MYTHOLOGIE COMIQUE
Illustrée par CHAH.
(Suite. ]
Nous avons laissé Cybèle en admiration devant les produits de sa propre manufacture ; nous avons dit que , pour conserver ces beaux échantillons de sa fabrique , elle fit un bon tour au vieux goinfre de Saturne.
Ce tour est d'une ingénieuse simplicité ; nous le recommandons aux épouses dont le mari aurait le défaut de manger ses enfants.
A la place de Jupiter, elle mit une grosse pierre; Saturne, qui avait l'estomac bien constitué , mais la vue très-mauvaise , avala cette plaisanterie géologique sans dire ouf!
Il paraît que sa digestion n'en fut aucunement troublée, car il fit plusieurs repas au même ordinaire ; il ingurgita de cette façon une pierre ponce pour Neptutie , et un superbe morceau de lave pour Pluton.
Cependant , Cybèle pleurait toujours ses premiers enfants inhumés dans l'abdomen de leur papa; mais une bonne idée en amène une autre : — J'ai sauvé les derniers , se dit-elle ; tâchons de rattraper les aînés; et aussitôt elle administra au bonhomme quelques réactifs un peu violents , tels que la manne , le calomel , le remède Leroy, l'émétique ; mais rien ne lui réussit aussi bien que le téréobrome, ou chocolat froid.
Saturne rendit à cette mère éplorée le fruit de ses entrailles.
Tous ces charmants petits dieux avaient prodigieusement grandi .
Jupiter fut élevé secrètement dans l'île de Crète, où se trouvait un excellent collège de jésuites.
Cependant Titan lit dans le Siècle , à l'article faits Paris , que le premier accessit de sixième vient d'être donné au jeune Jupiter, fils de M. Saturne, rentier... Titan , qui avait compté sur l'exécution religieuse des conventions arrêtées entre son frère
et lui , Titan , qui voit dans l'existence de son neveu une infraction au pacte de famille, entre dans une colère atroce; il ne parle rien moins que d'aller fi... flan... quelque chose à son frère , et , en effet , il assemble une armée , marche contre Saturne , le fait prisonnier avec Cybèle et les enferme dans le Tartare. •
Mais Jupiter, plus malin que lui, lui échappe, et bientôt après délivre ses augustes parents , qui , transportés de reconnaissanc°, trament contre lui et lui dressent des embûches.
Jupiter les chasse cette fois tout de bon du Paradis.
Saturne prend bravement son parti et se réfugie dans le pays latin , où il se fait agriculteur. Quelques auteurs disent qu'il se fit apothicaire; ce qui semblerait le prouver, c'est la haute antiquité de l'extrait dit de Saturne : préparation pharmaceutique venue jusqu'à nous de mal en mal.
MUSEE ET MAGASIM COMIQUES
Disons-le en passant , Jupiter était un jeune homme fort bien éduqué. Les nymphes du mont Ida , auxquelles Cybèle l'avait confié , n'avaient rien négligé pour en faire un élève chicandard. ■Maîtresses de danses , professeur d'accordéon , leçons de bâton et autres armes naturelles , tout lui fut prodigué. Mais les cris du moutard étaient si perçants , que Titan eût pu les entendre ; ce qui eût trahi la farce maternelle de Cybèle. C'est pour couvrir le bruit de ces effi'oj ables vagissements que le pensionnat du mont Ida inventa la Dacfyle , sorte de danse bruyante , espèce de cancan céleste.
A peme au sortir de l'enfance, Jupiter fut obligé de faire le coup de poing avec les géants , ses oncles , et déjà il reconnut les bienfaits de l'éducation gymnastique qu'il avait reçue.
Ces grands monstres voulaient disputer l'empire au roi de l'Olympe, et , pour arriver jusqu'à lui , ils avaient entassé montagne sur montagne , rocher sur rocher, si bien qu'ils atteignaieijt les cieux.
Les dieux firent d'abord assez bonne contenance; ils s'organi-
sèrent en garde mobile , fortifièrent la capitale , passèrent des revues, et crièrent comme des enragés : Vite Jupiter! Mais quand vint le moment décisif , quand les arbres et les rochers enflammés, lancés par les assiégeants, vinrent compromettre les plumets et les aigrettes de la milice citoyenne du ciel . elle se débanda , et chaque dieu chercha un refuge dans un trou quelconque. Beaucoup se cachèrent en Egypte sous les espèces poireaux , navets , serpents , bœufs , oignons et autres légumes , ce qui explique et justifie les croyances religieuses des indigènes.
