‹ Musée Pie-Clémentin (volume 4)Chapitre 19 sur 41 · PLANCHE XXVIII · texte numérisé non relu

PLANCHE XXVIII

Silène ivre soutenu par des Faunes * *.

Le petit tableau en bas-relief, dont nous voyons le dessin dans cette gravure , nous offre un groupe, dont la composition est si heureuse, l’expression si vraie, dont toutes les parties sont si belles, qu’on peut le regarder comme un des plus excellens morceaux de ce genre qui ait été produit pai* la sculpture. Le caractère joyeux du sujet , la caricature de quelques formes, sont combinés tellement avec esprit et cette noblesse d’idée , qui animait les productions de l’art chez les anciens , qu’on ne peut rien trouver qui puisse en cela être comparé à ce morceau, et peut-être même lui être supérieur.

Il est évident que cet homme qui semble

(i) Musée Capitolin, tome IV, pi. XLIX et LX. Pas* seri, Picturae Etruscorum in vasculis , pi. CCXXII.

* Largeur deux palmes moins deux onces ; la hauteur n’excède la longueur que d’une demi-once. Il est très-bien conservé , et appartînt jadis au sculpteur Barthelemi Cavaceppi qui l’a publié parmi ses Statues , etc.P tom. II , 5^. Il appartenait avant à la famille Barberini.

se mouvoir tout en désordre , quoique soutenu 9

» . . titubantes ebrtus artus (i), est facilement reconnu pour Silène à sa physionomie , à sa tête chauve , à son maintien ÿ à son habillement champêtre et négligé. 11 avance, en chancellant, ses pieds chaussés de cothurnes (2), et le corps penché en avant, il s’abandonne de tout son poids sur les bras d’un jeune Faune, que l’on voit par le dos, qui a. une petite queue j enfin il élève la main droite en signe d’acclamation et pour accompagner par ce geste les cris d yÈvoé (3). Le thyrse, sur

(1) Ovide, Métam . , IV, v. 26. Sur les caractères et les traits qui distinguent Silène, voyez la pi. XLVI de notre I tome.

(2) Il a été question de ces cothurnes à propos de la planche précédente.

(3) SpanhémiuS , dans ses savantes observations sur Callimaque , a remarqué au 258 vers de l’Hymne in Delum , et il a prouvé par le témoignage d’une grande médaille du roi de France, que le geste de soulever une seule main accompagnait, selon le rit prescrit, ces acclamations qui eurent le nom de oÀoXvyal ou de cris joyeux , que l’on proférait dans les solemnités des Payens ; une de ces acclamations était absolument particulière aux Bacchanales, c’était le fameux Evoe p *ILvÔÏ, Dans ma Dissertation sur les bas-reliefs exi$tans encore à Athènes dans le Parthenorij et que l’on imprime a présent à Londres, dans Y Archaeographia TV orsleyana , j’ai expliqué un geste semblable, que l’on voit à quelques figures qui représentent les supplications dans les Panathénées } et j’ai aussi cité l’exemple de quelques

lequel il devait se soutenir, n’est plus eutfe ses mains , mais il est retombé sur son épaule $ et augmente l’embarras de sa situation ; pendant ce temps , un autre petit Faune qui le suit, que l’on voit en profil, essaye à le déharasser des replis de ses vêtemens en désordre , et qui sont près de le faire tomber. Cet habillement consiste en une tunique, manuleata ( %£ipicÎ0TOç dans laquelle il n’a passé que le bras droit, et un petit manteau qui est relevé sur son bras gauche. Le thyrse , qu’il a laissé échapper de sa main droite, s’est accroché dans les plis de sa tunique et la relève : ainsi se forme par une invention pleine d’art et de beauté le groupe pyramidal. L’outre désenflée et presque vide qui descend, ayant son embouchure renversée (i), de l’épaule gauche du

figures sacrifiant à Homère, dans le bas-relief Colonnesc de sa Déification , que j’ai publie' dans le tome I de cet ouvrage, pi. By toutes ces figures ont la main droite seule élevée ey ôûoûvÇeiV , in acclamando. Ou voit représentés avec le même geste, les trois Priapes ou Pans de bronze, qui supportent un très-beau trépied du Musée Portici , dont on peut voir le dessin dans le Recueil de Caylus, tome III, pi. XXXVIII, n. 2. Le mouvement propre à la prière et à l’adoration est celui d'élever les deux mains vers le ciel. Voyez tome II de cet ouvrage, pî. XLVII.

