SUPPLEMENT DES GRAVURES
A. I, num. I. Le profil dessiné «u num. i eBt*nris sur la médaille de LucilU , sur le re> Ters de laquelle est empreint ce ponraît , avec l'épigrapbe SCXTON HP0A . Sextum heroa. Lea antiquaires y reconnaissent , avec assez do raison, Sextus de Chéronée, le mattre de Marc Anrele. En efTet la barbe, la cbevelure et le pallîum semblent annoncer un pbilosopbe , et il n'y- en a pas d'autre de ce nom, de ces temps, à qui on puisse avec plus de vraisemblance attribuer ce portrait. Voyez la planche XVIIl
a55 cépeDdânt remarquer eominent les dbevelure»
bouclées se correspondent dans les deux profils^ de même le sourcil élevé , le contour du nes^ et aussi la barbe , à moins que dans le simu«* lacre dn né Tait rendue plus longue et plur^ aiguë en la restaurant , peut-être avec le dessein de faire ressembler aux Césars de cet ige cette belle tête , si bien conservée danf toutes les autres parties. Mais sur la médaille^ et sur la statue que Ton attribue à Sextns dt Chéronée, il faut voir ce qui a été dit dans ces Observations même, à propos de la pi. XViU du tome IIL
A. I, mon. 3. Le profil de Lâcurgue gravé au num. j a été tiré de la médaille insérée dans le Musée Britannique de Haym , et rappelée à la pL XIII9 n. (3), p. 61. Le P. Froelich Fa répétée dans sa Notitia Elem- Nufruy à la pL XXI. Cette médaille même, d'une petite dimension et d'un travail négligé , ne donne pas une idée suffisante du portrait de Licurgue, dont les .traits ont dans la statue des caractères plus as* sures. Pour faciliter la comparaison, on a fait graver ce profil sur la planche A. III , num. 6. Une observation faite des deux physionomies ensemble, confirme TopinioD proposée et soutenue dans Texplication de la planche XIII, et nous ass^r« toujours. plus que ce pn^cieux monument tKHts représente l'image du législai^eur de Sparte^
Dans mon ouvrage sur riconographte grec^ que fai fait graver une médaille du Musé«
qui éit dans la Biblîotfaiqne R. de Paris, sur laquelle joëdaille le profil de Licnrgae reseemble iofijiîment à celai de la statue que je lui attribue. - ' A. H, num. 5. La confurmîté de Xlnftda^ qui rassemble les cheveux de la Vestale fiel- ■Ucia, avec celle de ootre- statue gravée sur la plauc&e XX, résulte de la comparaison d* ■la première tirée de Duonarroti , et dessinée an jiii/n. 3 avec la seconde, copiée de nouveaa en profil it. la planche A. IV , num. 7. De cette ^ecmformité j'ai cru pouvoir, en déduire que la femme même, à qui ce simulacre appartient, si elle n'est pas -une Vestale , sera au moins une prétresse. Il faut voir l'explication de 1* .|danche elle-même et les notes.
A. II, num. 4- Gomme en expliquant la 8ta> tue gravée sur la table XXIV , . j'ai proposé quelques conjectares, pour en conclure que le jeune homme qui est sculpté ,' ayant la prétexte -et portant la bulle, est Marcellus, le fils d'Auguste, si j'ai pensé faire une chose agréa-
planche XLYI, p. 22^^ note (i), comme un moyen trèfl^ertain, pour découyrir dans la statue que j'ai fait représenter une image de la BÉéme; "ville. Si Ton voulait en avoir uno autre preuve , on pourra voir dans le Thesaur* Brandeburg. de Béger, (tom. IH, p. i85 ) une . se^nblable figure couronnée de tours , avec Y é» pigrafe : GerUo j^ntiochensium. Il est d^ailleura bien connu que de semblables figures de villee personnifiées étaient appelées par les Gree# du nom de Tvj(ii^ Tjrche^ que Ton traduit ordinairement par Fortune y d'où Tvj(^fîiov: Tym oheum^ était le nom donné au temple dédié dans chaque ville à son Génie tutélaire; cônn me le prouve amplement Yalesius, page i8a de ses conunentaires sur Eusèbe ( Dé Marijrr» Palaestj oh. IX ). La médaille d'Adrien , sur le revers de laquelle est une femme avec les tours qui la couronnent, et l'épigraphe TYXH^IAA- 'AEA4Ë12N, Fortuna^ ou plutôt Genius Pfur ladelphènsium , rend 00 ne peut plus évidente l'opinion émise à ce sujet. J'ai noté tout celà^ parce que je m'ouvre ainsi la voie pour décon^ vrir quel a été l'auteur original de ce simulacre de la ville d*Antioche , ou suivant la phrase grecque , de sa Tjrche : simulacre • ré-^ pété, tant de fois fidèlement sur des coins de médailles, dans différens âges , et recopiés , sans changemens , dans les Tjche de plusieurs autres villes, placées sur la rive de quelque fleuve célèbre, comme celui d'Edesse, de Siogara,