Bacchus seul conserva son courage et combattit bravement ,
animé par Jupiter, qui , grimpé au plus haut des nuages . lui criait : évohé ! tape ! . . . tape I . . . bien touché I
C'est d'ÉvoHÉ qu'est venu, par corruption , cet autre cri : ohé! ohé ! 1 qui fait aujourd'hui le principal charme de notre carnaval.
Lps ambitieux ne sortirent du combat qu'aplatis par des quartiei-s de rochers. Celte race d'hommes a b'^aucoup dégénéré sous le rapport de la taille , mais elle s'est bien conservée sous celui de' la platitude
MUSEE PBiz,ipoN.
Jupiter (les dieux , dans ce temps-là , faisaient des sottises comme les plus simples mortels) fit un mariage d'argent , il épousa Junon.
Bientôt le crime parut sur la terre , et il partit de haut ; L}'canon , roi d'Arcadie , ayant invité Jupiter à venir manger la fortune du pot , lui servit les membres d'un esclave.
Jupiter, peu habitué ;i la cuisine à 19 sous, s'en offensa et changea Lycaon en loup.
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o'eàt-'' Jupiter que Franklni et les machinistes de théâtre sont redevables de linvention du tonnerre.
Junon , sœur et épouse de Jupiter ( ce qui était très-comme il faut dans ce temps-là) , était par conséquent fille de Saturne.
Remarquez qu'on pouvait , à cette heureuse époque , être en même temps sœur, épouse, grand'mère et fille du même individu, ce qui devait terriblement allonger les billets de faire part.
Jupiter, disons-nou<, vécut d'abord avec sa femme , en assez bon mari ; mais la lune de miel passa vite , et le naturel papillon du mari reprit le dessus.
Les coups de canif donnés au contrat furent nombreux et scandaleux ; Jupiter s'amourachait, tantôt d'une vache, tantôt d'un
cheval de fiacre ; tous les déguisements lui étaient bons pour arriver à ses fins immorales ; une fois il se masquait en cygne , une autre fois en taureau , en pierrot , en coucou , en débardeur et même en pièce de vingt francs — Les mauvaises langues de l'antiquité prétendent que ce dernier travestissement lui réussissait toujours mieux que les autres.
MDSÉE BT MAOASIM COMIQUES.
Cérès , fille de Saturne et de Cybèle , était la déesse des productions de la terre, ce fut elle qui inventa le sucre de betterave et enseigna l'agriculture à Triptolème , fils de Céléus , roi d'Eleusis, et c'est dans le cours d'une de ses leçons que nous l'avons représentée ici.
Jupiter eut quelques torts à son égard , il la trompa ; et de ces erreurs naquit Proserpine, qui fit plus tard un mariage d'inclination dont elle eut beaucoup à se repentir : elle épousa M. Pluton , fabricant de soufre et de bitume , par qui elle se laissa enlever et conduire dans son laboratoire.
Le Destin , supérieur même aux volontés de Jupiter, était un aveugle implacable et embêtant.
Il leniiit un grand livre que les tliuiix seuls pouvaient consulter , ce qu'ils ne manquaient jamais de faire pour connaître les |iiochaines fluctuations delà Bnuisf t-t loiier ;'i coup sûr.
cJiuMctîej
Jupiter, continuant ses fredaines , aima Latone ( ne lisez pas /a tonne], dont il eut Apollon. — qu'il reconnut, et à qui il donna pour apanage la principauté du jour, le domaine des arts, et la surintendance des allumettes chimiques allemandes.
Ce fut Apollon qui inventa la médecine allopathique et indiqua à son fils Esculape les moyens de s'en servir. Bref il fit des cho.ses miraculeuses : il arracha les dents sans douleur, avec un sabre de cavalerie ; il guérit les maladies les moins incurables , ressuscita les morts et tua les vivants
Jupiter, mécontent de voir l'allopathie empiéter sur ses attributions et tuer aussi bien que lui . frappa Esculape de la foudre.
Malheureusement l'homéopathie n'était pas encore inventée ; Esculape , tué roide , ne put parvenir à se guérir, et il en mourut tout à fait.
1 La sui/f; aux prochains numéros. \
lilipriiue par Belliiine fl l'Ion . n l'Mns
14' LIVRAISON. — PKIX : .an CENTIMES.
