PLANCHE X
Les Nymphes et d'autres Divinités champêtres, bas'relief^
Ce marbre qui intéresse l'bomme érudit, et dont l'inscription était déjà connue (i), fut publié la première fois par Spon(2)^ mais Fabretti^ en le publiant de nouveau, l'expliqua savam* ment (3). Le défunt abbé Amaduzzi y ajouta de nos jours d'autres observations (4) 9 mais le monument n'avait jamais été rendu avec rexac» titude qu'offre la gravure que nous en donnons.
* Il est de marbre grcC; haut d'une palme^ 10 onces, large de deux palmes et demie. Il provient de la Villa Mattei sur le Celio , et fut acheté' par S. M. Clémente XIV.
(i) Gruter y pag. XGIII ; 8; ile'tait alors chez Leonardo Lana sur le Pincio.
(a) MiscelL Erud, Aruiq. , Sect. II, Art. 7.
(3) De aquaeduct», Dissert. IL
(4) Dans le troisième volume de l'ouvrage intitule Mo^ mimenta Matthaeiorum , pi. LIIl^ num. i.
Si Georges Arnaud, dont nous ayons Un petit ouvrage sur les Dieux ïlapeif^oïc, ou ayant un culte commun, n'a rien dit de ce bas-relief, ni des six dÎTinilés que Ton y voit réunies. On peut attribuer cependant le sujet qu'il représente à une des classes indiquées par cet érudit, comme attachées à différentes divinités, union fondée sur leurs rapports physiques (i). Diane, les Nym^ phes, Sylvain et Hercule étaient des divinités qui présidaient aux forêts, aux fontaines, aux vallées, aux montagnes; et comme elles partageaient ensemble la protection de ces lieux 5 elles pouvaient très-à-propos être exposées en* semble à la vénération des habitants des campagnes. Nous observerons une à une les figures du bas-relief; nous indiquerons en même temps les motifs de leur union , et nous ferons remarquer les particularités les plus notables , spéciale* ment celles qui ont échappé aux recherches des antiquaires qui nous ont précédé.
Diane , qui parmi ses titres a encore ceux de Montagnarde et de Maîtresse des forêts (a), se réunit fort bien avec Sylvain, qui est le Dieu des forêts, et mieux encore avec les Nymphes, qui ont soin des bpis, des montagnes et des
(1) De Dits adsessoribus , chap. XIX, dans le tome lecoad da Hiesarus Polenii, 9
(1) Montium custos nemorumque virgo , Horace, ICI od. a*i^ et syharuinpotens Diana i le même dao» le Ccirmen saeculare. V. aassi Callimaque , in Dianam , v, 3 , et Spaohémius an même lieu.
fontaines. Hercule même, qui fit souvent usage de ses forces dans les forêts de TArgolide et de TArcadie, reçoit à bon droit en partage leshon-* neurs avec la Déesse de la chasse. La fille dé Latone est vêtue d*une tunique courte ; de la main droite elle tire une flcche de son carquois qu'on voit surpasser son épaule ; elle a son arc dans la main gauche. On remarquera que cette figure est dans le bas-relief précisément la même qu'une statue de cette Déesse, dans la même collection (i). Tant il est vrai que les restes de la sculpture des anciens , même ceux qui sont d'un travail médiocre, ne laissent pas que de noua offrir les copies d'ouvrages encore plus anciens. Cette figure et la statue indiquée , auront été copiées à-coup-sûr d'après le même modèle perdu. La même observation peut s'appliquer aux trois Nymphes debout et demi-nues. Une statue que j'ai crue, à raison du lieu oii elle fut trouvée, le simulacre d'une des Nymphes Appiades (a), est absolument sem-^ blable aux images de ces Nayades. Des Nymphes semblables, nues depuis la ceinture jusqu'au haut , ayant une coquille sur le sein , se voyent aussi dans d'autres bas-reliefs; et un qui est k présent dans le Musée de Paris , représente un nombre égal de Nymphes , et nous offre celle
(i) Voye» la pi. XXXVIII du troisième volume de cet ouvrage.
(2) Voyez la pî. XXXV du tome i.
du milieu dans la même attitude que les nâ* très; les deux autres verseot de l'eau de leurs urnes (i). Fabretti a si bien fait connaître Tusage des anciens de se servir du nombre ter« naire dans les images des Nymphes , qu il ne me reste plus qu'à indiquer, dans les notes, quelques-autres moQumens que ce savant prëlat n'a pas connu, et qui viennent confirmer ses observations; et en outre je dois proposer une conjecture sur la première origine d'un sembla* ble usage (2). La figure de Sylvain , avec sa serpe
(i) On peut en voir la gravure dessinée et gravée à l'eau forte par M. Thomas Piroli dans l'ouvrage intitulé: Les antiques du Musée Napoléon , imprimé dernièrement k Paris, tome II 1 pi. 4i> ^^ monument était déjà dan» la Villa Albanie et désigné au num. i65de Vlndicaziono aniiquaria.àe cette collection. Fabretti en cite des exemples au lieu cité.
