LIVILLA
GERMANICI • C . . .
H IT . • • • (i)
VESPASIANI (a)
Les trois premières inscriptions contiennent mé^ moire du lien oii furent brûlés les corps de troi» fils de Germanicuâ et d'Agrippine Senior. L'uu d'eux portait le nom de Cajus (5) , renouvelle pour le dernier des frères qui régna après Tibère et qui fut surnommé Caligula ; le second avait le pré* nom de Tibère , assez en usage dans la Êunille des Claudes ruerons; enfin le prénom du troisième man-'
(i) Livilla, Germanid Caesaris fiUa , hic sUa est.
(a) Veul-èxre ossaFlaviae-DomitUlae Vespasiani. Comme cette ligne d'inscription commence au bord fuperienr du marbre, c'eat ane chose ëvidente que les autres qui la précédaient, devaient se trouver à l'extrémité inférieure d'une autre pierre jointe à celle qui était dans le pavé de l'espace fermé. Cette circonstance confirme encore davantage qu'on lisait ces inscriptions sur le pavé.
(5) Cétait cet enfant à qui Octave Auguste^ sonbisa* yeul, avait voué tant d'affection qu'après l'avoir perdu ^ il en baisait souvent l'image (scidptée probablement) quand il sortait de son palais ( Suétone , Caligula , c. 7 et 8 ). Ainsi la découverte des inscriptions que nous publions ici confirme le récit de Suétone, qui parle dans le b'en cité de trois fils de Germanicus, morts dans leur enfance, ou dans la jeunesse , outre Néron et Drusus que Tibère fit moiuîr encore jeunes , et outre le dernier, Cajus Caligula qui régna.
que dans l'inscripûon : et sans doute ce prénom joint au titre de César, formait une autre ligne sûr la même pierre , laqueUe étant rongée par le temps , n'en conserve de vestiges que par la seule lettre R du mot Caesar.
11 est fait mention dans la quatrième inscription de Tibère fils de Drusus César et petit fils de Tibère le successeur d'Auguste. Le jeune prince, dont OT^ parle , est conuu dans l'histoire d'Auguste sous le utre de Tibère Gemellus (i). 11 périt par l'ordre de Caligula son cousin, et, selon l'inscription, Bes, restes furent déposés dans ce vase.
Ceci même nous est indiqué pour les cendres de liville dans la cinq^ème inscription. Cette fille
(i) Tibère était an des deux jumeaux nës de Drusus fîls de Tibère et de Liville soeur de Gennaoicus ^ celle-ci est diderente d'une autre liivilleidont on a ici Tëpilaphe. ^Ces deux jumeaux encore tout enfaus^ ont été' représentes sur une médaille de grand bronze que Drusus leur père fit frapper en Fan st5 de TE. V. Leurs portraits y sont représentés sortans de deux cornes d'abondance. L'un d'eux mourut dans son enfance^ l'autre^ celui dont nous par^ Ions y fut adopté par Caligula son cousin p et nommé prince de Icu jeunesse , mais peu après , l'an 3^ de TE. V. il reçut Tordre de se tuer , ce qu'il fil avec son épée, s'élant d abord fait instruire ^ par les officiers chargés de sa mort ^ où il devait se frapper et comment il devait se servir du fer. L'Hébreu Pliilou , qui se trouvait alors a Rome y nous a laissé une narration très-détaillée de toutes les circonstances de cet événement tragique^ dont parlent aussi Suéione et Dion. Tibère le jumtau mourut ji l'âge de dixhuit ans. (Philon^ Cajum^ page 549 > ^^^' tone, Caligula^ cbap. 20; Dion ^ liv. LIX, §.8),
i85 de Germanicus , la plus jeune des ' foeurs , Vécut quelque temps à la cour de Calîgula son frère 9 qui en abu^a ; mais elle perdit peu après ses bonnes grâces et fut envoyée eu exil. Liville fut rappelée à Rome par Claude son oncle , qui succéda à Caligula ; elle excita l'émulation , peut-être même la jalousie de Messaline qui la fit de nouveau chasser de Rome, et qui la fit tuer après (1). Cettç