de Samosau. Estj^hide de Syéione , qui eit l'auteur du simulacre , était ifilève de Ljrsippe. C'est PauMuias qui nous a conservé cette q'<0tice; mais le passage où il en parle, n'a jamats été encore entendu , parce que les traducteurs, oomioe l'observe Yalesius , lieo cité , ont to'bIu traduire le mot Tv^ par Fortuna * sans s'apferceroir que souvent il signifie le Génie de la "vâle , ou la figure qui la représente. Toicî le passage dé Paosanias {ELU, ou LVI, c. ii):
*E,W9j(^i9iii4 £w0Of (OC -xapà, AtMiimn àe9t9affiéfoç. . . . ovtoç KOÀ liôpou; xotç hnr'Opévrtf T^^X^^ èxoi^ffev
« U sculpta pour les habitans d'Antioche sur 1 rOroute , la statue de la Tjchs fou Génie ■ de leur ville), laquelle est tenue eu grande « vénération par le peuple de cette contrée.» Hufanius a déjà fait observer s»r ce passage', que les mots l-vfiot ot ht' 'i^p6vnl sont une simple périphrase des habimns d'Antioche.
A. V, num. 9. Cette statue fort singulière.
a57 Ce qui distingue cette rare figure de tant 4^autrès semblables 9 c'est rëpigraphe, indubitablement autique 9 qui est gravée sur .sa plinthe^ et dans laquelle on lui donne le nom
ANCHYRRHOE écrit ainsi» selon moi, au lieu èiAnchirroey nom d'une nymphe célèbre que Ton croyait fille du Nil et femme de Bélus , de laquelle ei|t son origine la malheureuse famille des Bélides , par les aventures d'Egiste , de Danaûs » et de %%^ filles , dont il est tant parlé dans les fables grecques. Le nom de cette nymphe, qui est altéré de différentes manières par les mythograpfaes , a été ingénieusement établi par M. Heyne dans Apollodore, à la place de celui d'^/icAi/ioe, quon lui avait substitué (o^ ApoUodoT'p liv. Il, I, 4 9 Not. , pag. 260). Je ne fais aucun doute que dans le passage de Pausanias, qui parle des nymphes vénérées à M égalopolis , 00 ne doive rétablir le nom XAnr ohirroe à celui d^Archirroe que Ton y lit, d'autant plus que sa compagne est nommée Mjrtoessa , nom d'une nymphe de la Lybie , puisque on avait donné cette dénomination à un promontoire de la Cirénée ( Pausanias , Arcad.^ ou liv. "VUl, ch. XXXIj Scol. ApoU., II, V. 507), Le lotus dont le restaurateur lui a orné la tète, convient tout-à-fait à une nym« phe du NU; le petit vase qu'on a ajouté dans sa maiu gauche , est selon la description que
Pausanias a faite de la statue d' Ancbirroe \ il Musée Pie-CUm. VoL 111 17
éorrespond & la position de la' nymphe qaî pifalt, «uiTaot le mouvement du pied droit, -descendre de sa plinthe, pour puiser de Tean sur le bord de quelque fontaine, et qui il cet effet relève sa robe au-dessous du genou. Cette action gracieuse n'a pas pu être bien connue dans la plus grande partie des copies de cette belle sculpture ; on n'a pu aussi lui restituer ce qui leur manquait: on l'a devinée, et ou l'a 'Conservée dans Ja statue de Saxe {Statues de Dresde, n, 19). Par le grand nombre de copies on peut croire que l' original sortait des maïns d'un célèbre artiste , qui l'avait fait en bronze , ou en marbre ; quel il pût être , et oii il était, je l'ignore. Je risque seulement une conjecture. C'est que comme on avait placé sous le portique d'Apollon Palatin les sutue» des Bélides, ou Danaldes, descendans d'Ânchirroé, et nées de Danaus même, fils de cette nym* phe: même les statues de leurs cousins fîls d'E^isie : il ue semble pas improbable que l'o]
celle qai a été publiée dans la planche X , et par la corne d'abondance , en partie antique ^ existant encore dans la main droite , prouve comment on doit restaurer ces figures qui- peutêtre expriment la Concorde « ou d'autres divi* nités qu'on avait coutume de représenter avec ce symbole de l'abondance. Octave Auguste dédia par cette raison une grande corne d'à* bondance d*or, ornée de superbes pierres gravées , très-précieuses par leur nature, et comme objet d'art , l'une desquelles , et même celle de la moindre valeur , était, suivant ce que dit Pline, la fameuse pierre gravée de Polycrates, ouvrage de Théodore Sàmien ( ffist. nat. , liv. XXXVII, § 2 ). Le travail de cette statue, qui est très-élégant , a été assez convenablement restauré par le portrait de Faustine la jeune lequel a remplacé la tête.