(1) L’embouchure de l’outre qui se faisait ordinairement avec le cuir même, au moyen d’une ligature , a peu de distance du bord, fut appelée par les Grecs pied ou petit pied de l’outre: ?A <TKQV ïïovç } ’ Avmov

second Faune sert encore à mieux caractériser la représentation, et à indiquer clairement la cause de tant de désordre.

PLANCHE XXIX et XXIX,

Bacchanale V

Les bas-reliefs qui sont sculptés autour de ce grand bassin , d’une belle forme , en marbre

vroSeav, Euripide, Medea , v. 679; Pollux , II, 196$ Hérodote, in Euterpe , ch. 121, et in Urania, ch. 3i. Le dernier compare cette embouchure à une langue de terre à l'extrémité d'une contrée; et l'oracle de Delphes voulut donner une signification toute différente par ces termes , en formant une expression énigmatique d’un objet obscène (Euripide, 1. c., et au même le scoliaste), quand il ordonna à Egée de ne pas dénouer le pied de Vautre avant de retourner dans sa patrie , l’avertissant de cette manière qu'il se gardât avant ce temps d’avoir des enfans.

* On l'a trouvé en 1777 dans les fondemens de la sacristie du Vatican, construite par ordre du Pontife régnant, tl fut restauré et placé ensuite dans le Musée. On trouva dedans deux squelettes qu’on y avait déposé , à ce qu’il paraît , quand l’usage des tombeaux s’introduisit dans les cimetières chrétiens. Ses dimensions sont: hauteur, quatre palmes, deux tiers; de longueur onze palmes et demie sur le grand diamètre; en travers cinq palmes , un tiers. On parle de cette découverte dans l’ouvrage plein d’érudition de l’abbé Cancellieri , de Secretante , etc.} Basilicae V aticanae , toni. Ili , p. i44^> où se trouve aussi le dessin du monument. Nous le présentons dans deux gravures , pour faire voir les figures des flancs.

grec, qui fut découvert sous- terre, en faisant les fondemens du somptueux bâtiment de Ja sacristie du Yatican, nous présentent en mêmetemps des sujets agréables et gais, et des charmes dans l’invention qui a été exécutée avec un travail soigné et hardi tout ensemble. Le sujet des Bacchanales répété sur tant d’urnes sépulcrales ou de tombeaux en marbre , se présente ici plus convenablement employé à décorer un de ces grands vaisseaux que les Romains appelaient lacus et aussi labra , que les Grecs nommaient A et qui servaient aux vendanges (i). Le bord supérieur, orné de beaux oves, qui semble l’avoir terminé sans qu’il eût de couvercle, les deux têtes de lion qui servent à embellir les deux trous par où de-

(1) Deux bas-reliefs du Musée Mattéi nous offrent la vue du foulage des raisins dans des cuves pareilles ( Monum . Matth. , tom. Ili, pi. XLV, 2, et XLVI ). La cuve de la pl, XLV est ornée de têtes de lion par où coule le vin , au-dessous sont placés des vases propres à le recevoir. Properce les appelle Lacus r et Virgile labra (Géorg.j II, v. 6), quoique par labra on désigne spécialement les cuves qui servent pour les bains. Ceci démontre que les cuves propres aux bains n’étaient pas' différentes de celles qui servaient aux vendanges 5 circonstance qui étant réunie avec les exemples cités, rend mon opinion plus probable, savoir que celle-ci fut primitivement destinée pour fouler les raisins k la campagne. D’ailleurs, les têtes de lion ayant des trous qui leur correspondent, sont cependant ordinaires aux baignoires.