(1) Oa peut prendre conoaissance de la vie et des faîtt de Liville dans Tacite, jinal.f\i^ chap. i5 , dans Suétone in Caligula y cbap. 7 ^ et dans Claudio^ chap. 29 , et par Dionc y liv. LX , ^ 8 et 18. Auguste, d'après les rccits de Tacite , la maria k Marcus Vinicius , le même à qui Velieius dédia sou histoire. Joseph lui donne pour mari un certain Annius Mkiutianus ( Ant, Jud, , liv. XIX, ch. 4; S ^)- Mais il parait que Thistorien Hébreu a co|ifondu Minutianus avfec \inicianus,et \inicianus avec Vinicius. Brotier, qui dans les notes sur la devise de la famille d'Auguste ( Tavitî O//. , tome I de l'édit. Brot. , in-4*^ ) semble avoir ignoré ce Miuutianus de Joseph , a donné encore un antre mari k Liville : c'est Quiniilius Yarus, fils de celui qui périt dans la guerre contre les Germains sous Auguste. Son autorité est prise dans les conjectores de Sénèque liv. I, Controv, 5. Malgré tout cela, il n'j a que le premier de ces trois mariages qui paraisse entièrement certain. Le nom que l'on dorune, dans cette inscription^ à cette princesse est le même que lui donne Suétone dans le premier des passages cités ; dans le second ensuite, an lieu de la nommer Liville , il l'appelle Julia, nom que lui donne aussi Dion , et qu on trouve dans les médailles. £iU est représentée sûr celles de Caligula son frère avec les symboles propres à la Fortune, et son portrait se voit gravé sur quelques médailles frappées en son honneur à Mitilène , ville où elle avait pris
inscription nous prouve que. ses restes eurent le» mêmes honneurs que ceux de Tiberius Gemellus son cousin.
Ce qui nous reste de la sixième inscription nous fait connaître que le nom , perdu aujourd'hui , indiquait quelque personnage de la famille des Fiayii Augustî. Et même ce nom de Yespasien mis au génitif à la fin de Tépitaphe , et sans être suivi .par aucune lettre ^ comme serait une F ou un N^ qui dénote la relation de fils , de petit fils, peut faire conjecturer que le personnage était Domitilla même femme de Yespasien, morte avant son mari(i).
naissance pendant un voyage qu'y firent ses parens. Les trois filles de Germanicus eurent tontes le nom de Julie pour premier nom , Julie Agrippine , Julie Drusille, Jolie Liville. De-lk peuvent être provenues les équivoques sur les mariages que contractèrent ces trois princesses. (i) Tontes les fois que dans les inscriptions latines on annonce le rapport qu'ont les fils, les petits fils ou autres désccndans; le nom de rancétre mis au génitif est suivi du nom relatif; ou écrit en entier, ou indiqué par les lettres initiales Y.JiUus, N. nepoSyVKO^. pronepos^eic, tandis que le nom des femmes est suivi du nom propre du mari; mais au génitif; et le nomappellalif d'épouse est toujours sous-entendu. Ainsi par exemple dans Tépitaphe d'Agrippine Senior nous lisons ; Ossa Agrippinae Marci ftline, Gennanici Caesaris, Le nom appel latif uxoris est sous-entendu. La même chose arrive dans Tioscription sépulcrale de Cecilia Metella sur laquelle on lit. Ceci' Une Qtiinti Cretici filiae , Metellae , Crassi. Ainsi le génitif f^espasiani qui terminait cette inscription nepeut^ à ce qu'il me semble , se suppléer que par ces paroles on de semblables: Ossa Flaviae Domitillae yespasiani.
Quelques observatîons dérivent presque d'eDesmêmes de tont ce qui a été exposé jusqu'ici. La première a rapport au bustum ou ustrina , fieu où l'on brûlait les corps des empereurs, et elle détermine le lieu précis o\x s'élevait le bûcher sur lequel on les plaçait Ce lieu a été un objet de dispute parmi les antiquaires; ils étaient dans Terreur en ce qu'Os prétendaient en retrouver les restes, précisément comme on retrouve les vestiges d'un grand édifice (i). Strabon nous avait laissé au contraire une description juste et fort exacte de ce lieu dans les paroles suivantes : In medio autem campo busti ejus ambitus ex albo saxo, in orbem cinctus ferrea saepe , intus alnis consitus (2). Les six pierres quarrées, sur lesquelles ont été gravées les inscriptions, dont nous avons donné la copie, formaient partie du pavé de cette enceinte: ce sont, comme le dit Strabon , des blocs de pierre blanche, c'est-à-dire de pierre tévertine (5).
(i) IVardîni , Roma vêtus , liv. VI , c. 7 j Vcnutî , Roma antica , p. 8a et 97 , dern. édît.
(a) Strabon^ liv. V, page a36.
