LE GRAND
Tableau de Rubens.
En 390, le gouverneur de Thessalonique ayant été tué dans une sédition, l'empereur Théodose, malgré la promesse qu'il avait faite à saint Ambroise de pardonner aux coupables , ne sut pas résister aux perfides conseils de quelques courtisans , et , par son ordre , sept mille bommes furent inhumainement égorgés.
A cette nouvelle le saint archevêque , pénétré de la plus vive douleur , s'éloigna de la ville pour laisser à l'empereur le temps de se repentir et de faire pénitence : il lui écrivit , du lieu de son exil volontaire , une lettre des plus touchantes , et ne revint à Milan que loi*squ'il put présumer son retour utile au salut de son^ monarque. Théodose s'étant présenté pour assister aux, divins mystères , Ambroise se rendit au devant de lui sous le portique du temple, lui en défendit l'entrée avec autorité , et lui rappela qu'aux yeux de Dieu le prince et le sujet , pétris du même limpn , doivent éga* Iement>expier leurs fautes, et purifier, avant de les élever vers le ciel , les mains teintes d'un sang injustement répandu. La fermeté du pontife toucha le prince qui se retira sans murmures , fit pendant huit mois une sévère pénitence, et n'oublia jamais la faute irréparable qu'il, avait commise et la sainte résistance du courageux Ambroise.
Le tableau de Kubens, que possède la galerie de Yienne, est d'un brillant efiet de couleur : les costumes, d'une él^nte richesse et d'une gracieuse variété, sont traités avec le plus grand soin , et les expressions des différens personnages habilement nuancées suivant leur position.
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