Y ait découler la liqueur exprimée des grappes, sa forme même qui est éliplique , sa capacité très-vaste et profonde , semblent F appliquer à un usage champêtre et Bacchique, plutôt qu’à un monument sépulcral (i), et il doit donner

(i) L’e'vidence peut résulter de la totalité de ces diverses particularités, dont la plus signifiante est celle-ci, savoir: que les urnes qui ont un couvercle ne sont pas si riches d’ornemens et de sculptures sur leur bord: et celles qui servirent de sarcophages avaient certainement un couvercle. Au reste nous voyons aussi des vases sépulcraux assez grands et de figure ovale sur lesquels sont sculptées des têtes de lions; en un mot, semblables en tout et par tout aux cuves des bains et à celles de la vendange. Cette ressemblance provenait des efforts qu’avaient fait les Payens, et particulièrement les Grecs et les Latins, pour ôter à la mort tout ce qu’elle présente d’horrible, et par cette raison pour employer à des usages funèbres des objets qui paraissaient au contraire plus convenables à faire naître des idées gaies et voluptueuses. C’est pour cela que la cuvette Bacchique du palais Altemps, quoique avec la forme d’un vase à fouler les raisins, comme la nôtre, a été néanmoins construite expressément pour en faire une urne sépulcrale , comme on peut le présumer de ce que le visage de l’Ariane est resté imparfait et grossier, afin qu’on put y sculpter en place le portrait d’une défunte: c’est pourquoi on employa les têtes de lions, qui se plaçaient sur les baignoires, pour orner la façade des sarcophages: par la même raison aussi plusieurs vases cinéraires ont la forme de cratère , comme celui que l’on admire au palais Chigi, dont nous avons déjà parlé; d’autres ont la forme d 'Onici, ou des vases renfermant des parfums précieux, comme le fameux vase de la maison Barberini içité par de la Chausse dans le Musée Pvomain, et qui fut

une idée du luxe qui existait dans des Liens de campagne et dans les maisons de plaisance des anciens , qui rivalisaient avec les édifices les plus magnifiques des villes (i).

Les dix grandes figures représentent cinq Faunes et cinq Bacchans qui forment ensemble cette danse désordonnée , et qui annonce l’ivresse , propre aux Satyres, aux Silènes, et connue des Grecs sous le nom de Cordctæ (2}.

Les attitudes de ces danseurs sont si variées, si élégantes, et forment un contraste si agréable, que nous pouvons y reconnaître avec certitude une copie des imitations de quelques originaux perdus pour nous, et qui jouirent autrefois d’une grande célébrité. Les cinq Faunes ont les cheveux crépus, des cornes à peine naissantes et de petites queues (5). Deux glan-

trouvé dans un tombeau ( Musée Capitolin , tom. IV, pi. I, p. 4°i et suiv»). Celte façon de penser était propre aux Grecs depuis les temps héroïques ; car nous apprenons de Lycophron , v. 273, et plus clairement par Homère et par son scoliaste (II. *'îr? v. 92), que Y amphora d’or qui fut donnée d’abord par Vulcain à Bacchus et par celui-ci à Thétis, servit enfin à renfermer les cendres d’Achille.

(1) Juvénal, Sat. XIV, v. 87 et suiv.

(2) Voyez dans Meursius , Orchestra , v. K opSa^ les passages des anciens écrivains qui parlent de la C'ordax comme d’une danse particulière aux Bacchantes et aux gens ivres, et une des plus indécentes et des plus irrégulières qui fût en usage.

(3) C’est de cette manière que sont représentés par

dules prolongées sont suspendues à leurs mâchoires , et c’est une idée qui tient à leur nature, laquelle participe de la chèvre ; oo les voit fréquemment dans les ligures des Faunés (i). La position de l’une de ces figures placée à la droite du spectateur, est la même que nous voyons dans une très-jolie petite sta-* lue en bronze d’Herculanum (2). Les autres néanmoins ne lui codent point en beauté pour le mouvement ni pour le naturel qu’a sa position. Elles ont toutes les cinq la tête couronnée de feuilles de pin ('>), mêlées avec les petits fruits en cône qui les distinguent. Cet arbre était agréable à Pan le chef des Satyres et des Faunés y on l’introduisit ensuite dans les cérémonies de Bacchus , et on s’en servit également pour faire ses couronnes, comme de la

