ET • MERITO
nous offre tous les symboles dont la supersti-* tion des anciens chargea cette divinité incon-
DILECTISSIMAE L. TVRCIYS • SECYNDYS ÀSTERIYS • Y. C. EX • AERE STATYAM • DEDIT
à la seconde on lit vers le haut ASTERII ; mot qui selon l'usage indiquait celui qui était représenté dans la statue, à ceux qui ne voulaient pas lire la longue épigraphe qui était e'crite sur le fût de la base, comme la suivante:
L< TYRCIO • SECYNDO • C - V {durissimo viro. FILIO L - TYRCI • APRONTANI • O M • Y ( clarissi- CONSYLÏ r PRAETORl j QYAESTORI \maeme- GOMITI ; AYGYSTORYM • CORRECTORI morïac PICENI • ET • FLAMINIAE • ELOQYENTlAj viro IYTSTITIA • INTEGRITATE • AYCTORITATE PRAESTANTI • IN • OMNI • DENIQVE VIRTVTE • PERFECTO • ORDO SPLENDIDISSIMVS • AMITERNIANAE CIYITATIS • OB • INSIGNEM • ERGA • SE AMOREM • PATRONO • DIGNISSIMO STATYAM • EX • AERE POST • ADMINISTRATIONEM AD • PERPETYI • NOMINIS GLORIAM • DEDIT
Il est assez remarquable dans cette inscription dé voir que la ville d'Amiterne eût élevé une statue dans Rome à Asterius 7 sans la permission du sénat ou du prince : peut être que le crédit d'Astérius dispensait de toute formalité les habitans d'Amiterne; appelés ici Amiteriiiens. La pierre est d'un volume que Ton ne peut supposer avoir été transporté de si loin. Par derrière est une autre inscription plus antique ; pour laquelle cette base avait été faite 7 et qui fut ensuite retournée
ime de leurs théologiens du temps d'Homère et d'Hésiode. Plusieurs savans qui se sont livrés
pour servir à la statue d'Astérius , selon l'usage qu'on avait alors d'employer des de'pouiiles de quelques autres monumens. Yoici cette dernière inscription :
DUS • PROPITlS CLAVDIA • TI • F ■ Q VINTA C. IVLIO • HYMETO AEDITVO DIANAE • PLANCIANAE PEDAGOGO • SVO • KAI
KAGHrHTH • ITEM TVTORI • A • PVPILLATV OB • REDDITAM • SIBI AB • EO • FIDELISSIME TVTELAM • ET • C. IVLIO EPITYNCHANO • FRATRI EIVS • ET • IVLIAE • SPORIDI MAMMAE • SVAE • F LIB • LIBERTABVSQ • POSTER • EOR
Cette Diane Planciana était celle dont on voyait une petite chapelle dans la maison, ou près de la maison des Plancii. On voit l'image de cette Diane sur les médailles frappées à Rome par la famille Plancia 7 lorsque quelques personnes de cette famille présidaient a la monnoie. Quelques auteurs l'ont interprétée pour la Macédoine. Le titre de K AOHrHTHS , équivaut à précepteur; ainsi Strabon pour dire qu'Athenodore le Stoicien fut le précepteur de César, employé les mots Kaiffapoç Tta^Ti" yriffaTO ( liv. XV ). Il y a ici une distinction du titre de pédagogue, qui signifie gouverneur ou instituteur, plutôt que maître, comme l'a prouvé Martorelli ( Th. cal.7 liy. I; ch. 7, n. 16 ), ce que confirme notre iu-
aux recherches sur l'antiquité , ont attribué à cet égard le silence des pères de la mythologie, à des idées plus justes que celles que Ton eut dans des temps postérieurs ; savoir qu'ils ne considérèrent pas d'autre Fortune , que la volonté et les ordres de Jupiter. Quant à moi je pense que ces écrivains ont fait à ces deux poètes honneur d'une philosophie, à laquelle ils n'avoient jamais songé. Hésiode attribue aux Parques Moïpat , Moerae , toutes les fonctions que les philologues après lui faisaient remplir par la Fortune ïïpÉfi , Tyche (i). Et ce Destin, dans Homère supérieur à la puissance de Jupiter , ne s'accorde pas trop avec le système que lui supposaient les érudits en
scription. On observera que le mot est écrit en grec ; pour ne pas gâter par un hellénisme la pureté de l'inscription. Ainsi nous devons d'autant plus admettre le mot pupillatus ; pupillarité; qui ne se trouve pas dans les dictionnaires.
(i) Théogonie ? v. '218 ; dit des Parques: 'Ai te Bporoio'i
Veivo^iévoun diiïovmv e^eiv âfaSov re nanòv te.
