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SILEX ET QUARTZITES MIOCENES ET PLIOCENES DE PORTUGAL

M. Carlos Ribeiro, directeur du relevé géologique du Portugal, a publié en 1871, sous le titre de Dcsiiipçdo de algiins silex e quart ^ites laser.dos iiicoiilrados lias caiiiadas dos teneiios terciario e qiiatentario. un mémoire sur des silex et quartzites taillés, provenant du tertiaire de la vallée du Tage. Fier, à juste titre, de sa découverte, M. Ribeiro porta, en 1S72, une partie des pièces recueillies, au Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques de Bruxelles. Ces pièces ne furent pas examinées avec toute l'attention qu'elles méritaient. Le géologue portugais ne se découragea pas. En 1878, il produisit, à Paris, une nouvelle série, à l'Exposition des sciences anthropologiques. Elle contenait au moins vingt-deux silex ou quartzites, portant des traces certaines d'un travail intentionnel. Le fait a été constaté par de nombreux visiteurs, auxquels M. Cartailhac et moi les avons montré.

Reste la question de gisement. Ces pièces pioviennent de formations calcaires et surtout gréseuses, des vallées du Tage et du Sado, qui atteignent jusqu'à 400 mètres de puissance. Les couches sont disloquées et parfois soulevées jusqu'à la verticale. Ce sont bien là des terrains tertiaires. Les fossiles, du reste, établissent qu'au moins en partie, surtout dans la région d'Otta, ces dépôts sont miocènes supérieurs, de l'étage tortoiiien. Des plantes déterminées pai' iM. O. Heer et des animaux étudiés par M. Albert Gaudry, parmi lesquels abonde l'hipparion, le prouvent de la manière la plus certaine. Un silex taillé a été trouvé en place, dans les couches d'Otta, par les membres du Congrès de Lisbonne.

La planche 111 contient la tïgure, grandeur naturelle, sur les deux laces, de quatre échantillons, recueillis par M. Ribeiro. Les trois premiers, dessinés d'après des photographies communiquées par M. Cartailhac, le quatrième d'après nature.

15- — Face inférieure d'un éclat de silex, avec larti;e plan de frappe et conchoïde de percussion, en grande partie masqué par une forte éraillure. Base du Monte-Redondo, à Otta. (Collection de l'Académie des sciences de Lisbonne.)

i-^bis. — Dos du n" 13. fort intéressant parce qu'il prouve que l'échantillon pros'ient bien des couches de grès tertiaire d'Otta. En effet, sur le plan de départ du milieu de la pièce, il reste encore quelques petits débris de grès. Sur le côté gauche, dans l'intérieur du conchoïde en creux. — preuve évidente de taille intentionnelle, — il y a aussi un fragment de grès à gros grains, en tout semblable au grès des couches de la base de Monte-Redondo.

14. — Éclat de silex, dos, provenant du miocène de Espinhaço de Cao, d'après une

photographie. (Collection de l'Acaiiemie des sciences de Lisbonne.)

i4/i;'v — Face inférieure du n" 14. On reconnaît parfaitement le plan et le point de frappe, ainsi que le concho'ide de percussion avec son éraillure.

15. — Éclat de silex, face inférieure ou de départ, surmonté de son plan de frappe.

Concho'ide de percussion très marqué, avec son éraillure. D'après une photographie. (Collection de l'Académie des sciences de Lisbonne.)

I [;;,;,(. — Côté du dos de l'éclat de silex n" i^, avec trois plans de départ, portant des traces d'incrustations calcaires.

16. — Éclat de quartzite, provenant du pliocène de Barquinlia. Face inférieure ou de

départ, surmontée du plan et du point de frappe, avec concho'ide de percussion et éraillure. Récoltes Ribeiro. (Collection de l'École d'anthropologie de Paris, Musée Rroca.)

ibhis. — Côté du dos de l'éclat de quartzite précèdent, présentant un creux très net de concho'ide de percussion.

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PLANCHH IV

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os INCISÉS DES FALUNS

En même temps que Bourgeois signalait les silex taillés et brûlés de l'aquitanien de Tlienay, son ami et collègue au collège de Pontlevoy, M. Delaunay, montrait des os d'un cétacé fossile, l'halithérium, portant de profondes incisions. Ces os avaient été recueillis dans une assise de falun, analogue à celle marquée B dans la couche de Thenay, figure i , planche I de notre Musée. Ils appartiennent donc à une formation supérieure à celle qui contient les silex, et font partie de l'étage mayencien. miocène moyen. Ces incisions luicnt présentées comme l'œuvre de l'homme. Elles produisirent beaucoup plus d'effet sui' les membres du Congrès que les silex de Bourgeois. Mais bientôt après. M. Delfortrie ( i8(n)) démontra que les ossements fossiles tertiaires de Léognan (Cironde) étaient aussi diversement incisés. Les incisions varient suivant la nature des dents de poissons carnassiers, auxquels les os sont associés. Ainsi, quand avec les os fossiles il y a des dents de Sargi/s serratiis, dents comme pectinées, garnies longitudinalement d'une série de pointes, les os portent des incisions parallèles, rapprochées, répondant bien à la série des pointes. On doit en conclure d'une manière générale que les incisions sur ossements fossiles des formations marines, sont l'œuvre, non d'un être intelligent, mais bien de grands poissons carnassiers. C'est, en effet, maintenant l'opinion généralement admise.

17. — Fragment de cote d'halithériiim des faluns de l'Anjou, prés de Pouancé (Maine-et- Loire), avec trois ou quatre incisions à la surface. Récoltes Delaunay. (Musée de Saint- (iermain, n" 9210.) M. Tournouër a montré, à la Société géologique de France, un autre os d'halithérium , venant de la même région et du même niveau, beaucoup plus incisé encore. M. Farge en a aussi montré un à la Société géologique, recueilli à Chavagnes-les-Eaux, dans la formation des faluns de r.Anjou 11 portait des incisions

très nombreuses et très profondes. Ni l'un ni l'autre de ces présentateurs n'a attribue les incisions à l'homme.

18. — Autre fragment de côte d'halithérium des faluns de Pouancé, avec profondes inci-

sions. Récoltes Delaunay. (Collection de l'École d'anthropologie de Paris, Musée Broca). C'est l'un des deux échantillons montrés au Congrès international d'archéologie et d'anthropologie préhistoriques, Paris, 1868. Il produisit d'autant plus d'effet que plusieurs incisions présentent des reprises. Ainsi, la première à droite fait un angle au milieu. La seconde et la troisième se coupent en croix. Des dents, dit-on, auraient laissé des empreintes continues, sensiblement rectilignes. C'est bien pour ce qui concerne les dents fixes des mammifères, mais les dents des squalo'ides, grands poissons carnassiers marins, sont mobiles et, par conséquent, peuvent faire des incisions en sens divers.

19. — Dent àt Charrarodou mcgnlodon , grand squaloide fossile, faluns des environs de

Combrée (Maine-et-Loire). Récoltes Bourgeois. (Collection de l'Ecole d'anthropologie de Paris. Musée Broca.) Les dents de charcarodon et autres squalo'ides sont abondantes dans tous les faluns. On en trouve beaucoup à Pouancé, comme à Chavagnesles-Eaux. Au contraire, il ne s'y trouve point de silex taillés, ni même de silex naturels tranchants. Il est donc tout naturel d'admettre que les grandes dents son; les outils qui ont fait les incisions, et que l'ouvrier était l'animal armé de ces dents.

\^)hli. — 'Vue de profil de la dent précédente.

Toutes les figures de cette planche sont de grandeur naturelle.

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