CHEZ AUBE&T, PLACE DE LA BOURSE
MUSEE PHILIPON
ALBUM DE TOUT LE MONDE
LE CIROiE OLYMPIOUE DES CHAMPS-ELYSÉES,
Avis. —
On trouve au bureau des lunettes vertes , des verres noircis et des abat-jour pour considérer M. Baucher dans toute sa gloire
MUBéi: BT MAGASIN OOMIQSSS.
Grrrrande représentation
E\VV\\0\\V)\^\.\YiÇ.
ROGNOLET ET PASCAREAU.
Rognolet et Pascareau... Pascareau et Roj;nolet . Et Pascaieau et Rognolet , et Rognolet et Pascareau... — La poste aux chevaux , par M. Paul Cuzent... M. Paul Cuzeiit , par la poste aux chevaux. — Cheval libre, voltigé par M. Lejars... M. Lejars libre de voltiger son cheval. — M. Auriol .. M. Auriol... M. Auriol... M. Auriol... M. Auriol... M. Auriol... M. Auriol... M. Auriol... Clown... clown... clown... clown... clown... clown... clown... clown... clown... Prononcez cloune , et non claovène. MM. Pellier et Baucher; Caroline, Baijcher, Caroline, Baucher; Baucher, Caroline, Caroline, Baucher. . . Adolphe Franconi avec sa domestique , camériste ou chambrière... Perpignan . ou tout bonnement son grand fouet... Les Dames-Colonels , Auriol , Paul Cuzent , Lejars , Baucher , Caroline , Rognolet et Pascareau , Pascareau et Rognolet , Caroline , Baucher , Pascareau , les Dames-Colonels... avec costumes de caniches Louis XVL.. par M. Lorentz... qu'il ne faut pas confondre avec le Lorentz ici présent. . . bien que ce soit exactement le même!... Rognolet, M. Dejean , Pascareau, ■Baucher, Rognolet, Caroline, M. Dejean... Les Dames- Colonels... Pascareau et Rognolet .. F* "ous connaissez maintenant tout le répertoire de la voltige ! . . .
Tout le monde a vu le Cirque-0l3'mpique... Bien des gens (pas Dejean mais des gens) ne l'ont pas vu... Donc, personne n'a vu le Cirque-Olympique ! . . .
Présentez-vous à sept heures du soir au Cirque national... Demandez une stalle?... 11 n'y en a plus... Un pourtour?... Il n'y en a plus... Un tabouret?... Il n'v en a plus... Une place debout? .. Il n'y en a plus... Un couloir?... Il n'y en a plus...
Comment? pas une place!!! Si, encore une seule...
Laquelle?... La place Louis XV!... Voilà ce qui arrive tous les soirs au Cirque-Olympique. . . Voilà comment tous les soirs. . . Paris -est refusé au Cirque national... Voilà comment Paris étant refusé chaque soir au cirque national , l'on ne peut voir le Cirque national... Voilà pourquoi ■-•personne n'a vu le Cirque national. . . ( Jue les incrédules aillent y voir. . . on les refusera. . . N'étant point entrés... ils n'auront pas vu... Donc, le Cirque national est un endroit désert, plein de monde, où on crève de chaleur, au frais... au milieu d'un tas de vilaines femmes trèsjolies et de gens du monde très-communs... ce qui fait que le cerveau administrateur de M. Dejean... s^ra obligé de trouver un nouveau moyen de satisfaire la voracité du public. . . Lequel. . . moyen ?. . . Rognolet et Pascareau ? Non. . Paul Cuzent. . . Cuzent Paul?... Non... Caroline , Baucher, Baucher, Caroline? Non. Les Dames-Colonels et les costumes de Lorentz? Non. Auriol ,
clown. . Auriol , clown , clown , Auriol?.. Uni"" lettre d'invitation !...
Non... Mais quoi?.
MUsÉB pasiiX^oif
Allfndn r^ilHiuMur de lu intilliluili' . le |iiilili<' est |iicu>nii que M. Dejean... fera meure îles li.infitieltes dans lareDe.,. (.tn est prié de venir passer la soilée sans eéréninnie... On l'ei-.i lin peu d'esprit et tin prendra un peu de llié... Le prix des places ne sera pas angnienit-, l-'.u sorlanl... <in ir;i i ntendre nne petite rtiinaiire de Loisa Pucel , ou nn air varié de cornet à pisiun... à Nolre-nan»e-de-Lorelte .. Là, tin trouvera contrôleurs, rfpisseurs. sergeiiis - de - ville , ouvreuses. Iioiupietiéres , ((uelie , stalles et places nioiiis chères tpl'aux liureanx.
