‹ Musée religieuxChapitre 30 sur 47 · SALOMÉ , FILLE D'HÉRODIADE · texte numérisé non relu

SALOMÉ , FILLE D'HÉRODIADE

Tableau de Léonard de Vinci.

Hérode An tipas Tetrarque de la Galilée , ayant ré*

gudié sa femme , épousa Hérodiade , femme de son frère, aint Jean-Baptiste , ayant osé lui reprocher avec une sainte liberté le scandale de ce double adultère, fui jeté dans une pnson, et dès lors Hérodiade , pour se venger , résolut la moit du saint prophète. A la suite d'un splendide repas, Salomé, fîlle aHéix)diade et de Philippe son premier mari , ayant dansé devant Hérode , sut tellement lui plaire et captiver son suffrage, qu'il promit avec sei*ment de lui accorder tout ce qu'elle demanderait fût-ce même la moitié de son ix)yaume. Cette fille , ne sachant comment fixer son choix , alla consulter sa mère. Hérodiade , voyant le moment arrivé de donner un libre coui*s à sa vengeance , lui indique le vœu qu'elle doit exprimer , et Salomé , se présentant aussitôt à Hérode, exige qu'on lui apporte sur-le-champ la tête de Jean-Baptiste. Ce désir atix>ce vint contrister ce prince faible ; cependant il avait juré, pensa -t -il; les convives avaient été témoins de sa promesse ; un fatal respect humain l'emporta dans son cœur, et Jean- Baptiste fut décapité.

Léonard de Vinci a donné à ses deux figures principales une expression admirable de vérité. Le caractère odieux d'une femme assez pervertie pour désirer une telle récompense se maniteste par un sourîre bien étrange en ce moment sur les lèvres de Salomé , tandis que le bourreau, moins inhumainement cruel, laisse apercevoir l'affliction que lui cause le meui*tre dont il a été l'instrument.

Le fond noir, sur lequel se détachent ces deux figures remarquables sous le rapport de l'exécution , n'est pa& d'un très-bon effet. Ce taoleau , qu'on a cru par erreur avoir appartenu au cardinal Mazaiûn , fait paitie de la galerie de Vienne.

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St. pierre marchant SUR LES EAUX.

Fresque de Giotto.

Apres I0 miracle de la multiplication des pains, Jésus, Toulant s'éloigner du peuple, qui se proposait de le reconnaître pour roi, ordonna à ses disciples de remonter sur leur barque et d'aller l'attendre au delà du lac , vers Bethsaîde. Malgré la tempête et les menaces de la mer, ils cherchaient à gagner le rivage en luttant péniblement contre les vagues, lorsque, vers la quatrième veille de la nflit, ils entrevirent un homme qui marchait sur les eaux. Ils le prirent d'abord pour un fantôme, et déjà l'épouvante s'emparait d'eux : mais distinguant mieux ses traits à mesure qu'il approchait davantage, ils reconnurent Jésus qui leur dit : Prenez courage, c'est moi. Ils hésitaient encore, troublés qu'ils étaient par cette vision , et sans*doute ce fut pour éclaircir le doute qu'ils avaient conçu , que Pierre lui demanda , comme preuve de sa présence , de pouvoir aussi lui-même marcher sur les eaux , ce que Jésus lui ordonna à l'instant. Pierre s'avança donc vers le Sauveur comme <il eût été sur la terre ferme ; mais l'impétuosité du vent ayant excité dans son cœur un mouvement de crainte , il commença à enfoncer et se mit à implorer le secours de son maître. Celui-ci lui tendit la main , le fit entrer avec lui dans la barcpie et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous douté? Aussitôt^ comme pour rendre hommage à son pouvoir , le vent s'apaisa et le ealme régna sur le lac.

Giotto a scrupuleusement suivi le texte évangélique dans cette fresque remarquable par son exécution , et qu'on a surnommée la Navicelle. Il la peignit en i34o et reçut en payement a,QOO florins (à peu près 5,ooo fr.). Les figures du haut ne sont pas l'œuvre du peintre ; elles ont été ajoutées long- temps après , ainsi que celle du pécheur, à gauche. Il en existe, dans l'église de Saint^Pierre à Rome , une copie en mosaïque qui offre quelques différences avec rorigina); elle est placée au-dessus de la porte d'eptrée.

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LA CANANEENNE.

Tableau de Drouais.

Se trouvant dans le voisinage de Tyr et de Sîdon y Jésus , qui voulait y rester inconnu , entra dans une maison pour s'y reposer. Il y était à peine arrivé lorsqu'une Cananéenne , dont la fille était possédée d'un esprit immonde , s'approcha , lui demanda la guérison de son enfant , se jeta à ses pieds malgré son silence > et le supplia d'être favorable a sa prière. « Attendez que d'abord les enfan$ soient rassasiés, lui dit le Sauveur ; il neî^serait pas juste de les priver du pain qui leur est destiné pour le jeter aux chiens. » Quelque dure que fût cette réponse , la bonne Phénicienne ne se découragea pas; se prêtant même humblement à l'allusion, elle répondit : « Seigneur > les petits chiens ramassent les miettes qui tombent de la table des enfans. » Touché de tant ae foi et d'une si profonde humilité, Jésus n'hésita pas à guérir la fille de cette femme , malgré sa profession des eireurs du paganisme.

Germain-Jean Drouais , fils et petit-fils de deux pein très renommés pour les portraits, n'avait que vingt-et-un ans , lorsqu'en 1784 il exposa au salon cette sublime composition , qui faisait faire un pas immense à la réforme introduite par Yieu, et si bien comprise par Da-* vid, dont le jeune Drouais était élève. Hélas! ce magnifique triomphe ne devait laisser que de cruels regrets ! Drouais eut à peine le temps d'achever à Rome deux autres tableaux; la mort vint briser toutes les espérances qu'il avait fait concevoir : il n'eut pas même la consolation de revoir sa patrie.

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LA TRANSFIGURATION

LA TRASFIGL'RAZIONE LA TBANSFIGURaCION

LA TRANSFIGURATION

Tableau de Louis Carrache.

Jésus-Christ prit avec lui Pierre, Jacques, Jean» et les conduisit seuls à l'écart sur une montague élevée; où il fut transfiguré devant eux. Ses habits devinrent resplendissans : leur blancheur fut si éclatante qu'elle égalait celle de la neige. Eiie et Moïse parurent en ce moment et s'entretenaient avec lui. Pierre dit alors : « Maître y il nous est bon de demeurer ici ; faisons -y trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et une pour Ëlie. » La frayeur l'avait saisi au point qu'il ne savait ce qu'il disait , rapporte le texte sacré. A l'instant même une nuée se forma , les couvrit , et , de son sein, une voix fit entendre ces mots < «Celui-ci est mon fils bien-aimé , écoutez-le. •

Le récit de saint Marc est suivi, dans le tableau de Louis Carrache, avec la plus parfaite exactitude. Jacques et Jean sont dans l'admiration ; saint Pierre» debout, s'adresse au Sauveur pour lui demander de rester toujours sur cette montagne où il se trouve si heureux : et Jésus lui montre du doigt qu'il ait à écouter la voix qui perce la nuée pour lui révéler le mystère de sa filiation divine.

Ce tableau , destiné d'abord à l'église des religieuses de saint Pierre martyr» est maintenant au mutée de Bologne.

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