‹ Musée religieuxChapitre 12 sur 47 · FUITE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

FUITE EN EGYPTE

Tableau de Vander Werf.

Il est Êicile de reconnaître au premier aspect le sujet de ce tableau , dû au pinceau de Yander Werf : cette femme , ce vieillard ne peuvent être que Marie et Joseph, obligés de fuira la hâte devant la persécution d'Hérode $ mais on s'étonne avec raison que le peintre ait autant négligé les convenances et la vérité des costumes. C'est la remarque d'un auteur dont les travaux et les recherches nous seront plus d'une fois utiles , et dont nous nous plaisons à citer l'opinion pleine de justesse. Saint Joseph n'était pas sans doute un vieillard si débile qu'il eût besoin d'être conduit et dirigé dans sa marche. La Sainte» Yiei^e pouvait-elle, sans chaussures, faire un aussi long voyage , en portant dans ses bras son enfant , tout au plus âgé de six semaines ? Gomment, dans un pays où le soleil a tant de force, et quand on sait que les Orientaux ont toujours porté une espèce de turban , peut-on supposer que saint Joseph marchât la tête nue ? Gomment penser enfin qu'un monument grec ait pu se rencontrer dans ce pays , et surtout que ce monument fût dès lors tombé en ruines? Ge sont là autant d'invraisemblances qui ne laissent au tableau que le mérite de l'exécution ; mais , sous ce rapport , il est très-remarquable. Yander Werf, le destinant à sa fille, en avait fait l'objet d'un soin tout spécial : le coloris y est d'une beauté parfaite. Des circonstances particulières l'obligèrent à le céder à M. Yan Schuyienburg qui le paya quatre mille florins (8,640 francs). Il est maintenant au musée royal de La Haye.

rniTE EN ÊG'Sl'TE.

Tableiu Je CuiJo Iteoi, dit le Goidc.

GuiDO Rbni s'attachait surtout à peindre avec beaucoup de soin les têtes de femme : son étude le conduisit à un rai-e degré de perfection. 11 a donné à la Sainte- Vierge, dans ce tableau , une pose cliai-mante et une expression pleine de grâce et de candeur. Les draperies sont aussisimplesque vraies dans leurs détails ; tout le groupe est bien disposé , et s'il était possible de s'drrétcr à une remarque critique, elle ne pourrait s'appliquer qu'à l'enfant Jésus, qui n'avait que quelques semaines I01-5 du dépait de la, sainte famille de Bethléem, et qui parait ici âgé de plusieui-s années.

Un usage traditionnel a fait donner à ce tableau le titredefuiteen Egypte, c'est plutAt un moment de repos de la sainte famille pendant la fuite. Les voyageui-s , quand la fatigue les accablait, cherchaient un arbre pour abri , uu roch(.T pour siège , un frais ruisseau poui' se déàaltéi-er, nue praiiie poui- leur monture , et contemplaient , en méditant sur l'avenir , l'enfant qui lem- a^ ait été conUé , et pour la consei'vation duquel ils auraient affronté tous les périls, bravé tous les dangers, supporté tous les maux.

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