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ET DES CÉRÉMONIES ÉGYPTIENNES

Ces deux autels cylindriques, parfûtement semblables, et destinés, sans doute tous deux, à unmême temple de divinités Egypdennes , ne sont pas, malgré cela^ égypdens ni par la madère ni par le travail. D est clair au contraire qu'ils ont été sculptés lorsque les supersddons sordes de l'Egypte avaient inondé l'empire romain , et se confondaient avec le culte grec et romain. Le marbre en est grec, de même que l'architecture qu'on y voit indiquée ^ les habillemens et les caractères des figures eux-mêmes sont en parue grecs, quoique l'artiste ait cherche à conserver le plus possible le costume égyptien, et de représenter les rits de ce culte et les singularités de ce pays.

Sur les bas-reliefs du premier autel que nous

* Cet autel est celui de la table suivante ; Tune et Tautre de marbre de Paros. Us ont trois palmes ^ une once de haut: le cylindre du milieu seul est antique; les membres qui en font la base et la corniche sont modernes. Ils ont été places autrefois dans la Villa Mattei sur le Ce* lium, S. M. Clément XIV en fit l'acquisition pour le Musée du. Vatican. Ils ont été publiés dans le troisième vol. de Toavrage intitulé Monitmenta Matthaieorum, à la plan* cbe %5 f avec les explications du feu ab. Amaduzzi.

examinons, la figure que nous j remarquons dès

k premier coup-d*oeîl , est celle du Nil représentée suivant le style des Grecs pour personnifier les fleuves. Le crocodile , cet amphibie terrible , ne laisse à cet égard aucun doule ( i ). Le Fleuve est à moitié couché : près de lui sont quelques plantes aquatiques , pelit-ctre des lolhos ou simplement des roseaux, l'un desquels, qu'il a arraché, est dans sa main. Ce personnage symbolique élève la main droite comme pour invoquer ou pour saluer les Dieux paternels placés dans le temple tétrastjr^ le (2) qui est près de lui , d'une architecture grecque , dont les colonnes sont cannelées en spirale, et sur le tympan triangulaire duquel ou voit sculptée l'image accroupie du jeune Harpocrate (5).

(i) Noas avons parle dan» le premier vol. de cet ou- Trage ( pi. 37 , p. 294 ) > et encore dans le III ( pi. 4? t p. 236 ) des images du Nil qui ont un crocodile pour symbole.

(a) De quatre colonnes.

(3) Les temples égyptiens n'ayant pas de toit saillant, mais étant couverts par une terrasse horizontale^ n'ont jamais eu de fronton triangulaire. Le motif vient du climat ou le$ plnyes sont peu de chose^ et même très-rares. Il est certain que sous les Ptolomées on éleva à Alexandrie, et peut-être dans d'autres villes d'Egypte, des temples dans le genre grec. Les médailles frappées dans ces contrées nous en offrent une preuve. Il est utile d'observer ce petit temple dîstj-le à deux colonnes, avec un fronton triangulaire, que l'on voit gravé parmi les hiéroglyphes du portique de ce temple h Tentira ( anjourd*hui Dendera ) en Ég}-pte. C'est de la voûte de ce temple que

Un sphynx , élcTe sur un piédestal , rappelle ceux qui^ disposés sur deux rangs, se plaçaient aux côtés des entrées des temples égyptiens (i). Le si-;

nous avons eu les deux Zodiaques si célèbres. Or voit ceUe image exactement copiée sur les lieux par M. Dénon , dont la véracité et Texactilude sont an-dessus de tout soupçon: elle est gravée à la planche 127^ n. i5de ton f^oyagCf et une preuve convaincante que les bas« reliefs de ce portique sont d'une date postérieure à la conquête de la Grèce ^ et probablement encore à la conquête romaine, d*autant plus que les inscriptions grecques gravées sur l'architrave de la façade de ce portique et sur celui de la porte de l'enceinte extérieure , appartiennent au temps des Césars. L'édidce était probablenieat beaucoup plus ancien , mais comme le voyageur français a observé quantité de temples, même dans la haute Ei^ypte , qui sont restés informes^ dont les sculptures et les ornemens qui devaient les décorer ne sont pas teriniiiésy et quelques-uns qui sont sculptés seulemcmt k moitié (Kxplication des planches , pi. g5)', on peut alors supposer que les ornemens sculptés sur ce portique, restés imparfaits, n'ont été achevés que sous les Romains , précisément li cette époque où le beau temps de l'année des Egyptiens commençait en août, sous le signe du Lion , qui parce motif occupe la première place dans le Zodiaque. Voyez la notice sommaire que j'en ai donné il y a quelques années, et que le savant Larchcr s'est fait un plaisir d'insérer dans le tome II de la nouvelle édition de sa traduction française d'Hérodote, page 5B7.

