PLANCHE XXXIV
Il n'appartient pas à la poésie seule de charmer notre imagination par la peinture des occupations simples, et des mœurs innocentes de la vie rustique. , Les . beaux-arts . nous préparent aussi des plaisirs y en imitant de pareils sujets, et CD les composant de telle manière, que leur représentation, s'ofTrant k nos regards, puisse nous inspirer ces doux sentimens, qu'il n'est pas possible aux arts muets d'exprimer autrement.
Le joli morceau que nous avons sous les yeux, a, peut-être, été exécuté avec l'intention de faire naître en nous des idées paisibles, par l'image des travaux iouocens de la vie pastorale. Quoique le travail ne soit pas superbe, on remarque cependant une ceruine ailention exprimée dans la physionomie rusti-
On voit que la peau qui le couvre est celle d'une brebis, et non pas d'une chèvre, parce que le poil est court et fiîsé. Il a été « travaillé au trépan, d'une manière un peu recherchée, mais cependant assez bien, pour donner une idée de là vérité.
U n'est pas nécessaire de rechercher un sujet mythologique ou historique , pour expliquer cette statue. On voit naturellement que Tunique intention de Tartiste a été de nous repré* senter un berger: et en outre de cela, il existe beaucoup d'exemples de semblables représentations du même sujet (i). On peut penser aussi qu'on a voulu faire allusion à quelque passage d'un poëme de buccoliques, qui aura été perdu. Cette figure pouvait encore se rapporter à quelque scène d'un drame pastoral ^ comme était le Berger d'Autiphanes (>), et peut-être les Nembmenies de Philcmon (3). Ce
(f) Tel est le paysan représenté snr un asses beau bas-relief qui était autrefois \k la ville Mëdicîs; que l'on voit à présent dans la galerie de Florence ; et qui a une besace ( TCfipav ) suspendue sur son corps, attirail ordinaire des paysans ; et décrit par Théocrite dans la figure d'un paysan qui est en bas-relief sur une coupe ( làflL \ j V. 49 ) : tel est aussi* le buste d'un vieillard de la campagne y que l'on voit parmi ceux de la galerijç Giustîniani ( tora. il , tav. XLV }.
(a) Ilpo^arevç , le Pasteur , comédie d'Antipbanes , citée par Athénée ; liv. Vil, ch. XH.
(3) Fabricius, BMoth.Gr., liv. Il, ch.XXlI, tom. I,
serait enTaia qu'on ferait des recherches j k
préseol que ces drames D'existeot plus, et qoe
la statue elle-mêine, privée de ses bras et de
ses jamheSf a perdu tous les attributs quï pou-
yaient servir plus précisëmeut à ea determiiier
l'objet.