DONNE L'UABIT A UN NOVICE
Tableau die Le Sueur.
La réputation de ferveur et de piété que le nouveau monastère avait acquise en peu de temps , ne tarda pas à se répandre et à 'porter ses truits. Les nabi tans des villes voisines se rendaient au milieu de ces hommes exemplaires et les quittaient dans Tadmiration de ce qu'ils avaient vu. Dès le mois de septembre 1084 * ^^^^ cliaite de saint Hugues avait défendu aux femmes l'entrée dans les terres des religieux visitées sans cesse par un grand nombre de pèlerins. Paimi ceux qu'une pure curiosité y attirait, quelques hommes, appelés par la grâce , vinrent aussi, mais dans une intention bien diffé^rente. Le nombre des religieux augmenta bientôt, et telle fut la sage discrétion de saint Bruno , que les novices qu'il admit ne firent point dégénérer Fesprit de ferveur qui régnait paimi ses frères. Tous y apportèrent cet esprit de piété qui se manifeste sur les traits du jeune néopnite prosterné devant l'autel , ce caractère de douceur empreint sur le visage du religieux qui tient le livre dans l'attente du moment où le jeune proies doit prononcer ses vœux, cet esprit d'humilité et de charité qui semble distinguer saint Bruno. N'est-ce pas à la sollicitude scrupuleuse des supérieui*s autant qu'à la séparation totale du monde, qu'il faut attribuer cette perfection d*un ordre qui, parmi tous les autres, n'a jamais été réformé, parce que seul il n'a jamais eu besoin de réforme ? Le Chartreux qu'on voit à genoux, à droite, témoigne son admiration pour le généreux sacrifice du nouveau religieux, tandis que sur la gauche le père de cet heureux novice ne peut contenir l'expression du regi'et qu'il éprouve en pensant qu'il perd en ce moment l'espoir, la consolation et le s<riitien de sa vieillesse.
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SAINT BRUNO