‹ Musée Pie-Clémentin (volume 2)Chapitre 40 sur 46 · PLANCHE XLIX · texte numérisé non relu

PLANCHE XLIX

Ce pêtU groupe est loin d'égaler la manière habile et élégante des deux autres qui repré-

*.H^utji .le tp^t . epscmblç avec le troue et rftijg^y quatre palliées et dix onces. 11 est. en marbre de Loni*

Musée Pie-Clém. Vol. III. 16

Sentent le mime sajet, et qne nous aroBt déj^i publiés et expliqués (i). Néanmoins celui-ci doit £lre également précieux et cher aux amateurs des aru antiques, si ce n'est plus encore* puisque nous pouvons avec grande probalnlité nous flâner qu'il nons ofTre la composition et la copie du fameux bronse de l'athénien Iféooares , qui représentait Ganiraède enleTé par l'aigle.

'■ Le fondement d'une pareille idée est tout entier dans le passage de Pline, oii, en par- -tant des ouvrages en bronse attribués k l.éocaresil dit: jiquilam sentientem <fuid rapiat in Ganjrmede, et cui ferai, parcentem ungulis etiam per vestem (a). Le groupe de Léocares représenuit . donc Ganimède au moment oik il .était enlevé par l'aigle, précisément eonune le n6tre, et non pas lel que les autres figures qui nous restent de cet échanson des immortels. On voit en outre une répétition, de notre groupe , moins bien conservée parmi les

monumens de la bibliothèque de S. Marc à Yeuise, oii elle fut^ sans doute, apportée de la Grèce (i), ce qui prouve combien on estimait Foriginal. Cette célébrité conyeuait bien k FouYrage de Léocares , puisque c'est par rapport k son talent que Tatiaa reprochait aux Payent de rendre des honneurs à ce mignon de Jupiter (a). La composition de ce groupe est telle, qu'on voit facilement qu'elle a été imaginée pour un ouvrage en bronze, qui peut se soutenir appuyé sur un tronc bien plus délicat quM ne devrait Tétre pour un groupe en marbre*, et qu'ainsi la figure pouvait paraître suspendue en l'air, supportée entièrement par l'aigle , qui semble s'envoler. A toutes ces conjectures ajoutons la remarque que dans notre marbre , comme dans le bronze de Léocares, l'aigle, pour ne pas blesser les membres délicats du jeune garçon qu'il enlevé, a placé sur ses flancs et sous ses serres la chlamyde de Ganimède, de sorte que nous pouvons y reconnaître la figure décrite par Pline : parcentein unguibus etiam per vestem : alors il me parait que l'on peut assurer , ce que d'abord on n'avait fait que soupçonner, que nous possédons, dans ce groupe, une co*

(i) Zannetti, Statue delT antisàia délia Ubrena diS» Mar^ co f tom. II; pi. VII.

(a) jié^. Graecos, $ XXXIV.

pie da brotue si célèbre du sutnaire Léoca-

n semble.1 k la description que Fliae fait de ce bronze , que de son temps il était k Rome : et on conserve à présent dans le trésor Médicis une base de marbre, avec des earaotères , qui soutenait autrefois le Ganimède de Léocares y ou une de ses copies (2). Sana doute l'épigrAphe n'est pas du temps même de l'artistej cependant elle pourrait avoir porté le groupe original : car il 7 a beaucoup d'ouvrages en bronze avec une base de marbre , -sur laqneKe était gravé le bom de l'artiste (5):

(i) Cet illnitre artiite flan»ait du tempi de Philippe^ pire d'Alexsndre le Grand ^ et il ^taït l'caiear de* images de ce roi et de m famille , en or et en ivoire , qui ^îent k Olimpia (Panian., El. ï, ch. XX}: il travailla aniai aux ba>-ieliefa de la façade orientale du famenz tombeatt de Mansole; ceci pronre qne l'Artëmiae, veuve de «e roi dei Carien*, ne pouvait être la même qai

d'ail antre c6té c'était aussi Y usage de mettre les noms des auteurs originaux sur les co*

me contenterai d'en citer nn qni vient de m'étre fourni par nne dëconverte récente. Dans les fouilles ouvertes à Locriy par ordre de Tamatenr ëclairë le cavalier Dominique Tennti , on a trouve une petite statue de bronse d*nn style très-beau et recherche $ elle est haute de trois palmes napolitaines » et quoique dépourvue de symboles, elle parait être un ministre poni' les sacrifices* Sur sa base de marbre on voit gravé, en caractères très-antiques , le nom

