SÉRIE DES ÉLÉPHANTS
Les éléphants sont les mammifères terrestres quaternaires les plus faciles à étudier. Étant les plus gros, leurs ossements ont mieux résisté aux diverses causes de destruction et, lorsqu'on les découvre, ils attirent davantage l'attention. Aussi sont-ils très répandus, non seulement dans le sol, mais encore dans les collections. Les dents sont les parties les mieux conservées, les plus communes et en même temps les plus caractéristiques. Ces diverses considérations nous ont décidé à grouper sur une même planche une molaire de chacun des trois éléphants qui ont vécu en Europe, depuis le tertiaire tout à fait supérieur ou saintprestien, jusqu'à la fin du quaternaire.
Les dents d'éléphants sont toutes d'épaisses et longues molaires, composées d'un plus ou moins grand nombre de lames juxtaposées. Ces lames sont formées d'une substance intérieure, nommée dentine, entourée d'émail. Elles sont liées les unes aux autres par de la substance cémenteuse. Les sommets de ces lames, faiblement mamelonnés et assez irréguliers, comme digités, se perdent dans la substance cémenteuse, de sorte que la couronne des dents intactes est unie et assez régulièrement arrondie.
Par la détrition ou l'effet de la mastication le sommet des lames des dents d'éléphant s'use assez rapidement, et la surface plane, plus ou moins oblique, laisse voir au milieu du cément la coupe de la dentine, entourée de son cordon d'émail. D'après la largeur de la lame, l'épaisseur de l'émail, la forme du ruban. on peut déterminer assez facilement l'espèce d'éléphant à laquelle appartient la dent.
Les tiois principales espèces d'éléphants européens sont :
L'Elepbas meridioiialis. le plus ancien, qui caractérise le tertiaire supérieiu'.
L'Elephûs antiquiis, qui a peut-être commencé à la fin du pliocène, mais qui est caractéristique du quaternaire le plus ancien ou chelléen.
L'Elepbas primigenins ou mammouth, le plus récent. Il a succédé à Yaiitiqiins et s'est maintenu pendant tout le quaternaire.
Les trois molaires, représentées planche XV, sont demi-grandeur naturelle.
87. — Avant-dernière molaire inférieure de droite de Y Ekphas primigcnitu ou mammouth.
Les lames sont plus étroites et, par conséquent, plus nombreuses que dans les deux autres espèces. Les cordons d'émail très minces, forment seulement des lignes ondulées, mais pas sinueuses. Cet éléphant se rapproche de celui d'Asie.
88. — Avant-dernière molaire inférieure de droite de YEkphas dutiqitns. Comme caractère
général, la dent est plus retrécie, ce qui lui donne un aspect plus allongé. Les lames plus grosses et moins nombreuses que celles de la dent du mammouth, sont pourtant moins épaisses que celles du mcridioitalis. Le cordon d'émail est aussi plus large que celui du premier de ces éléphants et moins large que celui du second. Il forme des sinuosités, au lieu de représenter un ruban; il a une tendance à prendre la forme de losange, qui est caractéristique de l'éléphant d'Afrique.
89. — Avant-dernière molaire inférieure de droite de Y Elcphas mciidionalis. 11 est caractérisé
par l'épaisseur générale de la dent, la grosseur des lames, l'épaisseur du cordon d'émail et surtout l'irrégularité de ses sinuosités.
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PLANCHl: XVI
MOUSTÉRIEN ET SOLUTRÉEN