Si ce moyen ne réussit pas encore complètement , et que , malgré M. Dejean , M. Baucher et les costumes de M. Lorentz , le public de Paris s'entête à aller tous les soirs au Cinjue national... alors... M. Dejean aura recours à un nouveau moyen — Il fera composer une nouvelle affiche , sur lai]uelle on mettra , en gros caractères, avec tout le personnel en vedette :
1 ï^MÏM
CE SOIR, .u: mm ^\wm des chajips-élvsées.
•■ Prrrnrrrrrremière représentation... de... Rognolet et Pnscareau ;
,. Prrrrremière représentation de la Poste aux chevaux , par M. Paul Cuzent ;
„ Prrremière représenatiou de M. Lejars en liberté ;
■ PrrrrriTrrrrrrrrremière représentation de M. Bâucher ;
" Equitation Shakspi arienne et Moliérique. . . en un >eul tableau ;
" Prrrremière représentation des Dames-Colonels... avec les mêmes costumes nouveaux de !\I. Lorentz. . qu'il ne faut pas confondre avec le M. Lorentz du Musée Philipon :
•• Pour les prrrrrrrremiers débuts de M. Auriol , clown, etc., etc.. etc., etc. ••
Et alors on verra tant de monde aux Champs-Elysées , tant de monde, tant de monde , que, pour en donner une idée, la langue française sera impuissante. Aussi', à l'instar de l'écriture chinoise... M. Dejean inventera un caractère nouveau... un hiéroglyphe palpitant... qu'on écrira à peu près de la manière suivante...
l%fni%(^ ^"^ ^é^ ikl
S*«!ft.
Le directorat , fatigué de ses immenses triomphes, composera in nouveau spectacle... et il affichera :
•■ Aujounl'hui , prrrrremière représentation de Rognolet et Piiscarea'i ;
•• Première représentation de la Poste aux chevnux , par M. Paul Cuzent ;
•• Première représentation de M. Lejars en liberté ;
•• Première représentation de M. Baiic/ier et Partisan.. . musique de Paul Cuzen/... rostiimes de M. Lorcniz (le public est prié de ne pas prendre ce titre pour le titre d un opéra-comique ou pas... Il n'y a aucun rapport entre M.M. Paul Cuzent , Baucher , Lorentz, et un opéra quelconque !...). ■• Et de nouveau M. Dejean sera obligé d'envoyer ses hiéroglyphes aux journaux de la capitale !...
Mais , par exemple , l'année prochaine, le spectacle du Cir- (]ue national prendra une tout autre allure. . .
L'engagement de MM. Peu lié et Baucher ne devant pas être terminé , on donnera Pascareau et Rognolet , les Dames- Colonels , av'C les mêmes nouveaux costumes à'i M. Lorentz, et un clown tout neuf, M. Auriol , qui aura puisé, dans les solitudes de l'hiver, des sauts de carpe palingénésiques.. .
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
Chaque fois les stalles étant envahies par une masse avide , la place debout même n'existant plus, ce pauvre M. Dejean a été obligé de créer une nouvelle recette. . . Les lions de Lutèce prennent maintenant une entrée de deux francs pour savoir par leurs yeux si l'on peut se placer. On laisse ses dames à là porte, et on les retrouve affligées et contrites de ne pouvoir entrer... moyennant la somme de quarante sous : vieux style monétaire. . .
Eh bien ! le croirait-on?... malgré tout cela M. Dejean est millionnaire! c'est inconcevable!... 6,000 fr. de recette par soirée... 2,190,000 fr. par an! .. Nous recevons à l'instant les notes (pas de musique) de M. 45 étoiles, grand musicien d'esprit, écuyer maestro... fort sur toutes les cordes et les pinçant toutes avec un égal bonheur. Si Ton a bien compris que M. 45 étoiles est un harpiste qui monte aussi bien à cheval qu'à harpe , on aura confiance dans la valeur , la solidité et la capacité de la responsabilité de ses communications. Nous déroulons aux ahounés àw. Musée .. . ces notes illustrement illustrées par les croquis de M. Lorentz. . . qu'il ne faut pas confondre avec le M. Lorentz costumier du Cirque national (dans le seul cas où ce serait véritablement le même).