(a) Il 7 a dans une peinture d*Herculanum trois Nym^ pbes qui enlèvent Hylas , comme dans les vers de Théocrite {iomelS àes Peintures t pL 6); on voit trois Nymphes sur une médaille d' ApoUonia dans l'Illirie , laquelle a été très-bien expliquée par le savant Ëckel (Num. anecd. , p» 91 ) } enfin il y a trois Nymphes d'Imera sur une autre médaille de Therme. Trois jeunes filles sculptées autour d'une colonne , qui était jadis dans le jardin du palais Ottoboni au Cours ^ et qui esta présent dans ce Musée, «ont probablement les trois Nymphes qui servaient à une fontaine , car la colonne est creusée. Il est vrai que Boissard avait lu autour d'une colonne une semblable épigraphe grecque indiquant les' trois Grâces ( Montfaucon , A. £ , T. I.^ P. I y pi. 109, I ); niais nous ignorons si la colonne dessinée par Beissard avait des traces qui indiquaient le
dans la main droite , et tenant un arbre dans la gauche , est représentée ici avec les mêmes at* tributs qui nous le font reconnaître dans d'autres monumens (i). Ou doit remarquer sur-tout
passage de l'eau, ni si cette inscriptîoa était vraîmeot originale : quoique les Grâces puissent être elles-mêmes un ornement propre aux fontaines et aux bains , comme je l'ai prouve dans quelques observations j encore inédites ^ sur un groupe de la Villa Borghèse (V. les Sculture de cette Villa , salle III • n. 6 ) ^ il était incertain lui-même si ce sont les Grâces et les Njmphes. Quant au motif de leur nombre ternaire , j'observe que les anciens mythologues donnent le nom absolu de Nymphes aux trois Heures ou Saisons , filles de Jupiter et de Thémis y introduites tant dans les fables d'Hercule que dans celles de Persée. ( Apollodore ; liv. II , chap. IV, 2 , et chap. V, 11). Cette distribution de l'année en trois saisons était la plus ancienne dans la Grèce ; elle était dérivée de l'Egypte et fondée dans ces climats sur les variations phis. apparentes de la terre et de l'air. Le nombre des Nymphes, par excellence, et consacré , pour ainsi dire , par la Mythologie, ayant été fixé à trois, a été conservé ensuite quand il était question non des Nymphes de l'année, mais d'autres divinités locales d'un ordre inférieur. Cela n'est pas cependant constant 3 dans d'autres occasions on parle ou l'on représente une seule Nymphe , ou beaucoup plus que trois. C'est néanmoins de-là que vient la confusion qui existe entre les Grâces, les Heures et les Saisons, qui sont les Grâces de l'année et de la Nature 3 de-lk vient aussi leur nombre ternaire, et l'identité ou la confusion entre les Grâces et les Nymphes* ( Horace , IV, Od. 73 Pau- 0aniasy 1. IX, c. 33).
(i) Quelques-uns d'eux portent écrit le nom de Sylvain. Voyez ce que dit le très-savant M. Heyne, v. ao du I livré des Géorgiques :
iSt tenerum ab radîce feretis , Silvane , cupressunu
la chaussure rustique du Dieu , qui monte presque jusqu'à ses genoux , et qu'une bande lui enveloppe les jambes en forme de tresses (t). Ce Dieu champêtre était confondu avec le Pan des Grecs et avec le Faune des Latins eux-mêmes (2): comme habitant les forêts, il était Tamant et le compagnon des Nymphes^ il était comme le gardien des cQufins des champs (3}..
(1) Ces espèces de bottes îareni sk^^ftclée péronés , de-lu altus pero dans Juve'aal, Sat. XIY ^ v. 186. Mais da temps de Sidonius AppoUînaris les péronés ne couvraient plus la jambe j et servaient de chaussure aux pavsans ( Sidou. ^ Èpàresj 1. rV» n. ao ).
(3) SUvanus, Hàaf , Oeèç, vXauoc ( îl vaudrait mieux âeàç vXaioç sans virgule) Sjlvain^Pan Dieu des forêts. C'est ce qu'on trouve dans une glosse ancienne rappoi^ tée par Rigaltius dans les notes sur les auteurs re< tigra* riéMe , p. a84 de l'édition de Goetzius. Il est clair, d'après cela y que ce nom de Sjlvain attribue' à Pan comme une épithète, devint ensuite le nom propre d'une dîvi* nité champêtre qui prenait en partie les attributions de ce Dieu d' Arcadie j lequel par une simple altération dans la prononciation ëtait devenu le Dieu Faune des Latins. £t comme le nom de Panisci^ en grec , et de Faunij en latin, désigna une famille entière de demi-dieux champêtres j on employa de même le nom de Sylvain pour les signifier^ ce qui a fait dire à Ovide Monticolae Sjrlvan^ (Metam, , I^ v. i^S) et à d'autres poètes.
(3) Les eaux qui coulent dans les vallées , ou qui sont stagnantes , ont servi et servent aussi quelquefois encore de limites à des champs ^ c'est pour cela que les Nymphes ont été mises au nombre des divinités termina^ les (V. Frontin, de coloniis^ p. isi6 et i43 de l'édition citéçdeGoets)* Tous savent que Sylvain a été appelé par
Il n*y avait pas moins de rapports intimes entre Sylvain et Hercule. Leurs temples et leurs au<^ tels étaient communs (i); à tous deux con<* venait le titre de dendrophores ou porteurs d'arbres {2); et finalement le nom de Sylvain était noté parmi les surnoms d'Hercule (5). La figure de ce demi-Dieu dans le monument est curieuse à cause du geste de la main droite, et il paraît vouloir défendre ses yeux du trop grand éclat de la lumière pour mieux admirer
Il I I ■ I ■■ ■! ■ II. .— — .^ — M^.^.— — ^— 1^— — M^
Horace gardien des confins , tutor finium , et c'est k cela que Ton doit rapporter le titre de Sanctus qu'il porte quelquefois dans les incrîptions antiques. Qn regardait dans Fantiquitë les bornes des champs comme sacrées.
