‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 51 sur 53 · PLANCHE À · texte numérisé non relu

PLANCHE À

I. num. i. fjn m'attachan t à l' opinion commune des érudits , que la Cataguse , dont parle Pline, ou la Reducens , peut-être Cérès qui ramené Proserpine des enfers , je suis convaincu que le revers de cette médaille d'or , très-rare , d'Antonin le Pieux , nous offre l'image de ce fameux groupe de Praxitèle.

L'épigraphe LAETITIA ■ COS • TIII qui est au revers peut faire croire que cette médaille curieuse a été hattue à l'occasion d'une maladie de Faustina la jeune , fille de l'empereur; que pour sa guerison , on a voulu appliquer non-seulement l'épigraphe , mais même l'image de Catagusa , ou de Proserpine revenue des portes du Tartare. V. pag. 1 3o , pl. XIII.

A. I. num. 2. Cette médaille , très-rare , de Caracalla et de Plautilla, présente sur les re~ Ters l'épigraphe KNlÀlûN , Cnidiorum , avec l'image des deux divinités de Gnide, Esculape et Vénus. La ressemblance de cette seconde figure tant avec notre statue , qu'avec beaucoup

d'autres , dont nous avons parlé en expliquant la planche Xï, établit presque la démonstration que cette médaille, de même que les sculptures que nous avons indiquées , nous présentent la fameuse Vénus de Praxitèle qui avait rendu Gnide si célèbre- V. pag. ii5.

À. II. num. 5. La belle médaille de Caracalla et Plautille , qui fut frappée aussi à Gnide , que Ton conserve dans le cabinet du roi de France, et qui porte le n. 174 de cette collection , nous offre, avec la même épigraphe , la même figure de Vénus , et nous confirme toujours plus dans l'opinion , qu'elle a été copiée d'après la statue de Praxitèle , ayant remarqué qu'elle est précisément semblable à celle de la médaille précédente, quoique le coin et le type soient différens. Voyez la page ï 1 5.

A. II. num. 4* Cette médaille en grand, de Julie Mammea, avec l'épigrafe IVNO AVGV- STÂE , représente Junon qui soutient un jeune enfant sur le bras gauche , et qui tient une fleur dans la droite. Si Junon doit représenter l'impératrice, comme l'épigraphe nous l'indique, vraisemblablement, des fils de Junon, il n'y a que Mars qui puisse représenter Tempere ar. La fleur que Junon tient de la main droite est une autre preuve de cette opinion, puisqu'elle fait allusion à la naissance de Mars, qui fut engendré par une fleur , comme nous l'avons rapporté. Sur les médailles de grand

bronze de Lucilla, on trouve celte même figure avec 1 épigraphe IVNONI • LVCINAE - V. pag. 69,

A. III. num. 5. Winckelmann, dans ses Mon. ant. iried.^ 11. 101, a parlé de cette pierre, sur laquelle il a cru trouver le portrait de Platon. Selon lui les ailes de papillon qui se voyent aux tempes de cette tête, peuvent signifier la doctrine de Immortalité de l'âme , que ce philosophe a établie et propagée: mais l'élégance de la barbe et de la chevelure , semblable à celle que l'on remarque aux têtes du dieu Therme , ou de Jupiter Therminal , outre la différence qui se trouve avec le portrait incontestable de Platon , qui est dans le Musée Médicis , me donnent lieu à croire que cette tête représente Morphée, dieu du sommeil t dont on a voulu indiquer la légèreté par les ailes de papillon , que Ton trouve sur divers xnonumens , rapportés à la plan. XXVIII , aux images de cette divinité , que l'on voit aussi avec une barbe. V. pag. 347*

À. III. num. 6. Cette belle cornaline , trèsremarquable , qui appartient à M. Jacques Byres, gentilhomme écossais, fort-versé dans les beaux-arts , et dans la philosophie naturelle , représente la même figure du Discobole en marbre , qui fut trouvée , il y a quelques années, dans, la Villa Palombaro,, sur l'Esquilin, et qui appartient à M.e la marquise Massimi. La description que Quintilien fait ( II , 1 3 ) du

Discobole en bronze de Mirait 5 qu'il appelle contortimi et elaboratimi , se rapporte si bien à l'action de ce simulacre , que je Fai cru une copie antique de ce fameux bronze , comme je J'ai avancé dans une de mes lettres à son Em. Pallotta , en date du il± mars 1 781. Cette pierre gravée confirme encore mon opinion , parce que le style très-ancien qu'on aperçoit dans la gravure, semblable à celui qu'on appelle étrusque , prouve que la cornaline est beaucoup antérieure à la ditte statue; et par cette raison l'original commun devait être très-ancien comme le devait être le Discobole de Miron 9 très-ancien statuaire , et disciple d'Ageladas. Cette pierre gravée est rapportée ici à cause de sa ressemblance avec le style de Tydée, dont il va être question dans le 11. 0 suivant.

Â. IV. num. 7. Le rapport trop évident de Faction de cette figure avec celle du Discobole du n. 6, peut faire croire que le Tydée , qui est sous ce numero , dans Winckelmann \ Monum. ant. ined. , n. 106, et dans les pierres gravées de Stosch , pag. 348 , est sorti de la même école que le Discobole» L'action du héros est de se frotter avec le striglie , cérémonie pratiquée dans les lustrations : elle se rapporte à l'histoire de Tydée qui avait tué involontairement son frère Ménalippe à la chasse ( Hygin. , fab. 69 ) , et qui fut obligé d'expier ce meurtre. La conjecture mise en avant s'accroic encore , en voyant sur un beau

vase de terre cuite , de ceux appelés étrusques, dont parle le comte de Caylus , t. II, planche 37 , la même figure peinte et exprimant les lustrations ; ainsi on présume avec raison que la pierre gravée et cette peinture ont pu avoir un même original célèbre. Pline qui fait mention d'un Appossiomène, c'est-à-dire, un qui se frotte avec le striglie , distringentem se , de Polyclète , qui était aussi élève d'Agelade et condisciple de Miron , semble nous persuader que l'on doit reconnaître dans cette figure une copie de l'Apossiomène de Polyclète , qui ne devait pas être une figure d'invention , mais bien une image de Tydée. V. pag. 1 29 , pl. XIII , n. (2).