Rognolet et Pascareau.
Scène nouvelle de 1818. Les contemporains sont priés de se faire narrer cette scène par leurs père et mère.
Poste aux chevaux»
Monsieur Paul Cuzent manque son entrée en costume écossais , couleur de chair , sur un air de Pibberoch , pour exprimer par ses cinq chevaux combien les montagnards écossais de la Dame blanche sont heureux de ne pas vendre leur hospitalité sur la musique de M. Paul Cuzent.
M. Lejars , cheval libre.
Ne pas croire pourtant que M. Lejars soit un cheval
Non... Le monsieur s'appelle monsieur Lejars, le cheval s'appelle Brind'avoine, ou Floretta, ou. . . peu importe. M. Lejars est solide (le jarret solide). M. 45 étoiles nous certifie que M. Lejars pourrait être en même temps voltigeur et voltigeur de la garde nationale, car il en a toutes les vertus... Que la patrie
serait heureuse de compter dans sa cavalerie de semblables voltigeurs ! Allons, créons un nouveau régiment... M. Lejars,
colonel-général des voltigeurs de la cavalerie du premier
plongeurs à cheval!... Oh ! quel beau régiment... à la place de tous ces charmants hussards qu'on vient de former. . . Régiments immoraux... qui semblent faits pour troubler la tranquillité des ménages de l'Europe... moins l'Angleterre privilégiée... parce qu'il faut traverser la Manche .. que jusqu'alors on a l'habitude de ne pouvoir passer à cheval... C'est pourtant ce que fait journellement M. Lejars... Et, qui plus est, il la passe debout et à poil ras... Mais c'est la manche de son habit de Mercure-Zéphire... ou autres costumes tout nus desquels il s'habille devant tout le monde!
M. Auriol. . .
M. 45 étoiles, qui nous communique ces notes, dévoile l'intérieur de M. Auriol. Cet artiste pousse l'indiscrétion jusqu'à tirer les rideaux du lit du grand cquilibriste... N'ayez pas peur, le grand équilibriste dort aussi pudiquement qu'une vestale de l'antiquité.
MUSÉE PHILXPON.
M. Auriol dans son alcôve.
^^^i:fe^
M. Auriol dans son cabinet d'étude.
M. Auriol recevant son notaire pour des affaires de famille.
M. Auriol recevant un billet de faire part de mariage.
M. Auriol recevant un billet de faire part dn mort.
M. Auriol lisant le Constitutionnel.
M. Auriol méditant sur les avantages du Phalanstère.
M. Auriol dînant.
M. Auriol s'habillant pour aller au Cirque.
MUSEE BT MAGASS-M eOMIQUES
M. Bail cher.
Prof.sseur dequitation lettrée, philosophique, hygiénique, ehiinique et religieuse, à l'usage des militaires qui sauraient monter à cheval depuis leur enfance. Cette méthode , basée sur l 'immortel rassemblé de M. de La Guerrinière, est dernièrement nouvelle. En même temps qu'elle assouplit l'encolure des chevaux elle apprend à l'homme qu'il faut parler à l'intelligence du cheval.... ce qui établit parfaitement qu'à l'aide du travail en place on peut faire fructifier les intellects cavalins de tout le globe. Aussi voyons-nous les chevaux dressés par la méthode nouvelle rougir d'avoir obéi jusqu'alors à des systèmes stupides et indignes de lart, se livrer à la culture des beaux-arts , de la peinture, de la musique, principalem nt de la danse, voire même de l'innocente et fécondante lecture... Quelques-uns de ces animaux s'adonnent spécialement aux livres sérieux... tels que :
Ap/torismes sm- l'èqiiilatlon , par M. Baucher... où l'on voit que...
Dieu étant grand, Mahomet étant son prophète! L'équitation est immense, et, Baucher est son messie.
(Méthode d'équitation. . par Baucher.)
■■ A ceux donc qui prèiendent que je ravale Jnmi litre d'écuyer ■ en me mettant en scène , je réponds que Molière et Shakspeare ■■ avaient aussi la bassesse de jover leurs pièces en public. ..
(Pa^eGl de V rn>roduct/on. ]
Passe-temps équestre.
Dictionnaire Je Baucher sur l'équitation.
Co7i.seils à ma fille sur une pétarade.