(1) Ils se trouvent dans le XIII quartier de la description des régions de Rome y selon le texte de Victor , c'està-dire surl'Aventin. Plusieurs autels ^ dont les inscriptions sont dans Gruter, étaient dédiés à ces deux divinités 9 page 4^ • ^^ autre dans les jardins Aldobrandini sur le Quirinal représentait les deux figures d'Hercule et de Sylvain^ sculptées ensemble du même côté. On peut en voir le dessin dans les Noiîzie de M. Guattani^ année 1786, Janvier.
(q) Winckelmann a publié un bas-relief du palais Rondanioi y où est Hercule dendrophore , ou portant un ar* bre (Monum, ined. , n. 6). Un bas-relief Gapitolin nous représente Hercule avec le même attribut ( Musée Cap. tom. IV , pi. 54 ). Le fils d'Alcmène avait apporté en Grèce celte espèce de peuplier que l'on appelait leuce ou populos alba ', il y avait aussi apporté Voleastrum dont on se servait pour couronner les vainqueurs d'Olympia.
(5) J'ai publié dans les Monwnenti Gabini une curieuse inscription du Musée Borgia , dans laquelle on donna \ Hercule le nom de Sylvain.
*7 les Nymphes. Cette otiunde naturelle et exprès*
sive fut donnée par les Grecs aux Faunes ou
Satyres, autres divinités champêtres, comme étant
ordinaire à ceux qui passent une 'grande partie
de la vie en plein air ; et dans Tautiquité une
peinture d'Antyphilus fut célèbre; elle représen*
tait un Satyre atrec le même geste (i);
Les Nayades , comme divinités des fontaines, oe sont pas étrangères à Hercule , qui reçut dans la Thessalie et dans la Sicile la santé au moyen de leurs eaux , qu'il découvrit à Trezéne où elles étaient ignorées, et ou d*un coup de pied il les fit soudre jusques dans la Lybie(j).
Yoici l'inscription placée dessous le bas-relief^ et gravée sur le même marbre :
TI • CLAVDÏVS • ASCI,EPIADES ET • CAECILIVS • ASCLEPiADES EX VOTO • NYMFABVS • D • D
Tiberius Claudius Jlsclepiades , et CaeciUus jisdepiades^ea: F'oto Njrmphabus (5) dederunt.
Elle nous fait connaître que ce sont les Nymphes qu'on a voulu honorer dans les déités qu of<»
(i) Pline, 1. XXXV, S XL, n. 3a.
(a) Paosania», II, aa ; Apollonius , Argon. , IV, v. i44^f on trouve d'autres autorités dans Biagius Garyophilus ^ de thermis Herculan» , p. 3o et sniv.
(3) L' F mis à la place de Pfi est une ancienne erreur d'orthographe, dont on trouve beaucoup d'exemples dans les anciennes inscriptions, erreur fondée sur la prooon* ciation du vulgaire. Tou* n'étaient pas en cela aussi exacts gue le suppose Catulle , Carm. 8^, de Arrio.
fre le monument, et que les images des antres Dieux , quelques-uns desquels appartenant à un ordre plus ëlevé, ne sont là que comme accessoires. On doit chercher le motif qui a porté l'artiste à les réunir sur ce marbre, dans les rapports de ces divinités avec les Nayades, et plus facilement encore dans la dévotion particulière de ceux qui ont consacré cette sculpture (i).
(i) De la même manière que le calte da paganisme réunissait ensemble dans un seul monument, et quelquefois par de simples motifs personnels ou de localité, dÎTers Dieux, de même aussi les premiers Chrétiens ont réuni sur les verres cemeteriales j c'est-à-dire, dans les ornemens des coupes de verre , dont on faisait usage dans les banquets sacrés dits agapes y les images de difîérens saints qui n'étaient pas contemporains: ainsi nous voyons sur le même vase de verre les images de S. Pierre et de S« Paul jointes à celles de sainte Agnès et de saint Laurent, etc. Cette observation suffit pour détruire les censures frivoles de quelques prétendus savans, qui osent condamner comme remplis de défauts et d^anachronismes , tant de chefs-d'œuvre de la peinture moderne , exécutés par les plus exceilens maîtres du XYI siècle , uniquement parce que la même composition renferme des images de saints qui n'étaient pas contemporains.
PLANCHES XI rr XIL
UR^'E SÉPULCRALE EN PORPHYRE TIRES nu HAUSOLEE DE SAINTE CoNSTANCE *•
Eo observant ce riche et grandiose fragment de Tantiquité , exécuté dans un temps où les
* Cette grande urae d'un très-beau porphyre ronge a 1 1 palmes^ 5 onces de long, et dix palmes de haut , sans la plinthe, qui est moderne, 8 palmes, lo onces, et de profondeur 7 pal. , 8 onces. La caisse seule, sans le couvercle et sans la plinthe , a 6 palmes de hauteur. Elle était dans r église de S.* Constance, près celle de sainte Agnès, hors des murs j enTiron à un mille de la porte Pic moderne , sur l'ancienne Voie Numentana. Elle a été pendant plusieurs siècles placée dans la grande niche qui correspond en face a rentrée principale de cette e'glise, mais dans la première construction de l'édifice elle en occupait le centre. Alexandre rV l'avait changée de place , en faisant élever aa lien où elle était un autel isolé, sous lequel il avait fait mettre les reliques qu'elle avait renfermé. On dit que Paul II avait dessein de la transférer au Latran pour servir de sarcophage à son mausolée qu'il voulait faire construire, jnais que ce pape étant mort avant qu'on eût transporté assez loin de sa première place cette urne , son successeur la fit remettre au même lieu. Pie VI en 1*^88 ordonna qu'elle fût transportée au Vatican , et qu'on la plaçât dans la croix grecque du Musée Pie-Clémcntin, qu'il avait fait construire depuis les fondemens. On l'exécuta sans le moindre accident , et elle fut placée en face de celle de sainte Hélène qu'on y avait apportée du Latran^ et réparée k grands frais. Celle de sainte Constance est dans tente son intégrité; on 4 seulement repoli le porphyre.