A. yi , num. 1 1 . Ce fragment de statue semblable au pêcheur de la planche XXXII , qu'on a cru d'abord un Sénèque , que depuis Winckelmann a . pris pour un esclave , confirme le caractère du sujet que j'ai trouvé dans cette figure , tant par rapport au petit panier de pé* cheur contenant des poissons , qu'il tient dans la main gauche , qu'eu égard au ventrale dont il est ceint , et qui n'est pas là certainement pour la décence. Winckelmann a vu cette sculpture dans la ville Altieri, lorsqu'il Ta décrite; elle est actuellement parmi les antiques que possède l'habile statuaire Vincent Pacetti.
aôo
. .A. Vl}' num. ta. Ob Toit ici en son entier U ToraïiCt collier de l'enfant Totif, expliqué à la planche XXII avec chacun de ses crepundia fidèlement imités. Ils consistent en dix-huit pièces. En coDunençant & la gauche du spectateur, oU le collier s'attache sur l'épaule droite « duquel eu desceadant sous le bras gauche , après avoir passé dessus la poitrine, il remonte ensuite sur le dos; on remarque dai^s la première partie quelque chose qui ressemble k une fleur. Ifous avons dé)k fait observer que l'on voyait souvent suspendus à de semblables colliers des images de fleurs que l'ou appelle Uliola- Si quelque personae croyait plutôt ' j reconr naître une étoile, comme le marbre n'est pas très-bien .conservé, et que les contours sont assez incertains, on pourrait y voir la sucula qui est du nombre des crepundia du Rudens de Plante ( act. iv , se. iv, v- taS), nom que les' anciens donnaient aux étoiles Hjradesi et il me semble qu'en adopUnt ce sens, il sera
serieula ancipes, symboles^ desquels il a été <]ue$tioD , comme des précédens , dans Tçxplication de la figure. A la quatrième place on voit quelqu*objet qui ressemble k une pomme de pin ; elle est peut-être une allusion au culte rendu à la mère des Dieux , et elle se voit fréquemment dans les mânes mystiques. A la suite d'une fleur ,• on voit à la sixième place une petite épée, ensiculus^ à laquelle succède une main, manicula. Le dessinateur Ta repré^ sentëe vue dans Tintérieur, ce qui établit que c'était la main gauche. Mais comme il ne reste d* apparent que le contour seulement , ce pouvait bien aussi être une main droite vue endessus. Ceci est assez vraisemblable , parce que quelquefois c'est la droite seule, et jamais la gauche seule , la première ouverte comme pour prier 9 ou pour une exclamation religieuse. En outre cette main pourrait avoir eu une autre allusion superstitieuse , à laquelle la gauche convenait davantage. Dans la huitième nous voyons la lunula répétée; à la suite est un dauphin qui a rapport à la dévotion pour* Neptune ou pour Yénus. Un instrument, dont on n^est pas certain , occupe le dixième rang. Ce pourrait être un couteau avec son manche siciliculay il pourrait être aussi le contour d'un rhjrtium, ou corne servant de coupe « suspendu ainsi par -le milieu, comme dans une peinture* d'Herculanum (tome 111, pi. LVlll ). 11 y a une autre potume de pin dans la onzièqie place:
apris, un marteau dans la douzième j il ser- Tait de symbole pour Vulcaîa , ou les Cabires. Ensuite sont répétés les objets déjà observés, excepté que dans la dix-septième ou avant-dernière place , ou voit une petite carte ou tessere, sur laquelle, peut-être, éuit inscrit le nom de l'enfant , ou de ses parens , dont les noms se lisent encore sur les crepundia du Muâens sravés sur la petite épée et sur là petite hache ( dans le même , t. i i 3 et suir* )•
B. I , num. 1 , 5. Sons ces deux numéros sont représentées deux Bgurea de Perses, dont la tête est ornée d'une thïare, de la manière dont Plaute fait habiller son Persan ( Persa , act. IV, a, 3 ). Ces figures sont tirées de deux 4i difTéreas mODumeos mythriaques , sur lesquels ces deux ministres assistent avec des flambeaux au sacrifice sacré dit le taurobole. La première
a65 interprètes donnent à de semblables figures, on peut les voir dans leurs ouvrages. Que l'on remar« que cependant la grande conformité qui existe , particulièrement de la première figure dans toqt son ensemble , avec la statue qu'offre la p). XXT.
