PLANCHE VIII
SabIHA 80US LA FOBME DE VÉNUS *.
Od trouve dans beaucoup de coUectloos d'antiques des statues de femmes semblables à la sâtre^ Têtues d'uue légère tunique flottaate, serrée sur la taille, arrangée avec des plis gracieux, et dans l'attitude infiniment agréable de relever de la main gauche leur longue robe. Ces figures ont reçu , suivant le caprice des restaurateurs ou des antiquaires , des noms au hasard ; tantôt elles sont prises pour des muses, tautôt pour des nymphes, ou pour d'autres divinités (i). Cependant les médailles de Sabina et de quelques autres impératrices, nous offrent la même figure dans une attitude pa.reille, vêtne de même, avec le nom de Vénus Genitrix ; de sorte qu'on pouvait assurer avec fondement quel était le sujet des statues dont il est question (a). Notre statue fut autre-
fois tirée des fouilles de VAugusteum à Ocriculum 'y les bras et la tête étaient mutilés. Elle représentait ou simplement Vénus ^ d'où lirait son origine la gens Giulia et le nom romain , ou quelque impératrice sous la for-* me de cette Déesse (i). La tête de Sabina
les Statue di Venezia^ tom. II , pi. XIV , et ils ont en conséquence donné à la figure qu*îU publient le nom de Venus y en appuyant cela de la me'daille de Sabine qui sert de vignette à l'explication. Une petite statue de bronze, pareillement vêtue , qui est dans la 'i;l//«Pin<* cîana ; et qui a éxi publiée par Montelatici , VUla Botghese^ pag. 21781 et par Mentfaucon , jintùfuité expliquée ^ tom. If part. I, pi. GII, n. 3, fait voir que ce rapport n'avait pas écbappé aux antiquaires du siècle passée bien q^e ce qnî a pu faciliter & découvrir le sujet de cette statue f ce sera une autre dans une posture presque semblable y et pareillement vêtue , qui se trouve dans la même colleetion , que Ton reconnaît pour une Vénus ^ parce qu'elle foule du pied gaucbe un embrion dans la matrice : je l'ai crue Vénus Courtisane ou Vulgivaga, Elle est gravée dans les Mémoires sur les anciens gra^ veurs de l'abbé Bracci , t. I , pi. XXI du supplément.
(i) WinçLelmann a observé, 1. c, que plusieurs de ces figures ont des têtes qui sont des portraits. Eien de plus commun, que de voir des portraits antiques de femmes sous la forme de Vénus, même nue. Julie, fille d'Auguste , a dans le bronze grec le titre de Vénus nou^ velle* Je crois que la nôtre fut aussi un portrait , ce qui me rindi<|ue plus sûrement, c'est la modestie qu'on aperçoit dans la figure, puisque toutes les autres dont nous avons par^é, ont l'épaule gauche découverte avec partie du sein; et que la nôtre, quoique la tunique pa<* raisse tomber de- dessus son épaule , est cependant encore couverte par une tunique intérieure ou par sa «bemise.
JXoHia arons eu aussi occasion de parler de la manière élégante de relever par derrière le dos le mantean , et nous avons établi dos cou* jecture» , qui foodent à croire que cette attitude agréable fut introduite de bonne heure dans les ouvrages grecs, ou au moins dès le temps de Polignote (i).
Pour ce qui regarde les Vénus habillées > je ne m'arrêterai pas à réfuter l'opinion de Winckelmann sur le prétendu cestus de Vénus qu'il a trouvé dans une ceinture , placée sur les reins de quelques figures de femmes : le célèbre M. Hej^ne m'a prévenu en cela (3)- J'observerai seidement que l'on voit sur un très-beau bas-relief dans la cour du palais Lancellotti une Vénus nae avec le ceste placé sous les mamelles ( xepi im^âetr^f ) (3).
La tète de Sabina qui est d'un beau style , son portrait bieu assuré par les médailles « fut trouvée près du temple de la Paix dans les jardins des Mendicanti (4) « et elle s'adapte si
liten.Ji tout le reste de la sutue , qu^elle sem^
ble.aToir été. replacée oii elle fut dès le pria*
cipe.
jiddUions 4e routeur.
Xai cite de mi^.moire la Vénus avec le ceste» du palais Lancellotii: étant allé depuis Texa-. miner, je trouve quelle n'est pas précisément telle que je l'avais décrite. Le ceste est détaché , et se voit entre les mains d'un amour qui paraît vouloir le placer autour du sein de la Déesse. En effet plusieurs nymphes sont ceintes sous le sein d'une écharpe pareille tant
qae le gonflement apparent da ventre faisait croire communément représentant une femme enceinte , était une des plus ridicules réunions qu'ait produite rignorance des restaurateurs de figures. C'était un portrait de femme inconnue, d'un, travail ordinaire, adapté au coll. d'une statue de prêtre égyptien, qui avait les deux mains couvertes par une draperie en forme de Huma" raie j et soutenant un grand vase, ou urne, comme on en voit un dans le bas-relief d« Mattei représentant la pompe Isiaque, dans Montfaucon, A» E>, té II, pi. CXYI, 1 , et dans le Peintures dHerculanum , tom. II , pi. IX. Mais comme l'urne manquait, et que dans le marbre il restait la place vide , qui avait été creusée exprès pour recevoir le Vase, ce relief figurait un ventre gou« fié, d'oiï le vulgaire s'était imaginé y voir la figure d'une femme grosse* Au reste, la poitrine et les jambes découvertes , annonçaient bien clairement un homme déjà Agé. Le cb. Blondell, anglais, qui l'a fait rajuster de nouveau, a fait ajouter ce qui lui manquait, en imitant le bas relief que nous avons cité.
JUusée Pie-CUm. Toi. III. 4
dans le bas-reUe& du Musée Mattei ( Monum.
HiUth., u>m. III. pi. 13 ), que dans un autre ÎDcdit , maintenant en Angleterre dans la belle collection du ch. Blondell , et qui arait appartenu, aux sculpteurs Lisandroni et d'Este- Ou voit Venus attachant sous son sein cette ëcharpe , dans une statue de bronze d'Hereulanum ( tom. Il , Sronzi, pL XVI ) , laquelle a été dé]k citée, pour le même objet, par le savant M. Heyne.