arts survivaient encore k leur premier ^clat, nous devons répéter la remarque que nous avons eu Toccasion de faire dans un autre endroit , que la richesse des matériaux et la difficulté de les travailler semblaient être appelées alors pour remplacer l'élégance dans le dessin, et la perfection dans l'exécution (i).
Les mémoires et les traditions nous font regarder cette urne comme le tombeau d'une fille de Constantin le Grand. Tant de preuves appuyent ces documens, que Ton peut regarder la chose comme démontrée. Ammien Marceliin ^ écrivain contemporain , parle d'un mausolée de la famille de Constantin , situé sur la voie Nomentana, à un mille de la viHe, oii précisément on voit encore la basilique de sainte Agnès et le temple de sainte Constance, qui y est annexé. 11 dit que l'empereur Constance, fils et successeur de Constantin, y fit transporter le corps de Constance ou Consiantine, sa soeur, épouse de Gallus , veuve d'Annibalianus, morte en Bythinie ; que Julien y fit déposer celui de son épouse Hélène, autre fille de Constantin le Grand, morte à Vienne dans les Gaules , dès les premières années de son règne (2). On avait avant dé-
(i) Tome "VI de cet ouvrage , pî. Sq , où j*ai parlé de Tusage et de l'abus qu*ou fit du porphyre dans la sculpture , et j'ai rassemblé dans ce discours uue notice étendue d'anciens morceaux qui furent exe'cutés avec cette pierre.
(a) Ammien Marceliin ; liv. XXI, pag. 263; de Tcdilioe
posé dans le même mausolée une autre Cou- «tance, veuve de Lieinius et soeur de Constan« tin (i). Beaucoup d'écrivains ecclésiastiques disent qu une troisième Constance , fille du même empereur, séparée du monde et morte vierge pendant le règne de son père , fut aussi ensevelie dans le même tombeau » et que de plus cette princesse avait passé sa vie très -courte dans la couvent placé près de la basilique de sainte Agnès, qu'elle avait fait élever elle-même avec magnificence (a). Le temple lui-même, aujourd'hui dé«
de Valesiasy in-folîo: Imer quae comugis defunctae st^ prema (JulianusJ miserat Romam , in suburhano viam ^omenianae condendaj ubi uxor quoque Gaili quondam soror eùis fHelenaeJ sepulta est GONSTAI9T1NÂ., o« comme d'autres manuscrits portent ^ GOÏÏSTAÎ9TIA.
(i) V. le bibliothécaire Anastase dans la vie de S. Sil* ▼estre.
(a) Le même Anastase dans le passage cité , et les aa- Ceurs dont parlent les BoUandistes an iB feVrier , oti se rapportent les actions de S^^ Constance, desquelles nu mar nnscrit de la ValUceUiana à Rome conserve l'exemplaire le plus complet. Tillemont ( Hist. des Empereurs ^ t. IV, note XV III y sur Constantin) a cherché k prouver que cette filf e de Constantin y appelée Constantine oxi Constance y qui n*est pas la même que l'épouse d'Annibalianus ou de Gaiku , n'a j'amais existé. Voici les raisons qu'il en donne : les écrivains anciens de la vie de Constantin ne parlent pas de cette fille: ce nom même est certainement celui d'une autre fille de Constantin qui ne mourut pas vierge , et qui ne peut être regardée comme une sainte : donc la vierge S.'« Constance y si réellement elle a existé y appartient k une époque postérieure ,^ mais non pas du temps
die a sainte Constance , .lequel est circulaire, avec une nef intérieure séparée du centre de
de Coostantini pi de sa famille. On peut répondre k la première raison , qui est simplement ne'gative , que Toa ne peut regarder comme faux tout ce qui n'a pas ëte' raconte' par des écrivains contemporains. Ammien Marcellin a pu facilement oublier de parler d'une femme morte sans postérité, qui vécut dans un couvent, qui ne fut connue que par des vertus chrétiennes , dont Thistonen pajen ne devait pas être instruit. On peut ajouter que la vie de Constantin que nous a laissé Eusebe, ne s^e'tend pas beaucoup sur la famille de ce prince , et s'occupe très-en détail de toutes les fondations pieuses que Constantin fit en Orient , passant légèrement sur celles qu*il fit dans rOccident: qu'il n'y aurait rien d'extraordinai re que le même nom fût donné à deux soeurs , et surtout dans les usages romains. C'est ainsi que dans l'histoire des premiers empereurs nous trouvons deax Antonia et deux Octavies, soeurs : que les écrivains confondent ensemble les noms de Constance et Constantine , mais que peut-être dans la famille de l'empereur on ne les confondait pas : qu'il se peut que le vrai nom de la vierge que nous appelons Sainte Constance , était Consiantina , et que Constance était l'autre soeur, épouse d' A unibalianus et de Gallus. Valesius avoue que dans la plupart des manuscrits cette seconde soeur est appelée Constance et non Constantine ; et s'il se. décide pour le nom de Constantine , il le fait d'après l'autorité d'une médaille de Gohius qu'il a cru originale, et qui ne pa^se plus pour l'être à présent. Au contraire l'inscription en vers en mosaïque, très ancienne ^ qu'on lit dans la basilique de S. Agnès , et que quelques-uns attribuent k S. Damas ^ nomme Constantine la fondatrice de cet édifice sacré, appelée Constance dans la tradilion.il parait qne Tiliemont n'a pas assez pesé l'autorité de cette inscription contemporaine. Il observe que l'inscription suppose^
l'édifice par un rang de colonnes ioniqa es sou^^^ tenant des arcades, et doublées, selon la profondeur de ces arcades^ parait, d'après beaucoup d'indices , avoir été fabriqué dans ces temps ^i).
