LIVRAISON. — P&IZ : 5(1 CENTIMES
CHEZ AUBERT, PI.ACE DE I.A BOVRSE
MUSEE PHILIPON
ALBUM DE TOUT LE MONDE
LA JOUE NARCHAI\DE DE r.AI\TS.
(Toutes les scènes se passent en LelUs gigues. )
Dans la boutique de la jolie marchande de gants, dont le père vend de l'orfèvrerie, un certain ZÉphir-ross donne une leçon de danse à deux charmantes élèves : l'une est la belle Béa- TRisTE ; l'autre, l'aimable Agnès. — La nièce (I'Agnès), qui est sœur de Béa-triste , s'amuse , à propos de bottes , à danser comme une pantoufle pour faire enrager son maître de danse, qui lui en donne une soignée (une danse); Béa-teiste, au contraire, danse comme un dieu, mais s'ennuie comme le diable.
Julia profite de l'occasion pour glisser... un poulet à Béatriste. Ce poulet vient d'un dindon de seigneur qui fait la roue pour Béa-triste.
Elle réfléchit à environ 12000 mètres au-dessous du niveau de la mer, c'est-à-dire très-profondément.
Survient Julia , qui embrasse ses cousines : le Zéphir-ross la présente aux deux sœurs comme sa meilleure élève ; il la supplie de développer son joli talent. Julia ne se fait pas prier, elle montre son talent, et même plus que son talent.
Bé.\-triste et Agnès se piquent d'honneur, et les trois élèves de ZÉPHiR-Ross se livrent dans la boutique de l'orfèvre anx exercices les plus désordonnés de la danse noble. Cela toutefois n'occasionne aucun rassemblement dans la rue, comme on le pourrait croire.
En belles gigues les choses se passent toujours ainsi.
Lorsque Julia a fait voir tout ce qu'elle sait , et tout ce que vous savez, arrive le fiancé de Béa-triste, Benet-dix. La jolie Béa-triste se montre pour lui d'une extrême fraîcheur, elle est glacée, il en est lui-même tout refroidi, mais Agnès cherche à le ranimer.
^'"Utuj
BÉa-triste est trop bien élevée pour prendre cette lettre ; elle la refuse , mais elle se la fait lire par sa bonne petite cousine.
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
Paraît CÉsar-ius, le marchand de Gand. C'est un grand vieux brave homme , surmonté d'un grand vieux nez et tout de noir habillé, si bien qu'il a l'air d'avoir fait la lessive de son linge dans une bouteille d'encre de la Petite Vertu Le digne homme , malgré son costume de croque-mort , est à la noce, il est aux anges , il embrasse Agnès, Béa-thiste, Benet-dix ; il embrasse ZÉPHIR-Ross , il embrasserait le souffleur s'il n'avait eu la précaution de quitter sa niche... Bref, il est dans le ravissement à l'idée du prochain mariage de sa fille avec son gendre.
Deux beaux seigneurs viennent acheter chez le mai'chand de Gand des pierreries et des bijoux : l'un est le marquis de Sanslucarne; l'autre, son ami, don Buse-.a.mante .
•• Le voilà, c'est lui! dit l'officieuse Julia à la jolie BÉa-triste. Sa lettre t'annonçait sa visite. Regarde comme il est joli, comme il est chicard, comme il enfonce ion Benet-dix !
Le marquis S.-vns-lucarne demande par un rond de jambe à CÉSAR-RTs, ses plus riches pierreries.
Rieri d'assez beau pour nous , ajoute par un jeté-battu le confident Buse-amante.
Sans-lucarne choisit un écrin pour lui, jette son or sur le comptoir ; puis, achetant quelques autres bijoux, il les offre galamment aux
trois jeuiius filles confondues de tant de grandeur.
Benet-dix reparaît, il est paré comme une châsse; papa beau-père le présente à M. le marquis en lui dansant ces mots : Demain, M. Benet-dl\, que j'ai f honneur de vous présenter aura celai d'épouser ma fille.
S.\ns-lucarne est horriblement humilié, Béa-triste ne l'est pas moins ; mais Julia s'approche du jeune seigneur et lui danse à l'oreille ce qui suit : Ayez du courage, ma cousine n'aime j>as son futur.
Une joyeuse musique se fait entendre. Tout le monde se rend à la grande kermesse qui va se célébrer dans la ville de Gand.