‹ Musée ou magasin comique de PhiliponChapitre 60 sur 95 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

Gi'atulviUe

Mises sur bois par E FOREST

Il nous suit toujours , ce vieux monstre I

Veux-tu bien laisser Fi fine, grand chien I

Ah ! elle te plaît. . . ch b-en ! je la chasse.

Une femme incomprise.

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Un mariage de raison.

Maman, est-ce qu'y a des hommes qu'a des figures comme ça!

iii.prmi*' p.«r Itpilii.nt- el l* 'ii. « l'.«ii>

13= I.IVR.AISOSr. — PRIX : 50 CENTIMES.

CHEZ AUBERT, PLACE DE LA BOURSE

MUSEE PHILIPON

ALBUM DE TOUT LE MONDE

L ÉCLIPSE Dl 8 JUILLET o. ROBERT MACAIRE

Aperçu lunatique par M. E. Bourget,

PROCI^AMATIOTIf!

" Peuple français I

.. Peuple volage , j'ai tout oublié et je reviens à toi. ., Tu sais mes malheurs , tu n'as pas oublié ma catastrophe : tu te rappelles que , poursuivi par l'ingratitude de mes concitoyens et Terreur de la gendarmerie ; loin de filer vulgairement en Belgique , je me suis réfugié dans mon ballon.

., Mollement balancé dans ma nacelle , je chaloupais dans l'espace et planais sur ce jardinet que vous intitulez forêt de Bondy , lorsque le hasard voulut que je laissasse tomber un regard négligent sur notre ridicule planète. Et j'ai bien ri !

M La nuit était belle , l'étoile scintillante , et Phœbé la vaporeuse me lançait des rayons si coquets quejedésiraisvivement faire sa connaissance. „ Aidé de mon fidèle Spencer, que la maréchaussée s'obstine niaisement à appeler Bertrand , j'y suis parvenu. Le maraud me rappela un de mes ouvrages inédits , que je devais lancer sous le titre de : L Ari de faire un trou à la Lune.

.. Ce fut un trait de- lumière. Notre fidèle satellite allait se livrer à une éclipse totale du soleil; je profitai donc de l'état atmosphérique, tout à fait particulier aux planètes dans cette situation , pour me glisser furtivement dans ses régions blafardes.

.. Ce ne sont donc pas de vulgaires Impressions de voyage que je t'apporte ; je viens te dévoiler un monde tout nouveau ; découverte , ce me semble , assez triomphante pour me poser , à l'heure qu'il est , à ciuelques millions de kilomètres au-dessus du vieux Christophe dit le Colomb parce qu'il inventa les Colonies.

., Quant à mes locomotives aérostatiques , tu ignoreras encore longtemps la manière de s'en servir. Bientôt tu apprendras que c'est pour ton bien que je te fais un mystère de mes merveilleux procédés. Qu'il te suffise de savoir, pour le quart d'heure, que vouloir me les distraire serait une entreprise aussi folle que celle de prendre la lune avec les dents.

" Robert Macaihe.

Alix Ailrcls, le 9 juillet lKi-2.

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MUSEE ET MAGASIN COMIQUES

A peine avions-nous mis pieJ à lune , que je pris possession de notre conquête en plantant sur ce sol argenté ma canne à pomme d'or surmontée du dernier foulard que j'avais fait

faire. Là , si loin de la France , je me pris à penser à la gloire qui allait rejaillir sur ma belle patrie; et, l'avouerai- je? une larme d'orgueil vmt inonder ce léger tissu, produit de l'industrie... française.

Mon cœur battait encore avec force , lorsque nous filmes assaillis par une volée... d'êtres fantastiques que le- craintif Spencer crut reconnaître pour des gendarmes. Je projetai mon attention , et je leur trouvai en effet une lointaine ressemblance avec les membres de cette institution , dont l'image nous poursuivait toujours ! Je ne m'étais pas trompé ; au milieu des criaiileries les plus étranges , nous filmes garrottés : je crois même qu'ils se permirent de nous mettre quelque chose d'assez analogue à nos jjoucettes sublunaires.

