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INSTRUMENTS, EN SILEX, DES ALLUVIONS

A l'époque chelléenne, a succédé l'époque moustérienne. Pendant ces deux époques, fort longues, il s'est formé de grands dépôts d'alluvions tluviatiles, graviers, sables et limons. Les alluvions moustériennes sont certainement plus abondantes encore que les alluvions chelléennes. Pendant le dépôt de tout cet ensemble, l'industrie s'est peu à peu modifiée et a fini par se trouver tout à fait transformée. Le grand instrument unique, instrument à tout faire, s'est successivement dédoublé et a été remplacé par plusieurs autres formes, telles que la lame, la pointe et le racloir. L'instrument chelléen pourtant a persisté encore fort longtemps. 11 diminue en nombre très lentement. Seulement, à l'époque chelléenne pure, il règne en maître absolu; à la fin de l'époque moustérienne, il a tout à fait disparu, mais entre ces deux extrêmes on retrouve tous les intermédiaires. Parmi les instruments chelléens, figurés dans les planches précédentes, certainement il en est quelques-uns qui doivent être rapportés à l'époque moustérienne. Nous n'en donnerons donc pas de nouvelles figures.

61. — Grand éclat moustérien, en silex, ballastiére du Grand-Bruneval, près de Beauvais (Oise). Forme, par le côté du dos, voisine de celle de l'instrument chelléen, mais n'est taillé que sur une seule face. Ces grands éclats sont assez répandus. Ils ont été parfois appelés types LcvaUois. parce que les alluvions de Levallois (Seine) en ont fourni un certain nombre. Récoltes Fenet. (Musée de Saint-Germain, n" 22650.)

Gihis. — Coté inférieur de la pièce précédente, montrant la face d'éclatement, sans retouches. On remarque le plan et le point de frappe, ainsi que le conchoïde de percussion avec son éraillure. Seulement, le coup a été si net et si vigoureux que le point de frappe présente un petit cône et que les éraillures se développent en radiant à droite et à «rauciie.

62. — Pointe moustérienne, sans retouche, en silex. Dans les alliivions, sous les murs du Carré-des-Six, à Abbeville (Somme). Récoltes Bouclier de Perthes. (Musée de Saint-Germain, n° 18882.)

62bis. — Face inférieure, toute unie, de la pièce précédente. On remarque le plan et le point de frappe, ainsi que le conchoïde de percussion et son éraillure. La face supérieure nous montre un conchoïde de percussion en creux.

6}. — Pointe moustérienne parfaitement retouchée sur la face supérieure et tout au pourtour, sauf à la hase. Silex; dans les alluvions du fossé de la Porte Mercadé, Abbeville (Somme). Récoltes Boucher de Perthes. (Musée de Saint-Germain, n° 18881),

6^bis. — Face inférieure unie de la pièce précédente. Les n"' 62 et 65 montrent les deux extrêmes des pointes moustériennes comme travail simple (n" 62) et comme fini de retouches (n° 63).

64. — Pointe moustérienne, silex, sablières entre Neuilly et Clichy (Seine). Parfaitement

retaillée sur les deux grands bords latéraux. Grandeur ordinaire. Les précédentes étaient de dimensions exceptionnelles. Récoltes Reboux. (Musée de Saint-Gennain, n" 7186.)

64?;/.!. — Face inférieure unie de la pièce précédente.

65. — Racloir moustérien, silex, ballastière de Montguillain, commune de Goincourt

(Oise). Éclat de silex, avec sa croûte naturelle, soigneusement retouché d'un seul côté et sur un seul bord. Récoltes Auguste Baudon. (Musée de Saint-Germain, n° 18775.)

6shis. — Face inférieure du racloir précédent, toute unie, avec conchoïde de percussion.

66. — Lame de silex, large et épaisse, des sablières de Levallois (Seine). Les bords sont

irrégulièrement crénelés par suite des chocs subis au milieu des alluvions. Récoltes Reboux. (Musée de Saint-Germain, n" 7193.)

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