PLANCHE XVIII
Prêtresse de Cybèle, bas-relief.
Le bas-relief dont nous allons nous occuper a déjà paru dans beaucoup d'ouvrages d'antiquai-
* Ce bas- relief, haut de quatre palmes, dix onces ; large de tioîs et demie, est de marbre de nos contrées. On le vovail à la Villa Matteî sur le Celîo ^ et il avait etc dessiné plusieurs fois. II y avait un dessin de ce monument dans le porte-feuille du commandeur del Pozzo , et ensuite il e'iait passe dans les œuvres de Vandale. Mais le dessinateur , peu soigneux d'ailleurs, Favait restauré de capiice par la tête de la femme qui manquait. Cela ava't
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res , et nous le publions aujourd'hui encore , mais avec plus de fidélité de dessin , et avec plus d'é- . légance dans la gravure.
Il y a une grande analogie entre le portrait de Laberia Felicla, grande prêtresse de la mère des Dieux adorée à Ida, qui est représenté dans ce marbre à demi-figure, et celui très-célèbre de l'Ârchigalle Capitolin (i). On peut mettre dans la même catégorie aussi le Stéphanophore de Bellone qui est à la Yallicella (2) , quoique ce dernier ait été représenté en figure entière. L'inscription qu'on lit sous l'image du Stéphanophore prouve que cette slatue sculptée en son honneur n'était . pas une figure sépulcrale. On peut en dire autant de la nôtre, car dans son inscription on ne trouve rien qui soit propre aux inscriptions des tombeaux. La même chose peut-être sera du bas-relief représen-
donnë lieu 2i Tabbe Amaduzzi de penser que cette mntilation e'tait récente -, maïs elle était antique , comme on le voyait avec évidence en examinant le marbre. Enfin il a été réparé après que S. M. Clément XFV Teut acheté pour le Musée du Vatican. M. Amaduzzi Ta expliqué avec soin dans le t. III des Monumenta Mattheiana, k la pi. 55^ où cet érudit a cité tous les écrivains qui parlent de ce bas-relief ou de l'inscription qui est gravée dessus. Spon l'a insérée dans ]es Miscellanea , sect. IV ^ etCaylusdans «on Recueil^ tome I, pi. 84*
(1) Musée Capitolin , iom, W f -p], ï6; Winckclmann , Moniim. ined, , n. 8 3 Muratori , Inscript, , p. 107 , où est jnsérée la savante dissertation de Domenico Giorgi sur c« singulier monument.
(2; Muratori; Inscript,, p» 179.
I09 tant nu Ârehigalle qui n'a aucune inscription. Ces images étaient probablement consacrées à cea di* vioités auxquelles les personnages qu'on y a représentés , étaient attachés , et ces ba^reliefs étaient placés dans les temples (i).
La coquille ou la niche qui semble couvrir la figure, avait été omise dans tous les dessins de ce monument qui ont été publiés jusqu'à ce jour. L'emploi qu'on a fait de ce testacée pour orner les petites voûtes des loculi ou des petites chapelles pratiquées dans les murs des édifices pour y placer des statues i cet emploi , dis-)e , a été sans doute l'origine du nom de INiche donné par les architectes à ces cavités que les anciens ont quelquefois indiquées par le mot zothecae (a).
La prétresse est voilée ; la tète était anciennement ceinte par les vittae sacrées, marque du sacerdoce (3), comme le sont ceUes du Stéphano-
(i) Il est inutile de parler des images de personnes vivantes on défuntes ; consacrées dans les temples des Pa-jensj c'est une chose trop connue. Mais il faut pourtant dbserver que les portraits dédiés dans les temples n'étaient pas toujours des statues , des bustes ou des peintures p mais c'était quelquefois de simples bas-reliefs , typi- l'els étaient dans divers temples d'Arcadie quatre image» de Po- Ijbe, dont Pausanias fait mention , liv.VIII,, ch. g^ 5o^ 37 et 48 7 et qtii dans les traductions de cet écrivain semblaient être des simulacres de ronde-bosse.
