuscule : Duplex libelli (hs est. D'abord on pourrait y voir, dans un iniérêt religieux, la réfutation la meilleure <et la plus forte de l'ouvrage de M. Dupuis, {'Orùjine de tous les cultrs ; puis, dan^ un intérêt plus ter-

restre, une

pa

odie excellente tic cette uuuvcll

e école historique, qui s'est appliquée surtout en Allemagne, à rejeter les faits les plus avérés de l'antiquité, dans le domaine des mvilies et des allégories.

Il existe une brochure anglaise, .intérieure, croyons-nous, à ce présent travail, ayant pour l'nre : Histoncal Doubt. Lne personne digue de foi, qui l'a lue, nous a donné l'assurance qu'il y a une grande analogie enlie la composition étrangère ci celle du savant et vénérable bibliothécaire de la ville d'Agen ; mais quelque diligence que nous ayons faite, nous n avons ]ni parvenir encore à nous la procurer. Si jamais elle lombc entre nos mains, nous nous empresserons de la faire connaître au public.

Pï:thl's lîonrL.

Xapoléon Bonaparte , dont on a dit et écrit tant de choses, n'a pas même existé. Ce n'est qu'un personnage allégorique. C'est le soleil personnifié; et. notre assertion sera prouvée , si nous faisons voir que tout ce t[u'on publie de Napoléon-le-Grand est emprunté du grand astre.

Voj-ons donc sommairement ce qu'on nous dit de cet liomme merveilleux.

On nous dit :

Qu'il s'appelait Xapoléon Bonaparte ;

Qu'il était né dans une île de la Méditerranée ;

Que sa mère se nommait Letitia ;

Qu'il avait trois sœurs et quatre frères, dont trois furent rois ;

Qu'il eut deux femmes , dont une lui donna un fils ;

Qu'il -mit fin à une grande révolution ;

Qu'il avait sous lui seize maréchaux de son empire , dont douze étaient en activité de service;

Qu'il triompha dans le Midi, et qu'il succomba dans ^ le Nord ; ^ t

Qu'enfin , après un règne de douze ans , qu'il avait commencé en venant de l'Orient , il s'en alla disparaître dans les mers occidentales.

Reste donc à savoir si ces différentes particularités sont empruntées du soleil , et nous espérons que quiconque lira et écrit en sera convaincu.

Et, d'abord tout le monde sait que le soleil est nommé Apollon par les poètes ; or la différence entre Apollon et Napoléon n'est pas grande , et elle paraîtra encore bien moindi'e si on remonte à la signification de ces noms ou à leur origine.

Il est constant que le mot Apollon signifie exterminateur ; et il paraît que ce nom fut donné au soleil par les Grecs à cause du mal qu'il leur fit devant Troie , oii une partie de leur armée périt par les chaleurs excessives et par la contagion qui en résulta, lors de l'outrage fait par Agamemnon à Chrysès , prêtre du soleil , comme on le voit au commencement de r//eaf/e d'Homère; et la brillante imagination des poètes grecs transforma les ra3-ons de l'astre en flèches enflammées que le dieu irrité lançait de toutes parts , et qui auraient tout exterminé si , pour apaiser sa colère , on n'eiit rendu la liberté à Chryséis , fille du sacrificateur Chrysès.

C'est vraisemblablement alors et pour cette raison que le soleil fut nommé Apollon; mais, quelle que soit la circonstance ou la cause qui a fait donner à cet astre un tel nom , il est certain qu'il veut dire exterminateur.

Or, Apollon est le même mot qa'ApoUo7i. Ils dérivent de Apolluo , AiroW.uw , ou Apoleo , AttoXeo , deux verbes grecs qui n'en font qu'un , et qui signifient

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perdre, tuer, exterminer. De sorte que si le prétendu héros de notre siècle s'appelait Apoléon, il aurait le même nom que le soleil , et il remplirait d'ailleurs toute la signification de ce nom ; car on nous le dépeint comme le plus grand exterminateur d'hommes qui ait jamais existé. Mais ce personnage est nommé Napoléon , et conséquemment il y a dans son nom une lettre initiale qui n'est pas dans le nom du soleil. Oui , il y a une lettre de plus, et même une syllabe ; car, suivant les inscriptions qu'on a gravées de toutes parts dans la capitale , le vrai nom de ce prétendu héros était A^éapoléon. C'est ce que l'on voit notamment sur la colonne de la place Vendôme.

Or cette syllabe de plus n'y met aucune différence. Cette syllabe est grecque sans doute , comme le reste du nom , et en grec ne , vr) , ou nai , vat , est une des plus grandes eiffirmations que nous pouvons rendre par le mot vérilablement. D'oii il suit que Néapoléon signifie véritable exterminateur, véritable Apollon. C'est donc véritablement le soleil.

