PLANCHE XXXIX
Figure virile sous la forme de Diane *.
Je suis resté assez long*temps incertain suc
la dénomination et le sujet de ce fragment
curieux. J'avais d'autant plus de raison de Vêtre^
que dans la restauration qu'on y a faite, on semhlàit
avoir suivi avec jugement les vestiges de l'an-* tique. Cette figure cependant s^e présentait, som^ les forçais de Diane , tandis que le sculpteur
parait d'autant plus probable y que les côaroanes de feaiiJes de palmier que Ton yoit sur la tête de ces jeu* nés filles, étaient en usage pre'cisement à Sparte dans d'autres danses (Athënëe, liv. XV, cb. XVIII), et fu-' rent appelées Tyréatiques, parce qu'elles furent inyen* fées k l'occasion de la victoire des Argiens à Tjrëe;' Ajontons à cela que l'on voit Diane, dans le même vé* tement court de chasseresse ( Peint. d'Hercul., tom. TV^ pi. LXIV), ornëe d'une couronne radiée très-ressemblante à celles dont il est question.
(i) Callimaque^ lien cité, v. 16.
* Haut* six palmes, deus onces* Elle est en nurbro' de Luni.
ancien n'avait pu laissé le moindre doute sur le Kxe mile, quoique parëe d'habits de femines.
Il ne manquait à cette statue pour èire entièrement conservée , que la tête et d'autres extrëmitës. On distinguait . toutes les parties de sou habillement, qui consiste en deux tuniques de femme, longues jusqu'aux talons, et d'une étoffe légère, qui laisse apercevoir les formes du nu} elles sont couvertes d'un péplum trèscourt, attaché sur les épaules et sur les bras, qui descend sur le sein , et enfîu par un autre manteau , retenu par une boucle sur le sein même. Deux boucles de cheveux tombaient symétriquement de chaque c6té sur les épaules. Du càté droit pendait un baudrier, lequel passant sous le bras droite paraissait devoir soute* nir un instrtunent, qui n'y existe plus, et donc . il n'est resté qu'une extrémité , dont la forme ressemble assez k la pointe d'une demi-luoe.
Vers le milieu de la jambe droite, on voy:
i85 voulant caresser la Déesse de la chasse. La tête antiqae, adaptée à cette stÀtue, était aussi analogue à ce caractère. De cette manière on eut un muulacre viril, qui n'a pas d'exemple, avec la figure et les attributs de cette divinité vierge. '
La première idée mythologique qui se présenta à ma mémoire, ce fut la métamorphose de Jupiter, amoureux de Callisto, en Diane (j). On pouvait aussi se rappeler sur le même sujet , le déguisement de Leucippe, fils d'Enoiùaus, «mant de Daphné, qui s'habilla précisément en jeune chasseresse (i). Enfin, je me souvins que les superstitions égyptiennes, adoptées de* puis par les Grecs et par lès Romains, recon* Durent deux sexes à la divinité de la Lune (5)i qui était confondue alors avec Diane; et, petit* être, avons nous assez de monumens relatifs à ce mélange de sexes (4)-
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(i) Cette opÎDÎOD qu'alors je proposai d'une manière douteuse, dans un mémoire remis an sculpteur M. 'Vincenzo Pacetti y a été adoptée sans contestation ^ dans les Noiùuè danUchiià de 1786, dai}s lesquelles la figure fut publiée pi. I du mois d'octobre.
(1) Pausanias, liv. Vli^ ou. Arcadica^ chap. XX.
(3) Horus Apollo^ HtérogL, liv. I^ c. XI et XIl, et Paw.
(4) Teiles sont, peut-être , les inscriptions des autels consacrés Dianae et Viribusi Tune desquelles , qui était autrefois dans la ville Montalto, a été citée par moi dans .le Caialogo de* marmi scritti pressa il slg> Tommaso Jenki'nSf n. 3 et 4* Van-Dale prétend que foires iouri signifient quelquesfois les testicules du taureau ^ Dû pngînèfrei rù. TawroboUi, ch. lY.
Hais comme tontes ces {^nions qui se prëseotaicot m*oot para trop sÏDgnbères, trop arbitraires* on aa moins de natnre k n'être adt^ t^es qu'autant que l'image ne laisserait rien d'incertain, je m'appliquai à me représenter nne autrefois ce ûmulacre , sans reslauratioD, et à hien examiner si les dÎTcrs symboles qui restent i ce fragment, poarraïent me suggérer nne explication plus probable.
< Il ne me fut pas difGcile alors d'en deviner le sujet, qui devait être anciennemeot Apollon, lïons le voyons daus d'autPes monumèns sous des habits de femmes (i). La chevelure flottante sur les deux épaules lui est propre, et la patte appartenait au griffon, animal qui lui fut consacré. Le baudrier qui traverse sur sa poitrine et descend jusqu'au flanc , soutenait sa lyre , dont un bras , ou une corne était ce qui à présent offre encore la forme d'une demi-lune (a). On remarque sur plusieurs basreliefs la lyre placée ainsi sous son bras , et
i85 Cest wsïi ce me semble^ cpie s'éranoau rénigine de cette mistërieuse figure , qui devient plus rare, et qui acquiert plus de prix, parce que Dous pouvons la regarder comme ua ouvrage Toscaûique. Pour la croire telle , on peut ajouter au caractère exprimé dans la manière du travail , qu'elle est faite en marbre de Luni y au lieu que les autres monumens d'un style â-peu*près semblable, étant de marbre grec, doivent plutôt être attribués à un style grec plus ancien, mais qui servit de modèle aux ouvrages étrusques^
Addition de fauteur*
On a dernièrement acheté , pour placer dans le Musée, une autre statue d'Apollon vêtu d'habits de fenmies, avec une tunique transparente, qui laisse apercevoir le sexe mMe , * couverte d'un petit péplum. Elle est plus grande que nature; le travail en est excellent; mais la tête a été perdue.
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adapté une tête avec la barbe , parce qu^ii s'est mépris' en prenant pour elle des cheveux dtscendans juaques. sur la poitrine. La lyre, ici cependant, n'est pas suspendue à un baudrier y comme on la voit au côté de TApollon Mnsagète publié dans le ton* I de cet envia* gc, pL XV, pag. ï55.
ObstnmUon da VauuuTt publiée dans le t f^II 4e Védition de Rome.
Noua avons parlé ici de figares d'Apollon liabillëes en femmes. Pour s'exprimer plus exactement » il eut fallu dire habillées eu joueur de lyre* Pïous apprenons par les monomeus que cet habit théâtral était ctHnmun aux deux sexes.
B faut observer en outre que le mouvement agité de la figure ; a fait retrouver avec plus de raison une image de Bacchns. Cette sutue est la m&me qui se voit gravée & la pL II du septième tome.