Lucien les suivans de Bacchus dansant la Cordax ( Lucien in Baccho) ; ‘O/L/ÿyç dè rivaç âypoixyç feavicwyç b eh ai yv^vovç , rôpdaxa ôpftpévvç , ovpàç e^ovraç kepd&Taç , 01a roïç apri yeWT^elffiv èpltpoiç vjro<pverai: « H y avait parmi eux quelques jeunes paysans « nus qui dansaient la Cordax 5 ils avaient des cornes « et des petites queues , pareilles à celles que l’on « aperçoit à peine aux petits chevreaux. »

(0 Coluraeîia, VU, 6, les appelle V erruculae , Hyppocrate 'Larvpiao' piol , aph. XXVI, 5, et Epidem. VI, 5. V. les notes de la pi. V du tome II des Bronzes d’ Herculanum.

pi) Bronzes d’Hercuiamim , tom. II , pî. XXXIX et XL.

(5) Pline, XVI, 38.

Musée Pie-Clém. Vol. IV. i5

'vigne et du lierre. On vit dans la pompe Bae* chique de Philadelphe cinq cent jeunes filles dont la chevelure était ornée de couronnes d’or, imitant les feuilles du pin (i). Les dépouilles d’animaux dont ees Faunes sont couverts, ne sont pas des nébrides , mais des pardalides , ou peaux de panthères et de tigres. Leurs thyrses ne sont pas comme ceux de leurs compagnes entièrement couverts de lierre, mais ou voit paraître à l’extrémité le fer de la lance nu, comme il nous est indiqué dans les guerres de Binde (2) par Bacchus, et d’où ils prirent leur nom, si je ne me trompe, de Svptro- Tioyftoi (3). Les flûtes doubles , les hâtons de berger , les praefericula , les tambourins sont tous les autres attributs assez; connus, qui sont communs aux cinq figures.

Quatre des Bacchantes s’élancent sur la pointe des pieds ? cpmme exécutant une danse animée

(0 Athénée 7 liv. V ? ch, 7. Arcadio pinus amata Deo y dit Pyqperçe ? liv. I, El. XVIll , v. 20.

(2) Les baççhantes sont dépeintes par Lucien dans l’ouvrage çi|é ; ht xov Svpaav âwpôv â'jzoyvpvovmi VÒP mdfipovi montrant le fer qui termine leurs thyrses. Quoique dans notre bas-relief la plupart des thyrses soient restaurés , il y en a cependant plus d’un qui est antique , et les autres ont été rétablis à leur imitation. La pointe inférieure que Ton aperçoit à plusieurs thyrses est moderne.

(5) Athénée les nomme ^insi la même pompe

bacchique, liv. V; ch, 7.

et vive qui se fait encore plus sentir dans quelques-unes par la tête renversée en arrière f et par l’agitation de leurs vêtemens. La première accompagne la danse avec ses cimbales, la troisième avec son petit tambour, et la seconde avec un mouvement gracieux, élève seulement les bords d’un petit manteau, qui forme l’arc derrière son dos. La tunique spartiate de la troisième, sans couture sur les flancs, se groupant d’un côté , par la violence de ses sauts , la laisse presque entièrement nue du reste du corps, d’une façon tout-à-fait bizarre. La quatrième semble exécuter cette danse qu’on appelait Cernophoros (i), soutenant le van mystique (2) dans sa main gauche, et dans lequel parait un phallum voilé (5). La dernière figure qui sem-

(1) Pollux en parle, et raconte qu’en dansant on tenait un van, IV , § io3.

(2) Le van , Mjrstica vannus lacchi ( Virgile , Georg. ï, V. 166) était un des objets les plus célèbres dans les pompes et dans les mystères Bacchiques. De-là le Dieu en reçut le surnom de AlhvIt^Ç , Licniies. Le van , lui avait servi de berceau, suivant l’usage très-ancien, qui a été fort bien expliqué par Winckelmann , Monum. inèd.9 num. 53.