(5) n n'y a pas de doute que Valbum saxûm dont parle ici Je géographe ne peat s'entendre que du tevertino. L'auteur donne h comprendre que cette pierre était de la même qualité que les autres pierres blanches dont le mausolée d'Auguste était revêtu j or ce tombeau ne fut jamais revêtu de marbre blanc , mais de' pierre ié» vertine j comme l'ont démontré les observations qui ont été faîtes par le chev. Jean Baptiste Piranèsi ( Antichità Romane, tome 11^ pi. 60 et 61 )• La découverte de ces inscriptions^ que Qons publierons ^ lesquelles sont en pierre
La seconde observadon porte 5aruQe difTcrence li-ès-ootable que dous présentent les phrases de diverses inscriptions. On voit dans quelques-unes que les corps des personnes qui y sont nommées , furent brûlés en cet endroit , et sans doute leurs cendres furent déposées ( iUati ) dans le tombeau d'Auguste qui en était près , et dont les dépendances ainsi que les jardins qui lui appartenoient^ s'étendaient jusqu'à ce lieu. On dit de quelques au- .tres que leurs restes fureut là ensevelis^ et Turne cinéraire précieuse qui s'est' trouvée à cette place même sert de témo%nage à ce fait présumé.
U ne me parait pas difticilo' de donner raison de cette différence. Ni Tibère Gemellus, ni Livilla fille de Gennanicus , * ne furau dignes des mêmes honneurs que l'ou accorda aux trois Cé-
tévertine et non de marbre^ achèvera de confirmer cette opinioD. On pourra s'eloiiticr qnc ces pierres ne semblent pai avoir ëte calcinées par le feu. Il est vraisemblable que les inscriptions furent gravées dans la partie du pa\équt t'iviit le plus près des arbres, cl qui ne fut pas couverte par le bûcher. Pourtant celte découverte procure beaucoup de lumière pour expliquer le passage de Slrabon cite plus haut. Le mot ^epi^O?^0Q , PenAo/05^ qu'il employé, doit dans cet endroit s'expliquer non par une construction ou petit mur^ qui sc'parair^ du reste du Champ de Mars ; le lieu où Ton brûlait les corps ^ mais par l'aire même qui se trouvait sc'parée et renfermée par une rampe de fer. ^ous avons des exemples très-clairs de pareille exception (le ce mot grec, principalement dans Pausanias, liv. I^ cil. 18 i et les mots correspondans septum en latin , re^ clnto eu italien sont employés souvent dans le même sens.
sars^ fils de celte priocesae, qui mourareiit enFans tous le règne d'Auguste. livilla et GémeUus périrent par les ordres des empereurs régnans, et quoi* qu'ils n'eussent pas été condamnés , sdon les formes légales, ils périrent victimes d'accusations graves ou de calomnies dirigées contre eux. C'était cependant des personnages qui avaient fait partie de la famille d'Auguste , de la maison -.divine ; leurs crimes n'étaient pas asses évidens ; voilà pourquoi on pensa que leurs cendres méritaient d'éire recueillies avec honneur , si ce n'était pas un devoir de les mêler à celles d'Auguste leur ayeul, et on regardait comme un honneiu* d'avoir la sépulture dans le Champ de Mars (i). Il est probable qu'après la mort de Messaline, Agrippine Mineure^ qui prit sa place dans la couche de l'empereur, accorda ces derniers témoignages d'affecdon à la mémoire et aux cendres de sa soeur, et que nonseulement elle les fit transporter dans le Champ de Mars, pour y être enterrées dans le bustum des Césars , mais qu'elle les fit mettre aussi dans le riche vase que nous examinons, et qui fut trouvé plus près de rinscripdoti de liville que de toute autre. Même comme ce monument fut publié avant les pierres à inscripûon, la découverte qu'on en fit, fut immédiatement suivie de celle del'inscri-
(i) L'aatorité de Strabon qui l'assure est appuyëe par beaucoup d'exemples tirés de l'histoire^ et qui ont été recueillis par Nardini à la fin du chap. 7 du liv. VU de sa Roma vêtus.
ft ^ « # V
î?^! .^«WfM''^ . «»: ^m^ ï»>WW IJM . encore, »oy^ ,}^ *P9Fy«:^ impériale, a a pu se, frine .«pijp^iMs
d^RAHB GA9Qiî4||EC; ORNE m H^^UfETS .. .