Mais que dire de son autre nom ? Quel rapport le mot Bonaparte peut-il avoir avec l'astre du jour? On ne le voit point d'abord ; mais on comprend au moins que , comme bonaparle signifie bonne partie , il s'agit sans doute là de quelque chose qui a deux parties, une bonne et l'autre mauvaise; de quelque chose qui , en outre, se rapporte au soleil Napoléon. Or, rien ne se rapporte plus directement au soleil que les effets de sa révolution diurne, et ces effets sont le jour et la nuit , la lumière et les ténèbres; la lumière , que sa présence produit, et les ténèbres , qui prévalent dans son absence. C'est une allégorie empruntée des Perses. C'est l'empire d'Oromaze et celui d'Arimane , l'empire de la lumière et des ténèbres, l'empire des bons et des mauvais génies. Et c'est à ces derniers, c'est aux génies du mal et des ténèbres que l'on dévouait autrefois par cette expression imprécatoire : Abi in ?nalam partem. Et si par malâ pai-/e on entendait les ténèbres , nul doute que par bo?iâ parte on ne doive entendre la lumière. C'est le jour, par opposition à la nuit ; ainsi on ne saurait douter que ce nom n'ait des rapports avec le soleil , surtout quand on le voit assorti avec Napoléon , qui est le soleil lui-même , comme nous venons de le prouver.

2° Apollon , suivant la mythologie grecque , était né dans une île de la Méditerranée (dans l'île de Délos) ; aussi a-t-on fait naître Napoléon dans une île de la Méditerranée , et de préférence on a choisi la Corse , parce que la situation de la

Corse, relativement à la France , où on a voulu le faire régner , est la plus conforme à la situation de Délos relativement à la Grèce , où Apollon avait ses temples principaux et ses oracles. Pausanias , il est vrai , donne à Apollon le titre de divinité égyptienne; mais pour être divinité égyptienne il n'était pas nécessaire qu'il fût né en Egypte; il suffisait qu'il y fût regardé comme un dieu , et c'est ce que Pausanias a voulu nous dire ; il a voulu nous dire que les Égyptiens l'adoraient, et cela encore établit un rapport de plus entre Napoléon et le soleil ; car on a

dit qu'en Egypte Napoléon fut regardé comme revêtu d'un caractère surnaturel , comme l'ami de Mahomet, et qu'il y reçut des hommages qui tenaient de l'adoration.

3° On prétend que sa mère se nommait Letitia. Mais .sous le nom de Le/iù'a, qui veut dire la joie , on a voulu désigner l'aurore , dont la lumière naissante répand la joie dans toute la nature ; l'aurore, qui enfante au monde le soleil , comme disent les poètes , en lui ouvrant, avec ses doigts de rose, les portes de l'orient.

Encore est-il bien remarquable que, suivant la mythologie grecque, la mère d'Apollon s'appelait /elo, ou Lètô, Avitw. I\Iais si de Lefo les Romains firent La/one, mère d'Apollon , on a mieux aimé, dans notre siècle, en faire Letitia, parce que lœtitia est le substantif du verbe lœtor ou de l'inusité lœlo, qui voulait dire inspirer de la joie.

11 est donc certain que cette Letitia est prise, comme son fils , dans la mythologie grecque.

4" D'après ce qu'on en raconte, ce fils de Letitia avait trois sœurs, et il est indubitable que ces trois sœurs sont les trois Grâces, qui, avec les Muses , leurs compagnes, faisaient l'ornement et les charmes de la cour d'Apollon , leur frère.

5" On dit que ce moderne Apollon avait quatre frères. Or, ces quatre frères sont les quatre saisons de l'année, comme nous allons le démontrer. Mais d'abord qu'on ne s'effarouche point en voyant les saisons représentées par des hommes, plutôt que par des femmes. Cela ne doit pas même paraître nouveau , car , en français, des quatre saisons de l'année une seule est féminine, c'est l'automne, et encore nos grammairiens sont peu d'accord à cet égard. Mais en latin autumnus n'est pas plus féminin que les trois autres saisons. Ainsi , point de difficulté là-dessus. Les quatre frères de Napoléon peuvent représenter les quatre saisons de l'année; et ce qui suit va prouver qu'ils les représentent réellement.

Des quatre frères de Napoléon , trois, dit-on, furent rois , et ces trois rois sont le Printemps , qui règne sur les fleurs; 1 Eté, qui règne sur les moissons; et l'Automne, qui règne sur les fruits. Et comme ces trois saisons tiennent tout de la puissante influence du soleil , on nous dit que les trois frères de Napoléon tenaient de lui leur royauté et ne régnaient que par lui. Et quand on ajoute que des quatre frères de Napoléon il y en eut un qui ne fut point roi , c'est par ce que, des quatre saisons de l'année, il en est une qui ne règne sur rien : c'est l'Hiver.

