TROISIEME ACTE
Nous voici à Toulon (excusez l'expression) ; la bataille de Waterloo est perdue , Murât est dégommé , il ne lui reste plus de son ancienne splendeur qu'une fort belle paire de bottes àl 'écuyère , un magnifique bolivar , et Cassagnac , un vrrrrai trrrrroupier frrrrrrrançais.
Un marin offre d'embarquer le roi pour l'Italie; ce marin , c'est l'infâme Barbara, l'ennemi juré de Murât , qui l'a fidèlement servi pendant dix ans. — Garder Barbara à son service , c'était une bêtise; s'embarquer avec lui, c'était bien pis; mais Murât, qui en faisait bien d'autres, ne manque pas celle-là : il
s'embarque donc et va se faire trahir en Calabre, où il est pris comme un dindon et conduit au violon avec toute sa suite.
Bientôt il est condamné et essaie de se suicider en faisant à Cassagnac des adieux à mourir d'ennui.
PRfD'.hûHUE
Mais il est fusillé à mort , et Cassagnac , qui n'est pour rien dans son affaire, tombe du même coup. Le paradis crie : Bravo . Cassagnac ! Le parterre crie : Bravo , l'auteur ! Les loges crient : Bravo , c'est fini ! La pièce s'achève par des cris , comme elle a commencé.
MUSEE PHIIiIPOM.
Le plus beau c'est , sans contredit , quand la pièce est finie : on voit Napoléon, Franklin, Annibal, Fumade, Paganini, etc., etc., etc. , prenant le thé dans les nuages. Napoléon craint le frais : il a conservé sa redingote et ses bottes à l'écuyère. Murat se précipite dans les bras de son empereur , qui lui dit ces mémorables paroles :
Ah ! TU ES TOUJOURRRS FRRRANÇAIS !
LES BALS MASOliÉS DE LA MI-CABÈME.
Chicard , le grand Chicard , l'empereur du carnaval , le roi des bals masqués , le prolecteur de la confédération des flambards et balochards , a laissé retomber sa couronne dans la boue d'où il l'avait tirée, et l'empire qu'il a abandonné s'est partagé comme celui de Charlemagne. Mais en se retirant , le grand homme a dit à ses disciples ; Mon esprit reste avec vous , et son esprit est resté invisible.
Le goilt exquis, la grâce élégante de notre époque sont fidèlement représentés par les ingénieux costumes des successeurs de Chicard; c'est pourquoi nous croyons en devoir offrir le croquis à nos souscripteurs indigènes et étrangers.
le bal du théâtre roj-al de l'Opéra-Comique. Il est à regretter que la langue écrite ne puisse rendre la richesse de cette partie de leur discours appelée Y engxieidement .
Ceux-ci trônaient au Vaudeville , dont ils formaient le plus bel ornement. .
Et minuit n'avait pas encore sonné qu'une foule de lions vêtus de toute espèce de peaux assiégeaient déjà les portes de l'Académie royale de Musique.
Ces deux messieurs sont le type qui régnait jeudi 3 mars dans
A une heure du matin , le foyer de l'Opéra , cet ancien rendez-vous de la bonne compagnie parisienne , était envahi par une multitude de charmants cureurs d'égouts , de délicieux badouillards , de Turcs ornés de bonnets à poil , de pompiers en bottes de postillon , de Bayadères d'une gaieté , d'un sans-façon délirant. Le mystérieux domino s'est enfui à la vue de cette usurpation.
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
Et les spirituelles exclamations : Ohé! Titi! ohé!!! ont remplacé le bourdonnement de l'intrigue.
Lecteur, vous avez à présent une juste idée des bals publics de la mi-carême dernière.
PflYSIO\OMlES, POSES, GESTES ET GRIMACES