TERMES DE COMPARAISON ETRANGERS
Dans les planches qui précèdent, concernant le quaternaire, j'ai pris les types des diverses époques en France, parce que c'est en France, et en France seulement, du moins jusqu'à présent, qu'on a bien défini ces époques. Mais elles se sont étendues, on peut dire, sur le monde entier. Pour le démontrer, j'ai groupé, dans la planche XX, des échantillons de localités fort diverses.
127. — Instrument chelleen ou coup de poing, sile.x. Hoxne, Suflfolk (Angleterre). Trou-
vailles John frère, en 1799. (British Muséum). Cet échantillon a conservé sur le côté, vers la base, une large surface plate et, par derrière, un peu de la croûte arrondie du rognon, condition des plus favorables pour l'empoignure. Il était donc fait pour être manié à la main. Depuis la constatation des découvertes de Boucher de Perthes, les instruments chelléens ont été recueillis en abondance dans les alluvions quaternaires de la Grande-Bretagne, dans des conditions semblables a celles de la France. Mais a Hoxne, le gisement est un peu ditlérent. Les instruments chelléens se trouvent dans un petit bassin lacustre, superposé au boulder-clay ou argiles glaciaires à blocs de roches du nord. Les instruments d'Hoxne sont donc de la lin du chelleen ou du commencement du moustérien. 2/3 grandeur.
i2-]bii. — Prohl de l'instrument précèdent. 2/3 grandeur.
128, — Instrument chelleen, des alluvions quaternaires de la vallée de la Delaware, en
aval de Trenton, New -jersey (Amérique du Nord), vers le 40" degré de latitude nord. (C. C. Abbott : The stoiw âge in Ncw-Jcrscy, page 249, figure 4.) Le type chelleen, recueilli dans le nord de l'Afrique, dans l'Asie occidentale, dans l'Inde en place au milieu du quaternaire, a aussi été signalé dans les alluvions quaternaires de l'Amérique du Nord, non seulement dans le bassin de la Delaware, mais encore bien plus à l'ouest, dans le centre du continent, bassin du Boidger, vers l'angle sudouest de Wyoming, à 2,000 mètres d'altitude, également vers le 40" degré de latitude nord. 2/5 grandeur.
:2t.). — Pointe moiistérienne en silex. Ombrie (Italie). Récoltes Bellucci. (Musée de Saint- Germain, n" 17246.) M. Bellucci avait recueilli une nombreuse et belle suite de pointes moustériennes, provenant de divers points de l'Ombrie, surtout des environs de Pérouse, mais toutes récoltées à la surface du sol ; quant enfin, il a découvert deux gisements en place, dans le quaternaire de S. Egidio et de S. Angelo di Celle. Ces gisements n'ont fourni que des types moustériens en fait de pointes. Grandeur naturelle.
30. — Pointe mousterienne, en silex, des alluvions quaternaires de Higli Lodge Hill, à trois kilomètres de Mildenhall (SufTolk). (John Evans : Anciciit stoiic hnpkiucnts of Gicdt Bn'/diii. page 493, figure 42s). Les alluvions quaternaires de l'Angleterre, comme celles de la France, contiennent de nombreux silex taillés appartenant aux formes moustériennes. Demi-grandeur.
51. — Racloir moustérien en silex. Ombrie (Italie). Récoltes Bellucci, aux environs de Pérouse. (Musée de Saint-Germain, n° 17244.) Pointes et racloirs moustériens ont été signalés sur de nombreux points de l'Italie : environs d'imola, par M. Scarabelli; vallée de la Vibrata, par Concezio Rosa; Napolitain, par M. Nicolucci, etc. Grandeur naturelle.
32. — Pointe de javelot, en silex, trouvée par M. Thurnam, dans un barrow ou tumulus de Winterbourn Stoke, a deux kilomètres de Stonehenge (Angleterre). (J. Evans : Auciciit stoiic impkments, page 330, figure 275.) Forme se rapprochant beaucoup de celle de Solutré, mais de la fin de l'époque robenhausienne. Du reste, le véritable solutréen a été découvert en Angleterre, parM. J. Magens Mello, dans les grottes de Creswell. Grandeur naturelle.
133. — Pointe de flèche à pédoncule et cran, analogue a celles du solutréen, mais recueillie à la surface, avec beaucoup de robenhausien et du moustérien, par Concezio Rosa, vallée de la Vibrata (Italie). (Musée de Saint-Germain, n" 19 136). Face inférieure retouchée. Grandeur naturelle.
1336/5. — Face supérieure de la pièce précédente.