DE U AUTEUR
\Juanlum dîstet ab Inacho
Godrus pro patria non tîmidus mori Narras, et genus Aeaci,
Et pugnata sacro bella sub llio :
Quo Chium pretîo cadum
Mercemur; quîs aquam temperet ignibus^ Qao praebente domum , et quota
Pelignis caream frîgoribus taces (i).
On entend assez souvent des personnes , r^ui se parent du nom de philosophes, répéter sérieusement, que dis-je? as^ec humeur, ces reproches qu'Horace adressait en badinant ù son docte ami , et prétendre en accabler ceux qui se montrent enthousiastes des étU" des philologiques , et plus particulièrement encore quiconque s'attache à expliquer les objets d'antiquité. Je me ^atte cependant y que les amateurs des monumens anciens ^ qui ont commencé à lire a\^c intérêt no^
(i) Horace I Carm.^ lib. III , od. XIX.
ire ouvrage, ne le laisseront pas tomber de leur mains , par respect pour des censeurs de cette nature. Leurs attaques ne peuvent intimider que ceux qui n'ont jamais eu aucune idée de l'utilité et du plaisir que Von peut retirer de la connaissance approfondie des usages , des opinions , des sciences et des arts, qui ont appartenu aux nations les plus cultivées des siècles passés, ou de la plus exacte intelligence de ceux de leurs écrits qui nous sont restes. Ces censeurs ne peuvent décourager que ceux qui ne connaissent qu'imparfaitement la nature de l'esprit humain, et qui ne réfléchissent pas assez, pour se persuader que les plaisirs de l'imaginationy dévenus pour lui un besoin , pourraient lui être aussi chers que les plaisirs réels , et rattacher de même ; et que le
des connaissances infiniment utiles si proche
des tidens les plus communs , et de telle façony que Taccès en devint facile aux gens les moins aisés , que c*est à présent sans efforts d'esprit^ queVhomme peut appren^ dre à ses pareils à aprécier ce qui leur est si avantageux de savoir ou de possé^ der , et cela sans quHl ait lieu de préten^ dre exiger un tribut public d'admiration ou de louanges. Il me paraîtrait fort étrange que la société^ pour savoir de quel prix sont les productions des lettres sur tant dobjetSy se dirigeât dans sesjugemens par des diffé^ rentes re^es qui lui font estimer les arts; lorsqu'elle prise moins Vagriculteur qu^un chanteur ,etle meunier que le peintre :
qu'elle préférât le scribe au philologue y ou qu'elle plaçât le légiste avant l'antiquaire. <7e qui pourrait plus sûrement discréditer nos études, ce serait le défaut, si même il existait , qui nous est reproché par quel-çueS'Uns , savoir: que la somme des con^ naissances qt^e nous procurent sur les an^ tiquités ceux qui se sont mêlés décrire, est très-peu de chose , ou peut-être nulle , parce que tous se sont entièrement perdus dans
un fatras de vaines conjectures , dans des exagérations fastidieuses , dans des de'nominatiohs arbitraires , de sorte qu'on pourrait appliquer à leurs doctrines y ce que disait de certains philosophes le célèbre tragique anglais , que tout leur savoir n'outrepassait pas l'habilité du moindre parrain (i). Avant de répondre à de telles aCf cusations, il faut cependant avouer ^ sans rien dissimuler, qu'une grande partie de ceux qui , depuis la renaissance des lettres , se sont occupés à écrire sur les monumens anciens , se sont livrés à ce travail tellement dépourvus des connaissances préparatoires iruiispensablement nécessaires, et quelques-uns même si fort entichés de leurs capricieux systèmes , que la science a paru s'avilir entre leurs mains , et se
licuUèrement dans les connaissances les plus
conjecturales. Ce n'est pas cependant un
motif pour couvrir de mépris la science ,
ou ceux gui la cultis^ent dignement. Et par^
ce que nous pourrions former beaucoup
dobjections très-raisonnables sur les écrits
dun Bellori j iTun Passeri , dun f^enuti ,
serions nous fondés à en estimer moins les
ouvrages de Fabrelti , de Buonarroti et de
fVinckelmann.
Si quelqu'un prétendait parMi s^ autoriser
à donner moins de valeur au sas^oir de Van-
tiqUaire , parce qu'il est fondé en grande