SAINT JEAN BAPTISANT SUR LES BORDS DU JOURDAIN
Tableau de N. Poussin .
DÈS le premier moment de sa manifestation au monde, Jean-Baptiste prêchait la pénitence, et montrait, par son exemple , jusqu*où pouvaient aller les austérités d*un prophète du Christ. A sa voix le peuple abandonnait son tra« vail : lés bourgades, les villes mêmes de la Judée devenaient désertes, tous 8*empressant de courir au désert pour enleodre sa voix. Il leur montrait alars du doigt celui qu'il appelaiilagneau de Dieu , leur annonçait le baptême de pénitence-. I>our la rémission des péchés , et baptisait dans le fleuve du Jourdain , sur les bords duquel il se trouvait , tous ceux quesa voix avait touchés et qui se présentaient en foule.
L*ordonnance de ce tableau de Poussin (qui a traité deux fois le même sujet) est admirable : les figures sont nombreuses , bien posées , les expressions bien senties , les couleurs parfaitement fondues et combinées. On pourrait être surpris qjue Fauteur ait placé le Jourdain dans une contrée aussi riante». dans un pajsage aussi varié : car on sait que la Pale»tine a pour toute verdure quelques broussailles sur un sablearide : l'imagination du poêle a passé dans le pinceau du peintre et n'a donné que plus de grâce à son ouvrage.
Ce tableau fut fait en 1640, pour le chevalier Cassiano. del Pozzo , l'un des plus ardens admirateurs du peintre français : possédé ensuite par le célèbre Lenôtre, il passa- à èa mort dans la collection du roi. Il est aujourd'hui au musée du Ix>uvre.
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BAPTEMt: DE JESUS -CHRIST.
Fiesque des Loge« de Raphaël.
Après trente- trois. ans d*une vie obscure et cachée, le. Sauveur abandonne la demeure de Marie et de Joseph. Le saint précurseur avait , dans le désert , annoncé sa prochaine manifestation : il vient confirmer sa promesse, et, pour entrerpar un acte d'humilité dans cette nouvelle vie toute de sacrifices, il se présente à Jean sur les bords du Jourdain, et lui demande, confondu parmi le peuple qui renvironnait, le baptême de pénitence auquel il allait bientôt faire succéder le baptême de la régénération. Celui qui avait, à sa présence , tressailli dans le sein de sa mère , ne pouvait le méconnaître : « Quoi , Seigneur, lui dit-il , vous venez à moi : et c'est moi qui dois être baptisé par vous. — Laissez, lui dit Jésus, il convient que nous acon^ plissions tout ce qui est juste » que nous donnions en tout l'exemple de ce que nous ordonnerons aux hommes. Jean obéit et le baptisa. A peine Jésus- Christ était-il sorti du Jourdain, que le Saint-Esprit, en forme de colombe, descendit sur sa tête , et une voix fit entendre ces mots « Yoilà mon fils bien-aimé en qui j*ai mis toutes mes complaisances.»
C'est ici la première révélation du mystère de la Trinité dans la pi^ésence de V Esprit saint et dans celle du Fils , qui lui-même est reconnu par son Père*
NOGES PE CANA:
Tableau de Paul Cagliari , dit Paul Vérouèse.
Après sonbaptémey Jésus commença ses prédications qu'il ne devait plus interrompre jusqu'à sa dernière heure. Il se trouvait à Cana , en Galilée , lorsqu'une famille, qu'il est permis de croire opulente, ayant à célébrer des noces par un festin , l'y invita ainsi que sa mère et ses disciples i. Lé vin. manquait aux convives, et le Sauveur lî'avait répondu que par une parole moi*tifian<te à l'observation que lui fit Marie , qui dit aloi*$ tout bas aux serviteurs d obéir exactement à ce qu'il leur prescrirai t. Elle avait à peine donné cette instruction qu'ils re« çuren t l'ordre de remplir d'eau six urnes de pierre , tenant chacune deux ou trois mesures , et destinées aux purifications des juifs. Ils y puisèrent ensuite, et distribuèrent aux convives un excellent vin , dont la qualité supérieure donna lieu de remarquer le miracle éclatant qui venait de > s'opérer. Ce fut le premier de notre seigneur Jésus-Christ. '
La grande et magnifique composition de Panil Yéronèseest remplie de mouvement sans embarras : les poses y sont nobles et variéeÉ, les expression» vraies et. naturelles : il est fâcheux qu'on ne puisse pas en dire autant des costumes et de l'architecture, qui n'ont aucun rapport avec les usages des juifs de Galilée : ce sont de riches Vénitiens réunis , au seizième siècle. C'est le plus beau, sous le rapport du coloris et du dessin , des quatre tableattx de ce maître, qui ont passé de la collection du duc de Modène dans la galerie de Dresde , où ils sont aujourd'hui.