.M^^àn^Tl^s L4 msPtrr. b'Apoixoh « a'HiECir» V
En expliquant les autres candélabres de marbre
* Ce candélabre est de marbre grec , et fut troavé vers la fin du ûèole passe dans la Viîla VeroBpi qui est sur le Piacîo, dans les murs de la cite et le long de la voie qui conduit à la porte Salara, C'était dans ce lieu quêtaient places les jardins de Sallustei si célèbres dans Tbistoire des empereurs ^ et depuis trois siècles on y a déconveit beaucoup de restes de sculptures antiques , dont les plus remarquables ornent la Villa Borgbèsc ^ comme le Silène, le grand vase, etc. Monseigneur de Zelada, devenu dc-
JM-
qm ont été publies dans le cours de cet oarrage (i), j'ai proposé quelques idées propres à rendre raison des fonnes en usage chez les anciens pour ce genre de monumens. «Tai dit que les autels , qui ordinairement en faisaient la base , rappellent ceux sur lesquels , dans des temps plys reculés , on brûlait du bois pour éclairer ; et quelquefois , pour que la lumière vint de plus haut , et que le feu éclairât la salle sans échauffer trop
puis cardinal; avait atheté ce candélabre» et il en fit présent an pontife Clément X(\. £a 1771 monseigneur Gaetano Marini l'expliqua dans uae lettre très-érudite qui fut insérée dans le Journal de Pise de la même année ^ l'art. V du tome III. J'ai cité dans d'autres occasions ce bel ouvrage (tome IV, p. 42, n, (a))j je ne répéterai pas ce que ce savant a si parfaitement établi sur le monument que nous examinons. C'est pourtant ici le liea . d'indiquer ce que les circonstances ont obligé Tanleur à dissimuler dans la dite lettre , c'est-à-dire à donner le détail des parties restaurées. Le calathus on la corbeille du sommet a été ajoutée dans les temps modernes. L'escape ou la ti^e antique ne présentait que trois paniers Tua sur l'autre y comme on les remarque dans les candélabres de la collection Barberini. Dans les bas-reliefs dé Tautel f la figure d'Apollon est entièrement moderne ; copiée cependant d'aprit des bas-reliefs semblables de la \illa Aibani. L'Hercale n'a qne la poitrine, la tête et partie de la massue d'antique, le reste a été refait entièrement d'après les mêmes bas-reliefs. Dans la figure dn prêtre il n'y a aussi d'antique que la tête et le buste avec le bras droit jnsqn'aa commencement de la draperie.
(I) Tome IV, depuis la pi. I jusqu'à la VIII ^ tome V, depuis la pi. I jusqu'à la IV.
qui ne t'ecifieot pat trop wi^pttdHtifOS.
^ Dtnt cetni^^ëiviieiil « ^ ait;|iiM; pplnp It style. * et pow la'jBsiiiirè, W eoii^jpl^ imé «ttentlett ^1^^ il|^^i^
^wm le «lod^e 'da duq^it^ «m^^ ,pl«ieéi t-ûn sur i'ÉipM, eoiimei«'i% étmeotrtaipGi 4^o&
ntkènû^êB. AnisîTélétàuàir tlela fiaioÉaD^ t^ que l'evigeût le bçpmn et la miilii|£eité des petiu plau qui était . consacrée par Tusage^ ont été obtenues au moyen d'un parti infiniment conyenable pour l'objet. Les rits de la religion payenne ordonnaient d'accumuler ainsi sur les autels des Dieux les offrandes des dévots. Qui sait À ce n'a pas été là le motif pour lequel on a donné le nom ai autels a ces foyers éleyéâ aussi haut ? Caltum , akare).
(i) Tome IV, page 34 > n. (i); page 35, n. (i). (!»; Mjme tome , page .35 et »uiv.
n eU eertaio qu^ n'y a pas d'antre image qui soit phis propre que le candélabre , qui est ici gravé* k nous expliquer ces phrases latines siruere on cumulare altaria donis y que le poêle employé pour exprimer la quantité de dons placés sur ces foyers, et comment on les y amoncelait^ de manière cependant que tous s'y soutinssent (i).
Si nous considérons les feuilles de chêne qui couvrent ces calathi et les glands qui sont autour de leurs bords, nous croirions que le candélabre est consacré à Jupiter^ si nous nous attachons anic bas«reliefs^ nous }e jugerons consacré k Apcdion et à Hercule. Peui^tre que ces emblèmes ne sont rien autre chose qu^une ima^naûon de l'ardste ^ qui les aura ilhités d'après les travaux les {4ns an^ tiques ? On doit observer que Tautel d'un autre csndélabre , qui offre dans ses bas-reliefs la même fable, porte aussi sur sa base des ^rmboles bac^ chiques sculptés ^ dont on ne comprend pas le rapport avec les £sibles d'Apollon et dUercule (2)4
(i) Virgile, Aen. , liv. V, v. 54-*
Strueremque suis altatia donis.
et liy. XI , V. 59 1
• • . • • Cumulaique altaria donis.
