‹ Musée Pie-ClémentinChapitre 2 sur 49 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

Apollon Githakede *.

IJoMERE a décrit Apollon pinçant là lyre , et paraissant en même temps se mouvoir à grands pas légers (i). La position et l'action de cette

* Cette statoe, haate de hoit palmes^ deax tiers ^ est ea nurbregrec d'on graio fia, appelé volgaîrement grechetto. La partie aotiqoe qui a été déconverle^ Tcrs la fin da siècle passé , sar la place S. SHyeslre în Capite , consiste dans le torse seol avec la caisse droite. Le mouTement de cette coisse détermine celui qu'avait la figure entière, et le baudrier rappelle la lyre. Les antres parties sont modernes , de même que le tronc autour duquel est un serpent , reptile consacré au vainqueur de Python. Le tout a été exécuté d'une très-bonne manière par M. Giovanni Pîeranioni^ sculpteur académicien.

(!) Homère I Hjrmn. in ApolL^ v. 5t^ i

H/>^€ â'âpaaftv ifo^ àéQç vmç Axr6?,iX(fP ^

belle statue donnent la même image que ceUe dépeinte par le poëte.

Quoique la lyre soit une restauration moderne , le baudrier y baltheum^ sculpté d'ornemens arabesques, qui la soutient, est eutièrement antique; et la partie où il se termine donne par ses traces ridée d'un instrumei)^ large , et non pas d'une épéc ou d'un carquois qu'il eut servi à suspendre. Nom

Deux autem erat illis rex Jovis filias Apollo Citharam in manibus hahens ^ admirabile ludens ^ Pulchre ac aJte ascendens.

Il n'y a pas dedooleqae ccb pas élevés et beaux d'Apollon accompagnes des sons de sa lyre ; indiquent le mouvement majestueux et régulier des danses sacrées ( Alliénée , liv. I , page !2a). On lit les mêmes vers, avec de petites vaiiétés, dans la même hymne, n.^ 202. Ce nombre appartient à toutes les éditions : à la vérité une observation de Rubnkenins a prouvé qu'il y a deux hymnes différentes à Apollon réunies en une seule. Les vers cités appartieniient à la seconde, qui est à la louange d'Apollon de Delphes, tandis que par les premiers on célèbre Apollon de Délos. En nommant Homère comme l'auteur de ces vers, certainement ^ès-anciens , je ne prétends pas rien décider sur les motifs^ qui ont déterminé les critiques h en douter, malgré l'assertion de Thucidide qui attribue absolument à Homère Thymne en riionncnr d'Apollon. Je pense cependant que le témoignage de Thucidide doit s'appliquer seulement à la première des deux hymnes réunies, c'est-à-dire h celle adressée à Apollon Délien, qui se termine par le vers 178. Cette observation end inutile beaucoup de contestations.

tvons observé la lyre d'ApoUon qui pend à un baudrier semblable sur un autre simulacre du même Dieu (i); et les auciens eux-mêmes parlent de la richesse et des omemens du baudrier des joueurs de lyre (3).

Le lieu d'où fut retirée cette sculpture mérite d'être obseryé. Ce fut à la place de S. Silvestre in Capite y faisant partie du champ de Mars de l'ancienne Rome , où les typographes les plus éru-' dits ont placé les édifices de l'empereur Domitien (3). Au nombre de ces édifices était un Odéon (4)> édifice destiné a des combats et à des spectacles en musique. Notre statue a du très-convenablement être placée dans un pareil lieu: et même cette découverte semble confirmer l'opinion des typographes qui a été adoptée par des moti& assez probables.

Les parties antiques de la statue sont d'un excellent travail. Ses contours nobles et délicats appartiennent au style idéal; i}s sont conduits et exécutés avec amour^ et pleins de correction. L'artiste lu^bile qui l'a restaurée paraît avoir bien saisi son action. Il a su donner à la physionomie du Dieu im certain air d'exaltation , de transport surnaturel.

(1) Tome I de cet oavrage^ pî. XVI.

(a) Balteus caelaius. Apulée , Florid.p dëjà cité dans le J volame.

(5) Nardini , Roma vêtus ^ liv. VI ^ cb. Xj Venuti , Borna antica, P. 11^ c. III, p. 77 et 78 de la dernière édition.

(4) Suétone , in Domiiiano, c. 5t

maoches , est décrite par Sidonius Apollinaris , dans quelques vers qui paraîtraient avoir été composés à la vue de ce simulacre, si les symboles, savoir le thyrse et le cantharuSy y étaient rétablis: Cantharus et thjrrsus dextra laevaque feruntur ; Nec tegit eœsertoSy sed tangiù palla lacer tos (i). Le travail de cette statue est du temps des Romains , comme on peut l'assurer d'après la qualité du marbre. Le style , qui n'est pas assez décidé et sur dans les contours et dans la projection des plis, me fait conjecturer que c'est- une copie de quelque excellent original qui avait été exécuté il Rome , ou qui fut transporté de la Grèce. 11 n'est pas facile cependant de deviner h quel auteur on pourrait en attribuer l'invention^ dans le nombre de tant d'images de Bacchus en bronze , en ivoire et en marbre (2), que les Payens adoraient, et

(i) Carm. XXII , v. 5i. Ici ]e mot palla signifie vêtement de femme tombant aux talons, talaris j comme DOQS l'avons observe ailleurs ( tome I , pag. i SI9 , note (4) ) : on peut voir les fig. des pi. XVI et XVH. La tunique de femme de Baccbus avait le. nom propre de Bassara , que les scoliastes d'Horace (ode XVIII du liv. I, v.II) dérivent de la Lybie. Les statues de Bacchus barbu sont ordinairement velues de cette tunique , mais qu'on ne croye pas cependant que l'autre statue ait jamais eu une tète de Bacchus avec la barbe. Les contours jeunes et délicats de ses membres qu'on aperçoit sous la dra* perie^ et ceux de la portion du bras qui reste ^ s'oppo» sent h une telle supposition.

(!i) Oeuvres d*A1camène, de Phidias, de Briassi, d'Eutichide^ et d'autres célèbres sculpteurs.

du très-petit nombre de celles doDt nous connaissons rhabîUement et la pose.

Page 1