‹ Musée religieuxChapitre 15 sur 47 · LA VIERGE ET L'ENFANT JESUS · texte numérisé non relu

LA VIERGE ET L'ENFANT JESUS

Tableau de d'Allegri , dit le Corrége.

Cet admirable tableau , désigné dans le livret du Musée de Naples sous le titre de la Zingarella , a été copié plusieurs fois , et toujours d'une manière fort remarquable. Il est peint sur bois avec le plus grand soin , et sa conservation parfaite ajoute encore à son mérite. On ne saurait , d'après une simple gravure au trait , prendre une idée exacte de tout le charme répandu sur cette gracieuse composition : le fini du coloris , la variété des teintes , l'heureuse et savante distribution de la lumière , font ressortir davantage tout ce qu'il y a de pur et de gracieux dans cette pose si naturelle de la mère de Dieu, dans cet entier abandon de son divin fils, reposant avec tant de calme entre ses bras.

M. Fairholme , de Londres, possède une copie de ce chef-d'œuvre, qu'on ne peut attribuer au pinceau d'un copiste vulgaire ; de notables différences doivent faire supposer que le Corrége lui-même, ou un maître distin* gué de la même écoleV s'est plu à imiter cette magnifique, composition : on y voit, à droite, saint Joseph assis, ayant son âne près de lui; sur le devant deux lézards aux pieds de la Sainte-Vierge ; à gauche , deux lapins , et dans le haut deux anges seulement ; du reste , les mêmes beautés rendent inestimables ces deux compositions.

lOI

SAINTE FAMILLE

Tableau de l'Albanc.

Fraiïçois Albani , ordinairement dési£;në sous le nom de TAlbane, naquit à BoIos;ne en 1578. Lié dans sa jeunesse avec Guido Reni , qu'il avait connu à l'école de Dénis Calvacrt, il l'accompagna dans celle des Carrache , le retrouva bientôt à Rome , et ne se sépara de lui que par les motifs d'une jalousie dont il est fâcheux. que son bon cœur n'ait pas su le préserver. Les grands travaux'dont il fut chargé pour la décoration de la galerie de Fai^nèse, du palais du Verospi et du châleau de Bassano contribuèrent moins à sa gloire que les sujets gracieux où il pouvait faire entrer des femmes et des enfans , dont sa famille lui offrait les modelés les plus parfaits. Ses com-

Î positions sont , en général , bien plus remarquables par a gi'âce et la finesse du dessin que par les effets de la lumière trop peu habilen;ieht ménagée : mais son pinceau, toujours doux et flatteur , sait donner à ces figures un charme et une grâce que nul autre peintre n'a depuis su rendre avec autant de perfection. L'AIbane mourut en 1660 , âgé de près'de quatre-vingts ans.

Ce fut à la fin de sa vie qu'il composa ce tableau , où Ton ne retrouve plus ni la fermeté ni la fraîcheur du coloris qui distinguent ses premiers ouvrages : la faiblesse de sa vue et le peu d'assurance de ses mains tren^blantes expliquent assez l'éclipsé de ce beau talent. Cet ouvrage fil long -temps partie du cabinet du roi , puis il fut placé dans la galerie du Louvre, où il se trouve maintenant. Sa. hauteur n'est que de i pied 9 pouces, et sa largeur de i pied 2 pouces.

lt

SAINTE FAMILLE

Tableau de Raphaël.

Aucun peintre n'a, comme Raphaël, consacré son pinceau à des représentations aussi multipliées et aussi diverses de la sainte Vierge, de TËnfant-Dieu , de saint loseph et de saint Jean. Son imagination féconde lui aspirait sans cesse les plus délicieux tableaux : toutes ies scènes de l'enfance de Jésus , les soins assidus de sa mère , la surveillance toute paternelle de Joseph , Tempressement respectueux du saint précurseur, ont tour à tour fourni le sujet des productions les plus variées et les plus gracieuses. Dans toutes, l'expression des têtes est à la fois pleine de noblesse et de simplicité , de majesté et de candeur. L'art y trouve des beautés du premier ordre à admirer , et le chrétien , la source de mille sentimens pieux , quand il veut se transporter par la pensée à Bethléem, en Egypte, à Nazareth, et songer qu'il n'a point sous les yeux une pure fiction; que le fils de Dieu a été enfant pour lui, et qu'il a , comme tous les hommes , parcouru les -vicissitudes d'une vie qu'il a voulu nous laisser pour modèle dans toutes les circonstances.

Ce tableau a été appelé la Fïerge au lézard, à cause de celui que le peintre a placé à droite , auprès du chapiteau corinthien.

JRnf:!)^?/ p

LA VIERlVE et L' ENFANT JESUS

u II f

Ml

Page 1