C'est jouer d.- malheur ! m'écriai-je , mais je n'eus pas le

temps d'achever ; le plus vigoureux de ces grands drôles me jeta sur ses épaules et prit son vol malgré les cris de Spencer, qui offrait de leur montrer ses papiers.

Nos conducteurs ne daignèrent pas répondre à ses plaintes , qu'ils prenaient sans doute pour un grognement particulier à notre espèce. Quelques instants après , ils s'abattirent dans une vaste forêt dont les arbres pelés et dépourvus de feuilles avaient un branchage régulier qui me divertit fort.

Malgré mon inquiétude , j'examinai avec intérêt ce nouveau végétal , du genre échelle , pendant que l'on me hissait tout en haut d'un véritable mât de perroquet , qui servait de geôle publique à la forêt dont j'étais environné. C^tte apparence de forêt c'était P er cheville , capitale des Katakouas.

Cette peuplade bizarre ressemblait infiniment, par ses mœurs, ses ailes et les traits de son visage , à l'oiseau dont je lui donnai le nom. La grossièreté de leurs procédés et de leurs mœurs me donna une triste idée des habitants de notre infime satellite.

-* J'ai su depuis que je calomniais cette

r- planète , (jue la contrée dans laquelle

A ma mauvaise étoile m'a fait aborder

était la moins civilisable de la lune. jl

Elle y tenait un rang assez sembla- jP

ble à celui qu'occupent chez nous le '^f

Kamtschatka et le Groenland . Ces êtres L

subalternes n'ont ni ministres, ni con- i

stitution , ni lois , et considèrent les né- P

'■■' cessités sociales à vol d'oiseau. Leur |

gouvernement est d 'ailleurs, commeje l'ai insinué, monarchique et gendarraique. ^

L'écIipse était imminente; le soleil, en raison de sa proximité, dardait avec vigueur ; j'étais livré à une cuisson assez désordonnée , lorsque je m'aperçus que ce polisson de Spencer, après s'être artistement débarrassé de ses menottes , déployait d'un air goguenard son impérissable parapluie. J'étais réduit à envier le sort de ce drôle ; mais mon gardien vint m'abriter sous un dais d'un travail , admirable et sous lequel je trouvai tous les objets matériels du confortable Katakouat. Tout cela se réduisait à peu de chose ; il n'y avait que des graines de diverses espèces et mille autres colifichets. D'où je conclus que le parasol était toute l'industrie de ce peuple.

MUSÉE PBXZirPOlI.

Une fois à l'ombre , je me mis à observer autour de moi. La ville était déserte , et je cherchais à deviner la cause de cette émigration , quand je découvris, sur un grand lac assez semblable à une mer intérieure et semé d'îlots volcaniques , une immense quantité de champignons flottants : c'était la population entière de Perchetille , qui , armée de parasols, cherchait dans l'eau un asile contre les chaleurs exorbitantes occasionnées par l'éclipsé.

J'assistai , sur mon perchoir, nu magnifique spectacle de la rencontre des deux astres : le blond Phœbus secouait sa chevelure d'or et embrasait la pâle Phœbé. Mon esprit, absorbé par la contemplation de ce sublime phénomène , fut bientôt victime d'un charivari épouvantable: des sons inconnus vinrent frapper mes oreilles : l'éclipsé était terminée, et les Katakouats , délivrés de leurs craintes , ramenaient en triomphe le Prêtre du Soleil , à la puissance duquel ils attribuaient l'heureuse issue de cette phase si redoutée dans leur planète. Cet horrible tintamarre , la fatigue et l'absence de toute nourriture , tout cela produisit sur moi un tel effet, que, pour la première fois de ma vie, je m'évanouis.

