PLANCHE X
Les Nymphes et d'autres Divinités champêtres, bas-relief.
Ce marbre qui intéresse rhomme érudit, et dont l'inscription était déjà connue (i), fut publié la première fois par Spon(3); mais Fabretti, en le publiant de nouveau, l'expliqua savam« ment (5)« Le défunt abbé Amaduzzi y ajouta de nos jours d'autres observations (4) » mais le monument n'avait jamais été rendu avec l'exactitude qu'offre la gravure que nous en donnons.
* Il est de marbre grec, haut d'une palme^ lo onces , large de deux palmes et demie. Il provient de la Villa Matteisnr le Ce&'o ^ et fut acheté par S. M. Gl<fmente XIV.
(i) Gruter,pag.XCIIIy S, il était alors che£. Leonardo Lana sur le Pincio.
(a) Miscell. Erud. Antiq. , Seci. II ^ Art. 7.
(3) De aquaeduct., Dissert. IL
(4) Dans le troisième volume de l'ouvrage intitulé Mo" nmmenta Matthaeiorum , pi. LIIl^ num. i.
Si Georges Arnaud, dont nous avons Un petit ouvrage sur les Dieux TlapèipoiCj ou ayant un culte commun, n'a rieo dit de ce bas-relief, ni des six divinités que Ton y Toit réunies. On peut attribuer cependant le sujet qu'il représente à nue des classes indiquées par cet érudit, comme attachées idifierentes divinités, union fondée sur Jeu» rapports physiques (i). Diane, les Nymphes, Sylvain et Hercule étaient des divinités qui présidaient aux forêts, aux fontaines, aux vallées, aux montagnes^ et comme elles partageaient ensemble la protection de ces lieux, elles pouvaient très-à-propos être exposées en* semble à la vénération des habitants des campagnes. Nous observerons une à une les figures du bas«relief ^ nous indiquerons en même temps les motifs de leur union , et nous ferons remarquer les particularités les plus notables , spécialement celles qui ont échappé aux recherches des antiquaires qui nous ont précédé.
Diane , qui parmi ses titres a encore ceux de Montagnarde et de Makresse des forêts (a), se réunit fort bien avec Sylvain, qui est le Dieu des forêts, et mieux encore avec les Nymphes, qui ont soin des bois, des montagnes et des
(i) DeDiis adsessoribus , chap. XIX, dans It tome se-* cood da Thesams Polenti, 9
(j) Monimm custos nemorunu/ue virgo , Horace, III éd. aa ^ et syl^arum poiens Diana : le même dan» le Car» men saecularc* V* aussi CaUimaquc , in Dianam , y^ 3 ,, et Spiohémiuft an même litu.
grands que nature, velus d'un habit phrygien ou persan , ei dans la même posiiion que la statue que nous examinons. Leur léte et leurs mains sont de noir antique^ et ik ont sur une épaule un cippus massif formé du même bloc de marbre dont ils sont exécutés; ce cippus a la forme d'une console triangulaire très-simple, terminée par une cimaise seulement à la partie supérieure. Cette console, dont la surface horizontale i^'eût pu convenir à soutenir le contour' arrondi d'une coupe; le marbre et le caractère des figures qui sont les mêmes qu'indique Pausanias , ne laissent aucun doute que ces figures ne soient celles dont il parle, ou leurs copies fidèles : ni qu'elles ayent supporté comme celles-là, un trépied, dont les pieds devaient poser sur les plans horizontaux des trois consoles (i). La ressemblance que nous apercevons à présent dans la position de ces figures, en les comparant à celles des Silènes que nous avons expliqués ci-devant, nous démontre que le groupe
(i) Oo aperçoit ëgale ment troîs plans horisontaux dans la grande âeur faite en forme de chapiteau y qui termine le monument de Sydicrate ^ appelé la Lanterne de Dé^ mostJtène , à Athènes y. sur ces plans posaient les trois branches d'un trépied. Ou y voit encore les trous dans lesquels elles étaient fixées (Stuart, Buins of Athens ^ 1. 1, page 36 y et pi. 3 ^ 4 et 9 du ch. IV); et je ne fais nul doute que Ton trouverait également^ si Ton en faisait l'examen, des trous semblables sur les plans des consoles soutenues par les simulacres du palais Farnése.
fait pour porter le eraiëre de Samos^ qui y est décrit, avait donné Fidée du trépied soutenu par des Persans dans le temple Olympique d'Athënes , comme il avait servi de modèle k Rome pour la coupe portée par des Silènes (i).
Notre petite statue à genoux est une antique imitation ou une copie de F un des prisonniers soutenant le trépied dont nous avons parl^ , où au moins d'un des pareils de la maison Farnèse. EDe pouvait encore toute seule servir de pied }i une légère console. Le petit vase de bronze, qu'on a placé dessus, completté l'ensemble de l'ornement d'une façon agréable à l'oeil, et qui se rapproche du goût antique.
(i) Comme oo oe cessa dede'poaillerla Grèce, et prio» cîpalemeat AthèneS; même dans des temps postérieurs k Pansaoias , les prisonoiers de Farnèse pourraient bien éire ceox d'Athènes. Voyes k ce sujet mes observations dans l'explication de la statue de Posjdippe (Musée FrançoiSp 45 livraison) à propos de ce monument , et de la statue pareille de Ménandre^ qne je crois avoir été enlevées li Athènes y vers la moitié du quatrième siècle de Tére chrctienne, pour en orner sur le Viminal les thermes d'Olimpîas, fille d'Âblavîus et femme de l'empereur Constance. Cependant les Persans des jardins Farnèse pouvaient avoir été sculptés 11 l'imitation de ceux d'Athènes, et peut Itre sons Adrien, prince qui avait fait un si grand usage au marbre pavanazzeno (Pausan., I, 18)/ pour lespU-^ «er dans sa .Villa Tibnrtina.