REÇOIT LA COMMUNION
Tableau de Zampieri dit le Dominicain.
Sàikt Jér6me.« qu'on peut à juste titre regarder comme un des plus sayans docteurs de l'éfflise latine , naquit à Strinonium« en Pannonle , yers Tan 33 1. 11 se retira en 270 au monastère d'Aquilée : mais, obligé de rentrer dans le monde, il yisita les lieux saints, s*arréta quelque temps à Antioche, et choisit enfin pour sa demeure un affreux désert entre la Syrie et TArabie. 11 y passa quatre ans adonné aux plus sérieuses études « et toujours yainqueur des tentations yiolentes que suscitait dans son esprit Fennemi de son salut. A la fin de l'an 377 il reçut l'onction sacerdotale des mains de Paulin, patriarche d'Antioche , et yint ensuite à Bethléem, où il fixa sa résidence. On le yoit en 386 se rendre à Constantinople pour se perfectionner la connaissance des saintes écritures , et en 38 1 à Rome , où le pape Damase l'emploja dans les affaires les plus importantes de l'église. A la mort de ce saint pontife , en 384 * il quitta Rome, arriva à Jérusalem au milieu de l'hiver de 385, visita la plupart des monastères de l'Egypte « et se fixa de nouveau à Bethléem. 11 j bâtit un hospice pour les pèlerins , et s'occupa dès lors, jusqu'à la fin de sa vie, de la composition des ouvrages si remarquables qui transmettront son nom à la postérité la plus reculée : il y mourut le 3o septembre 420.
Quelques historiens ayant avancé que saint Jérôme , au moment de sa mort , avait reçu le saint viatique dans l'église de son monastère, D. Zampieri (le Dominicain) s'est emparé de cette idée , et a composé ce magnifique tableau , que notre Poussin .plaçait entre la Transfiguration de Raphaël (n». i35) et la Descente de croix de Daniel de Volterre (n<>. i58). Il le peignit pour l'église de Saint-Jérôme-de-lâ- Charité à Rome , et, chose incroyable, ne reçut pour honoraires que la modique somme de 260 francs.
De nombreuses gravures, parmi lesquelles on remarque celle d'Alexandre Tardieu , ont répandu ce chef-d'œuvre et donné une faible idée detl'impression qu'il produit : tout est vrai , noble, convenable dans celte composition : l'ordonnance en est simple, l'action bien rendue : rien d'inutile n'éloigne les regards de ce corps usé, de cette tête noble dans le décrépitude, de ces bras que la faiblesse attire vers la terre, et qui ne peuvent plus répondre à la volonté qui les soulève à peine, pour les porter vers le ciel. Un homme coiffé à l'orientale, et qui sert à désigner le lieu de la scène, semble partager l'attendrissement causé par cette touchante cérémonie.
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