*PÏN0S

4/M$y0Cf 9^6 je crois être le même sculpteur en bronze , que Pline appelle thrynon^ et il le met parmi les disciples de Polyclète ( H. N. , liv. XXXIV , $ XIX ^ pr.)i nous trouvons la même variété dans Aristophane pour fbito et Pluius {Plui.^ v. 737)» et de même jindrogeus et Androgeo , Icario et Icarius, Jasio et Jasius p Lampo et Lampus^ Etuythîo et Eurftus^ qui sont des noms de la même personne ( ApoUodore, 1. III, ch« X, 5, 6; ch. XII, 1,3^ ch. XIII, i: Homère, IL F, a47 , V. Verheik, ad ant* Lit., pag. 256 ). Si Frinus le statuaire avait la même patrie que son maître, on peut dire que ce nom a été en honneur chez les Argiens, auxquels les oracles des Dieux avaient donné pour devise cette espèce de grenouille ou de crapaud , qui est désigné dans la langue grecque par le mot i^pvpoç ^ Phrjrnos (Apollodore, liv. II» ch. YllI, 5). Les nomf de Phryné et Fhrjrnicus ont la même racine. Mais laissons de cêté ces sujets peu certains > la forme du <b et du P conviennent parfaitement avec l'époque que Pline a Assigné à ce sculpteur , qu'il fixe aux Olympiades LXXXYIII et XCV, environ un den^i-siècle avant Alexandre le Grand. Le style même du travail semble, (>ar les caractères presque ébauchés, par Pline lui-même,

pies de leurs ouvrages (i), et l'iacorrection de cette épigraphe me reod plits vraisemblable ma secoode opioiOD.

6xé k nne époque antérirare sux pcrfeclioDDein«iu de Praxitèla et de Lïtippe, et pea ^loigo& du Cvn^phoret de Polyclèle, que AVinckelnuiiD a ttii-iDgeaieiueiiieQt reconnues, quoique par conjecture, dau un bu-relïef de terre cuite ( Afonwn. med.^ n. 182 )• Que ce bronce •oit rare et d'une certaine valeur, en ontre du mérite de l'art, cela le coacerra facilement par ^quiconque n'ignore pu le regret géaéni qu'on a de ce qu'il n'exi«t« ploi aucun moiceau de cea utiiiet , que Id aociena ^rivaiut ont cm dignei de nommer comme le* plus cëUbrea.

(1) Tel e*t, peni-éire, le nom de Ljsippe m» inr une aiatae dUercule peu difCérenie de celle Farnèae, que l'on contenre an paUï* Pitti k Florence. L'original était, peut-être, de bronte, d'une petite proportion^ comme la plùi grande partie dei ouvragct de Ljsippe> L'athénien Glaçon qui en le copiant avec uu art admirable, dan* nne dimension presque colossale, en changea un peu la position , a gravé , avec très-bon droit , son nom SUT l'Hercule Farnèse. L'épigraphe AIIOAAÛNIOS

a47 n n'est pas nëcessaire de parler de la tiare phrygienne , de la chlamyde , da chalumeau ^ instrument pastoral; tout cela est suffisamment ëclairci par ce qui a été dit ailleurs à propos d'autres images de Ganimède. Mais il faut re* marquer le chien, dont Virgile n'a pas oublié de parler, ainsi que de ses abois, dans la description qu'il fait de l'enlèvement de Ga*^ nimide , brodé sur le manteau d'£née* Si on lit attentiyement ce passage du poëme, on verra clairement que Virgile a eu en vue notre grou* pe , ou celui de Léocares , dont nous le croyons wie copie (i): et même l'épi thète de frondosa qu'il donné au mont Ida , peut , nous expliquer le motif de Farbre qui soutient avec tant d'art toute la composition. >

GuBRaiBE phrtgienV

Quoique l'opinion commune s'obstine à donner le nom de gladiateurs à de semblables fi-

(i) Tîrgile , Aeneid. Y, v. aSti :

Iniextus^ue puer frondosa regius Ida Veloces iaculo cervos, eunuque fatigat jiceTf anhelanii similis ; quem praepes ab Ida Sublimem ped&us rapuii lovis amùger uncis.

Longaevi palmas nequidquam ad sidéra ienduni Custodes; sae^iique canum latra$us in auras»

* Il est scalpté en marbre de Lanù Haut* de trois ^

gures, cepeDdaot la nadité qni éuit le carte-' tèredu costume héroïque et m^tbolo^ijue, b différeace évideDie de l'habUlemeat et deiiarnoa que Too voit à des figures qui certaioemeal •ODt des gladiateurs (i)» soot des motUâ qbi me font croire que cette belle figure d'un guerrier combattaut , reoversé sur soo genou * la tète couverte de la tiare phrygienDé* ayant ion )>ou«Uer k terre , peut aToir. a[^artéuu k quelque sujet de la fable' grecqueu; : '

En examinant attentivement l'attitode iagânietuement composée de cette belle statue» je ne retrace ces figtu*es de barbares vaincuS) ter* rassës, que les artistes anciens employèrent sagement pour soutenir des statues équestres, comme Ta judicieusement remarqué Buônarro* tî (a). Dans ce cas, considérant que l'hisloire mythologique n'offre pas ordinairement d'autres figures équestres que celles des Amazones, qut fiirent les premières, selon Lysias, qui combat*

«49 ùfoîit ;À clàeif al (^)^- ilmerfiAraltrtrës-f ossible que

H^trf^ Pbry^ieaioi vepvéoenié), ^tt faii autre<^

foi& groupe^ ave«!> uno: «tatue : équestre À*Am9^

^Ooe^ qui faisait allusion à la fable d'HjC^mère

sur Firru{)lM>n que. les Amaasones ûreot. ^^^o^.la

Phrygie^ et de la guerre qu'elles soutinrent

contre les peuples de 1* Asie (2).