(a) Je parle An bel autel de la Galerie de Dresde. Cet autel a du servir de base k na candélabre. La ressem* blance de ces bas-reliefs avec ceaz da monument qne nous expliquons m'a engagé à en faire graver un dessin dans les planches de supplément à la fin de ce tome« Quant aa mélange des symboles appartenans à divers Dieux y on pourrait dire que les candélabres, quoique
Musée Pie-CUm, VoL VII. 1 5
Les trou figures qni ornent les côtés de cette I)»se rriangiilaire rcprésenleDt la dispute d'Apollon et d'Hercule au sujet du irepied de Delphes. Le fîls de Jupiter et d'Antooine alla consulter la Pythie sur une maladie qui l'alDigeait , oiais la prophctesse d'Apollon fut sourde h sa demande , et le trrpied' qui rendait des oracles resta lunet. Hercule se mil en colère , et ayant pris le trépied sur ses épatdes , il l'emporta. Apollon accourut à la défense de son oracle , et poursuivît le voleur. La dispute entre deux fils de Jupiter, un Dieu et un mortel, semblait devoir offrir un succès iucertain , quand les Déesses qui s'iutéiessaient aux combattans , se mirent eutre-eux pour les appaiser, ou selon d'autres , Jupiter leur père interrompit cette lutte par un coup de loudre(i).
dédies dans les temples à d'autres divinités^ e'taieni toujours cousidcrcs comme consacres à Apollou le Uïeu de la lumière, et dont t'cmblême est souveot un candèla- ])rc. Que l'on consulte ce que j'ai dit à ce sujet dans rexp)icatioii de* plaachci 3, 4 et jS da V volunie, et ce que j'ai priacipalemeDt fait remarqner dai» la n- (5}, page 356.
(I) Ap«llodore, 1. I[^ ch. 6, 5 a; Bjgia, FahuiaSi^ Pittianiai, lîv. IX, cb. iS. Un y aie grec peiot, Irèa-remrqnafale, da genre de ceux qu'on appelle étrutqaet, coDiervé à Rome dans la prdcieuM cottection de mon «milccbev. Gio. Gherardo De Roisi, noni montre cette fable avec d« parlicuUrile't tout-k-fait nouTelle* datai let monnmeni. Le iDJet eat la réconciliation d'Apollon et d'Hercule , m moyen de rioterrentioa de qnatre autres divinité'*, h-pen-prèt comme dans le monument qu'a va PaniiDias. Latone et Diane sont dn cité d'Apollon; Her-
tgS Ce tndt de la myduJo^e avait fourni le sujet de beaucoup d^ouyrages d'auciens ardstea. On voyait du temps de Pausanias, un bas-relief semUaUe dans le temple de Proserpîne près à^j^caccium dans TArcadie(i). Peut-être que ce montunent , très-ancien, serait Foriginid de beaucoup de répétitions de ces figures que nous connaissoiis , et toutes en bas* relief (2).
Comme elles ont été expliquées par divers andquaires^ je ne m'arrêterai que sur peu de particulari* tés. Uqe se rapporte à la figure d'Hercule. C'est une triste chose que de voir comment dans la science des andquités, il arrive que/ souvent une opinion juste et bien fondée est combattue , tandis que d'autres toutes firi voles et invraisemblables qu'elles
cnre et Minerre sans armes , sont du cêté d'Hercule. Noos donnerons dans les planches de sapplëment h la fin de ca Tolome le dessin de ce monament rare el cnrieux* (i) Liv. Vni, ch. 37.