k la yéritë, une Conistantîne fondatrice de la basilique , mais ne nous assure pas qu'elle fôt fille d'un empereur. Quelle aurre femme dans Rome , losque Constantin faisait élever tant de temples chrétiens , eût ose dire ce qu'on lit dans l'inscription , que la basilique de Se Agnès leS' surpassait tous ?
Templorum quae vicit opus terrenaque cuncta, Aurea quae riuiiat summi fastigia teciL
(Gruter, 1161 ; 9)-
Et quelle serait cette autre G^nstantine^ n'appartenant pas k la famille impériale ^ qui fondait une basilique près du mausolée même de la maison résnante ? Dirons-nous avec Valesius que la fondatrice de S. Agnès est la même Constantine ou Constance dont parle Ammien, épouse d'Annibalianus , et puis de Gallus ? Mais Valesius n'a pas fait attention à la phrase de l'inscription contenue dans le premier vers :
Constantina deum venerans , Christoque diceUa* paroles qui prouvent que c'était une vierge consacrée aii Seigneur^ et par cette raison différente de celle que son père lui-même avait donnée pour épouse k son cousin An* nibalianus. Il semble, d* après tout cela, que l'on peut croire ^e l'existence de cette fille de Constantin n'est pas imaginaire j mais appuyée sur la tradition de l' église romaine.
(1) Anastase y dans le passage cité, l'a pris pour un baptistère ; peut-être à cause de la forme ronde que l'on remarque ordinairement dans les baptistères anciens. Mais le témoignage d'Ammien et la conformité du plan circu* laîre de cet édificç avec celui du mausolée de sainte Hélène^ qui n'était pas certainement an baptistère, me fait
Une preuve de cela résulte de la comparalsoo de cet édifice avec le mausolée circulaire aussi élevé par Constantiu pour saiote Hélène sa mère sur la voie Labicana , oii les dépouilles de Timpcratrice étaient renfermées dans une urne de porphyre semblable à celle que nous examinons. Cet édifice était environné d'un mur symétri* que et mixtiligne , peu différent de celui qui est devant le mausolée de Constance. On peut encore tirer une autre preuve de la matière de ce Sarcophage , parce que jamais on n'avait tant employé le porphyre que sous le règne de ce prince. En outre de Turne de porphyre dans laquelle son corps fut renfermé à Constantiuople (i), la grande colonne de même matière
croire que l'historien des Pontifes se soit trompé cette fois, et que l'édifice avait e'ië construit pour servir de sépulcre aux pnncfisses de la famille impériale. Les plans circulaires étaient les plus en usage dans la construction des mausolées y comme tant de restes de semblables édifices en donnent une preuve évidente.
(i) Le porpbyre, par sa couleur pourpre ^ d'où lui vient son nom ^ semble avoir été destiné k servir de tombeau aux personnes augustes. Une urne de porphyre que Suétone nous a indiquée dans le mausolée des Domitius sur le Pincio {Néron, 5o ) renfermait peut-être les cendres du père de Néron y et c'était un de ces ouvrages de porphyre que Vitrasius Pollion, préfet de TÉgypte, avait envoyés à Rome sous l'empire de Claude (Plin., XXXVI^ 9, 1 1). Septimîe Sévère avait avec lui en Angleterre un vase de porphyre qu'il destinait pour renfeimer ses cendres (Dion, LXXYI^ S 1^)* Constantin, sa mère et sa fille, fureut
élevée dans la même vïUe poar supporter son image, le triclinium de son palais impérial, auquel on donna, à cause de la richesse des porphyres, dont les murs étaient revêtus, le nom de Purpura ( Porphjrra)'^ à Rome les dix grandes eolonnes du baptistère de saint Jean de Latran , peut-être celles de saint Chrysogone^ les plus grandes de cette matière que Ton connaisse , attestent également combien on fit usage de cette belle pierre sous cet empereur. D'après cela il n'y a plus rien de vraisemblable dansTopinion de ceux qui ont cru que cette urne de porphyre et rédifice circulaire où elle était placée avaient appartenu à un temple.de Bacchus (i). La comparaison des deux mausolées et des deux sarcophages (2) que nous avons demandée, nous
déposés dans des urnes de porphyre. Le corps de Julien *]^ Apostat fat déposé dans une urne semblable. S. Ambroîse (dansl'ép* 53 de la l classe) parle de deux urnes de porphyre j dans lesquelles furent ensevelis Maxinxien Herculéen et Yalentinien II. Le corps d'Othon II, mort k Rome dans le X siècle, fut enfermé dans une tombe de porphyre^ enlevée^ suivant ce qifon dit, à un autre monu* ment impérial , dans le môle Adrien y cette urne sert àprésent de fonts baptismaux dans la basilique du Vatican.