B. I^ num. 2. J'ai présenté en grand, sous ce numéro, le vase et Tétrille qui sont soutenus sur la main gauche de l'esclave Etiopien 9 suspendus à un anneau, dont une extrémité rentre dans l'autre opposée, laquelle est à cet effet creusée en forme de tube. Dans la planche XXXY , ce vase pouvait paraître une petite phiole. On a mieux rendu ici sa figure qui correspond entièrement à celle que les anciens donnent à VampoUa ou Xi^xv^oç^ dont les différences caractéristiques sont la petite dimension et le non hians nec statim patens exitus (Pline, ép. IV, 5o , 6). On voit ici proprement un vase à parfums (jtvpo?yiixvSfoç ^ pareil à celui que les soeurs de Méléagre , dans les bas- reliefs qui représentent sa mor(, approchent de ses narines , pour le ranimer pat l'odeur agréable des parfums qu'il contient. Il est bon de prévenir que le titre de l'épigramme iio, liv. XIV, de Martial, est évidemmei^t faux, et au lieu à^ampuUa potoria^ on doH y.
substituer ampuUa unguentaria.
B. II, /iixm. 4" Voici la danseuse Spartiate copiée d'un bas-relief de la ville Albani , dans son Indicazione antiquaria ^ num. 63o, fragment d'un bas-relief plus grande sur lequel devaient
être représentées de semblaliles danseases autour d'un temple qui est sculpté sur le fond ; maintenant il n'en reste plus que deux. De* couronnes Tkfréatiques, de feuilles de palmier, ornent leurs tètes. En expliquant la pi. XXX VUî, note (i), pag. i8o, j'ai cru que ces chœurs de jeunes danseuses appartenaient aux fêtes Cariatides qui se célébraient en l'honneur de Uîane, comme si ces danseuses s'étaienthabillées de tuniques rélevées pour imiter le cosmme de la Déesse. Maintenaut j'observe que cette façon de se vêtir était en usage chez les femmes de Sparte dans beaucoup d'occasioai , et c'est sur cela que S. Clément d'ÂleiandKe se fonde lorsqu'il dit ■ Qu'il ne convient pas de « porter des tuniques rélevées au-dessus du '« genou» comme on dit que le faisaient lea '« jeunes fiUe de Sparte: Ovdt yàpwtépy&fv^na.-' Siàxtp ràç Àaieadrac (paai jrap^éPSC, èaTokitr^at tra- Xôp Po«r moi je crois que la nudité des jeunes filles , qu'on a reprochée h la législation de
d'Hésiode ( Opéra et dies, liv. Il, v. 9 ) , et par Virgile {Georg.^ 1. II, v. 298), qui Ta imité» que suivant le langage des auteurs classiques grecs et latins, des personnages yêtus de cette manière étaient appelés Nus. Néanmoins il est remarquable de trouyer à observer la ressemblance précise qu'a cette figure, avec celle d'une victoire ailée et dansante autour du Palladium , qui est sculptée sur la cuirasse d'une statue impériale (planche XI). On voit parmi les antiques de la maison Farnèse un Torse semblable, excepté que les figures qui ^ont auprès du simulacre de Pallas, sont sans ailes, et toutes deux dans une attitude uniforme. On doit regarder la sculpture Farnésienne comme plus antique , puisqu'on y voit des jeunes filles de Sparte représentées dansant auprès de.l'ef* figie de Minerve , qui était la première divi* nité tutélaire des Lacédémoniens. Un artiste, ' postérieurement soit par caprice, soit par ignorance du véritable sujet qu'exprimait ce bas* relief , aura tranformé les deux Spartiates en deux Victoires , y ajoutant les ailes pour plus grande évidence.
Le lecteur ne doit pas ignorer que M. Zoega, dans son excellent ouvrage sur les Bas-reliefs antiques de Rome (tom. 1, p. m et suiv.), a précisément attaqué Texplicaiion que j'ai donnée de cette figure de danseuse et de sembla^-^ blés. Il les croit des Hyérbdules , ou des femmes attachées au service des temples , et escla-»
ves des divitiités payennes , desquelles Hycrodules it est fait mention par les anciens écrivains , spécialement pour les temples de Vénus: et il n'est pas éloigné de penser que les danseuses représentées sur ce bas-relief étaient consacrées au culte de Vénus. Je laisse au lecteur éclairé k examiner ces opinions, et à les juger.