Lorsque je repris la direction de mes facultés intellectuelles, nous étions en cage et brutalement confondus avec les animaux les plus incohérents de la ménagerie du roi des Katakovais; nous n'avions pour tout potage qu'une nourriture frivole, dont ne se serait pas contenté le plus modeste scarabée. Des phrases discordantes me firent même craindre de n'avoir pour régal que des

morceaux d'harmonie; cette cruelle idée m'était suggérée

par un solo bru3ant , qu'exécutait la fille du roi en s'accompagnant avec un instrument singu'ier dont elle frappait sans mesure les barreaux de notre cage : Spencer fit un bond , et mêla sa voix peu mélodieuse à ces cris déjà si disgracieux. Le faquin, dans sa carrière aventureuse, avait été secrétaire d'un savant de notre globe qui avait imaginé une langue musicale. Cet infortuné passait chez nous, avec raison , pour lunatique, car son secret n'était autre que le langage habituel de la plus belle moitié du genre Lunois. La jeune KatakovaJe , poussée par une curiosité bien excusable . avait cédé au désir de voir les deux

niiuveaux animaux prendre leur nourriture. Spence r , tout fier de sa supériorité , nous fit servir un repas plus palpable , et nous déjeunâmes copieusement aux frais de la princesse, puis on nous conduisit en laisse jusqu'au perchoir de son royal papa. Je bravai le ridicule de cette position humiliante, dans l'espérance d'obtenir un peu plus de liberté. Cet illustre monarque était en train de se gaver de Chenevis et de Millet. Spencer chanta nos

malheurs ; le drôle avait des larmes dans la voix : aussi sa complainte toucha tellement le monarque, qu'il voulut absolument le charger de porter la parole à la tête de l'ambassade qu'il envovait chez ses voisins les Poussa/is. Voluptueusement étendus

dans un palanquin porté par quatre attachés à I ambassade , nous jouissions d'un panorama magnifique : à côté d un sol volcanique et stérile, des forêts superbes balançaient dans un océan de verdure leurs immenses rameaux qui semblaient des plumes ou des festons ; plus loin , des roches en pierres étinc.'lantes s'élançaient en tours , en clochers , en obélisques. Enfin nous entrâmes dans le pays des Poussahs. En quittant mon équipage

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MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES

aérien , je fus ébloui par la richesse de la ville dans laquelle je me trouvais , et je compris aussitôt que je venais de quitter des sauvages pour arriver chez des Lunois qui savaient vivre. Dans cette capitale , tout le monde était millionnaire et portait les cheveux rouges , signe de noblesse ; les rues étaient pavées en marqueterie; les maisons , construites en bois précieux , ressemblaient aux alvéoles d'une ruche; tout enfin indiquait qw'Alvcola, y. la nommai ainsi , était consacrée au luxe et à l'oisiveté. Je saluai religieusement ce triomphe de l'or et de l'intelligence ; c'était bien la ville que j'avais rêvée.

A notre arrivée, la multitude était assemblée sur une place publique , et écoutait nonchalamment les dissertations d'un astronome venu tout exprès de la province , oii on élevait les Savanls pour expliquer à la population les mystères de l'Eclipsé. Parmi les figures bizarres qu'il traçait sur ses tableaux , j'en

compris deux : l'une représentait le lever du soleil , et l'autre , qui ne me parut pas moins ingénieuse, semblait indiquer le coucher de la lune. Pendant le cours de cette longue démonstra-

tion , qui me fit supposer que les savants Lunois abusaient comme les nôtres, de la patience de leur auditoire , je m'amusai à examiner ces rois de la civilisation. Leur conformation était assez semblable à celle de ces joujoux que l'on met chez nous entre les mains des enfants : comme le nom que je leur donnai l'indique, ils n'avaient pas de jambes, mais quelles têtes! Je restai confondu devant ces êtres , en apparence disgraciés par la nature , qui avaient su pourtant, par la seule force de l'intelligence, subjuguer presque tous les peuples de la lune. Je fus donc infiniment flatté d'avoir une audience d'un monarque aussi puissant , nous étions faits pour nous comprendre ; aussi la réception qu'il me fit fut-elle digne de nous.

La négociation dont j'étais chargé était épineuse. Depuis un temps immémorial , la mésintelligence régnait entre les Kalakouals et les Poussa/ts qui voulaient réduire ces volatiles à devenir leurs facteurs. Maîtres de presque toute la lune , et habi-

tués à une existence large et voluptueuse, ils avaient forcé les peuples soumis à former des Phalanstères où était parquée chacune des professions utiles ou agréables. Ainsi toute spécialité avait sa ville : les chemisiers , les savants, les bottiers , les tailleurs, les maçons, les laboureurs , etc. , formaient autant de colonies chaigées de subvenir à toutes les nécessités des habitants oisifs de la splendide Alvcola. Tout récemment , l'empereur des Poiissahs avait fait une nouvelle tentative; mais, comme d'habitude , les Ka/akonafs aux longues ailes avaient

MUSEE PBII.IPON.