(2) En entre de celle du Masée de Dresde^ dbnt nons venons de parler , il j avait deux bas-reliefs semblablea dans la Villa Albani, nn desquels est présentement à Paris j et que j*ai expliqué dans le Musée Français , tome Kl y 4< cahier. Un antre, qui de la Laconie était ( passé à Cjthire on Cerigo , et delà à Venise dans le Musée Nani/a été expliqué par le P. Paciandi dans les Monumenia Pehponnesia, tom. I, page XXXIII e ii4* Un groupe représentant Hercule qui enlevé le trépied se trouve aussi dans le tome II de cet ouvrage , pi. V^ dans la description on indique d'antres mouumens où la même fable est représentée. Il est cependant une médaille , inédite , en argent , frappée h Thibes , dont le type est un Hercule enlevant le trépied. J*en donnerai le dessin à la fin du volume.
soient, parvienoeut à séduire quelques lecteurs plus corieus de nouveautés que de vérités. Winckelmaun avait déjà remarque avec autant de sagacité que d'exaclilude, que l'arc qui était dans la main d'Hei^ cule, difîereût de celui d'Apollon, était l'arc de» Scythes (i); à la vérité il n'a pas (àié un passage, de Strabon qui eut pu confirmer sa conjecture. Actuellcmeut M. Beckcr, antiquaire allemand fort estimable, frappé de ladissemlilance des deux arcs et par ta forme irrégulière du premier, a cm que dans le bas-relief de Dresde le fils d'AIcmèue ne tient pas de la main gauche un arc , mais le serpent de bronze qui servait de support au trépied (a). Cependant l'arc d'Hercule était assez fameux: îl est donne souvent h ce héros dans ses images: et îl ne pouvait pas manquer ici, puisqu'on voit uu carquois suspendu à son côté. Puur dissiper toute ambiguïté, je citerai la description que Strabon nous a laissée de l'arc des Scythes , arme à laquelle le géographe compare, k cause de sa figure , le rivage du Pont Euxîd. Après avoir dit que la live méridionale, qui s'étend presque en lîgoe droite, peut donner une idée de la corde de l'arc , il {^oute que le bord opposé , c'est-à-dire celui au septentrion, ressemble par son Inflexion au bois, ou, comme diaûentles anàens, à la corne de l'arc Im-méme,
<i) Description despierres gravées de Stosch, p«g-a77.
(a) Angusteum^ pi. 5^ dan* cet ouvrage lei bai-relieft A» cet «utal ont été -giavé* ar<c batncoup â'«lègxnce, «a trois planckc*.
»97 jilbsram partent oùtmU conférant , quod habeat
dupUcem Jlexum , superiorem magis rotundum, inferiorem ntagis rectum (i). Oq ne peut faire une description plus exacte de Tare que Ton voit dans la main d'Aldde sur dea basHrefieft semUabies.
La figure du prfttre ou du prophète de Delphes, peut être prise par quelquea-mis pour cdle de Jupiter ; mais Tantel de Dreade qui est par reil à celui-ci , nous présente deux peisonnages ^é* tus et coiffés de la même manière , et leurs attributs, comme leur action > les font recoiiiiiâtre pour des ministres du temple (a). Le personnage de Tau-
(i) Lîv. H y page ia5.
(2) L'on^ dans la compagnie d'une prêtresse^ qai est probablement la Pythie ^ est occupe à orner à'insulaeon viitae la tîge d'an candélabre snr lequel est placée une espèce de torche composée de bagne lies liées ensenrble, funalia, qui étaient ordinairement enduites de poix ou d'autres résines combustibles. Au^usteum, pi. 6; M. Bccker a pris ce candélabre pour un carquois. Mais qu'a de commun avec un carquois la coupe ou le petit pfait qui est au dessous? Le même antiquaire a bien remarqué sur l'antre face ( plan. 7 ) que le prêtre ou ministre sacré a dans ses mains une espèce de balai propre Ji nétojer le temple et ses omemens. Gomme cette particularité est assez remarquable daiU les monumenS; \t suis bien aise d'indiquer ici quelques passages de l'/one d'Euripide , ou il est fait mention de ce meuble que le poëtc met ^ comme a fait l'artiste^ dans la main des ministres dn temple. Ce sont les vers 79, io3 etsuiv., iisetsuiv.^ i44 etsniv. de cette tragédie dans laquelle il parle de balais faits avec des brandbies de laurier» Mais celui du bas-relief
tri que nous cspliquons semble crier au voleur, et se plaiodie du aaciilège commis.
Le travail daus ces bas-reliefs est exécuté dans le goût des sculptures grecques les plus aucieu-v ces , celui que le vulgaire appelle étrusque. Uii vuit de la liuesse et de l'élcgaucc daus les parties qui sont restées lutactes : il en est de luêoie des feuillages daus celles où elles ne sont pas uiutilées ou reparées. ïl est assez probable que ce muuumcut □uus présente nue iiuiiaiion de quelque candélabre fameux exécute dans la Grèce à une époque assez reculée et antérieure à celle de la plus gvaude perfection de i'arl (1).