B. lU, num. 5. Ce bas-relief de la vtUe Albani, qui est décrit dans V Indicazione au numéro ai5 pour un esclave LecUopkore y est aussi rapporté par Wiuckelmann. 11 me semble, en voyant ce ricbe pallinm, dans lequel te corps nu de cette figure de jeune homme est enveloppé , qu'on peut y retrouver uu athlète qui va i) la Palestie, ou bien plntôt un philosophe cynica e gente , selon Plante ( Persa 1 , 5 , 45 ), qui porte lui-même ampuUam, strigilem , etc. , ce qui a fait donner le nom de dvTO?.ilxv^i)ç à de telles personnes. Quoique les Cyniques ne fussent pas les seuls qui portassent avec eux les ïnstrumens nécessaires pour
iaheretur. II n'y a pas de monument qui ait plus d'analogie que celui-ci avec le simulacre de l'Ethiopien LecUophore gravé planche XXXV.
B. IV , /i. 6 et 7. Ce numéro offre le dessin très-exact d'un petit huste de hronze du pré* tre borgne ou mendiant ( àyvprriQ ) des religions ^ de l'Egypte, dont il a été question à la plan«che XIII, p. 64 dans la note (i). Lé sommet de la tête est ouvert^ on y voit la marque qui reste de la charnière du petit couvercle qui la fermait , lequel pouvait être levé faci^p lement par quiconque voulait y déposer la sacram stipem^ au moyen d'un trou oblique senw blable à celui de nos troncs, et qui était percé dans l'intérieur ,^ dans la partie où le cou se réunit à la poitrine; le don tombait dans la cassette sur laquelle ce petit buste était attaché. Cette espèce d'offrande ou d'aumône était assez en usage , particulièrement dans le culte des divinités qu'on appelait peregrine y préci-* sèment telles que l'étaient celles de l'Egypte^ parce que ce culte n'étant pas celui qui se pratiquait publiquement et solemnellement comme religion de l'état, il n'était pas, sans doute, également pourvu de propriétés et de revenus, de sorte que ses ministres étaient forces d»
mendier, ou ^'ea faisaient un prétexte. J^ai parlé, dans le passage cité, de plusieurs autre» bronzes semblablest, aucun desquels n'est aussi bien conservé que celui-ci , que je possède , qui est très-eatier et d'un travail assez élégant. II est haut de onze onces très-justes.
C. I, n. !• On Toit ici représentes d'abord les contours des 6gures gravées en camées dxns le creux de l'admirable coupe d'onix que l'on conserre à Ifaples dans le Musée royal de Ckipo di Monte. J'ai - promis de donner une explication toui-Ji-fait nouvelle de ces figures; et cette explication, à' ce que je crois, sera plus probable que toutes celles qui ont été données, jusqu'à présent. Je vais doqc remplir ma promesse en ce qui regarde la première condition; ce sera an lecteur à juger la seconde.
Ponr expliquer ce que ces Bgures offrent d'obscur, il sera nécessaire d'exaiQÎuer en premier lieu ce qu'on y reconnaît de certain et d'évident. Tels sont le sphinx et la femme qui s'appuye dessus. Elle est un symbole incootes* table qui appartient & l'Egypte; et ellç « son manteau noué sur l'estomacb, .comme on le
présenté dans ce camée avec les attributs de sop inondation annuelle et fertilisante, et avec les divimtës tutélaires à qui on en attribuait en partie la cause, ou qui en étaient* les ministres. Ces emblèmes conviennçpl absolument tous à une coupe destinée, peut-être, à contenir les eaux de ce fleuve, et dont les naturels du pays faisaient une boisson qu'ils trouvaient délicieuse, et qu*ils regardaient comme salutaire ( Jablonskj, Panth. jiegypt.y liv. lY, cb. I , § 12 ). L*examen de chacune des figures apportera la démonstration de cette opinion.
Qui me contestera que ce soit le Nil que Ton voit représenté par cet homme assis et barbu ? Ce ne sera pas celui qui sait que les fleuves demi-nus ei barbus étaient ainsi ordinairement représentés; et que la nianière dont les cheveux sont accomodés , est affectée aux images du Nil ( voyez ]a pi. XLY II ) que Ton voit assis dans les médailles d'Alexandrie, au lieu d'être couché et accompagné d'allusions à ses accroissemens , comme si ce fleuve, sortant du lit oii toute l'année il repose,. se levait alors, et venait s'asseoir sur ses rives inondées. La grande corne d'abondance est encore un signe qui est particulier aux fleuves, et elle n'est pas ici représentée .pleine de fruits et d'herbes, parce qu'elle ne désigne seulement que l'abondance et le débordement, des eaux.