Mais si, pour infirmer notre parallèle , on prétendait que l'Hiver n'est pas sans empire, et qu'on voulût lui attribuer la triste principauté des neiges et des frimas, qui, dans cette fâcheuse saison . blanchissent nos campagnes , notre réponse serait toute prête : c'est , dirions-nous , ce qu'on a voulu nous indiquer par la vaine et ridicule principauté dont on prêt ' frèredeNa-

MUSEE PBII.IPON.

poléon a tHé revêtu aprfîs la décadence de toute sa famille , principauté qu'on a attachée au village de Canino de préférence à tout autre , parce que caninn vient de cani , qui \eut dire les cheveux blancs de la froide vieillesse; ce qui rappelle l'Hiver. Car, aux veux des poètes, les forêts qui couronnent nos coteaux en sont la chevelure; et quand l'Hiver les couvre de ses frimas , ce sont les cheveux blancs de la nature défaillante , dans la vieillesse de l'année ,

(;îini p,eliiliis ci'csf-it Cr"i/.v iil niniililulv liiinior.

Ainsi , le prétendu prince de Canino n'est que l'Hiver personnifié; l'Hiver, qui commence quand il ne reste plus rien des trois belles saisons, et que le soleil est dans le plus grand éloignement de nos contrées envahies par les fougueux enfants du Nord , nom que les poètes donnent aux vents qui , venant de ces légions , décolorent nos campagnes et les couvrent d'une odieuse blancheur; ce qui a fourni le sujet de la fabuleuse invasion des

un drapeau de diverses couleurs dont elle était embellie, pour y substituer un drapeau blanc qui l'aurait couverte tout entière après l'éloignement du fabuleux Napoléon. Mais il serait inutile de répéter que ce n'est qu'un emblème des frimas que les vents du Nord nous apportent durant l'Hiver , à Iji place des aimables couleurs que le soleil maintenait dans nos contrées avant qu'il se fût éloigné de nous par son déclin vers le midi , toutes choses dont il est facile de voir l'analogie avec les fables ingénieuses que l'on a imaginées dans notre siècle.

6" Selon les mêmes iables , Napoléon eut deux femmes : aussi

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peuples du Nord dans la France , où ils auraient fait disparaîtr

en avait-on attribué deux au soleil. Ces deux femmes du soleil étaient la Lune etlaTerre ; la Lune, selon les Grecs (c'est Plutarque qui l'atteste) , et la Terre, selon les Egyptiens. Avec cette différence bien remarquable que, de l'une (c'est-à-dire de la Lune) , le.soleil n'eut point de postérité ; et que de l'autre , il eut un fils, un fils vnique , le petit Horus , fils d'Osiris et d'I-

sis, c'est-à-dire du Soleil et de la Terre , comme on le voit dans l'histoire du ciel , tome 1 , page 61 et suivantes. C'est une allé-

MDSÉE BT MAGASIN COMIQUES.

gorie égyptienne , dans laquelle le petit Horus, né de la terre fécondée par le Soleil , représente les fruits Ae l'agriculture ; et précisément on a placé la naissance du prétendu fils de Napoléon au 20 mars, à l'équinoxe du printemps, parce que c'est au printemps que les productions de l'agriculture prennent leur grand développement.

7° On dit cjue Napoléon mit fin à un fléau dévastateur qui terrorisait toute la France, et qu'on nomma l'hydre de la révolution. Or , une hydre est un serpent, et peu importe l'espèce, surtout quand il s'agitd'une fable. C'est le serpent Python, rep-

tile énorme qui était la terreur de la Grèce , et dont Apollon la délivra ; ce qui fut son premier exploit , suivant la mythologie ; et c'est pour cela qu'on nous dit que Napoléon commença son règne en étouffant la révolution française , aussi chimérique que tout le reste ; car on voit bien que révolution est emprunté du mot latin revo/iitus, qui indique la situation d'un serpent roulé sur lui-même. C'est Python , et rien de p4us.

8° Le célèbre guerrier du dix-neuvième siècle avait, dit-on , douze maréchaux de son empire à la tête de ses armées, et quatre en non-activité, Or , les douze premiers (comme bien entendu) senties douze signes du zoliaque , marchant sous les ordres du

brable armée des étoiles , appelée milice céleste dans les livres de Mo'ise, et qui se trouve partagée en douze parties, correspondant aux douze signes. Tels sont les douze maréchaux qui , suivant nos fabuleuses chroniques , étaient en activité de service sous l'empereur Napoléon ; et les quatre autres vraisemblablement sont les quatre points cardinaux , qui , immobiles au inilieu du mouvement général, représentent fort bien la non-activité dont il s'agit.

Ainsi tous ces maréchaux, tant actifs qu'inactifs , sont des êtres purement symboliques , qui n'ont pas eu plus de réalité que leur chef.