SU éviter la formidable artillerie à vapeur des ingénieurs Pmissahs. Jamais , de mémoire de Lunois, ces deux peuples n'avaient pu se rencontrer sur un champ de bataille. J'étais donc chargé de proposer un nouveau mode de combat qui leur permît d'en finir. 11 s'agissait d'abandonner l'artillerie, tellement perfectionnée que d'un seul coup de canon on pouvait foudroyer un hémisphère , comme l'instrument d'une civilisation cruelle et peu avancée, pour combattre d'une manière plus digne de ces deux grandes nations, c'est à-diro par le raisonnement. Ce genre de combat plus que singulier fut accepté, et l'on s'empressa de part et d'autre d'enrôler les gens capables de disputer... la victoire sur un semblable terrain .

Les Poussa/is lâchèrent sur la frontière la population, jusquelà assez inutile, des Avocats, des Gens d'affaires et des Diplomates. Les Kalakouats opposèrent à ces héros leurs savants prêtres du soleil. Le combat fut bruyant; les Poussa/is

déployèrent une logique valeureuse; mais les poumons des KataJiouats tinrent bon. La nuit les surprit qu'ils n'avaient pa'5 encore pu venir à bout de s'entendre. L'empereur des Poussahs tint conseil et songeait à proposer de tirer la victoire à la courtepaille ( moyen qui, grâce à son adresse, lui avait souvent réussi), lorsque, voulant m'assurer l'amitié d'un aussi puissant monarque, je lui découvris tous les secrets du Magnétisme. Son intelligence lunatique comprit rapidement tout le parti qu'il pouvait tirer de ce fluide soporifique, et le lendemain, au moyen des passes magnétiques que j'avais indiquées dans 'a nuit, l'armée des Kalakouals était couchée et endormie sur le champ de bataille.

Transporte d'admiration devant ce résultat brillant, l'empereur me combla de récompenses. Il me décora lui-même de ses ordres de la Terie-clOr et de la Rose-des-Vents . Puis, voulant utiliser mon mérite, il me chargea d'une mission dont le but était de rechercher tout ce qui pouvait ajouter à la splendeur de son empire.

Le lendemain , pour me donner une idée de l'organisation politique de son peuple, il me fil assister à une séance de la chambre des Sénatrices.

Ce fut là que je me vis obligé de rendre hommage à tout mon mérite; j'appris que le système de la Commandite, dont j'avais voulu doter mon pays, y était bien autrement compris qu'à Paris. Chaciue Sénatrice était le gérant peu responsable de dix ou douze commanditaires, au profit desquels elle obtenait et exploitait tous les bénéfices qu'on pouvait tirer de sa charge. Je les contemplai dans l'exercice de leurs fonctions, et, quoiqu'armées chacune d'un instrument de discussion politique assez semblable à notre porte-voix, elles ne me parurent pas très-d'accord. Du haut de la tribune , l'Oratrice , à l'aide d'une espèce de trombonne, essayait de dominer le brouhaha de l'assemblée. Vers la gauche je distinguai une Sénatrice impatiente (jui pour demander la parole tirait en l'air un coup de pistolet.

En sortant de la séance, je déjeunai avec appétit ; mon repas se composait d'une brochette d'alouettes. Ce rôti délicieux m'avait été procuré par un procéilé fort ingénieux , qui consiste à charger son fusil avec une certaine composition qui tue, plume, rôtit et assaisonne le gibier.

L'instruction de ce peuple est si avancée qu'il ne parle qu'en vers. Quand un Poiissah blesse l'oreille par une faute de poésie, il est condamné à déposer dans un tronc public une amende au profit de la ville des Savants.