C'est pour cela que cette corne remplace l'ur-
net aUrîbm le plus ordinaire des fleuves, mais qui manque assez souveut dans les fiEjures da Nil sur les médailles citées. Maffei qui l'a expliqua pour un rhjtium, on coroe servant à boire ( OssavoM. lea. , tom. II, art. IX, pag. 5^9 \ n'a pas observé combien elle était grande en comparaison de cette espèce particulière de vase que l'on voit assez communément. Au cod> traire nous a^ons sur un ivoire du Vatican l'image du If U qui tient une corne vide, com* me celle que nous examinons ( Buonarrotî , Medaglioni, p. 538.
Près du an sont assises , aussi demi-nues suivant leur usage , deux nymphes ses filles. Ce sont, sans doute, Memphide etAnchirroë, l'une épouse d'Epaphoa , l'autre de Bélus , qui par>Ià sont fameuses, et jouent un rôle dans les fables des origines grecques ( Apollodore , Itv. II, ch. I , n. 4')- L^ mythologie nous parle de quelques autres qui sont moins célèbres. Il ne doit pas nous paraître extraordinaire de
qui expriment mieux rintention de l'artiste , et prouvent en quelque sorte mon explication. Les deux jeunes gens qui volent sont certainement des Vents ^ et cela non-seulement par la draperie flottante en forme d'arc, mais par la conque en trompe que l'un d'eux place sur sa bouche , attributs très-clairs , comme ils se trouvent dans d'autres monumens dé l'art, particulièrement sur les bas-reliefs qui repré« sentent la chute de Phaëton. Ces figures sou« flent directement vers la figure du Nil, comme doivent le faire les vents Ethésiens ^ cause, selon Thaïes , Hérodote , Lucrèce , et la plu«part des anciens ^ de Tinondation annuelle de ce fleuve, en retenant le cours de ses eaux, et à en retarder la chute dans la mer. Cette opposition est expliquée à merveilles par Lucrèce , qui donne ce motif à la crue et à l'inondation du Nil (liv. YI, v. 7i5 etsuiv. ):
. . • quia sunt aestate AquUones ostia contra Anni tempore eo, quo Etesia flabra feruntur.
Et contra Jluvium fiantes remorantur, et undas Cogentes sursusy replentj coguntque manere:
Nom dubio procul haec adverso fiabra feruntur Flumine, quae gelidis e steUis âxis aguntiir: Jlle eoc aestifera parti venit amnis ab Austro Inter nigra virum percoctaque secla calore Exorîens penitus média e regioné dieL Ce n'est donc pas un effet du hazard, si l'ar-^ tiste dans cette partie de sa composition les a placées 4^ manière que leur soufle soit op«
pose sur la Ggure du Fïil ; et ce a' est pas aAa» dessein qu'il les a représentés sous une forme noble et aimable , comme il convient k de* venu bienfaisans , et qu'il les -a exprimés par plusieurs 6guresj car les anciens écrivaios donnent toujours leur som au plurier.
. La dernière figure est celle qui sert le Nil ; il tient -sa main sur un instrument, où me semble placé le nœud de la compositioo j et à ea juger par la noblesse de ses traiu, et par la place oii elle est située , on peut la regarder comme une des principales.
On a dit que l'instrument que tient le jeune. bQDime dans ses mains, est une baliste ; ce qui certainement ferait peu l'éloge de l'artiste , lequel après avoir représenté ( comme on l'a prétendu^ une coupe aussi grande entre les mains d'une bomme barbu , dont la proportion est de la moitié de la stature humaine , aurait ensuite sculpté une baliste guères plus grande que la main d'un homme. Cette seule réflexion me suffît pour
If il, et & sa crue ( JaBlonsky , Op. Cit.j lib, II« ch. IV ) 9 et il est représenté comme fils d'IsU sous les traits d'un jeune homme , et te« nant dans la main gauche enveloppée dans son manteau, cette épée dont il se servit dans les combats contre Typhon. Il a , comme emblème du- Soleil , dans sa main le manche, embo^ lus ( clavette ) , d* une antlia , on machine Ctésibienne , communément une pompe, inventée précisément en Egypte du temps des snccesseurs d* Alexandre, et qui exprimait la force du Soleil que Ton supposait agir par sa chaleur sur le niveau des eaux du Nil pour les élever, les tenir suspendues, comme Teffet àe la pompe sur les liquides de nos vases. Outra les vents Ethésiens, considérée comme ministres d'Isis et (i^Horus, la force du Soleil était regardée alors comme une des plus grandes causes de cette crue d'eaux salutaire, dans laquelle toute TEgypte croyait voir les soins bienfaisans des divinités ses protectrices. Le mathématicien Tymée ne donnait pas d'autre cause à cet utile phénomène: Tîmœus mathematicus ^ occidtam protuUi rationem ..... Sole per eos dies co* minus facto EXTRAHI (NILUM) ardoris w, et SUSPENSUM abUndare (V\ine., Hist. nat\ 1. y ,' § X ). Le scoliaste d'Apollonius au 1. lY des u^rgonauteSj v. 269-70 , s'exprime à-pen*près de même en expliquant l'opinion de Diogène Apol'» loniate sur le débordement du Nil : àiù^ifflQ 9$ ,^kxoXko9ia/tfiç ( ^€1 ) OKO ^Xiv àfixâfêe^aié Musée Pie<:Um. Vol. 111. 18