(i) Les voyageurs parlent de ces chomîns qui conduisent aux temples , et qui se décoraient d'un graud nombre d'images de sphynx et de lions , ou même de béliers, qu'on plaçait d'un côté et de l'autre sur des'bases, cl qui formaient une haye des deux parts sur les chemins. Ou plaçait aussi ordinairemeat les sphynx h la porte

mulacre qne Fon Toît sur titi antre piédestal, à

côté du temple , semble élevé à l'hooDear de qnelque prêtre , comme le (ait coD)ecturer la demi-tunique en forme de tablier^ dont U est vêtu depuis la ceinture, et qui laisse à nu les bras, la poitrine , le même vêlement que l'on voit ordinairement dans les monumeus aux figures des ministres de la religion égyptienne ( i ). D'autres Hgures vêtues de même , lesquelles , n'étant pas placées sur des piédestaux, semblent indiquer des personnes vivantes , paraissent porter sur leurs têtes des paniers remplis de toute sorte de fruits , qui sont peut-être les prémices de la campagne (2). n parait que d'autres se préparent à eutrer dans le sanctumre pour y présenter ces offrandes, et pour dissiper Tobscuiîté qui y régne en dépit du jour; ils portent des candélabres chargés de lu-

des temples y et ooas en avons un exemple dans la pi. 60 do II tome des Peintures d* Herculanum , où l'on verra des notes ntiies qui l'accompagnent.

(i) Hérodote parle ( lîv. 11^ ch. t45) de simulacres .semblables élevés 11 l'honneur des prêtres égyptiens. Quant à leor habillement j tel que nous le remarquons dans ces images^ il est décrit avec beaucoup de détails dans les Métamorphoses d'Apulée , l. XI , avec les paroles suivantes ZZ Antistites sacrorum candido linteamine cinctumpectoralem ad usque vestigia strictim iniecti. s Nous avons va le même habit à une PastopUore égyptienne dans la statue expliquée ci-dessus pi. VI.

(n) D'odore de Sicile, liv. 1, § i4f Apulée, Mélam.y liv. XI; et Clément d'Alexandrie, Strom, VI ^ parlent des prémices offerts dans les fêtes d'Isis.

inière (r). Une autre figure suit ces porteurs d& candélabres, et peut avoir dans la main une branche de palmier (2). On voit un autre prêtre présenter, pendant cela, de la nourriture à deux cix>codiles dune médiocre grandeur, qui sortent des eaux, et qui ont Tair de faire fête à celui qui se chafge de les nourrir. Cette circonstance nous donne à connaître que le lieu de la scène , pour ainsi dire, est la ville d'Arsinoé, appelée d'abord la ville des crocodiles, oii se trouvait dans une lagune du Nil une espèce de ces amphibies familière et douce avec les prêtres , et que l'on faisait voir aux curieux, venant chercher dans la main

(i) On voit figures dans la mosaïque de Palestrine des pii3trcs, qui dans Je vestibule d'an temple portent sur leurs épaules un candélabre allumé. Le savant Barthélémy (Mém, de VAcad. des B, L. ^ tome. XXX) ne sait ce qu'il doit dire de ces images auxquelles il ne connaît rien de pareil. Voilà donc notre bas-relief; qui n'avait pas été public du temps de cet illustre antiquaire, nous offrant aussi des prêtres égyptiens portant des candélabres. Je pense que le motif indiqué dans le discours est le seul qui soit probable. Les voyageurs français qui ont visité l'Egypte pendant leur conquête, attestent que les lieux retirés des temples sont sans fenêtres, et totalement obscurs. Ou les voit dans l'ouvrage, cité souvent, de M. Dénon aux planches ^o , n. 8; 5i, n. 2^ et 70, u. Q'i. Vojet les explications qu'en a donné cet ingénieux et élégant voyageur. Nous voyons d'ailleurs la même chose pratiquée dans le tabernacle de Moïse et dans le temple de Salomon , ou Ton se procurait la lumière seulement par le moyen d'un ou de plusieurs candélabres. (•>.) Arbre consacré u Isis, et qu'on employait dans les cérémonies égyptiennes.

8i des ministres da temple , des viandes , des gâteaux t et du Tin adouci avec le miel (i). Les eaux qui