Tout en mangeant, je demandai à mon hôte quelle était la religion de l'Etat. On me répondit que la religion primitive consistait à adorer la l'eri-e en se mettant jusqu'au cou dans un trou ; mais que depuis , ce culte ayant paru fatigant , on avait senti le besoin d'une réforme , et la nécessité de prier dans des trous élégants, rembourrés et armoriés; que plus tard les progrès du luxe et de la lumière avaient fait trouver cette position encore trop incommode, et qu'alors on avait tout à fait abandonné, comme gênant , le culte de la Terre. On donna alors carrière à son imagination, et l'on vit surgir une multitude de sectes et de rêveries nouvelles ; chacun inventa un système plus ou moins commode qu'il voulut imposer aux autres ; mais cette profusion de religions finit insensiblement par se perdre en une seule, qui, plus en rapport avec les progrès incessants de la civilisation, consistait à s'adorer soi-même.

('ette façon de religion me parut assez accommodante ; je m étais même rencontré avec ce peuple avancé, car j'avais pratiqué le même culte, qu'ici-bas on flétrit du nom A' Egoisme . En me retirant , j'aperçus dans une ûes plus belles rues à'AIcéola un énorme Poussait qui s'en allait dîner en ville; il était lancé sur le parquet glissant de la voie publique par une manière de domestique, espèce de singe appartenant à la tribu des Katpatouas.

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Je n'avais pas encore remarqué cette race qui, vouée à la domesticité, n'avait pas été vaincue, mais achetée en bloc pur la nation. Spencer vint m'annoncer que les locomotives étaient prêtes pour notre départ. Je m'élançai dans la mienne; j'avais hâte de voir fonctionner ces machines si simples et si commodes, iju'on les dirigeait soi-même et sur tous les terrains possibles. J assistai même à une grande revue de la IVagonnei-ie impériale. La lune ne possédant pas de chevaux, ces petits wagons militaires leur tenaient lieu de cavalerie.

La vapeur était tellement soumise aux caprices du constructeur, que je vis partir devant moi plusieurs locomotives libres et sans conducteur, traînant chacune un wagon pavoisé de placards que je pris pour des annonces , et qui étaient tout simplement des commandes pour les différentes colonies de travaillpurs.

Nous partîmes avec la même rapidité , ( t armés de lorgnettes perfectioruiées et de plaques d'un instrument analogue à notre daguerréotype qui fixait les objets sur le papier, avec leurs ombres, leurs couleurs, leur mouvement et leur langage. Cet instrument, que faisaient manœuvrer ordinairement les stupides Katpatouas, avait permis aux orgueilleux Poussahs de se passer du secours d»s arts.

Le premier | ays que nous traversâmes fut la colonie des vieillards, que ce fat de Spencer voulut follement intituler

les Rococos. Cette classe, que l'on expédiait d'A/iéola à l'âge de trente ans, passait sa vie à discourir sur les folies des Alvéoliens et à regretter le bon temps. Ces estimables trentenaires se chauffaient paisiblement à la clarté d'un ver luisant. Nous avions à peine eu le temps de croquer ces bons vieux, que nous étions arrivés aux portes de la ville des morts; les aïeux des Poî/ssa/iS y

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étaient conservés empaillés et sous verre. Je trouvai ce procédé bien supérieur à celui de M. le docteur Gannal, car il avait l'avantage inappréciable de permettre à la postérité de venir rendre hommage à ses ancêtres et d'empêcher la fabrication des fausses généalogies.

Une colonie que je trouvai à quelque distance de li'i me parut

MUSÉE PaiX.XPOI(.

aussi curieuse pour l'homme progressif qu'incompréhensible pour les gens aux idées vulgaires.

Le directeur de la colonie me parla de progressivité, à' ouvrier symbo/ique , et traitait sa phalange de triomphe de l'œuvre sociale. Au moyen de sa palingènésie providentielle, il prétendait être Forbile synthétique d\ine ère épopéique, et harmoniser tout au moyen d'une combinaison aussi naturelle qu'admirable de socialisme, fruit précieux d'une agglomération d'idées rationnellement déduites.

Il me ddnna pour exemple la solution du grand problème social suivant :

PROBI-ÈME.

Etant doimé : un homme A qui veut se tuer;

plus : un homme B qui veut en tuer un autre.

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