PLANCHE XII
aUATERNAIRE — xMOUSTÉRIEN POINTES DES STATIONS ET DES CAVERNES
Un des types les plus caractéristiques de l'époque moustérienne, en fait d'instruments, est la pointe taillée d'un seul côté et à un seul bout. L'extrémité inférieure présente le plan de frappe et le concho'ide de percussion à l'état brut. Ce conchoïde se développe sur le côté non taillé, qui offre la face d'éclatement toute lisse, sans aucune retouche. Les bords seuls sont plus ou moins retouchés sur les côtés et se terminent au sommet en pointe.
Ces pointes moustériennes étaient-elles emmanchées? La plupart des paléoethnologues prétendent que oui. Je crois que non. A la rigueur, il était possible de les fixer à un manche, soit poignée de poignard, soit hampe de javelot ou de lance. Pourtant l'épaisseur et l'irrégularité de la base, surtout la présence du conchoïde de percussion, rendent l'emmanchure difficile et peu pratique. Je pense qu'au lieu d'être des armes, ces pointes étaient des outils pour percer, couper, scier, racler, etc. Outils se maniant très bien à la main, saisis par la base entre le pouce allongé sur le côté retaillé et l'inde.x replié du côté opposé, autour du conchoïde de percussion.
67. Pointe moustérienne, en sile.x, face avec les arêtes de taille, bords latéraux légèrement retouchés, base brute et épaisse, avec plan de frappe. Le Moustier, commune de Peyzac (Dordogne), localité typique qui a donné son nom à l'époque. Récoltes d'Éd. Lartet et Henry Christy qui, les premiers, ont signalés ce gisement. (Musée de Saint-Germain, n° 3320.)
b-his. — Face d'éclatement de la même pièce, restée plane et lisse, avec conchoïde de percussion. On voit à la base le plan de frappe. L'éraillure est tout à fait latérale.
- Pointe moustérienne, en silex, face à arêtes et retouclies; base brute et très épaisse. Station en plein air de Chez-Pourré, coinmune de Brive (Corréze). Les échantillons de cette station sont en général beaucoup plus petits que ceux du Moustier. Récoltes Élie iVlassenat et Philibert Lalande, qui ont découvert et exploré cette station. (Musée- de Saint-Germain, n° 9150.)
- Autre pointe moustérienne, en silex, analogue à la précédente et de la même provenance. On voit bien le conchoïde de percussion en creux. (Musée de Saint-Germain, n' 8580.)
- Pointe moustérienne, en silex, de la grotte dite Trou du Renard. Soyons (Ardèche). Cette pièce a les faces supérieure et inférieure très patinées. Les retouches du bord le sont beaucoup moins. Elles sont donc plus récentes, bien qu'anciennes, puisqu'elles sont en partie recouvertes d'incrustations calcaires. Cela prouve qu'à l'époque du Moustier on a retaillé des outils déjà fort anciens. Récoltes Ludovic Lepic. (Musée de Saint-Germain, n" 18327.)
. — Face plane, de la pièce précédente, a\-ec forte patine et incrustations, montrant le plan de frappe et le concho'ide de percussion.
- Pointe moustérienne, en silex presque calcédonieux, de la grotte de l'Hermitage, à Lussac-les-Chàteaux (Vienne). Face retouchée. Le bord droit est plus arrondi et plus retouché, ce qui montre que l'instrument devait servir de racloir aussi bien que de perçoir. Récoltes G. de Mortillet. (Musée de Saint-Germain, n" 12292.)
- Pointe moustérienne grossière, en schiste siliceux rubané, de la grotte de Néron. Soyons (Ardèche). Récoltes Ludovic Lepic. (Musée de Saint-Germain, n" 18334.)
- Pointe moustérienne, en silex, des plus petites. Station en plein air de Fontaine- Sauve, commune de Vic-de-Ciiassenay (Côte -d'Or). Récoltes Hippolyte Marlot. (Musée de Saint-Germain, n' iî=;84.)
PLANCHE XIII aUATF.RNAIRE — MOUSTÉRIEN