. L'opinion d'Hermolaûs Barbarus^ suivie. gé«*

néralement, qui croit que les, ffjrppiadffS}^ jofàrf

-ycr^ige de $tephaQus(3)^; n'étaient, que 4^* -^nii^r

(i) Orau funebn de auxû. Ck>nnih., p. 56, ëd. -JElcfiskei Ainsi dans Hamèr* on ne reconnait pa» il'aatrea.cirTa*f liersque qevxqni combattaient dans des.cliaTS.'Â la^v^itë la frMe qal élitoareie mnr extëriftir de k^diàpidb idîi Parêhenon à Â.thinety.el q«i n^présente^ teloni oé ^qno j'ai cru ponvoir établir ailleurs ^ la pompe des<Papaifaé<« nëes^ présidée par Tbésée, noos présente un ^and nom* bre de figures équestres. Mais ces fi^gures j ont vraîsem* blablement été représentées presque par une espèce de prolepse, on anticipation. Les Athéniens qui se plaisaient k faire de semblâbleir cavalcades autour des temples; comme nous l'appriend. Xénophon, auront eu la vanité d'en attribuer la première institution à Thésée lui-même j avec une vérité -égale à celle par laquelle; contre le téaioigttage de rhistôire-; ils lui firent l'honneur d'avoir introduit parmi enx la démocratie.^ ''(3) Elle est indiquée dans le I, ou liv. III deTIliade^ V. i%^ et sniv.*; et* c«ttè irruption y est pré^ntée comme nné entreprise mémorable et grai^de t Oitét et Migdon avec leurs alliés' leur opposèrent de la résistance.

(5) PKné, H. ^., «V. XXXVI, § IV, n. lO. Par ^^ piaàes on pourrait encore entendre les filles d'flfyppiat, ti« ran d'Athènes, s'il en a «n plusieurs aussi falneases et

■onea k cheval, ne Dtmqnant pas d'une grande TTaiwmbUiice , est encore coofirmée par U quantité de figure* d'Amasonet combattuit t cheval qui nous ont été eonaervées jiuqa'à présent, aoit en bronse, soit en marbre (i).

Le travail de cette figure est fait avec soin; il exprime & merveilles raction , et anoonce des connaissances anstomiques. Le oiseau cependant en est un peu sec, de sorte que Ton peut supposer que ce morceau est la copie de quelque beatl

eonnnu.^'Archedîce, dont Tbocidide, liv. vii, aparl^ aÎDii que de loo >imaUcr« et de aon ImiUtein. On doit donc regarder l'opinion de Birbime comme la plu* vraiei dIantatU'ptn* qne Siepliaiiui l'anteor dai U^ppindea, ri c'eat le même dont parle l'^pignphe Albana ( ce qui ett aawx probable), ^Uit élève de Praxitèle (Harini, hcrit» jtAaiiB f a. cLvii); «I par cette rtiion contcnqtoraÎD de Pompée et de Cicëron. Il est donc plu* facile de croin, d'epri* cela, qo'ïl employait tont uo talent duu des sajet mythologique*, qni étaient agréablea k tons, pinlit que de rappeler le aonvenir d'une famille persécutée.

âSi

modèle en lironBey matière qtti se prête à plus de précbioo, et que nous voyons traitée par les anciens artistes , de manière que les lignes et les contours offrent moins de morbidesse ^ue dans les marbres, parce que ces contours ont besoin d'être plus fortement prononcés sur le broQse, pour être facilement distingués à cause de sa couleur sombre. Cette méthode ^st encore suivie quelquefois dans les sculptures en marbre noir (i).

Si cependant on veut regarder comme vraisemblable l'opinion exposée ci-devant, les Ufyp^ piades étant^^ sculptées en marbre., il * faudra attribuer cette sécheresse de style à la manièr:e particulière du sculpteur qui en avait fait les copies, parce que jaloux d'arriver dans son ouvrage à la précision et à l'intelligence de l'original , il n'aura pu , comme cela est assez ordinaire , atteindre le degré de facilité et. de morlndesse de son modèle.

(t) Il est arrWë de-là que les scnlpteors les pins adroits en copiant en marbre blanc des originaux de bronze on de marbre noir^ ont adopte un, autre style; témoins les copies antiques, en marbre blanc, du Vatican., de Borghèse , des Centaures du Capitole , dont - les origi« naux sont en marbre noir, faits par Aristée et Papiaa l'Aphrodisien.

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