(a) Je crois avoir démontré cela dans les Monumenti Gu* hini ^ p. 170 et suiv., oii encore j'ai prouvé que le mot iôa , en parlant d'arts j signifie le plus souvent dea &r gnres humaines.
(5) La belle tête de Livie insérée dans une statue de
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phore et de l^Archigalle , les deux visages n'ont jamais été détruits , comme cela est arrivé à la figure de Laberia. Le sculpteur moderne , en la restaurant , a changé les vittae en tresses ; il ne reste des premières que les deux extrémités qui retombent sur le sein, et qui sont bien caractérisées. J'ai démontré dans un autre endroit de cet ouvrage la forme d'un tel ornement qui avait échappé aux recherches des antiquaires (i). 11 semble que Laberia vei*se d'une patëre qu'elle a dans la main droite, une liqueur sur un autel de forme cilindrique , sur lequel est sculpté un aigle, et qui est orné d'une guirlande. La prêtresse tient dans la main gauche une autre guirlande qui parait de chêne. Cet arbre a, comme l'aigle, rapport au culte de Jupiter, auquel Dieu semble encore appartenir l'image qui est suspendue sur le sein de la figure.
De semblables ornemens pectoraux ne sont pas communs dans les monumens , et ils ont fixé l'attention des antiquaires , qui les ayant observés tant dans TArchigalle Capitolin , que dans le simulacre mutilé d'une prêtresse de Cibèle (2) , les ont cx-
la Villa Borghèse (Salle I , n. 1 ) a aussi les vittae antiques , qui descendent de la couronne d'épis dont sa tele est ceinte. De-là Cereris vittae signifient dans Juvënal le sacerdoce de Ccrcs.
(1) Tome IV, p. 54, (i), et dans les pi. de supplém. pi. A , n. 5 , 4 et 5 , p.
(2) Monlfaucon, A. E. tome I, page i, pi. 4> '* donne, avec peu de raison, pour celui d'un Archigalle.
1 1 1 pfiqnës par des passages de différens écrivains , lesquels ont parlé de ces petites images, que le^ prêtres et d'autres personnes attachées au culte de la mère Idea (i) avaient coutume de porter sur la poitrine. Winckelmann a justement déduit d'un passage de Suidas (s) que les Grecs donnèrent à ces sortes de petites images le nom de ^potm^i^Mj prostethidia ^ qui est rendu parpectorales. On observera pourtant que notre prêtresse ne porte pas siu* la poitrine l'image de Ci- Lèle mère des Dieux , au culte de laquelle elle présidait. On peut faire la même observation sur le bas-relief de l'Archigalle Capitolin ; ici l'image pectorale est celle d'Atys, et la médaille ou le camée qui orne le milieu de la couronne placée sur ia tête de ce ministre de la mère Idea représente la tête d'un Dieu barbu. Je ne fais nul doute que les deux images , savoir celle qui est dans la couronne de l'Archigalle , et celle qui est sur la poitrine de notre prêtresse ne représentent Jupiter Idéen , Divinité adorée avec ce surnom , nonsetdement sur le mont Ida dans l'île de Crète, mais même sur l'Ida Phrygien d*oii la mère avait pris Idea (5).
(i) Denis d'IIalicarnasse, liv. II. Eusebe , Praep. Evong., Ihr. II ^ c. 8 , cité dejk par Dom. Giorgi dans la disertation citée ci-dessus.
(i) V. llpoaxTidûfiov et v. TaXXoç. Winckelmann ne Ta cependant pas cité. Ce mot n* avait pas été' expliqué comme il convient dans le trésor d'Henri Etienne \ voyez Jes notes de Kuster à Suidas.
(5) Les autorités qui prouvent ce que j'avance se trouvent indiquées par Spanliémius;^;^ Callmi, hj'u^n. in Jov^p v. G.
L*mscription placée sous le bas'-relief ne nous
laisse pas ignorer le nom de la personne qui y
est représentée. Voici cette inscription:
LABEKfA • FELICLA