‹ Musée religieuxChapitre 18 sur 47 · ÔITE LA VIERGE AU CHAT · texte numérisé non relu

ÔITE LA VIERGE AU CHAT

Tableau de Fr. Baroche.

Il est peu de tableaux qui se rapprochent autant que celui-ci de la manière de Raphaël; on y retrouve presque dans chaque trait quelque souvenir qui rappelle les nombreuses compositions dans lesquelles le chef de Fëcole italienne a su rendre avec tant de diversité les premières actions de la vie du Christ. On peut prendre une idée exacte du talent de Barocci ( Baroche ) dans cette œuvre pleine de charme, qui suffirait seule pour lui assigner un rang distingué parmi les peintres. Elle avait été composée pour décorer le palais de César à Pérouse. Après y avoir attiré long-temps les regards , elle fut transportée en Angleterre en 1807, ^ passa bientôt dans la galerie du ministre Guillaume Holwel Garr. L'élégance du dessin et la grâce de l'ensemble du groupe sont parfaites ; il y a de la naïveté autant que du naturel dans le geste de saint Jean-Baptiste élevant une main dans laquelle il tient un oiseau : sa physionomie exprime à la fois la crainte qu'il éprouve et le plaisir qu'il ressent de le mettre hors de la portée du chat qui le convoite. On ne peut attribuer qu'à la présence de cet animal domestique le surnom bizarre donné à ce charmant ta bleau.

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SAINTE FAMILLE

Tableau de Procacctoi.

Plusieurs peintres, dans un tableau représentant UDe Sainte Famille , ont placé des personnages qui vécurent dans un siècle bien éloigné du berceau de Jésus. Les uns voulurent honorer un saint pour lequel ils avaient une dévotion particulière , les autres le patron d'un protecteur , d'un ami , quelquefois se con^ former au désir de celui auquel leur ouvrage était destiné.

Jules-César Procaccini , qui avait étudié le Gorrège avec beaucoup de soin , a imité sa manière dans ce tableau , regardé , même de son vivant , comme un de ses chefs-d'œuvre. Il a placé Tenfant Jésus sur les genoux de sa mère , saint François d'Assise à droite et sainte Catherine à gauche. Le petit saint Jean tenant un agneau attire les regards de la Sainte - Vierge, tandis que l'attention de sainte Catherine est fiiée sur le fils de Dieu , et celle de saint François sur le livre qui paraît l'occuper tout entier.

On reproche avec raison un grave défaut à cette composition; c'est le manque total d'unité, et la triple action indiquée par la figure de saint François, qui se trouve seul occupé en dehors du groupe principal. Mais ce défaut est amplement racheté par le grandiose des formes , l'élévation du style , l'agrément des figures et l'intérêt jeté sur cette scène.

Ce tableau , composé et peint pour l'archevêque de Milan , est maintenant au Musée français.

Tavola/3^.

^'^'i -rw»àà.

Poussin trinx.

ST» FAMILLE

SACHA FAMICLIA.

Ldm . Sf. &ACRA FAMTLIA .

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SAINTE FAMILLE

Tableau de Poussin.

Raphaël et Poussin ont , sans contredit , possédé au degré le plus éminent Fart de grouper les figures suivant les convenances , de les dessiner selon leur caractère , et de former un ensemble agi^éable > autant par l'accord et la perfection de toutes les paities, que par la grâce et le charme répandus sur leui^ compositions. Ici Poussin s'est attaché surtout à poser les personnages de manière à donner à chacun une disposition telle, que deux figures ne se trouvassent pas sur la même ligne horizontale : sainte Elisabeth à genoux , tenant , aux pieds de l'enfant Jésus, Jean - Baptiste son précurseur, forme avec la Sainte-Yierge , sur le premier plan du tableau , le gi'oupe principal. Saint Joseph, qui paraît prier, a une physionomie noble et calme sans -fierté. Les enfans sont pleins de grâces et de naïveté : la tête de la Vierge est douce et agréable , et cependant, on doit l'avouer. Poussin n'est point pai^venu à donne à la mère du Sau* veur ce caractère de divinité que l'on admire dans toutes les saintes familles de Raphaël.

Le^paysage, d'un beau style , laisse désirer ce brillant de coloris , cette vigueur de ton , cet effet de clair obscur qu'on retrouve assez généralement dans plusieurs maîtres des écoles italienne et flamande.

Ta»ola' 832.

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AnArc Jel Siu-te.

SAINTE FAMILLE

SACRA TAMIG^IA,

io8.

SAINTE FAMILLE

Tableau d'Aodré Vaaaooi , dit André dal Sarte.

Quelque simple que soit en eUennéine la composition de ce charmant tableau , elle ne ressemble en rien aux mêmes sujets traités par d'autres maîtres. Les expressions des têtes , la facilité de l'exécution , le soin particulier donné à l'étude de chaque partie , non moins que la perfection du coloris , en font un chef-d'œuvre d'autant plus précieux que les tableaux d'André del Sarte sont très-rares. La beauté ravissante de la tête de la Sainte-Yierge et les traits prononcés de sainte Elisabeth forment un contraste très-piquant. Il y a de la grâce dans tous les mouvemens des deux enfans, et jusque dans lair de satisfaction qui se laisse remarquer dans le regard du petit saint Jean , mais qui n'exclut pas la déférence qu'il a pour celui dont il n'est que le précurseur.