(i) Ciampini {de aedificiis Constantini ^ ch. 10) et d'au* tre« antiquaires ont eu celte opinion , qui a été disputée toujours par d'autres- sa vans.
{1) Eusèbe , dans la vie de Constantin, liv. Ilitch. 471 parle du mausolée de sainte Hélène \ Anastase et Cédrenus font mention de son tombeau de porphyre. V. Ciam-*. pînî , lieu cité , ch. 8.
Musée Fie-€lém. Vol. Vil 5
persuade le contraire^ comme ncms le démon** tre également le style sous le rapport de l'art , que Ton remarque dans Tune et l'autre urne , lequel n'a nulle différence de celui que nous ofTrenl d'autres monumcns certains de Constantin. Si la représentation des vendanges, les feuilles de vigne et les pampres ont pu rappeler le culte de Bacchus et des allusions prophanes, ces mêmes objets, examinés avec plus d'attention, nous portent au contraire à penser que cet édifice a été élevé pour quelque usage chrétien. On ne voit dans ces prétendues Bacchanales aucun Satyre , aucune Bacchante , nulle image lascive : on n'y voit que des animaux , des enfans vendangeant, et quelques masques, con* sidérés déjà dans ces temps comme un simple ornement y comme faisant partie de ceux qu'en Italie on nomme grotesques , et plus généralement arabesques. Si cette rotonde eut été un temple, pourquoi cette urne sépulcrale qu'on ne plaçait jamais dans les temples des Paycus , et dont les omemens sont tellement d'accord avec ceux de tout le reste de rédifice ? Si le sarcophage nous fait croire que c'est un mausolée, pourquoi ne le croirons^nous pas élevé du temps de Constantin, à la famille duquel Ammien l'attribue, quand le style de la sculpture , quand la ressemblance avec le mausolée de sainte Hélène, quand la matière et la conformité des deux urnes, semblent l'indiquer absolument ?
Mais le travail et les bas-reliefs de cette graaile urne exigent préoisément notre attention. Elle est d'un seul bloc de porphyre , creusée avec un travail immense, et le couvercle est formé d*un morceau seul aussi. Il est en fotme de pyramide tronquée , justement comme celui du tombeau on pjrxis d'argent de Projetta épouse de SecunduSy monument à-peu-^près du même temps (i). La dimension du sarcophage convient encore à cette époque; car les urnes sépulcrales d'une si grande proportion sont moins antiques que celles qui se rapprochent le plus de la stature humaine. En examinant le^ sarco* phages remarquables par leur grandeur, je me suis convaincu, par le style qui régne dans les bas-reliefs qui les ornent, par le costume des portraits qui sont sculptés dessus , que les plus anciens de ce nombre ne sont pas antérieurs au troisième siècle de l'ère chrétienne, et que d'autres appartiennent au quatrième (2).
(i) Je l'ai fait connaître Tan 1793 dans une lettre imprimée par Salomoni , et adressée à Monseig. le Patriarche de la Somaglia, aujourd'hui Cardinal.
(2) Le grand sarcophage place' sous le portique du Musée Capitolin est d'un travail moins à dédaigner que celui de beaucoup d'autres d'une plus grande dimension. On Ta attribué avec peu de fondement k Alexandre et à Mammée^ qui ont vécu jusqu'k l'année a55 de r£.V. Mais la coiffure de la défunte, semblable à celle que l'on voit aux portraits de cette impératrice y prouve que le monument n'appartient pas à une époque, antérieure* Les autres grands sarcophages sont d'un travail beaucoup inCeriear;
Le couvercle de notre tombeau est orné d^ quatre masques Bacchiques. Les quatre faces du sarcophage sont décorées par de grands arabesques entremêlés d^enfans qui font la vendange, qui foulent les raisins, et de différens oiseaux et d'autres animaux. Les anciens employaient.ee genre d'ornemens plutôt sur des cassettes de métal, comme seraient les acerrae servant à l'encens , que sur les grandes caisses de marbre. Cependant les arabesques de ce tombeau semblent imités d'après des originaux du meilleur temps (i). Il n'y a que deux dessins de cet ornement, quoique le sarcophage ait quatre faces. L'un est répété sur les deux grandes, et l'autre sur les deux petites. Dans le premier la volute du grand arabesque à feuilles d'acanthe , la disposition et les attitudes des petits enfans, rappellent l'élé-
comme celai de la chute de Phaéton , dans la ville Borglièse , un autre dans la ville Ludovisi avec deux rangs de bas-reliefs y et celui dont nous expli(|ucrons la face principale h la planche XV IL
(i) Le comle de Caylus dans le tome III, pi. 119 de son Recueil , a donne le dessin d'un bas-relief en pierre ordinaire , copie d'après la face principale de ce grand sarcophage , et représentant les mêmes arabesques , les mêmes enfans, avec les guirlandes et les masques du couvercle : il dît qu'on Ta trouve à Rheims dans une fouille. S'il était antique^ ce serait une nouvelle preuve de ce que j'ai avance', que ces ornemens ont e'te' copies d'après quelque original plus antique : mais je crains que le monument que donne Caylus ne soit une imposture simplement^ comme tant d'autres que contient ce Recueil ^ intéressant d'ailleurs.
gaoce des siècles précédens: et même Fusage des hullae à feuilles de lierre qui sont suspen-dues au cou de trois de ces enfans , remonte à des temps plus éloignes (i). Mais la courbe du grand arabesque ne se développe pas avec grâces , ni également : Texécution des enfans est dure e( lourde. Lies animaux aussi sont d'un trarail inférieur, et ont été ajoutés peut-êtro par des artistes, du temps de Constantin dans les endroits où il leur a paru que le dessin original laissait trop d* espaces vides. Les deux paons, le bélier, et divers oiseaux sont d'un mauvais dessin. Lî* oiseau, qui interrompt à gauche la volute de Varabesque, est d*un effet désagréable.