(i) Slrabon^ lir. XTII « Cent stades plus en avant ( da Labyrinthe ) on arrive , en remontant le NU , à la y aie d^Arsinoé , qui aufHiravant s* appelait la Ville des Crocodiles^ parce que cet animal est en honneur dans cette préfecture. On f a même un crocodile sacré nourri séparément dans une des lagunes , et familier avec les prêtres. On V appelle Sacos ; on le nourrit de pain , de chair, et de vin que les étrangers lui présentent j lorsqu'ils viennent en ce lieu pour jouir éCun pareil specta* de. Notre hoîe, qui était un homme de distinction et qui nous initiait, pour ainsi dire, dans le culte de son pays , nous accompagna à la lagune , faisant porter pour le dîner par son domestique un gâteau, des viandes rôties , et une houteiUe de vin adouci avec du miel. Nous trouvâmes le crocodile couché sur le bord de teau. Les prêtres s'approchèrent de lui , les uns lui ouvrirent la gueule , les autres lui firent avaler le gâteau , ensuite la yiande , après quoi Fanimal Bât le vin. 9 Ceci se passait da temps de Strabon, et quand l'Egypte conquise par les Romaios était déjk dans nu e'iat de décadence. Il est probable qu'il y avait plusieurs crocodiles sacres dans des tempa antërieurs; d'autant plus que Strabon loi-m^me fait observer que le canal de la villç d*Arsinoê en était plein. Mais ce que le géographe ci(é a indiqué seulement sur le nom de Sucos donné à ce crocodile sacré est mieux expliqué par un passage de Dattascins dans la vie d'Isidore {Folius, Biblioth.f Cod. 1048)^ par lequel nous apprenons que Sucos était une sorte de crocodile qui n* était pas à craindre. Celte notice s'accorde exactement avec ce qu'a observé M. Geoffroy de saint Hilaire^ un des naturalistes de l'expédition d'Egypte. Ce savant s'est convaincu , par l'examen qu'il a fait ' sur les squelettes des crocodiles sacrés que l'on découvre en Egypte sous la forme de momies ^ qu'aucienncmeat il a

tfusée PieCUm. Vol VIL %

coulent au bas sont donc les eaux du NU , ou eeU les de cette lagune sacrée qui était voisine du temple. Le bateau ou cjrmba que Ton voit sculpté peut faire allusion aux pèlerinages sur Nil que faisaient les Egyptiens dans les solennités de leurs Dieux. Mais cette figure assise, qui , à raison de sa proportion plus grande, comme par la dignité de son attitude et par la disposition de ses attributs, semble être la principale figure, est Isis elle-même , ou Arsinoé la nouvelle Isis , devenue vénérable par les symboles non équivoques de la grande Déesse de l'Egypte. Les cornes qui sortent de sa tête sont les cornes d'Io , ou celles de la lune croissante , ornement d'Isis , peut-être le plus caractéristique. Elle a dans les mains des épis de blé, parce qulsis fut regardée par les Grecs comme

existé eo Egypte une espèce plus petite de crocodiles^ différente de celle du grand crocodile, la seule qu'à présent on retrouve dans les eaux du ^^il. La petite espèce n'excédait pas en longueur au de-1^ de trois pieds de Paris, et cette mesure se rapporterait assez avec les crocodiles sculptés dans le bas-relief.* Cependant la ligne courbe de leur front dans ces images, semble indiquer que ces amphibies que le sculpteur a représentés ne sont pas parvenus encore k leur accroissement complet; car alors qu*ils y sont arrivés leur museau s'allonge, et cette forme arquée du front disparait. Le professeur érudîx, dont nous venons de parler , a encore remarque que le grand crocodile lui-même, animal meurtrier , vorace, n*est plus féroce lorsqu'il est sous Teau , et même qu'il est timide lorsqu'il est h terre ; aussi ne parait-il pas impossible de le rendre doux, comme Hérodote semble l'avoir indiqué , Ut* II , ch. 69.

étant la même que Cérès. La corne d'abondance remplie des dons de Tannée est un emblème de la fertilité , que cette Déesse , reine de l'élément humide , qui gouvernait les vents , et la maîtresse du ]Nil , procurait à l'Egypte par les inondations de ce grand fleuve. Mais ce symbole grec nous indique plus particulièrement Isis Arsinoé , puisque l'histoire fait mention de la corne d'abondance qu'on avait donnée à son simulacre , symbole que nous voyons représenté presque comme le signe d'une apothéose andcipée , au revers des médaUles d'or de cette reine, soeur et épouse de Pto* lomée Philadelphe (t). Le boeuf Âpis consacré k la Déesse, et vivante image de la Lune , est près disis. Le disque lunaire signifiant la pleine lune, est placé entre ses cornes qui désignent par leur courbure opposée les phases de l'astre qui règle les mois. Un autre sphynx , emblème du pays égy* ptien , remplit le vide qui restait entre le fleuve et la Déesse j ainsi tout le tour de Tautel est couvert d'images , qui toutes ont évidemment rapport nux opinions et aux pratiques religieuses des Egyptiens.

(i) AtheDee , Ihr. XI , p. 497 1 B et C , décrit le Rhj" Aon ou corne exécutée par r ordre de Ptolomée Philadelphe pour être un attribut de V image dH Arsinoé. Elle la tenait dans la main gauche , remplie de fruits de toute espèce j de manière que les artistes la représentaient beat<^ eoup plus riche que la corne d^Amaïthée,

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