CONFIRME LES STATUTS DES CHARTREUX
Tableau de Le Sueur.
L'AusT^RiTé des mœurs , l'assiduité au travail , l'observation du silence et la ferveur dans la prière distinguaient particulièrement Jes religieux établis sous la conduite de saint Bruno; il serait difficile de se former une idée du spectacle admirable qu'offrait leur communauté. Le travail ordinaire était la culture des champs , à laquelle ils faisaient succéder une occupation moins
r'nÎDle , par exemple la transcription des livres saints : bénéfice qu'ils en retiraient fournissait à l'entretien de la maison. Ils suivirent ce genre de vie sans avoir de règle écrite , car on ne peut admettre qu'ils aient adopté celle de saint Benoit , dont la leur s'éloigne en trop de points importans. Ce ne fut qu'en 1 228 que Guignes , cinquième prieur de l'ordre , fit recueillir un abrégé des statuts , approuvé ( ainsi que les additions des chapitres généraux), par Innocent XI, en 1688. C'est là ce qu'on peut appeler la règle des Chartreux.
Le Sueur a supposé que saint Bruno , voulant témoigner sa soumission pour le saint siège, fit présenter à i'ap- Srobation du souverain pontife Victor III , les statuts e l'ordre qui , lus en présence de quelques membres du sacré collège, paraissent exciter leur admiration. Les historiens de saint Bruno ne disant rien de cette circonstance assez remarquable cependant, puisque de cette époque daterait l'institution canonique de l'ordre des Chartreux , il est permis de la regarder comme une supposition qui n'a d autre mérite que d'avoir donné lieii à un tableau fort remarquable. Seulement l'architecture est , comme dans la construction du monastère , sans rapport avec les usages du 11*. siècle.
[,&sueur p.