‹ Musée religieux (volume 2)Chapitre 63 sur 78 · LA PESTE · texte numérisé non relu

LA PESTE

Tableau de Procaccioi.

L*BommiBLB fléau de la peste désolait Rome et ses enTirons, quand saint Roch y arriva. Déjà, pendant son voyage, ta charité avait trouvé de nombreuses ocçcasions de s* exercer ; Aquapendente , Géséue ^ Rimini , avaient vu leurs mourans environnés de sa tendre sollicitude et ses prières désarmer la colère du ciel. Rome devait aussi présenter au milieu de la désolation le beau spectacle des vertus héroïques du pieux

Ï»éleriu. Rien ne rebutait son courage : il avait des soins pour es malades , des paroles de paix pour les mourans , pour tous une charité sans bornes , d'utiles conseils et de ferventes prières, (ju'il est bea'u de voir cet homme , étranger dans cette ville désolée, retrouver des frères dans tous ceux qui souffrent, recevoir leur dernier soupir, et confier à la terre leur dépouille mortelle 1 Mais aussi qu'elle est belle et noble , la religion qui peut inspirer de tels sacrifices , un pareil dévouement! On est aisément charitable quand un peu d'or semé encore avec ostentation peut satisfaire à une exigence passagère , et ajouter à l'estime et à la considération dont ou aime à se voir environné ; mais faire l'aumône de ses forces , de sa santé , de sa vie même , n*être plus à soi pour être tout aux autres , c'est l'héroïsme d'une charité qui ne peut avoir sa source que dans la pensée qui fait les saints , en leur montrant l'avenir pour récompense du présent.

Saint Roch tomba malade à Plaisance. Abandonné de tous , il se traîna péniblement dans une forêt voisine où il souffrit, d'incroyables douleurs. Il fut rendu à la santé sans aucuns secours humains , revint à Montpellier , y vécut dans les pratiques austères de la pénitence, et y mourut en odeur de sainteté. On attribue à son intercession la complète cessation de plusieurs maladies contagieuses. Sa mémoire est honorée le 16 août.

Le tableau de Procaccini est le meilleur qu*ait produit son pinceau ; il fut donné à la confrérie de saint RocK , à Ret^gio , par le chanoine Brani , et devint le pendant de celui d'Annibal Carrache , l'euanôue de saiiU Jtoch, Us sont maintenant Ton et l'autre dans la galerie de Dresde.

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1 PESTIFÉRÉS mVOQUANT St. ROGH.

Tableau de Rubens.

L'admibable dévoûmënt de saint Roch, pendant la peste qui ravageait l'Italie, les services immenses qu'il rendit aux malheureuses victimes de riiorri{))e fléau , et les miracles de protection accordés auiprièreset àla confiance de quelques malades atteints, plusieui*s siècles après sa mort , ae la contagion qui les environnait , Font fait choisir pour patron des pestiférés. Plusieurs églises de France conservent encore , avec ses reliques, le précieux souvenir des grâces < qu'elles obtinrent dans toutes les grandes calamités par l'intercession du saint, qui, pendant sa vie, s'était consacré aux soins des moribonds.

La double action que représente ce tableau , l'un des chefs-d'œuvre de Rubens, a laissé daiis l'incertitude sur le sujet qui doit être considéré comme le principal. Il a été intitulé tour à tour : saint Roch priant pour les pestiférés, et saint Roch guérissant les pestiférés* On l'a désigné aussi sous le nom de Peste dALost , parce

3u'il décore l'autel principal de l'église de Saint-Martin 'Alost. Ne pourrait - on pas dire avec plus de raison Îue l'inscription : Eris in peste patronus , montrée par .-G. sur la tablette que porte un ange, indique la mission, du bienheureîix que des pestiférés invoquent en même temps? Le sujet du tableau serait alors : Saint Roch donné'comme patron, aux pestiférés.

Le coloris de cette composition est admirable. Il est impossible de représenter avec plus de vérité la carnation des malades , variée dans chacun' suivant les degrés plus ou moins avancés de la maladie. La figure du saint, pleine de . noblesse , est remarquable par Teipressiôn parfaite de l'humilité et delà résignation aux volontés du Seigneur.

. Il existe à'Diinkerque une belle copie de ce tableau ,• peinte par J. de Reyn ,- élève de Van Dyck.

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