ta aSop ( «^ iofàmniç ) S tvtc itç tô» VeiXop MO/ra/pips^M {L *wia/pépttai ). Ôurat yop xXiipovaStat . m îiaXop et to Stipet ità tô tôv iÇAtoy itç Toëroit rà vxà r^ç aiitâ9aç rpéxsir: « Uiogines < d'ÂpolloDia croit qae le Soleil attire k lui « ee« eaux qui forment le Nil; car il pente € que c'est précisëmeat dans l'été que ce fleuve « se gonfle , parce que le Soleil qu i a pompé * rbumidité souterraipe la lui communique »
( je ne traduis pas le mot àaXéunrtiç , que je crois ajouté , parce qu'il ne se rapporte eu riei^ au sens). Cet emblème de la crue du Nil est celui-KÛi fort ingénieusement imaginé par le sculpteur , ou qu'il a sa seulement exprimer. Horus, symbole du Soleil, ce Dieu lui-même qui, selon Pbilostrate, se représentait « assistant le « Nil comme dispensateur des eaux de ce fleu- M Te I qui les faisait couler plus ou moins lar- « gement étendues selon que l'exigeaient les saisons » ( Toju'ac àoto tat/my êpéirttfiu vp' Sa jtifumM râiç ôpatç (FÉiifurpoç , Icon., iir. I^
ainsi de fertiliser sa contrée chérie. Le serpent quis'enlortiUe sur le tube de la pompe un peu au-dessus de la main d'Isis, sert généralement de symbole pour représenter les fleuves , comme Ta démontré le très-savant M. Heyne ( Dissertation sur le trône dAmjrclée , dans le recueil de M. Jansen , t. Yi , p- 76 ) , et il est particu* lièrementle symbole du Nil, selon Tobservation de AL Zoega (*Num. Aegjrp. , pag. 144 9 coL 2 )• Chez les Egyptiens le serpent était le synibole de TAgatodemon onCneph^ comme nous l'avons fait remarquer ailleurs (t. II, pi. XYIT). Cette divinité devait plus particulièrement protéger le fleuve de la basse Egypte; et il prenait soi\ nom, selon Ptolomée , lorsqu'il se divise au Delta (Geogr. , liv. III, c. V ). Toutes ces particularités semblent venir à Fappui des conjectures que nous avons annoncées, et se réunir si bien pour en démontrer la vérité, que je ne me flatte pas trop sans doute , en voyant une très-forte probabilité, telle que je Tai exposée, dans cette opinion nouvelle que j'établis.
' Le grand cas que les Egyptiens faisaient des eaux de leur fleuve , ce qui les portait à plaindre les autres peuples qui étaient privés de cette boisson si vantée , et à laquelle ils comparaient la- saveur du vin lui-même ( Spartianus , in PescenhiOy ch. 7; Athénée, liv. II), ren^ encore vraisemblable que les artistes grecs d'Alexandrie ayent travaillé cette coupe inestima-; bie dans une pierre superbe, et qu'ils ayent dans
la composition «avante et Dobl» des bas>relie& &it allusion aux eaux du Nil, cette coupe deraqt servir pour le boire ( ut gemma bibat) à quel> ques-nnes des Arsînoés ou des BéréDicps, sœnra et mires de ces rois Pbilumctor et Fbiladelphe, dans la cOur desquels on voyait le luxe le plus dé* licat et le plus fin uni aux richesses les- pin* recherchées. Ce bijou si rare qui donne l'idé* de la magnificence et du bon goAt des trésors des Lagidés, aura été apporté à Rome à la suite des victctires d'Auguste, ou par les pro» fusiôvs intéressées de Ptolomée Auletes.
J'étais prêt li abandonner la plume , quand je d6i k l'érudition et à la bonté de S. Em.
Borgia, eu même-temps que la notice d'un opuscule récemment public, qni traite de la coupe royale Farnésienne, l'opuscule lui-mim». Cet écrit est de M. l'archiprêtre D. Vincent Muie Santoli, lequel reconoait: in figura stante Octavianum jàugustum, in fi^ra virili tntnoo insidente Jtomulum in figuris per aerem
lé fond extérieur n'est pas un oroemeiit tout simple , elle peut , considérée comme une amu<» letle salutaire, être lin sytnbole de la salubrké des eaux du Nil.