» Elles destinent aux mortels dès leur berceau la som- » me des biens et des maux. »
Ce fut ensuite l'office de la Fortune 7 dont le nom Té y y est un substantif de Tvy^óbVQ , survenir , arriver» Ce substantif fut ensuite personnifié ou par les poètes , ou par le vulgaire , et ensuite divinisé. Pindare croit que la Fortune est une des Parques : Pausan. ; Achaicâ
y il . 26.
question. Il paraît plutôt que son Destin est peu différent de cette Nécessité 'Kvâym? , Anance, au moyen de laquelle les philosophes payens limitèrent la puissance de leurs dieux, et par laquelle ils se persuadaient qu'ils avaient expliqué l'origine du mal ; Nécessité , que les poëtes des âges suivans n'ont pas su distinguer de la Fortune (i).
Quoiqu'il en soit , l'empire de la vie et de la mort ayant été réservé aux Parques, toutes les vicissitudes humaines furent soumises à la volonté de la Fortune. C'est pour cela que dans quelques inscriptions elle est nommée avant Jupiter (2)3 c'est pour ce motif que son simulacre à Préneste soutenait sur ses bras le roi et la reine des dieux sous la forme de deux enfans (3). Le timon et le globe , simy boïes du gouvernement , indiquent son empire. La roue , qui est aussi un de ses attributs connu comme les précédents, nous rappelle que
Le sue permutazion non hanno tregue (4)-
» Ses vicissitudes n'ont pas de relâche. )>
La corne d'abondance qu'elle tient de la main gauche nous donne l'idée de tous les biens i dont à sa moindre volonté elle rend heureux
(1) Orac^ Carm. , liv. I, ode XXXV, dit à la Fortune :
Te semper antek saeva nécessitas.
(2) Gruter., LXXIII, 9.
(5) Cicer. , de Divinai., II, 4*« (4) Dante, Inferno, VII, 88,
les peuples , les villes et les familles. Bupalus a été le premier qui ait donné cet attribut à îa Fortune dans sa figure de Smyrne (1)5 d'autres avant lui plaçaient sur ses bras Plutus enfant (2).
Bupalus orna cette figure encore d'un autre symbole , le polus qu'il plaça sur sa tête (3), Quelques-uns se contentent d'entendre par cette parole le ciel , sans s'embarasser de savoir quelle était sa forme , et de quelle manière elle reposait sur la tête de la Fortune (4).
(1) Pausan. , Messenica , ou liv. IV, ch. 5o.
(2) Pausan., Boeot. 7 liv. IX, ch. 16 , où il raconte que Cephisodore avait a Athènes placé sur le bras de la statue de la Paix le même Plutus , dieu des richesses, par un semblable motif. Par ce passage on doit corriger celui du liv. ï, dans lequel on lit, ch. 8, que la statue de la Paix placée à Athènes portait sur son bras Pluton. Au lieu de Pluton il faut rétablir à sa place Plutus.
(3) Pausan., Messeri., IV, ch. 5o. hovjvaÀoç iïè . . « *L{ivpmioiç âyaTi^a êpyaÇôfjievoç Tvfflç 5 uporog èftoiri<7EV i)V tò(iev xóTiov re è^vauv siti ièèïpa%f}f Mai ri? èrèpa %sipi rò HaXovfjievov 'A[iaÀSeiaç uépaç vito 'ILùXriVQP. Qvtoç /uuèv î%\ ToaovrQ è^Xoas trie, Seov ta, epya. « Bupalus qui sculpta pour les ha- » bitans de Smyrne la statue de la Fortune ? le premier » de tous ceux que nous connaissons, la fit avec le polus » sur la tête , et avec la corne 7 que les Grecs appellent » corne d'Amalthée , dans la main gauche. Dans tout » cela il exprima les fonctions de cette déesse. »
(4) Buonarroti ? Osservazioni sopra alcuni medaglioni. Il faut mettre ceux qui ont expliqué les bronzes d'Herculanum, ( t. V des Antiquités des bronzes, p. ^63? n. 54 ) au nombre des écrivains qui ont entendu par polus le cieh
D'autres expliquent ce polus en disant que c'était le modium ou le calatus , ornement habituel de beaucoup de divinités (i). Pour moi je crois que de telles significations ne conviennent point au mot itòXoQ. Cette parole ne nous donne chez les écrivains d'autre idée r que celle d'un objet concave ; ce qui donna lieu à lui faire indiquer le ciel, que les anciens se figuraient solide et concave (2), ou le crâne de l'homme , et même l'horloge solaire (3), qui était formée par la surface concave d'un segment de sphère , et qu'à cause de cela Poilux a comparée à une coupe ou à une conque. Comment-donc pourrait-on appliquer cette définition à un corps qui ressemble plutôt à un cône tronqué ou à un cilindre ? Et s'il est possible d'admettre raisonnablement la valeur de cette parole tcóIoq, pourquoi les anciens ne l'ont-ils pas employée pour indiquer le calatus
(1) V. les notes du savant abbé Fea; liv. IX, ch. 3 § 5, de YHst. des arts de Winckelmann.
