PLANCHE XX VIL
Silène *.
Dans eel agréable bas-relief qui représente Silène s’enveloppant dans une peau de panthère, et chaussé avec des cothurnes (i), ce qui mérite quelque attention, c’est la vivacité qu’exprime la pose, le naturel de l’expression, la facilité et l’élégance que l’on remarque dans le travail du ciseau. Les oreilles humaines font distinguer celui qui nourrit Bacchus, de la troupe des Faunes (2), et les lanières de cuir qu’il tient dans la main droite , fixent les regards curieux de l’observateur. Dans les Lupercales, fêtes du Dieu Pan, on faisait usage de semblables courroies, et dans la licence que permet-
* Hauteur une palme et demie très-justes; largeur plus d’une palme et une once. Le bras droit avec les raisins, et la partie inférieure du bas-relief, sont une restauration moderne.
(1) Çes cothurnes de Bacchus sont semblables à ceux des chasseurs, et différens de ceux qui servaient au théâtre. C’était une espèce de petites bottines en usage parmi ceux qui habitaient la campagne, et qui garantissait les jambes et les pieds beaucoup mieux que ne faisaient des chaussures ordinaires. Virgile aussi en donne de pareilles à Bacchus, Géorg. , liv. Iî , v. 8. Nous en avons parlé dans notre premier tome, p. 1 85 , i85, 260. Dans ce bas-relief il n'y a d’antique que la partie supérieure de cette chaussure; les pieds ont été restaurés.
(2) V. le tome I de cet ouvrage , pi. XLV.
talent ces jeux, on en frappait tous ceux qu’on rencontrait, particulièrement les femmes, qui espéraient que cela les rendrait fécondes (i)* Ainsi Silius Italicus décrit le Dieu d’Arcadie avec un fouet de cette espèce (2):
Dextera lascivité caesae Tegeatica caprae Veliera secta movens ,festo per compita ludo „ Ce fut des Gtecs que les Romains empruntèrent les solemnités des Lupercales qui furent instituées par Evandre (5).
Le rapport qu’a Silène avec Pan et celui de tous deux avec Bacchus , n’a pas besoin de preuves. Le nom même de Faune est une corruption du mot grec Pan (4), et celui de Silène appartenait, selon Pausanias (5), à tous les Satyres ou Faunes qui avaient atteint la vieillesse. On voit sur d’autres monumens Bacchi-
(1) Ovide, Fast.7 liv. 11, v. 44^ €t suiv. j et liv. Y ? v. 101 et suiv.
(2) Silius ïtalicus , de bello Punico , liv. xin, v. 3sg. C’est ainsi que ce passage a été rétabli par Nicolas Heinsius dans ses notes sur les fastes d’Ovide, liv. V? v. 101 et suiv. D’autres au lieu de veliera secta lisent verbera foeta.
(3) Denis d’Halycarnasse , liv. I; Ovide, lieux cités. (4/ Vossius , Etymologicon , v. Faustus . Ovide, Fast . II,