G. II • num. 2. La figure empreinte 9ur le reyers d^nne médaille de Sabine, ayeo répi-> graphe YfiNYS GËNlTftlX , fournit la preuve que la dénomination donnée au simulacre de la planche YIII est bien fondée , et combien 4>n a pu à propos lui substituer un portrait de cette même impératrice, à la place de la tète qui manquait. On ne peut douter que beau«p Coup de statues de Yéntis fussent représentées dans cette attitude , en voyant la même image AU revers de Julia Pia avec l'épigraphe YE^ NERI FELIGI.
C II, nutn. S. Y.« la planche suivante G. Ill» nuÉru 4* --'
G. ni,' rumi. 4* L'abbé Tanini, qm après avoir recueilli un nombre immense de bellei^ et rares médailles , se dispose à faire part :è3i pi:^ blic de ces trésors> en nous promettant un Supplément considérable et bien raisonné ait Bànduri, cet abbé^ dis- je, possède dans soft Musée cette médaille deGallien, sur le revers de laquelle on Toit deux petits patiiers de pécheurs, que ceux qui Tont expliquée ont pris pour deux poissons, mais que le savant antiquaire qui possède, la médaille a décrit absolument pour -ce qu'ils représentent en effet. Je recooh» nais dans ces corbeilles de pêcheur, dont ça
"37^ - M Mit encore k présent, cellet qael'on appelait ovrvftiita,, spiridiat nom qui eonvieat parfkitement à leur forme bnccïnée. Les cordons qna l'on Toit ï lenr sommité serraient k les màpendre , comme les balances , k un bitcm qne les péchenrs. portaient horiaontalement sur le cou, comme on le Toït dans quelques pôntn- Tes comiques parmi celles d'Hercnlanum. Cett ainsi que les spiridj sont la plupart nommés en plorier. Ils avaient aussi le nom d"AnUtt, comme on peut le voir dans Hesichios (t. ^ip^aa»; ajoutez j, la lettre • de Henuterhnis rapportée dans l'Hesychius d'Âlbeni au mot 'AimnMÀirt ^ On Toit encore de semblables corbeilles sur deux mosaïques antiques , qui toutes deux ont été publiées par Ciampini {Oper.t tome I, pi. XX.XII et XXXiy ); la -seconde est placée entre les objeu rares que possède mon illustre mécène le prince Chigi; l'image du nuni.*a a été prise dans la première mosaïque que l'on Toit dans la basilique de S. Slarie in Transte-
les médailles de la famille Sepulia, pour faire
voir combien elle correspond avec la description que fait Apollonius d*une effigie de cette Déesse't peu différente aussi dans ' cette particularité dé laisser à découvert la partie gaur cho du sein, parce que la boucle de sa tunique est tombée de-dessus Tépaule gaucbe jus^ quea vers le coude. A la planche YUI, p. 45f note (5), nous avons rapporté le passage ori«* ginal des Argonautes avec la traduction du cardinal Flangini : nous placerons ici , pour qu*on en fasse la conâparàison facilement , la traduction latine littérale des mêmes vers ;
Deinde lelahùrata erat comata Çjrtherea
Mattis in manibus habens fortem cljrpeum^ eir humera vero ipsi
jid cubitum laes^wn remissa erat Qommissura tunicae
Infra sub papilla.
C. lY, num. 6. Voici le petit simulacre de là nymphe bacchique couchée , dont nous avons parl'é à propos de la planche XLIII dans là note (i), pag, a88. La tête seule est moderne; Turne placée sous son bras gauche indique clairement le sujet y et nous convainc que le serpent n*est qu^un attribut bacchique, ou le Génie du lieu. Sa ressemblance avec le simulacrct que vulgairement on appelle Cléopatre^ doit être remarquée.
a8o CorrecUon de tauteur pour ee troisième tome.
DftDfl l'addition placée à la fia da discours de la planche 11, pag. 35, j'ai mis en doute si une sutue, qui a été autrefois dans la inUe ^Wani, et qui est & présent au Musée do Paris, reconnue par Winckelmann pour Pupîénns, représentait Teriul>)enient cet empereur. A présent je n'ai plus d'incertitude : la sutue qui est dans le Musée de Paris n'a pas en effet les cheveux selon le cosiume de Pupiénua et de tous les Bomains de son temps; mais le motif de cette différence doit être attribué au caractère idéal que l'ariiste a donné k ce simulacre. PupiéDus n'y est pas représenté en habit civil ni militaire, mais comme nne divinité ou un bon Génie : une tète rase ne, convenait pas à un simulacre nu d'un sljrle hé> roïque. C'est pour cela que l'artiste a cru devoir en changer la chevelure, tH>mme on le