PLANCHE XXXVII
Minerve *.
cette statue majestueuse, qui a donné lieu à en faire une Minerve, et à lui ajouter, en la restaurant , d^autres symboles convenables et particuliers à cette Déesse de la valeur et des sciences« Nous apprenons cependant par les anciens écrivains , que la cblamyde a éié quelquefois employée comme vêtement par les femmes , et qu^elIe fut même en usage pour les jeunes filles( i )• Mais celle qui couvre notre figure , outre qu'elle paraît plus ample et plus riche que d'autres semblables , qu'on remarque sur quelques figures rares de femme (2), et qui parait être da genre de celles qui s'appelaient paludamenta ^ à laquelle on distii>guait les capitaines (3), nous voyons encore qu'elle est double , telle que furent décrites par les poëtes grecs, les cblamydes qui servaient aux hommes, soit rois^ soit seulement militaires (4); et telle enfin
(i) Varron, Frapn. de liber, educ.
(i) Telle est celle de la statue dont on a fait , en la. restaurant, ^ygi^» qui c^t dans la ville Pinciana, sallon du Soleil.
(3) Ceux qui ont écrit sur les habillemens des anciens^ ont très- bien prouvé que le paludamenium était une chlamyde plus riche. Y. le dictionnaire de Pitiscus k ces deux mots. Ce qui distinguait principalement la cblamyde des autres vétemens, était qu'on l'attachait sur répaule avec une agrafe. La laena ou chlaena , est presque synonime du mot cblamyde*
(4) Homère, Odissea T, ou liv. XIX ^ v. aaS et suit. Il r, ou liv. m, V. ia6:
précisément celle doQt Minerve Toulut qae s'oraàt Jason, lorsqu'elle raccompagna dans la construction du navire d'Argos (i). Ed observant très-attentivement les plis de ce noble T^tement, on les voit un peu interrompus vers la partie gauche de la poitrine , comme peut le faire une étoffe qui s'appuye dans qui-lques endroits sur une surface inégale qui est des-
'H 3è fiqfav ioToy vtpaatef
Dans la note suivante noiu parloni de la traduction de ce pauage.
(ij Apollonius, Argonauticon , liv. I, v. 730 et suiv. Du passage d'Âpollaniaf, comme de l'autre cité du Itl livre de l'Iliade , il est évident que Ai^Xai >e prend comme substantif au lieu de chiamjde on de chiéne ^ oomme l'ont aussi observé Eustase, IL V , lieu cilé, et lei petiu scoliastea. La traduction latine ad Uueram de ce passage est absolumeut fauue , parce que les deux mots SixXaxa (iap(tapètll> , àapb'ctm splendidam , se traduisent comme s'ils étaient épîthètes de la grande toile ' itrrèf . qu'o" l't dans le vers priicédci
sous; ce qai occasionne quelques modifications dans la chute que ferait naturellement cette draperie par sou propre poids. U semble que par ces formes, qui ne furent pas représentées au hazard, on ait voulu indiquer Fégide, dont on suppose qu'est armé le sein de la Déesse^ et que ce sont les serpens garnissant son contour , qui par leur relief soutiennent ainsi la masse de ce vêtement qui les couvre. Je ne pnis trouver une cause plus naturelle à ces plis , qui peuvent être imités du vrai , mais, qui sûrement ne devront pas servir de modèle.
U y a dans les anciens monumens différentes images de la Déesse protectrice des AtLèniens, qui sont couvertes du paludamentum y de la même manière que nous la réprésente notre statue. Entre autres ainsi vêtues , est sa figure sur le vase d'argent de Zopire , exprimant le jugement d'Ores te , et celle du basrelief pareil du palais G iustiniani, oii Minerve ajoute son vœu pour Tabsolution d'Oresle; dans Furne oh sont recueillis les suffrages, également divisés, les uns pour l'absoudre, les autres pour le condamner (1). Mais comme dans de sem-
(i) WiDckelmann , Monum. mêd. , n. i5i , Gaiiena GifiStintani p tom. U, pi. i)2. Ici cependant elle a l'ëgîde par-dessus la chlanivde comme dans les deux statues de ta ville Albani ("Winckeim. , Bisi. de Cart^ t. I, pl. XIII ^ éd. de Rome); la chlamyde néaomoius j pa-
t'jfi
Uables moDumeas où l'oD voit Pallàs oraée da pabidamentum , elle n'est pas daos uoe atlitade de guerrière , od n'a pas cm faire un contresens en ajoutant à notre sutue une téie antique f qui n'est pas armée du casque qu'on lut Toit ordinairement, et en le lui mettant au lieu de cela dans la maîo droite (i), comme on le lui voit tenir sur le bas-relief d'un autel du Musée Capitolin (s), et à une demi-figure trèseuricuse qui est dans la ville Ludovisi (3). On a placé dans sa main gauche la branche d'oH^ vier, né par sa puissance près de la citadelle d'Athènes , et que l'on donne pour symbole à Minerve quand elle a le titre de Piicifera (4))
ratt être donble comme dans notre statue. Qn pourrait At celte compaïaîton former la soppogiiion, que l'égide ■pplîque'e car cette statue ^lait en bronze. Mail comme je n'en ai trouva aucun vestige apparent , j'ai préféra la conjecture avancée dam le disconn. Pent être que la lignre de femme avec la cblamydc, gravée parmi let «tatues de la galerie ûiustîniaDi , tom. 1 1 pi. isS, était
et qa'on la considère comme la Déesse taie-
laire de la sagesse et des sciences.
Addition de hauteur.
On ne devait pas oublier, parmi les images de Minerve^ couverte du paludamentum ou de la chlamyde -militaire , la belle et grande figure qui la représente , en bas-relief, dans Tattique des SQperbes ruines du Forum Palladium, yulgai* renient appelé les Colonnaccie.
jiutre observation de Vauteur^ publiée dans le tom. Vil de V édition de Rome.
On ne trouve plus aujourd'hui le casque antique qu'on avait placé dans des temps mo* demes, sur la niain de cette statue. On a dit ensuite que rhermatene à deux têtes n'avait pas été publiée : c'est uâe erreur. On voit ce monument gravé dans le tom. l du Musée Ca* pitolùh de Bottari, à la pag. i8, sur la pi. YI, pag.' I des planches qui y ont été ajoutée» au des Observations.
Musée Pie-Clém. Vol. IIL 12