PLANCHE XXXIX
ClBÈLE *
Cibèle , Rhée , Opis, la grande Vesta, la Terre , la mère Idée , la grande Mère , la Mère
(1) Virgile, liv. VIII, v. 71.
(2) L'eau Crabra prend sa source au pied des collines de Tusculum ; et se perd dans le Tibre près de la Bouche de la Vérité, un peu au-dessous du pont Se'natorial. 1/ Aimone naît dans la vallée d'Egerie ; et va se décharger dans le Tibre, hors de la porte Saint-Paul , assez près de la cité. On trouve dans la vallée d'Egèrie une ancienne fontaine ; que Ton croit celle de la nymphe; on y voit cependant encore aujourd'hui une statue de Fleuve ; couché, sans tète \ vraisemblablement ce sera l'Aimone qui y prend sa source ; les antiquaires l'ont nommée statue d'Egèrie.
* Haut, six palmes trois quarts : sans la plinthe six: palmes un quart-
des dieux, la déesse de Pessinunte, ce sont tous les noms donnés à la même. Nous aurions dû commencer par celle divinité, d'où les autres tirèrent leur origine , si la division en divinités célestes, marines, terrestres, et des enfers, ne nous avait pas obligés de la placer la première de toutes les divinités terrestres. Fille du Ciel et d'une autre Rhée , plus ancienne, elle 'fut épouse de Saturne , mère de Jupiter et de ses frères. Elle est, en outre, le personnage allégorique qui représente notre terre , et c'est dans ce sens que ses attributs ont été très-bien décrits par Lucrèce (r). La couronne murale qu'elle porte , la représente comme la protectrice des villes:
Muralique caput summum cinxeve corona , Eximiis munita locis , quoti sustinet urbes.
Elle a dans sa main gauche le tambour et les tymbales, ou, peut-être, les crotales, ou même les cliquettes , tous instrumens qu'on employait dans ses fêtes pour imprimer dans les esprits iane terreur religieuse:
Tjmpana tenta tonant palmis } et cymhala circum Concava ? raucùonoque minantur cortina cantu . . . ingraios animos 7 atque impia pectora volgi Conterrere metu7 quae possint numine Divae.
Varron, dans S. Augustin (2), a cru que le tam-
(1) Lucrèce? De rer. nal. ; liv. II , v. 598 et suiv.
(2) Yarron; dans Saint- Augustin ; De civit. Dei, livre VIf; cap, 24. Eamdem dicunt Matrem magnani, quoti
bour devait indiquer la figure de la terre, qui ne fut pas connue par les anciens sous la forme sphérique.
En la représentant assise , on a voulu indiquer sa stabilité qui la fait paraître immobile , comme si elle était la base de tous les élémens. C'est par cette raison que les pythagoriciens ont prétendu que les élémens de la terre étaient cubiques , parce que le cube est regardé comme le solide le plus stable mathématiquement, et le plus propre à servir de base (i).
tympanum habeat , significavi esse orbem terme, r/uod turres in capite, oppida , quod sede s fingantur circa eam , cum omnia moveantur , ipsam non moveri.
(i) Timëe Locrien, De anima mundi , pag. 552 ; éd. Gale. £t(TT8 piÇa itàvrQV xaï ftâatç, u tfà èprfpeiïTTai Erti râç âvTaç poicaç. « De sorte que la terre, qui est » la base et la racine de toutes choses ; est solide par » sa propre force. » Et a la page suiv.: cA{lLTETpdyG)VOP âpftà avordoiog yâç , ro yàp TerpdyQVov eu tvteqp
ÌX TETTÓpCOV àfllTETpayÓVOV (TVVTE^ElfJbèvOV , EH dè T6)
TETpoyóvQ yewâo&ai Tuv Kvfiov , E^paioratop nal atadaìov itdvrri aô^ia .... nairovio dk (iapmaTÓv TE Mal dvditlvatOV à yâ. « Lè demi-quarré est le prini> cipe de la constitution de la terre ; parce que le quarré » se forme de quatre ainsi réunis ; et le quarré forme le )> cube ; corps solide et stable sur toutes ses faces ; d'où » il derivo que la terre est l'élément le plus grave et le » plus difficile à être mu. » La stabilité de la terre ; sur le mouvement de laquelle le pytagoricien Philolaus avait déjà formé des conjectures avant Copernic ; n'avait donc pas de rapport chez les anciens seulement à ce que nous appelons aujourd'hui le sis terne de son repos. Je remarque môme dans le texte cité, que Fon attribue à Timée^
Les figurés de Cibèle sont rares ; et celle-ci est une des plus remarquables par sa grandeur, et par la beauté du travail, parmi celles qui existent. Elle fut placée par Pie IV dans le palais d'agrément qu'il fit élever dans les jardins du Vatican, qui se distingue par une belle architecture, imitée de l'antique, sur les dessins de Pirrhus Ligorius. La lune qui se voit sur la couronne murale de la statue appartient à la restauration.