9° On nous dit que ce chef de tant de brillantes armées avait parcouru glorieusement les contrées du Midi ; mais qu'ayant trop pénétré dans le Nord, il ne put s'y maintenir. Of, tout cela caractérise parfaitement la marche du soleil.

Le soleil , on le sait bien , domine en souverain dans le Midi, comme on le dit de l'empereur Napoléon. Mais ce qu'il y a de bien remarquable, c'est qu'après l'équinoxe du printemps le soleil cherche à gagner les régions septentrionales, en s'éloignant de l'équateur. Puis au bout de trois mois de marche vers ces contrées , il rencontre le tropique boréal , qui le force à reculer et à revenir sur ses pas vers le Midi , en suivant le signe du Cancer, c'est-à-dire de VÉcrevisse , signe auquel on a donné ce^ nom (dit Macrobe) pour exprimer la marche rétrograde du soleil dans cet endroit de la sphère. Et c'est là-dessus qu'on a calqué l'imaginaire expédition de Napoléon vers le Nord , vers Moscow , et la retraite humiliante dont on dit qu'elle fut suivie.

soleil Napoléon , et cimmandant chacun une division de l'innom-

Ainsi, tout ce qu'on nous raconte des succès et des revers de cet étrange guerrier, ne sont que des allusions relatives au cours du soleil.

10° Enfin, et ceci n'a besoin d'aucune explication , le soleil se lève à l'orient et se couche à l'occident, comme tout le monde le sait. Mais pour des spectateurs situés aux extrémités des terres, le soleil paraît sortir le matin des mers orientales et se plonger , le soir , dans les mers occidentales. C'est ainsi , d'ailleurs , que tous les poètes nous dépeignent son lever et son coucher. Et c'est là tout ce que nous devons entendre quand on nous dit que Napoléon vint par mer de l'Orient (de l'Egypte) pour régner sur la France, et qu'il a é^é disparaître dans les mers occidentales après un règne de douze ans, qui ne sont autre chose que les douze heures du jour, les douze heures peu lant lesquelles le soleil brille sur l'horizon.

MUSEE PHILIPOM

fl na réfjné qu'un jour, dit l'auteur des Nouvelles Messénienncs , en parlant de Napoléon, et la manière dont il décrit son élévation , son déclin et sa chute , démontre ïlaireinent que cet agréable versificateur n'a vu, comme nous, dans Napoléon qu'une image du soleil ; et il n'est pas autre chose : c'est prouvé par son nom , par le nom de sa mère , par ses trois sœurs , ses quatre frères , ses deux femmes , son fîls , ses maréchaux et ses exploits ; c'est prouvé par le lieu de sa naissance , par la région d'où il vint en entrant dans la carrière de sa domination , par le temps qu'il employa à la parcourir, par les contrées où il domina, par celles où il échoua, et par la région où il disparut, pâle et découronnè, après sa brillante course, pour nous exprimer comme l'illustre académicien que nous citions tout à l'heure.

Il demeure donc certain et incontestable que le prétendu héros de notre époque n'est qu'un personnage allégorique dont tous les

attributs sont empruntés du soleil ; et , par conséquent , Napoléon Bonaparte, dont on a dit et écrit tant de choses, n'a pas même existé. L'erreur où tant de gens ont donné tête baissée ne vient que d'un fjidproquo, — c'est qu'ils ont pris la mythologie du dix-neuvième siècle pour une histoire.

P. S. Mais, vraiment, nous avons été bien bon de nous donner tant de peine et d'invoquer à l'appui de notre thèse tant de rapprochements astronomiques et m3'thologiques, quand il aurait pu nous suffire de citer quelques ordonnances royales de Louis XVIIL celles de 1814, par exemple, qui sont datées de la dix-neuvième année de son avènement , pour faire disparaître entièrement, et de la façon la plus péremptoire, le règne imaginaire du prétendu Napoléon. — Ce n'est pas sans d'excellents motifs . toutefois , que nous avons dédaigné de faire usage , tout d'abord, d'une arme aussi facile.

Un journal du 25 juin 1838 renferme un article ainsi conçu : . ■• Bonaparte disait que le désert avait toujours eu pour lui un attrait particulier , et qu'il ne l'avait jamais traversé sans une certaine émotion. On n'en voyait point les bornes, il n'avait ni commencement ni fin; c'était l'image de l'immensité, un océan de pied ferme. Ce spectacle plaisait à son imagination , et il aimait à faire observer que Napoléon veut dire lion du désert. ■•

Un tireur d'horoscopes a fait le calcul suivant sur le mot Napoléon. Ce nom propre est composé de deux mots grecs qui signifient lion du désert. Ce même mot, inaénieusement combiné , présente une phrase qui offre une singulière analogie avec le caractère de cet homme extraordinaire :

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