(2) Varron , de L. L. , liv. IV , où il le prouve par deux passages d'Ennius , dans l'un desquels le poëte compare le ciel à un bouclier.
(3) Pollux ; Onomast. 7 liv. II , sect. 38 et 99 > il paraît que comme <jto?LOÇ est encore une partie de la tête, il ne faut pas changer le passage d'Hésichius, v. ttÔÙoç, où il y a TOiroç 9eopv(ptfç en tvïïoç 9COpV(ptfç , comme quelques-uns prétendent, et entre autres Winckelmann, Stona delle arti, liv. IX ; ch. 3, § 5, où il donne l'explication de polus par le mot nimbe, et il fut k ce sujet fort-à-propos critique' par l'éditeur romain.
de Diane cTEpIicse , celui de Sérapis, celui de la Diane Pergea, et de beaucoup d'autres qui, semblables au modium de la Fortune , s'élevaient sur la tête de tant de divinités ? Je ne crois pas devoir m'éloigner du sens le plus naturel et le plus certain de ce mot , lorsque je vois que les monumens ne s'y opposent pas. J'entends par %oko<;% polus , une espèce de casque, ou bonnet , tel que je les ai remarqués sur beaucoup d'images de la Fortune (i). On le voit a la nôtre : les simulacres de la Fortune d'Antium en sont couvertes. Il paraît dans d'autres figures, un casque (2) semblable presque à un bonnet phrygien (3). Voila donc quelle espèce de calotte couvrait la tête de la Fortune de Smyrne , et qui indiquait, peut-être, l'obscurité de ses résolutions (4) ou celle de
(1) C'est ainsi que sont dans le Musée de Stosch les pierres n. 1818 et 1820, et une autre pierre du Musée de la Chausse.
(2) Morelli^ Num. famìl. Rustia, , n. 2. Des Fortunes d'Antium gravées sur le revers des médailles de la famille Rustia ; une seule a le casque sur la tête, sans cimier gevvq d(paùoç. C'était peut-être un pareil qu'avait, la Minerve d'Eritrèe, Paus., Jch.y YIl, 5 , et la Vénus de Corin the , idem II, 105 toutes deux sont décrites ayant le polus. On voyait de même la Vénus armée à Corinthe et à Sparte, idem II ; 4; et M*
(3) De la Chausse, Muséum Rnmanum, pl. XXI.
(4) Ceci cache sans doute un sens allégorique, puisque Pausanias nous dit edr{kQ(ïe rtfç Seov rà epya , « que î> Rnpalus indiqua ainsi les œuvres do celle déesse , ou
son origine (i), ou pour imiter les anciens simulacres que Ton adorait à Antium , qui ne
» sa façon d'agir. » Peut-être voulut-il nous la montrer comme dit Dante, Inferno, VIII:
. . • . Io gïudicio di costei, Che è occulto , coin in erba V angue» «Ses dessins sont cachés çomrae le serpent sous l'herbe. * (i) L'obscurité de son origine fit donner à la Fortune Prénestine le nom de Primigenia , comme si Ton eut reconnu que le commencement de l'univers était dû à une certaine fatalité. Cette dénomination était tellement particulière à la Fortune de Préneste 7 que les inscriptions la portent toujours. Une d'elles, écrite sur deux côtés d'une petite base , est fort-curieuse : d'une part
PRO SALVTE C • CAESARIS AVG
GERM ( Germanici
ET REDITV de l'autre part
F • P • PR ( Fortunae Primigeniae Prenne-* THESIS ( stinae
Q • COSIDIVS TERTIVS D D
Il semblerait que le mot THESIS est ici placé pour exprimer que le donarium , l'offrande, dont l'image devait être élevée sur cette base, se déposait dans ce temple avant d'en avoir obtenu la faveur ; pour la laisser lorsqu'elle serait accordée, ou la retirer si elle était refusée. Dans ce sens 0ESIS était un mot du barreau Attique ? synonime de uapaxaTafiuÀi? , comme l'indique Aristophane in Nub. , ce que prouve encore Suidas au mot Séaiç, etHesichius à celui de vtpvravéîa e Karafì 'o/I?? > qui signifie le dépôt, qui se faisait entre les mains du juge , d'une espèce de monnoie que Ton perdait en per-
Musée Pie^Clém. Vol. IL 7
différent pas des autres qu'on avait consacrée dans les sanctuaires grecs-italiques. Cet apeac'Çi) , si nous voulons l'appeler ainsi , devenu un symbole particulier de la Fortune , nous donnera une explication de ces expressions d'Horace (?) :