Maximes de La Rochefoucauld arrangées pour cheval. . .
Nouvelle traduction , en langue cavale , des Pensées de La Bruyère, pour nourrir les dadas. .
Les Œuvras de Legouvé à l'usage des juments pur sang.
Un alphabet complet pour les poulains qni n'auraient pas fait leurs dents.
Le Contrat .wcial, traduit de J.-J. Cet ouvrage est spécialement destiné aux chevaux diplomates , classe de la société fort imposante, et qui a beaucoup de foin dans ses bottes.
La Henriade , poème guerrier de ce roué de Voltaire , orné d'un air de Vive Henri IT' , et illustré par M. Lorentz , le même qu'il ne faut pas confondre avec M. Lorentz du Musée Philipon, à moins que ce ne soit exactement le même. Cet ouvrage excellent , tout en exaltant le patriotisme animal de ces animaux, a pour but excessivement conservateur de les empêcher de chanter \a. Marseillaise. C'est un des magnifiques résultats de la méthode que d'empêcher les rassemblements par le rassemblé. L'auteur de ces différents ouvrages continue à ne pas les vendre, chez lui , illustrés par M. Lorentz, qu'on peut confondre, si on y tient vraiment, avec le M. Lorentz du Musée Philipon.
Les personnes qui, par hasard, désireraient quelques exemplaires, sont priées de ne pas en aller chercher au manège Peulié et Baucher. oii on leur délivrera des cachets de leçons d'équitation au prix accoutumé, sans remise. On trouvera au bureau des lunettes vertes et des abat-jours pour regarder M. Baucher. Il est bon prince et ne veut dessécher personne de ses rayons ; il traitera de gré à gré, à l'amiable. Enfin , si vous voulez apprendre à dresser des chevaux, allez au savantissime professeur ; vous y trouverez gaîté , sourire, philosophie , littérature, politique, stratégie, mécanique , physique, et tout ce qui concerne ré()U!tati(iii. . . avec, et par-dessus le marché, un peu de selles, un peu de chevaux, un peu de brides , un peu de bridon , un peu d'équipements de la garde nationale... Enfin, après des études consciencieuses , on verra qu'on peut monter à cheval sans aphorisnies, mais pas sans cheval , quand même on serait à cheval sui' les aphorisnies! ! !
mUSBE 7aiI.XPQN.
Mamhoud et Caroline; coshimes
de
M. Lorentz, toujours.
Bravo, Caro!
Là, Caro !
Bravo, Caro !
Bien, Caro!
Caro e^t une lionne,
Hup, Caro!
Hup, Caro !
abréviation de Caro-
Saute, Carol
Bravo, Caro !
line.
Ferme, Caro !
Bravo, Caro!
Quel changeaient de pied... comme c'est pur!... comme c'est suave!... Et les changements de main... comme c'est facile., comme c'est aisé... On dirait qu'elle change de cœur!...
Hélas! hélas! hélas! Chœurs d'adorateurs peu fortunés!!!... bien entendu que peu fortuné veut dire infortuné. . . et non pas gens sans fortune , comme on pourrait méchamment le supposer!...
M. Adolphe Fran'coni et sa chuinbrière.
M. Adolphe Franconi est chargé d'apprendre aux chevaux à rapporter... un mouchoir.;., à rapporter une chaise, à rapporter un bouquet de fleurs, à rapporter une cravache , et à rapporter la chambrière ! Ils rapportent tous, sans l'avoir appris , beaucoup d'argent à M. Dejean ; ce qui fait que M. Adolphe Franconi engraisse énormément , et que son directeur est trèsmaigre...
Ici se teiminent les notes (pas de musique) de notre M. 45 étoiles. Aussi distingué qu'amoureux de l'équitation dont il est appelé à faire le plus bel ornement, Baucher et Dieu aidant, nous espérons que la collaboration du Seigneur Dieu des armées n'entravera pas la marche de la méthode nouvelle , et que Shakspeare et Molière continueront toujours à voir jouer avec plaisir, du haut de l'Olympe... les pièces de M. Baucher... par lui-même!.. .
OIELODES BOWES TÊTES, par Piailler.
M. Escarmouche, auteur dramatique.
.Al. Altaroche, homme détat du Charivari
Vl Albert Cler, co-homme d'état du Charivari.
ils
MUSEB ET MAGASIN COMIQUES
LES
IIÉTAIIORPIIOSES m JOUR.