DISTRIBUANT DES AUMONES
Tableatt d« Hersent.
Il est pour les hommes que la fortune environne de se* fayenrs, bien des consolations inconnues à ceux dont la misère flétrit toutes les joies; mais, an milieu même de ces douceurs , en est-il de semblables k celles qui doivent remplir le cœur d*un monarque , quand , s'arrachant aux jouissances de l'opulence, il se transporte dans le sein d'une famille indigente, se fait le témoin de ses privations pour devenir le consolateur de ses peines en allégeant ses sacrifices? Il y rencontre quelquefois, un de ces vieux braves, fidèles soutiens d'un trône dont la ffloire semble leur appartenir tant ils la chérissent ; il sait alors qu'un mot va consoler sa vieillesse , faire battre plus vivement son cœur ; eh • que ce mot si doux à l'oreille qui l'écoute doit l'être à celle qui le prononce !
L'hiver de 1788, dont la rigueur et la durée causa tant de souffrances , fut pour Louis X V I l'occasion de manifester tout l'amour dont son cœur* était rempli pour les malheureux, rîon-seulement il fit alors distribuer d'abondantes aumônes , mais, pour stimuler la bienfaisance de ceux qui ne savent trop souvent marcher que dans un sentier battu par la grandeur , il abandonnait quelquefois la cOur et le faste de la représentation pour visiter la cabane des pauvres et leur porter, avec ses largesses, des paroles de bienveillance, qui les rendaient bien plus précieuses a leurs yeux. ^
Le tableau que ces touchantes scènes ont inspiré fut commandé par Louis XYIII à M. Hersent qui a placé l'action à Saint-Cyr prés Versailles , la cour se trouvant dans cette résidence à 1 époque dont il fallait rappeler le souvenir. On sait avec quelle âme et quelle délicatesse de touche M, Hersent compose et exécute ce qu'on pourrait appeler tableaux de sentiment f celui-ci est au-dessus de tout éloge. Après avoir été admiré au salon de 1817, il fut placé aux Tuileries , dans la galerie de Diane, où il est resté jusqu'à ce jour.
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