L'action que représentent les enfans est , comme nous Favons déjà dit^ la vendange ; quelquesuns coupent les grappes à la vigne ^ d'autres en emplissent des corbeilles. Il semble que Fun les porte dans la cuve, * qu'un autre a déjà formé une guirlande pour les fêtes du soir. Enfin uu vase à deux anses indique qu'il contient le vin destiné à soutenir les forces des vendangeurs, pendant le travail du jour.
L'arabesque des plus petits côtés est formé par les seps de vigne même. Le groupe des enfans écrasant les raisins est composé avec beaucoup d'élégance , mais leur exécution présente
(i) On peut voir dans le Miasee Étrusque de Gori de semblables kullae à feuilles de lierre , et aussi dans l'oavrage d« Ficoronî sur la Bolla d' oro»
les mêmes défauts que nous avons remarqué dans ceux des autres faces. Ici deux enfans ont aussi la bulta au cou. Des labri ou cuves dans lesquelles ou foule les raisins sort le jus par la bouche d*un masque. Les tèies de lion étaient plus en usage eu ce cas daus la plus hante au* tiquilé (i). Les petits tonneaux qui reçoivent la liqueur exprimée semblent garnis de cercles de fer^ prohaUement pour les rendre moins fragiles dans le transport (3}.
Ceux qui ont expliqué les antiquités chrétiennes ^ ont observé avec sagesse que les emblèmes des raisins et de la vendange ne doi»
TCfit pas ^tre regardés comme prophaDcs [5\ Plusieurs allusions ingénieuses avaient déjà remplacé leur signification prânitive et pavenne par uc^ autre toute morale et chrétienne. En outre qtie les raisùs foulés devenaient une figure de la passion du Chràt^ et da maitjn e de ses confesseurs^ les anciens Chrétiens apercevaient djLSS cecte iioi^e FetsJblfîffie de Tame, qui survit i:aLsnoftelie â >jl dépouille ■fejctelle ^ comme le vùi vjtû UiAit de la desCTTLccm d» raisins.
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gaoce des siècles précédens : et même Fusage des huUae à feuilles de lierre qui sont suspen-dues au cou de trois de ces enfaus , remonte à des temps plus éloignés (i). Mais la courbe du grand arabesque ne se développe pas avec grâces , ni également : l'exécution des enfans esc dure et lourde. Les animaux aussi sont d'un trarail inférieur, et ont été ajoutés peut-être par des artistes, du temps de Constantin dans les endroits où il leur a paru que le dessin original laissait trop d^espaces vides. Les deux paons , le bélier, et divers oiseaux sont d'un mauvais dessin. L'oiseau, qui interrompt à gauche la volute de l'arabesque, est d'un effet désagréable «
L'action que représentent les enfans est , comme nous l'avons déjà dit^ la vendange ; quelquesuns coupent les grappes à la vigne ^ d'autres en emplissent des corbeilles. Il semble que l'un les porte dans la cuve,* qu'un autre a déjà formé une guirlande pour les fêtes du soir. Enfin uu vase à deux anses indique qu'il contient le vin destiné à soutenir les forces des vendangeurs, pendant le travail du jour.
L'arabesque des plus petits côtés est formé par les seps de vigne même. Le groupe des enfans écrasant les raisins est composé avec beaucoup d'élégance , mais leur exécution présente
(i) On peut voir dans le Musée Étrusque de Gori de semblables kuilae à feuilles de lierre , et aussi dans Totivrage de Ficoroni sur la Bolla d' oro.
me (i). On y voit sur le seuil deux époux. L'homme
revêtu de la toge a un paquet de papjrri ou un volume dans la main gauche, ce qui indique ses emplois civils , ou ses occupations littéraires ou du barreau. Il semble dire le dernier adieu à son épouse , laquelle est voilée , paraît triste , et lui serre la main droite (2). Un petit Génie ailé , pro- ' bablement THymen , qui les avait unis (5) , tient élevé au milieu d'eux le flambeau nuptial, s^tubole de cette union. Les omcmens de la porte , sur le seuil de laquelle paraissent fixées les deux iGgures, sont deux colonnes d*ordre composite , deux chevaux marins , et deux masques dans les acrotères; et dans le milieu du frontispice est une couronne.
Les deux bas-reliefs des côtés qui se correspondent , et qui sont parfaitement semblables , ex-
(1) Voyez une porte pareille dans un bas-relief , publie tome V de cet ouvrage , pi. 18.
(2) Ce congé que prend le dcTunt de ceux qui lui sont chers ; est le sujet de presque tous les bas- reliefs que Ton voit sur les fûts ou les cippes des tombeaux grecs. Il s'en trouve quantité d'exemples dans le Muséum yeronensCj dans les Monumenta Pelopontiesiaca , dans les marbres d'Oxford ; et moi-même j'en ai déjà parle' dans le V vol.; pi. 19^ page 117.