Les peintres florentins se plaisaient à faire entrer dans leurs tableaux la figure de saint Jean-Baptiste , et le pei gnaient toujours avec le plus grand soin : c'était , dans leur esprit, un hommage rendu au pati*on de Florence, pour lequel le peuple a conservé une grande dévotion.

Ce tableau , peint sur bois , était autrefois dans le palais Aldobrandin , à Rome. Il fut transporté en Angleterre en 1806 par M. Irvine, à qui il appartenait , passa plus tard dans la collection de M. Bûcha nan , et enfin dans celle du ministre Guillaume Holwel Carr , où il se trouve aujourd'hui.

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SAINTE FAMILLE

DIT£ L4 yiEHG£ A LA CHAISE.

( MADONA BELLA SEDIA. ) Tabteaa de Raphaël.

Yoici sans contredit la composition la plus répandue parmi les admirables tableaux de Raphaël : c'est celle dont il existe le plus de copies , et dont les gravures ont été le plus multipliées. La grâce de la composition , le charme de la pose et le délicieux ensemble de ces trois^ figures rendent cet ouvrage un parfait modèle du talent de Raphaël. Dans une copie assez ancienne on ne trouve pas la figure du petit saint Jean , ce qui a fait croire à quelaues personnes que c'était une première pensée de Raphaël , et que le second tableau n'en était qu'un développement.

Ce chef-d'œuvre du grand maître fut enlevé du palais Pitti , à Florence , et transporté au musée de Paris^ où il resta jusqu'en i8i5 : à cette époque il fut rendu à la Toscane : on l'estimait alors i5o,ooo fr. Il est bon de savoir que , lors du transport à Paris de ce précieux onvrase, les commissaires firent dresser un procèsverbal exact et détaillé des détériorations que le temps lui avait fait éprouver : cette sage précaution est la meilleure réponse à opposer aux reprocLejs de dégradations dont le temps seul est coupable , et la meilleure justification du directeur du Musée , chargé de la conservation de cette toile si justement célèbre.

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SAINTE [FAMILLE

Tableau de Raphaël.

On ne saurait trop admirer Fétonnante fécondité da talent de Raphaël ; son goût lui indique toujours quelque chose de gracieux et de neuf, pour rendre , avec d'agivfibles modifications , un sujet aussi simple et qu'on croirait impossible de traiter plusieui's fois sans tomber dans de fastidieuses répétitions. Quoiqu'en général tous les tableaux dans lesquels Raphaël a représenté une Sainte Famille soient désignés par un sobriquet , celui-ci n'en a point reçu ; dire la Sainte Famille de Rapfpaël , c'est désigner le tableau qu'il donna à François 1''. , en i5i8. Le peintre avait 35 ans : c'était le moment où son talent , a l'apogée de son éclat , ne pro» duisait plus que des chefs-a œuvre. Ici , pureté dans le dessin , grâces dans la composition , sublimité et variété d'expression dans chacune des figures, tout se réunit pour mériter la plus juste admiration. Que de réserve, de noblesse et de beauté dans la tête de la Sainte Vierge \ Ne semble-t-elle pas hésiter entre les tendres embrasse-^ mens que sollicite son fils et les profondes adorations que demande son Dieu ? Ne dirait-on pas que l'abandon et l'empressement de l'enfant Jésus à se jeter dans les bi*as de sa mèi'e est une image des délices qu'il éprouve^ comme Dieu à recevoir les pécheurs qui reviennent a Ijui? Saint Jean en adoration , soutenu par sainte Elisabeth , saint Joseph qui contemple avec calme ce tou-r chant tableau : deux anges, dont l'un répand des fleurs, complètent cette admiranle composition , l'une des plui remarquables du Musée français.

Susse harrate f.

S™ FAMILLK

SAINTE FAMILLE

Tableau de Sasco- Ferra to»

QuBLQUB chose de simple et de suave respire dans cette charmante composition de Jean-Batiste Salvi, plus connu sous le nom de Sasso-Ferrato. Ce peintre, de l'école italienne , ne fit presque jamais que des têtes de vierge ou des saintes familles en demi-figures. Une étude persévérante le conduisit à un degré de perfection qui étonne , et au delà duquel il est difficile d'aller. Il donne ordinairement à l'expression des têtes un caractère particulier de noblesse et de modestie , qui les distingue de toutes celles des autres maîtres : c'est la pureté de Raphaël , c'est le fini de Carlo Dolci , et cependant ce n'est ni Tun ni l'autre. Ici le repos plein d'abandon de l'enfant Jésus , la tendresse attentive de sa mère et la préoccupation de saint Joseph , ont une expression des plus naturelles et des plus gracieuses.

Tavûla, 4^ê.

Carlo Dolri

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