A. IV. num. 8. Ce beau buste de Platon rapporté d'abord par Fulvius Orsinus , ensuite par Gronovius , Thes* ont. Graec.^ tom. II, planche 85 , existant aujourd'hui dans la galerie du grand duc de Florence , et dont le célèbre abbé Lanzi a parlé dans la savante et très-intéressante description qu il a donnée de cette galerie , et qui fut insérée dans le dernier tome de l'année 1782 du journal de Pise, dément encore plus la dénomination que l'on donne à tant de Thermes pris pour Platon , et qui ne représentent que le Jupiter Terminai i ou le Sommeil. V. pag. 246.

A. V. num. g. Voici le type de la médaille cité à la page 1 5'7 , sur laquelle on lit d'un côté NEPûNOC N1KH , Victoria Neronis , et

de l'autre la figure de la Victoire avec la couronne et la palme \ et les mots NEPûNI AIIOA- AûNI RÏICHT , Neroni Apollini Conditori , il s'agit de la ville d'Apollonie , où probablement cette médaille fut frappée. Il est évident que la figure de Néron Citharède est la même que celle de notre Apollon f pl. XV.

A. VI. num. io. La belle rosace qui est ici représentée sous ce numero a été trouvée a Tivoli dans la Tailla de Cassius. On y voit clairement la grenouille et le lézard , emblèmes , suivant Pline , des architectes de Sparte y Saurus et Batracus. Nous avons, pag. ioo, n. (i), établi quelques difficultés sur les circonstances du récit de Pline au sujet de ces deux artistes ; il est question d'examiner à présent si en trouvant sur cette rosace une abeille , ajoutée aux deux autres animaux , et dans une pierre gravée , rapporté par Passeri , ç Thes. gem. astrif. , pl. CXLVI , on y voit de plus une écrevisse ; si, dis-je, cela n'augmente pas les difficultés élevées sur ces architectes.

A. V. num. n. Cette médaille d'Antonia, le Pieux nous présente l'Apollon Palatin , de Scopas , avec la légende APOLL1NI AVGVSTO. La même figure d'Apollon se trouve avec la légende APOLLO ACTIACVS et APOLLO PALATINVS. Elle est tellement semblable a celle que nous donnons , pl. XXII , que l'on ne peut douter qu'elle ne soit une copie de cette célèbre statue. V. pag, 20 1 et 202.

A. VIL num. 12. La belle statue de Mercure copiée sous ce numero est dans la galerie du palais Farnese. Sa ressemblance parfaite avec celle du fameux Antinous du Belvédère , démontre quel est le véritable sujet que cette statue doit représenter, V. p. 84.

A. Yïll.num. 1 5. Voici une des médailles d'or trouvées à Castronovo , aujourd'hui la Chiaruccia , à peu de distance de Civitavecchia , qui sont rappelées à la page 335. Elle à été frappée pour l'élection de Vitellius faite par l'armée , et le revers fait allusion à cet événement. Le motif pour lequel nous croyons devoir la présenter , c'est l'extrême différence des portraits de Vitellius avec tous ceux qui sont connus : différence qui a du provenir de ce que cette médaille a été frappée à Rome , aussitôt que fut parvenue la nouvelle de son élection , et avant qu'on se fût procuré un portrait ressemblant.

A. VIII. num. \(\. La même observation s'appliquera à cette médaille d'or de Vespasien \ qui fut trouvée avec la précédente , et avec les suivantes. La figure de Vespasien n'offre pas moins de différence avec les portraits les plus authentiques de cet empereur.

A. VIII. num. i5. On a placé ici cette belle médaille d'or de Domitien , trouvée avec les précédentes , parce qu'elle nous offre une idée exacte de l'habillement et des armes des anciens Germains , dans la figure de la Germanie vaincue.

À. IX. num. 16. La Germanie, reconnue dans la médaille n. 1 5 , nous fait voir que cette figure , assise sur des armes , tenant un rameau d'olivier, est la même Germanie pacifiée par les victoires de Trajan , à qui cette médaille appartient, Elle fut trouvée avec les précédentes.

À. IX. num. 17. Cette médaille d'or unique, sur laquelle est d'un côté la tête de l'empereur Adrien, et de l'autre celle de Piotine, sa mère adoptive , est un monument de la reconnaissance de ce prince , qui dut principalement à la faveur de Piotine d'avoir été adopté par Trajan, son époux „ et ensuite porté sur le trône pour lui succéder. Cette fameuse adoption a été entrevue par le savant qui a expliqué les bas-reliefs Capitolins , dans les figures d'un bas-relief sépulcral, lesquelles expriment, peut-être, les cérémonies d'un testament. Mus. Capti. , t. IV, pl. 20.

A. IX. num. 18. Dans les habits des figures» qui forment le revers de cette très-rare médaille d'or de Matidie , trouvée avec les précédentes , on voit quels étaient les habillemens romains , et on peut encore en inférer , que Matidie y est représentée avec ses enfans . sous l'emblème de la Piété.

A. X. num. 19. Le petit temple travaillé en or, que nous offrons, appartient, comme nous l'avons déjà fait observer , à Vénus de Paplios. Les médailles de Septime Sévère avec l'épi-

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