dant sa cause. Cela même? comme l'observe Budée, Comment. G. L. , p. 9, désignait l'argent dépose'. Ciceron a dit la même chose dans cette phrase sponsione lacessere. Cette application des formules judiciaires aux votives ne doit pas paraître extraordinaire , puisque la phrase voti damnatus 7 parfaitement analogue à la nôtre , était ordinairement adoptée. Une pierre gravée du Musée Borgia à Yelletri offre la parole , ou plutôt les lettres ©ECl gravées autour d'une Isis assise sur une corbeille mistique, et tenant dans sa main un sistre. Quoique celte pierre ait été trouvée à Alexandrie, le travail n'est pas cependant dans le style égyptien. Elle me paraît un mé~ lange de religion grecque et égyptienne. Isis est assise sur une corbeille mistique , comme étant la déesse des mystères appelés Tesrnophories, que l'on croit avoir été apportés de l'Egypte dans la Grèce ; et institués par Isis , que les Grecs, et particulièrement Hérodote, ont traduit par le mot Cérès. Y. son Euterpe. Quand même ces lettres n'eussent pas appartenu à un nom propre , comme cela me paraît possible, on pourrait les expliquer ainsi QJLG{iO<fîôpoç YffLÇ , Isis Tesmophorée. Le savant monseigneur Borgia a eu la complaisance de me donner une empreinte de cette pierre rare, qu'il possède dans son Musée à Velletri, lequel contient beaucoup de monumens très-curieux en tout genre.
(1) L'apex des Flamines et des Pontifes était aussi mie espèce de calotte.
(2) Horace, Carm. I, 34v
hinc apicem rapace
Fortuna cwn stridore acuto Sustulit , hic po suisse gaudet.
Expressions \ lesquelles sans cela ne nous offrent qu'une image assez froide et indéterminée , qui n'est pas digne de ce poëte lyrique , le premier entre tous ceux que l'antiquité nous a fait connaître.
Enfin notre figure a l'ornement ordinaire appelé calatus , cependant d'une forme peu ordinaire, qui ressemble à des tours, dont on voit en effet, sur plusieurs monumens, la Fortune couronnée , et qui lui a obtenu de Pindare le titre magnifique de (pepé^ro/iiç , pherepolis , qui porte ou soutient des cités (i).
Observations de l'auteur, publiées dans le tome VII de l'édition de Home.
J'ai proposé à la page g5 , note (2) , une nouvelle explication du polus , ornement que
(1) Pausan., IV, 5o. Mais comme il joint cette épithèle donne'e par Pindare à la Fortune , a tout ce que précédemment il a racconté du polus que Bupalus avait placé sur la té te de la statue , j'ai conjecturé que Ton ne devait pas lire (pepértoÀoç , pherepolos* Qui porte le polus y ou bien qu'avant on devait lire %okov au lieu de izoXiy ? c'est-à-dire que Bupalus avait représenté la Fortune avec une ville sur la tête , ou couronnée de tours, comme nous la voyons souvent. En comparant les manuscrits, on pourrait lever toute espèce de doute làdessus.
ICO
l'on trouve sur la tête de plusieurs divinités. J'ai dit que le mot grec vcoÀoç devait signifier une chose ronde creuse. Cette définition aujourd'hui ne me semble pas exacte ; le mot vrôûoç vient du verbe srota'tf, qui signifie <verto, tourner ; et est ainsi l'équivalent du mot latin vertex , et peut admettre toutes les significations de cette parole latine. Il est donc possible quelle désignât quelquefois , comme il me l'a paru, un sommet, vertex, relevé dans la forme du modium^ du calatus ou d'une tour ; et si l'on ne trouve pas le polus nommé dans la description des simulacres qui portent le modium ou le calatus , comme, par exemple, la Junon de Samos , la Diane Pergée et d'autres , cela peut provenir de ce que l'on ne voit dans les écrivains anciens aucune description de ces simulacres.
A la page 97, note (1), j'ai expliqué le mot THESIS qui se trouve dans une inscription latine , comme si elle exprimait un voeu avec anathema. Le mot noùv0e<rTe que l'on trouve dans l'hymne de Callimaque à Cérès , V. et qui indique un fils très-desiré , ou
obtenu par les parens à force d'offrandes faites aux Dieux , semble confirmer l'interprétation proposée.
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