(3) Hérodote nous apprend que ce symbole était propre aux mystères de Baechus {Euterpe , chap. XLIX). On plaçait sur le van mystique, à l’exemple d’Isis , qui avait rassemblé dessus les membres épars d’Osiris ( Servius , dans Virgile, Georg. I, v. 166 ) la représentation , faite en bois, des parties du corps qu’on n’avait pu retrouver. Voyeg Meursius .( Bionj'sia ) et le tome II des

ble la Coryphée du thyase , est, peut-être, ia Nisa nourrice de Bacclms, dont le simulacre colossal , qui se mouvait de lui-même , par le moyen de machines sécrétés, paraissait dans la pompe d* Alexandrie- sur un char, dans la même attitude que nous lui voyons ici, J1 sVlevait debout, répandant le lait que contenait la phioîe qu’il tenait dans sa main droite , et de temps en temps il s’asseyait (i). Il y a cette différence, que notre ligure, au lieu d’un thyrse, a un grand flambeau dans la main gauche, ce qui convenait également dans les fêtes de Bacehus çt dans celles de Gérés (2),

Bronzes d’Herculanum , pi. XCIV , (9). Le van antique avait un opté ouvert, et un rebord contourné qui allait en croissant peu à peu, et s’élevant de côsé opposé: il n’était pas rond comme l’a cru Passeri, lequel a donné le nom de vans à de petits tambours ( Picturae Eirusc . in vasculìs , pi. XIII et XLYII).Dans les peintures antiques publiées par Bellori on voit un initié, sur la tête duquel deux Bacchantes soutiennent le van ( Put. ant. crjrptamm R0111. , pi. XII ). La partie en relief qui paraît au milieu du van, est, comme dans notre monument, un phallus x oilé.

(1) Athénée, liv. Y, çhap. YIÏ, ajoute qu’aux quatre angles du char sur lequel on traînait le simulacre de Nisa , on avait attaché quatre grands flambeaux dorés.

(2) Sur les flambeaux qui étaient particulièrement c onsacrés à Bacclms et aux Bacchantes, voyez ce qui en a été dit à la -pi, XXI de ce volume. Ce Dieu nous est dépeint avec un flambeau de pin dans le premier chœur des Bacchantes d’Euripide ( v. i45)«

'O Raxftsvç iï’ é^ov

Il vpaàdp (pùóya itévxaç.

« Alors Bacclms agite ]a flamme de sa torche de pin.»

Les crâlies de chèvre qui sont sculptés sur îe terrain font allusion aux sacrifices qu’on célébrait pendant les vendanges ; les Génies à cheval sur les panthères^ sont les Génies dé Bacchus * et les deux grandes têtes de lion nous indiquent les rapports que cet animal avait dans lès fêtes Dionysiaques: après avoir été consacré à la mère des Dieux , on l'introduisit dans les solemnités de Bacchus qui se confondirent avec celles de Cjbèle (s), et cela nous explique cette fureur dont étaient animées les Ménades* qui les rendait plus fortes que les bêtes féroces ; par ce motif on les fait se vanter dans une épigramme grecque , de retourner de la chasse avec les têtes des lions qu’elles ont tués (2).

(1) Euripide, Bacchae > v. 120 et suiv. , et dans la inême tragédie, les Bacchantes excitent leur Eieü à prendre la forme d’un taureau où du serpent ou d’un lion, pour les venger de Pentliée ( v. ioi5):

tàvpoç , ÿ tioùvxpavoç y* idèi®

A pdjcoVj iïvptfpùéyav

4 O pàoSou Tleqv.

« Allons, prerts la forme d’un taùreaü , on du dragon a à plusietirs têtes , ou celle du lion enflammé de colère^ « et d’un aspect épouvantable. »

Pollux , IV, io4, nous apprend que Fon dormale nom de lion à une danse fort animée et effrayante.

(2) Anthologiae Ep. Gr . , liv. VI , ch. V , ép. 2 , v. 3*

Ho psya ÀsoVTOfpâvoiç erti vixaiç

H aiyviov drÀ^TV âfy poç syvfïa, xdpa,.

ff Cette Bacchante qui se vanta jadis d’avoir y#ué

Page 1