(5) On voit une image pareille de l'Hymen sur un basrelief représentant les rits des noces, sculpte' sur l'extérieur d'un grand sarcophage , qui fut ensuite employé pour un tombeau chrétien dans la basilique de S. Laurent hors des murs , et qui est gravé dans VAdmiranda^ n. 58, et dans les Vestigiadi iîoma de Ficoroni, p. ii5.
cepté dans le changement des parues h droite et à gauclie, changement exigé par la symétrie, sont plus notables. La figure principale est un Génie sans snles, débout; mais quoiqu'il soit dans cette attitude , il est cependant dans un repos ^ parfait, comme l'indiquent les deux bras repliés sur la têtCj qui est un peu inclinée (i ). La figure semble s'être dépouillée de ses yêtemens , et les avoir suspendus à un arbre contre lequel il appuie ses épaules et le dos: sa tête est couronnée de fleurs. Un Amour ou un autre Génie plus petit , ailé , tenant un flambeau , montre à la grande figure un masque jeté k terre. J'ai donné le nom de Génie au. jeune garçon qui est en' repos, parce que je le regarde comme un symbole de la mort ou de l'ame humaine dégagée des fonctions corporelles , et jouissant de la tranquillité parmi les morts. Non-seulement cette at* titude , mais le genre même du monument sur lequel ces figures sont sculptées, me fait croire que ceue opinion peut être probable ; d'autant plus que l'on voit les mêmes figures avec une légère variété répétées sur les angles d'autres tombeaux (n).
(i) Winckelmaon avait judicieusement remarqué que réut du repos dans les images d'Apollon , de Bacchus , d'Hercule, etc.^ avait été exprimé, ce que l'on voit dans le<^ monumens , par les anciens artistes , par TattituJc d'un bras passe derrière la tète ( Monum. inéd. y p. 4^ et ailleurs ). La position des deux bras sur la tète exprime dans notre figure un repos plus profond, la cessation absolue de toute fatigue , le repos éternel , enfin la mort.
(a) Je puis en citer un, découvert dans le Co/uinbariuui-
Dans le Musée de Paris (i)e8t une figure de rondebosse , absolument semblable, appuyée aussi à un arbre , et de grandeur naturelle. L'expression du . repos est encore plus caractérisée dans celle-ci par ses jambes croisées , et par ses traits dans lesqueb régne un air de repos vraiment divin. Lés couronnes de fleurs qui ornent la tête de toutes ces figures , qui représentent le sommeil éternel ou Tame bien heureuse , sont les couronnes propres pour les morts (2). Les arbres qui servent d'appui à ces figures, sont, à mon avis, uo emblème des champs Elysées , de ces lieux fortunés où les esprits viennent après la mort goûter la tranquillité. Nous avons fait observer ailleurs que les divinités marines , et les monstres des mers« que l'on voit sculptés autour des tombeaux , peu* vent faire allusion à cet heureux séjour que la mythologie grecque a placé dans les îles de l'Océan (3). Les chevaux marius sculptés sur la porte de ce monument appuyent cette allusion. Les chlamydes
des affranchis de Livie^ godronné, et orné comme le nôtre de trois bas-reliefs. Les figures semblables à celles que nous examinons^ sont aux deux extrémités. Gori a fait graver ce monument à la planche YI de cet ouvrage. Piranèsi Ta répe'to {Antichità Rom. y tome IH , pi. 28).
(i) Elle a e'te' grave'e par Thomas Piroli dans le recueil des Antiques du Musée Français'^ tom. I , pi. 4^-
(1) Pascalius nous apprend^ d'après quelques anciens au-* teurs^ que les couronnes funéraires étaient mêle'es de fleurs^ tant dans la Grèce que chez les Romains ( de Coronis , 1. IV , c. 5 ).
(3) Tome IV, page a43 de cet ouvrage.
étant la même que Cérès. La corne d'abondance remplie des dons de FaDDéé est un emblème de la fertilité, que cette Déesse, reine de l'élément humide , qui gouvernait les vents , et la maîtresse du 110 , procurait à l'Egypte par les inondations de ce grand fleuve. Mais ce symbole grec nous indique plus particulièrement Isis Arsinoé , puisque l'histoire fait mention de la corne d'abondance qu'on avait donnée k son simulacre , symbole que nous voyons représenté presque comme le signe d*une apothéose andcipée , au revers des médailles d'or de cette reine, soeur et épouse de Pto« lomée Philadelphe (i). Le boeuf Apis consacré à la Déesse, et vivante image de la Lune, est près dlsis. Le disque lunaire signifiant la pleine lune, est placé entre ses cornes qui désignent par leur courbure opposée les phases de l'asire qui règle les mois. Un autre sphynx , emblème du pays égy* ptien , remplit le vide qui restait entre le fleuve et la Déesse ; ainsi tout le tour de Tautel est couvert d'images , qui toutes ont évidemment rapport ûux opinions et aux pratiques religieuses des Égyptiens.
(f) Alhéoée, Ihr. XI, p. 497; B cl C^dëcrit le Rhjrthon ou corne exécutée par l'ordre de Ptolomée PhiladeU phe pour être un attribut de Vimage d^ Arsinoé. Elle la tenait dans la main gauche , remplie de fruits de toute espèce j de manière que les artistes la représentaient heat*^ êoup plus riche que la corne d^Amalthée,